Archives par étiquette : Jacques Sojcher

Des élections à l’Académie

le palais des académies

Le palais des Académies © Arllfb

L’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique (Arllfb) a élu les suc­cesseurs de Michel del Castil­lo et de Pierre Mertens.  Con­tin­uer la lec­ture

Des amours en mémoire

Jacques SOJCHER, Nathalie AMAND, Le car­net rose, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2024, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–141‑8

sojcher armand le carnet rose« J’ai con­nu plus de femmes que je n’ai écrit de livres. »

En une poignée de réc­its à pro­pos de l’amour, de la séduc­tion, de la frus­tra­tion, du désir, des deuils et des défis amoureux, Jacques Sojch­er développe, comme il l’a fait dans la plu­part de ses livres, des réc­its à dimen­sion auto­bi­ographique où il n’hésite pas à dévoil­er l’in­time et le pré­cieux secret de toute vie. Dans un style limpi­de, sans affé­terie, il nous offre des textes accom­pa­g­nés des col­lages de Nathalie Amand, cha­cun faisant un écho sou­vent révéla­teur d’une dimen­sion éro­tique et joyeuse. Con­tin­uer la lec­ture

« Écrire sans pourquoi »

Jacques SOJCHER, Jac­ki est sage, Impres­sions nou­velles, 2023, 149 p., 16 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑39070–069‑2

sojcher jacki est sageAvec Jac­ki est sage, Jacques Sojch­er s’historialise et signe son pre­mier roman. Le philosophe-artiste s’ancre – s’encre – en tant que per­son­nage de sa vie et nous livre une auto­bi­ogra­phie dont la prose, par la ciselure de l’écriture, sim­ple et nue, approche par­fois le poème.

Le réc­it s’ouvre dans sa fan­tas­ma­tique vie in-utero, dans le ven­tre de sa mère. Jac­ki, cou­vé par celle-ci, sera celui qui naî­tra dans la four­rure, au cœur de Brux­elles, le fils du père par­ti avec le XXIIIe con­voi, dont il ne restera que des légen­des, l’enfant caché devenu « Jac­ki Tout­court » chez l’oncle Mau­rice et la tante Bertha, le gamin qui ne cessera de jouer, le petit à l’affinité accrue pour le mot petit. Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée littéraire 2023 : abondance et diversité

rentrée littéraire 2023

Le rit­uel est con­nu : chaque année en juin, les maisons d’édition dévoilent le pro­gramme de leur ren­trée lit­téraire. Et lec­tri­ces et lecteurs de par­tir en vacances avec la cer­ti­tude de trou­ver en librairie, dès la mi-août, pléthore de nou­veaux livres qui adouciront à n’en point douter le retour à la vie pro­fes­sion­nelle.

Cette année encore, auteurs et autri­ces belges seront nom­breux à par­ticiper à ce temps fort de l’année édi­to­ri­ale. La ren­trée lit­téraire est tra­di­tion­nelle­ment asso­ciée au roman. Il ne sera pas, loin s’en faut, le seul genre à faire l’actualité cet automne, mais il en sera cer­taine­ment l’un des points névral­giques. Tour d’horizon des sor­ties annon­cées. Con­tin­uer la lec­ture

Hommage à un grand éclaireur

COLLECTIF, Pierre Mertens ou la qua­tre-ving­taine, Tail­lis pré, coll. “Essais et témoignages”, 2021,105 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87450–178‑4

collectif pierre mertens ou la quatre-vingtainePierre Mertens a eu qua­tre-vingts ans le 9 octo­bre 2019. Pour fêter cette belle échéance, plusieurs de ses proches – sa sœur Cather­ine, sa fille Dominique, Agnès Triebel, Pietro Piz­zu­ti – avaient mis sur pied des retrou­vailles ami­cales et fes­tives dans un haut lieu de la bohème brux­el­loise : « La Fleur en papi­er doré ». Héros en veston fraise et chevelure blanche, assis­tance triée sur le volet, témoignages chaleureux, lec­tures d’ex­traits de Ter­reurs, des Bons offices et de Peras­ma, paus­es musi­cales, zeste de sou­venirs nos­tal­giques, buf­fet con­clusif, tous les ingré­di­ents d’une réus­site par­faite étaient au ren­dez-vous. Elle a d’ailleurs fait l’ob­jet d’une oppor­tune cap­ta­tion vidéo, due à Marc Ghy­sels : les absents peu­vent donc appréci­er l’am­biance cor­diale et con­viviale qui rég­nait ce soir-là rue des Alex­iens… Con­tin­uer la lec­ture

Poétique de la célébration

Jacques SOJCHER, Joie sans rai­son, dessins d’Arié Man­del­baum, Fata Mor­gana, 2020, 56 p., 13 €, ISBN : 978–2377920570

