Il est minuit, Docteur Korvo !

Sal­va­tore MINNI, Anam­nèse, Slatkine & Cie, 2019, 281 p., 20 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑88944–116‑7

Jack Lee a per­du femme et fille dans un acci­dent, toute empathie pour le monde qui l’entoure. Ses sem­blables lui appa­rais­sent hos­tiles ou indif­férents, sa rage et sa frus­tra­tion le poussent à rudoy­er qui le frôle, l’interpelle. Son état men­tal se dégrade, ses délires som­brent beau­coup plus rad­i­cale­ment dans les ténèbres : faire pay­er sa dis­trac­tion à sa psy, s’offrir une nou­velle vie famil­iale sans pren­dre en compte l’avis de l’élue. Con­tin­uer la lec­ture

Appel à candidatures pour le prix du Cercle royal gaulois

Le Cer­cle roy­al gaulois, artis­tique et lit­téraire lance un appel à can­di­da­tures pour son prix bien­nal de la biogra­phie, créé en l’an 2000 et doté de 4000 €. Les dossiers de can­di­da­ture peu­vent être envoyés jusqu’au 31 mars 2020. Le prix sera décerné en sep­tem­bre 2020. Con­tin­uer la lec­ture

Une liste sans fin ?

Un coup de cœur du Car­net

Céline DELBECQ, Cinglée, Lans­man / Rideau de Brux­elles, 2019, 60 p., 11€, ISBN : 9782807102569

Car­men Gar­cia Orte­ga. Flo­rence Koot. Sofie Muylle. Shashia More­au. Incon­nue. Geneviève Demeul­dre. Femke Wet­zels. Renate Bolte. Vjoll­ca Hox­ha. Kari­ma Essai­di. … et trois longs points de sus­pen­sion. Ain­si réson­nent ces noms. Toutes les femmes citées dans cet extrait sont mortes, assas­s­inées par leur com­pagnon, mari, ex… Con­tin­uer la lec­ture

j’étais vivante et je voyais / la belle étrange / justesse de vivre

Véronique WAUTIER, Tra­ver­so, illus­tré de pein­tures d’Alain Dulac, L’herbe qui trem­ble, 2019, 110 p., 14 €, ISBN : 978–2‑918220–88‑6

C’est une voix majeure de la poésie d’expression fran­coph­o­ne de Bel­gique qui s’est éteinte il y a quelques mois à peine, quand Véronique Wau­ti­er s’en allait sur la pointe du cœur et du verbe en lais­sant dans son sil­lage une dizaine de titres aus­si puis­sam­ment frag­iles que Cha­cun de nous est une foule (Le Coudri­er, 2004), Le jour aux igno­rants (Eran­this, 2010), Con­tin­uo (L’herbe qui trem­ble, 2017)… Puis voici que l’automne bal­aie les feuilles de Tra­ver­so jusqu’au seuil de l’absence, et le dia­logue se renoue par delà, avec le naturel de ces com­plic­ités sus­pendues que même la mort est bien impuis­sante à déjouer. Con­tin­uer la lec­ture

Bruxelles, section criminelle

Anne-Cécile HUWART, Mourir la nuit, Onlit, 2019, 252 p., 18 € / ePub : 6 €, ISBN : 978–2‑87560–114‑8

S’il est un domaine de la vie que l’on con­naît essen­tielle­ment par la fic­tion, c’est bien celui de la crim­i­nal­ité. On est nour­ri de romans policiers, de films noirs, crim­inels, de séries télévisées, téléchargées ou en flux dif­fusées, de Faites entr­er l’accusé… On absorbe les gestes (la ges­tic­u­la­tion par­fois) des enquê­teurs, les tech­niques sci­en­tifiques, les procé­dures judi­ci­aires au point de finir par les croire vrais alors qu’ils ne sont que vraisem­blables (et encore…), qu’ils sont nour­ris autant par leur pro­pre mytholo­gie que par la réal­ité du ter­rain. Davan­tage ? Qu’en sait-on vrai­ment ? Pour dépass­er la fic­tion, Anne-Cécile Huwart, jour­nal­iste spé­cial­isée dans les affaires judi­ci­aires, la san­té, l’enseignement, le social est allée observ­er au plus près l’instruction des crimes. Puis elle l’a racon­tée au plus juste, « de l’intérieur, sans voyeurisme, dans le respect de l’instruction et de la dig­nité des vic­times et de leurs proches. » In fine, out­re le fait qu’il n’y ait héroï­sa­tion ni de la police ni des crim­inels, le plus éton­nant est le rap­port au temps : rien ne va vite. Entre le moment où le meurtre est com­mis et l’énoncé du ver­dict, il se passe des années. Anne-Cécile Huwart a respec­té cette tem­po­ral­ité lente. Elle a mené son tra­vail minu­tieuse­ment, au long cours. Son enquête a duré près de six ans. Un temps que per­met le livre et que ne souf­frent pas les médias et les réseaux soci­aux. Con­tin­uer la lec­ture

