Le prix Jean Giono 2025 a été attribué à Antoine Wauters pour son roman Haute-Folie. Continuer la lecture
L’urbexeur de la poésie
Un coup de cœur du Carnet
Vincent THOLOMÉ, L’existence, Dernier Télégramme, 2025, 211 p., 16 €, ISBN : 9791097146740
Urbexeur de la poésie, Vincent Tholomé aurait trouvé un flot de poèmes sur un site industriel abandonné, découvert un ciel de lettres, d’aphorismes disposés au-dessus des lits du dortoir. L’existence est une question de retours, de gravitations autour des mots et des choses, de voyages sur les terres de l’apparition et de la disparition, de l’écrit qui est un fait et des faits qui sont des songes. Livre à nul autre pareil, enserrant en ses pages « 882 poèmes expansionnistes . écrits d’après les mots et les propos d’Anton Nijkov . POUR DIRE QUE JE. ANTON NIJKOV . EN DÉPIT DES CIRCONSTANCES. EXISTE ENCORE », L’existence nous transporte dans une constellation poétique qui s’arpente en tous sens, par fragments, dans le continu ou selon un ordre capricieux, comme dans Marelle de Julio Cortazar. Vincent Tholomé est et n’est pas Anton Nijkov qui est et n’est pas Nijinski et Artaud. Continuer la lecture
Prix littéraire du parlement FW‑B 2026 : appel à candidatures
Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles décerne chaque année un prix littéraire doté de 5 000 €. En 2026, il sera consacré aux romans, contes et nouvelles. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 1er février 2026. Continuer la lecture
Tout peut encore y surgir
Un coup de cœur du Carnet
Françoise LISON-LEROY et Geoffrey DELINTE, Terre meuble, Ail des ours, coll. « Coquelicots », 2025, 54 p., 16,5 €, ISBN : 9782491457464
Avec Terre meuble, Françoise Lison-Leroy remue la représentation sinistre de la mort pour en brandir une nouvelle, lumineuse, joyeuse et mélancolique. Par définition, une terre meuble est légère, travaillée, presque vivante, tout peut encore y surgir ; elle peut se déplacer, laisser se mouvoir ceux qu’elle recouvre. Et s’il était possible de continuer à vivre des aventures avec ceux qui ne sont plus là ? À condition de garder leurs expéditions – détricotant la frontière du vivant et de la mort – secrètes, la narratrice et son petit frère décédé peuvent établir une relation éternelle, s’offrant la joie d’une échappée plurielle, d’un effacement des événements irrévocables : celui qui n’est plus revit, celle qui a perdu un être cher le retrouve. Le couperet de la mort est émietté par une seule petite phrase, sûre d’elle, annonçant la couleur du recueil et les contours d’une nouvelle réalité : Continuer la lecture
Marcel Lecomte ou le vif renouvellement d’un sentiment ancien
Marcel LECOMTE, Le suspens, suivi de Autres scènes et personnages, Préface d’Éric Brogniet, lecture critique de Philippe Dewolf, Taillis Pré, coll. « Erotik », 2025, 224 p., 22 €, ISBN : 978–2‑87450–240‑1
Le narrateur, et son lecteur avec lui, observe la scène. Il la regardera se dérouler en la décomposant mentalement, tentera de déceler la part de mystère qu’elle contient et qui vient lentement de faire réapparaitre – bien mieux qu’un souvenir personnel –, une présence, celle « d’un moi passé, d’un moi des lointains ». La scène en question se répète, en de multiples et fragiles variations, d’un court chapitre à l’autre. Les personnages de ce théâtre intime ne sont souvent que deux. Continuer la lecture
Généalogie des mensonges paternels
Un coup de cœur du Carnet
Dominique COSTERMANS, Un conteur hors père, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2025, 136 p., 20 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 978–2‑87489–985‑0
Dominique Costermans aime agrémenter ses titres de jeux de mots, qu’il s’agisse de ceux de ses recueils de nouvelles comme Petites coupures (2014) ou En love mineur (2017), publiés chez Quadrature ou de ses romans, Outre-Mère, réédité chez son nouvel éditeur Weyrich (après des débuts chez Luce Wilquin), et le tout dernier Un conteur hors père. Après avoir déjà abordé le mutisme des adultes et les secrets qui les entourent à travers la figure maternelle dans son premier roman, Dominique Costermans y revient dans celui-ci en abordant cette fois le versant paternel. Cela donne une enquête intime, comme les aime la journaliste qu’elle est, et une descente vertigineuse dans les faux-semblants d’un passé familial, tout en se jouant du lecteur quant à la véracité autofictionnelle du récit. Continuer la lecture
Des élections à l’Académie
L’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique (Arllfb) a élu les successeurs de Michel del Castillo et de Pierre Mertens. Continuer la lecture
Les Fugueurs du livre 2025
Les Fugueurs du lire, le salon littéraire liégeois dédié à la petite édition, revient les 29 et 30 novembre pour une 12e édition. Le Comptoir du livre, organisateur de l’événement, vous attend au B3. Continuer la lecture
Le poète, l’artisan et l’enlumineur
Max ELSKAMP, La chanson de la rue Saint-Paul, postface de Clément Dessy, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2025, 395 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87568–724‑1
