COLLECTIF, Ardeurs de tram, Murmure des soirs, 2025, 184 p., 17 €, ISBN : 782931235317
« Pendant longtemps, les deux amants ont vécu une relation folle, dévorante. C’était la passion brute, sans frein. Un amour à la fois fusionnel et destructeur », telle est la love story de la Cité ardente et du tram, mise en mots par Hélène Delhamende dans « Psychotram ». Les tourtereaux s’aiment « moi non plus » et alimentent l’un pour l’autre un sentiment ambivalent. Le tramway, amoureux éconduit et reséduit, marque alors une halte au Petit Bourgogne afin de faire le point sur cette relation toxique. Les Liégeois, eux, assistent en spectateurs impuissants aux soubresauts de cette histoire de couple peu harmonieuse aux embellies magnifiques. Continuer la lecture
Guy Delhasse, à bien des égards, est un baroudeur des lettres belges francophones. On l’a, il s’est, parfois qualifié de vagabond de l’écriture ou de gardien de but de la littérature liégeoise. Tous ces titres, il les mérite depuis qu’il s’est lancé en écriture en 1974 et même avant puisque nous découvrons dans son dernier livre, Bourg d’enfance, qu’il tient un journal intime depuis ses 11 ans (soit, à ce jour, 280 cahiers, et plus de 50.000 pages, presque un record !). Depuis, il en a fait du chemin, en écriture et comme guide littéraire à la découverte de cités à travers les échos qu’en ont donnés écrivains et écrivaines.
Guy Delhasse nous a déjà entraîné sur les pas des écrivains à Bruxelles,
Quel est le point commun entre Guy Delhasse et son moyen de déplacement favori, à savoir le vélo ? Eh bien, c’est que l’un comme l’autre sont incapables de reculer. Par contre quand il s’agit de foncer bille en tête, de prendre les chemins de traverse, d’aborder une côte en partant en danseuse, bref d’aller de l’avant, on ne rattrape plus le gaillard.
Bien connu des lecteurs du Carnet et des amateurs de géographie littéraire, Guy Delhasse trempe aussi sa plume dans l’encre noire. Il a tenu longtemps la chronique polar pour les journaux La Wallonie et Le Matin et il a signé un Poulpe de belle facture, Du pont liégeois, avec la complicité de Jean-Paul Deleixhe et de Christian Libens.
Comme Joseph Delmelle jadis ou Joël Goffin naguère, Guy Delhasse est un chasseur de fantômes d’écrivains, c’est-à-dire qu’il s’est donné pour mission de repérer les traces laissées dans leurs œuvres par les auteurs qui ont hanté telle ville ou telle région. En véritable Sherlock Holmes de notre littérature, il mène ainsi depuis deux décennies ses recherches et ses pas dans presque toute la Wallonie orientale, passant de Liège à Bastogne, de Huy à Spa et d’Andenne à Verviers.
Guy Delhasse est un récidiviste. N’a‑t-il pas déjà publié une demi-douzaine de guides littéraires depuis 2007, fruits de flâneries pedibus (ou encore à vélo) qu’il organise au fil des saisons en Wallonie orientale, dans plusieurs lieux hantés par l’âme des écrivains ? (Ainsi ce sympathique Guide littéraire de Bastogne en hommage à Alain Bertrand, paru cette année chez Dricot.) 