Le prix Saga Café pour Arnaud Nihoul

Arnaud Nihoul

La célèbre brasserie lié­geoise Saga Café a remis son prix lit­téraire 2019. Il va à Arnaud Nihoul pour son roman Caitlin (Genèse). L’au­teur suc­cède au pal­marès à Bernard Antoine, primé en 2018 pour Pur et nu (Mur­mure des soirs). Con­tin­uer la lec­ture

Loi de la rue, rue de la loi

Michel CLAISE, Sans des­ti­na­tion finale, Genèse, 2019, 216 p., 21 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9791094689592

Le phénomène du sans-abrisme est dif­fi­cile à appréhen­der par la majorité de nos sem­blables qui peinent à imag­in­er com­ment une femme ou un homme peu­vent en venir à con­naître un niveau de pré­car­ité aus­si aigu. Approcher cette réal­ité néces­site une prise de dis­tance par rap­port aux émo­tions que sus­cite par exem­ple la men­dic­ité, que celles-ci soient guidées par le rejet agacé ou la com­pas­sion béate. Le mys­tère de la grande pré­car­ité a déjà intéressé nos auteurs : on songe ici par exem­ple à Je n’ai rien vu venir d’Eva Kavian ou Dix cen­times de Xavier Deutsch. Patrick Decler­ck a même rédigé un vol­ume de la col­lec­tion « Ter­res humaines » (Les naufragés — Avec les clochards de Paris, Plon, 2001) dans lequel il abor­de cette réal­ité au même titre qu’un anthro­po­logue rendrait compte de son con­tact avec une pop­u­la­tion éloignée. Con­tin­uer la lec­ture

“Zam” au palmarès du prix du roman gay

Le prix du roman gay a dévoilé le 9 novem­bre son pal­marès 2019. Out­re le prix prin­ci­pal, des récom­pens­es ont été décernées dans plusieurs caté­gories. Le prix du réc­it auto­bi­ographique va ain­si à Mar­ti­no Ebale pour Zam. Né au mau­vais endroit, au mau­vais moment, dans le mau­vais corps? paru aux édi­tions M.E.O. Con­tin­uer la lec­ture

Le rayonnement des Lettres belges au programme du colloque du Pilen

Le Pilen (Parte­nar­i­at inter­pro­fes­sion­nel du livre et de l’édi­tion numériques) organ­ise chaque année, en parte­nar­i­at avec le Ser­vice général des Let­tres et du Livre, une journée de réflex­ion inter­pro­fes­sion­nelle à l’adresse du monde du livre. Cette année, le col­loque aura lieu le 21 novem­bre au Res­i­dence Palace. Son thème : “D’ici à là-bas : le ray­on­nement du livre et des écri­t­ures fran­coph­o­nes belges”. Con­tin­uer la lec­ture

Stéphane Lambert toujours en lice pour le prix Malraux

Le jury du prix André Mal­raux a livré sa deux­ième sélec­tion, dans les caté­gories Essai sur l’art et Fic­tion engagée. Stéphane Lam­bert reste en lice pour le prix, qui sera attribué le 23 novem­bre.  Con­tin­uer la lec­ture

Les prix littéraires : un colloque aux Riches Claires

Alors que la sai­son des prix bat son plein, la bib­lio­thèque des Rich­es Claires organ­ise le same­di 23 novem­bre un col­loque sur les prix lit­téraires, sous la prési­dence de Jacques De Deck­er, secré­taire per­pétuel de l’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique. Con­tin­uer la lec­ture

