Jean-Pierre VERHEGGEN, Pubères, Putains / Pubers, Pietenpakkers, traduction Christoph BRUNEEL, Âne qui butine, 2019, 2013 p., 22€, ISBN : 978–2‑919712–23‑6
Il n’est pas dans les habitudes du Carnet de recenser les traductions d’œuvres littéraires belges francophones vers d’autres langues. Une exception pourtant aujourd’hui tant l’entreprise qui voit le jour constitue une première, un défi relevé et entamé il y a trois ans par Christoph Bruneel, relieur de formation et animateur avec Anne Letoré des éditions L’Âne qui butine. Le pari ? Traduire intégralement en néerlandais un recueil de Jean-Pierre Verheggen, en l’occurrence Pubères, Putains, sans doute l’un des textes les plus connus, les plus aboutis du poète. Un pari assez fou en effet d’autant que Verheggen se plaît à rappeler avec humour que même en français il n’a jamais été adapté, empruntant en cela à Jules Renard sa formule ironique à l’encontre de l’auteur d’Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, « Mallarmé, intraduisible même en français ! » Continuer la lecture
Quand des collègues lui ont proposé de prendre place dans une collection de « Paroles de traducteurs », Diane Meur a accepté avec enthousiasme, tout en précisant qu’elle ne pourrait en dissocier ses « paroles de romancière ». Et c’est ce qui fait l’intérêt de ce livre qui vaut tant par la finesse des considérations sur la traduction que par la réflexion sur l’influence réciproque de ses deux passions : la migration d’une langue à l’autre et l’écriture personnelle. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un essai. Le livre est fait de textes s’étendant sur plus de quinze ans, montrant une réelle continuité. On y sent la progression et l’approfondissement de la réflexion sur ces deux sujets. 

Dans la galaxie actuelle des livres, au plus loin de la littérature conçue comme une start-up, à des années-lumière des écrivains comme fondés de pouvoir du capital, il est des ouvrages qui rendent à la lettre ses puissances chamaniques, son souffle sauvage, son pari pour un art des confins.
Tutti Cadaveri, le texte d’Éric Brogniet consacré à la catastrophe du Bois du Cazier paraît aujourd’hui accompagné de sa traduction en italien. Ceux qui ont suivi à travers les media la quinzaine d’enfer vécue à Marcinelle du 8 au 23 août 1956, se souviennent de ce cri terrible qui mit fin à tout espoir pour nombre de familles de mineurs – en majorité italiennes – rassemblées devant les grilles du charbonnage sinistré. 
Italien né à Nice et établi à Bruxelles en 1987, poète et animateur culturel, notamment fondateur du projet « multi-artistique et multimedia » MaelstrÖm, David Giannoni publie aujourd’hui un recueil de poèmes conçu au début des années 90, traduit par lui-même et publié en édition juxta français-italien. (Précision intéressante, selon l’heureuse tradition de la collection 4 1 4, l’ouvrage est livré en deux exemplaires jumelés, un pour l’acquéreur, l’autre pour être offert et ainsi partagé avec autrui.)
Le Prix de la traduction littéraire de la Fédération Wallonie-Bruxelles 2016 a été attribué à Jan Nowak (Pologne) pour son œuvre de traduction en polonais de dramaturges belges de langue française, parmi lesquels Paul Emond, Laurent Van Wetter et Veronika Mabardi. Il succède à
Poète majeur, dramaturge original, critique d’art intuitif et pénétrant, Émile Verhaeren est l’une des grandes figures de notre histoire, de notre culture. L’une des plus chères, qui a marqué notre sensibilité de son souffle, son lyrisme, sa force, sa ferveur.
Le Prix de la traduction littéraire de la Fédération Wallonie-Bruxelles 2015 a été attribué à Anne Neuschäfer (Allemagne) pour son œuvre de traduction en allemand d’auteurs belges de langue française, parmi lesquels François Emmanuel, André Sempoux, Marc Quaghebeur, Werner Lambersy et surtout Henry Bauchau. Elle succède à Marianne Kaas (Pays-Bas), primée en 2014. 