Il y a chez Max Elskamp un peu de ces marins à quai pour qui les ports, les noms des rues et des villes sont déjà de la poésie. Né à Anvers d’un père flamand armateur et d’une mère originaire d’Ecaussinnes, le poète des Chansons désabusées suivra, sans réel enthousiasme, des études de Droit à l’Université libre de Bruxelles. Mais son existence, il la passera essentiellement à Anvers, louant dans ses poésies les cités et paysages de Flandres, en regrettant de ne pas maîtriser la langue de Vondel. Anvers surtout et la rue Saint-Paul particulièrement (le titre d’ensemble du volume reprend celui du recueil paru en 1922) où il naquit en 1862 seront son terrain de jeu favori. Continuer la lecture
La grande ourse 2025 pour Benoît Jacques
Le Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis (SLPJ) a dévoilé l’identité du lauréat de la grande ourse 2025. Il s’agit de l’écrivain et éditeur Benoît Jacques. Continuer la lecture
La vie sur le vif
Éric LAMIROY, À la volée, Lamiroy, 2025, 170 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39081–028‑5
À la volée et tout est dit car Éric Lamiroy a saisi les instants furtifs liés aux hasards des rencontres des déambulations, des promenades, des rendez-vous pour nous faire partager ses textes et photographies saisis dans l’arpentage du temps. Éric Lamiroy, on le sait, ne se prétend pas auteur et ce n’est pas une coquetterie, c’est probablement une vraie modestie chez celui qui sait croquer les instants suspendus que son regard déplie sur le vif, à l’instant, dans l’instant. Ces textes, il le rappelle, ne sont pas des fictions mais des formes d’éblouissements partagés où la poésie, qui ne s’annonce pas, affleure souvent tant ces formes brèves sont marquées d’émotion, d’amitié et quelquefois d’une forme de mélancolie joyeuse. Continuer la lecture
La vie, à un P près
Alain MARICHAL, Les Duppont ne courent pas les rues, M.E.O., 2025, 140 p., 17 €, ISBN : 9782807005402
On n’arrête pas le progrès ! Vous connaissez bien sûr le roman et la nouvelle, mais savez-vous ce que sont des romanouvelles ? Une petite recherche vous enseignera que ce mot nouveau a été lancé récemment et qu’il désigne un roman par nouvelles, des récits brefs pouvant être lus séparément, mais reliés par des éléments narratifs communs … Continuer la lecture
Prix Jean Giono 2025 : les finalistes
Le jury du prix Jean Giono a annoncé les quatre ouvrages finalistes de l’édition 2025. Continuer la lecture
Ceux qui vivaient au Lutetia
Fabienne BLANCHUT, Catherine LOCANDRO, DAWID, Les cheveux d’Edith, Dargaud, 2025, 160 p., 22,95 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782505120001
En mai 1945, Paris reprend peu à peu son quotidien d’avant-guerre. Les enfants vont à l’école, les cinémas diffusent Les enfants du paradis et les adolescents révisent pour le baccalauréat. C’est justement le cas de Louis, un jeune garçon de 17 ans qui partage ses journées entre le lycée et son petit job au cinéma. Alors qu’il traverse, comme à son habitude, la ville à vélo, il ne peut s’empêcher d’observer, mal à l’aise, les bus de déportés revenus des camps de la mort qui se rendent de plus en plus nombreux au Lutetia. Entre la crainte de passer pour un voyeur et l’envie d’en savoir plus sur ces gens qui ont tout perdu, Louis va finalement faire le choix de se porter volontaire et accueillir les âmes égarées et traumatisées qui arrivent jour après jour. Le choc est total pour les Parisiens qui viennent seulement de découvrir l’existence des camps de concentration ; et l’arrivée des survivants, amaigris, malades, bouleverse l’opinion des habitants de la capitale. Les horreurs de la guerre prennent soudainement un nouveau visage et le mutisme s’installe dans les familles : qui a collaboré ? Qui savait mais n’a rien fait ? Plus le jeune Louis s’investit dans ses actions de bénévole à l’hôtel Lutetia, plus il s’interroge sur les actions de son père. Leurs liens se délitent peu à peu et le fossé entre les deux générations ne cesse de se creuser. Continuer la lecture
Le Goncourt 2025 pour Laurent Mauvignier
La nouvelle vient de tomber : le 123ème prix Goncourt est attribué à Laurent Mauvignier pour La maison vide (Minuit). Continuer la lecture
Léonce, Herman, Paul et tous les autres
Un coup de cœur du Carnet
Violaine LISON, avec les Carnets de tranchées de Léonce DELAUNOY, Lequel de nous portera l’autre ?, Esperluète, coll. « En toutes lettres », 2025, 208 p., 22 €, ISBN : 9782359842029
Lequel de nous portera l’autre ?, le livre de Violaine Lison, publié bellement par les éditions Esperluète, nous ramène à l’époque meurtrière de la Première Guerre mondiale, à ce que la littérature peut en dire aujourd’hui. Il nous plonge au cœur de l’inhumanité des conflits, de l’humanité annihilée par toutes les belligérances. Il brode, entremêle, tricote les voix, les écritures et les objets pour dire, au plus près, au plus juste, l’histoire de Léonce Delaunoy, séminariste tournaisien réquisitionné pour transporter les soldats au front, et de ses deux amis, Herman Schiltz et Paul Nackart – ils sont dédicataires du récit, et leur portait, en uniforme, ouvre le volume. Continuer la lecture