Prix Horizon du 2e roman : la sélection

La ville de Marche-en-Famenne organ­ise tous les deux ans un prix lit­téraire, dou­blé d’un fes­ti­val : le prix Hori­zon. Les final­istes de l’édi­tion 2019–2020 sont con­nus.  Con­tin­uer la lec­ture

Sur les traces d’une mère fantôme

Michel TORREKENS, L’hirondelle des Andes, Zel­lige, coll. « Vents du Nord », 2019, 204 p., 20 €, ISBN : 978–2‑914773–91‑1

L’hirondelle des Andes.
Un titre poé­tique, qui fait rêver.
Un roman qui entrelace les beautés ful­gu­rantes, paysages, villes, d’un périple à tra­vers le Pérou, et les sen­ti­ments mêlés de la jeune voyageuse qui s’y est lancée comme on relève un défi. Con­tin­uer la lec­ture

Sur les traces de Bruegel à Bruxelles

Vin­cent DELANNOY, Bruegel à Brux­elles, Sam­sa, 2019, 126 p., 24 €, ISBN : 978–2‑87593–244‑0

À l’occasion du 450ème anniver­saire de la mort de Pierre Bruegel l’Ancien, décédé à Brux­elles en sep­tem­bre 1569, Vin­cent Delan­noy retrace l’effervescence créa­trice des années brux­el­lois­es. La quar­an­taine de tableaux, la soix­an­taine de dessins, les gravures lais­sées par le fon­da­teur d’une dynas­tie de créa­teurs ayant fait l’objet d’une tour de Babel d’exégèses, l’auteur se con­cen­tre sur la péri­ode 1563–1568 durant laque­lle, vivant rue Haute à Brux­elles, Bruegel l’Ancien crée la majorité de ses chefs d’œuvre. De la vie du pein­tre, très peu de choses sont attestées. En l’absence d’écrits, de let­tres, la vision du monde pro­fessée par Bruegel, son rap­port à la foi, au pou­voir ne peu­vent être inférés que de ses œuvres. Vin­cent Delan­noy inter­roge les éventuelles influ­ences de la ville sur ses pein­tures, les sin­gu­lar­ités de sa pro­duc­tion artis­tique lors des années fécon­des. Si la péri­ode anver­soise cor­re­spond à un Bruegel dessi­na­teur mar­qué par l’influence de Jérôme Bosch (univers fan­tas­tique, créa­tures dia­boliques, sens du grotesque et de la satire…), à Brux­elles, sans aban­don­ner le dessin, Bruegel se con­sacr­era essen­tielle­ment à la pein­ture.


Lire aus­si : un extrait de Bruegel à Brux­elles


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Un prix pour Jacques Dubois

Jacques Dubois a reçu le prix du cer­cle lit­téraire proustien de Cabourg-Bal­bec pour son livre Le roman de Gilberte Swann. Proust soci­o­logue para­dox­al (Seuil).


Lire aus­si : notre recen­sion du Roman de Gilberte Swann


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Devenir ce qu’on est

Kenan GÖRGÜN, Le sec­ond dis­ci­ple, Arènes, coll. « Equinox », 2019, 396 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑7112–0111‑2

L’on sait que Kenan Görgün est un obser­va­teur fin et par­ti­c­ulière­ment bien doc­u­men­té des phénomènes soci­aux, entre autres en Bel­gique. Une société dont les marges et le risque que celles-ci font peser sur le vivre ensem­ble le ques­tionne. 

Plusieurs de ses textes antérieurs ont ce que l’on pour­rait nom­mer une valeur prospec­tive. L’auteur extra­pole à par­tir des sit­u­a­tions sociales qu’il perçoit et il imag­ine une évo­lu­tion vers un futur pos­si­ble, non sans une inquiète lucid­ité. Le sec­ond dis­ci­ple, son nou­veau roman, est à nou­veau un bel exem­ple de sa volon­té de faire com­pren­dre, par le biais d’une fic­tion effi­cace­ment menée, des phénomènes mal perçus, si pas franche­ment car­i­caturés. Con­tin­uer la lec­ture