Il est des recueils poé­tiques qui s’élèvent au tac­tile, qui, par la grâce des mots, accom­plis­sent une promesse sœur de la caresse de Lév­inas. Joie sans rai­son du philosophe et poète Jacques Sojch­er se tient sur cette ligne de tac­til­ité, de nudité, d’un dévoile­ment adom­bré par le retrait. Les cer­cles qu’arpente Jacques Sojch­er en philosophe-artiste ont pour nom la femme, l’enfance, l’amor fati. Comme « la rose est sans pourquoi » (Angelus Sile­sius), la joie est sans rai­son dès lors qu’elle se tient du côté du non-savoir, de la perte de toute maîtrise. Il n’y a pas d’amour sans entrée dans l’impersonnel, dans l’au-delà ou l’en deçà du sujet. Con­tin­uer la lec­ture

Jacques Sojcher : visage, perte et attente

Jacques SOJCHER, La con­fu­sion des vis­ages, dessins d’Arié Man­del­baum, Fata Mor­gana, 80 p., 15 €, ISBN : 978–2‑37792–038‑9

Dans La con­fu­sion des vis­ages, la poésie du philosophe-artiste Jacques Sojch­er s’avance vers le plus nu. Nudité de la vie, nudité des mots pris dans le bat­te­ment entre énon­ci­a­tion et mutisme, nudité d’un retour vers l’enfance. Com­posé de dix par­ti­tions poé­tiques, le recueil explore le para­doxe du verbe, à la fois passerelle — du moins promesse de passerelle — vers l’être et entrave au réel. Pro­fesseur émérite de philoso­phie et d’esthétique de l’Université Libre de Brux­elles, grand arpen­teur des pen­sées de Niet­zsche, de Lév­inas, d’Artaud, de Jabès, auteur entre autres de Niet­zsche. La ques­tion du sens, La démarche poé­tique, Paul Del­vaux ou la pas­sion puérile, Jacques Sojch­er délivre dans ses textes et recueils poé­tiques (Le sexe du mort, C’est le sujet, Trente-huit vari­a­tions sur le mot juif, Éros errant…) une maïeu­tique aporé­tique placée sous le signe de ce que Pas­cal Quig­nard appelle bal­bu­tiement. Ce bal­bu­tiement en tant qu’être au monde par­court La con­fu­sion des vis­ages qui s’ouvre sur un vers lim­i­nal « L’aube ne s’est jamais lev­ée ». Empreints d’une légèreté grave, les textes sont autant de tal­is­mans en quête de la « vraie vie », d’un vis­age qui dise « oui à mon vis­age ». Le réel con­trarie la propen­sion au rêve. Le poème récolte les errances de la mémoire, exalte la per­ma­nence de l’enfance dont il est le gar­di­en. Pro­téger l’enfance qui, sur­vivant, barre l’accès à l’âge adulte, son­der la part d’enfance, c’est-à-dire d’in-fans, non par­lante, de l’écriture a pour hori­zon l’échappée hors du « poids mort » de « chaque parole adulte ». Con­tin­uer la lec­ture

Des errances, du manque et des joies d’être au monde

Un coup de coeur du Carnet

Jacques SOJCHER, Très douce­ment, 1 livre + 1 CD reprenant la lec­ture des textes par Monique Dorsel, Au coin de la rue de l’en­fer, 2016

sojcher dorselJacques Sojch­er est un errant. Un nomade glis­sant d’une aven­ture à l’autre. D’une idée à l’autre. D’un état de réel à un autre. Le lire est un bon­heur. Le lire un jour canic­u­laire d’été a tout du petit vent frais inespéré. C’est que tout, ici, est « léger ». Aérien même. Con­tin­uer la lec­ture

Les « Mille e tre » du professeur Sojcher

Jacques SOJCHER, Richard KENIGSMAN (ill.), Éros errant, Fata Mor­gana, 2016, 57 p.

sojcher erosOn recon­naî­trait entre mille le tim­bre de la voix du philosophe et poète Jacques Sojch­er. Ce cheveu sur la langue qui s’avère vite une arme de séduc­tion mas­sive, on le retrou­ve avec plaisir, sous une plume cares­sante et ironique, dans ce nou­veau recueil pub­lié chez Fata Mor­gana. Ni juif, ni cheva­lier, ou peut-être juste­ment les deux à la fois, le démon Éros dont l’auteur se fait ici le téra­to­logue, pour­suit sa route, inlass­able voyageur qui se moque des pos­si­bles dégâts col­latéraux. Joueur invétéré, Éros se plait à piper les dés. Le pire, c’est qu’on le sait ! Mais on con­tin­ue pour­tant de miser sur lui, sur sa capac­ité à renou­vel­er cette pul­sion de vie qu’est le désir. Un désir qui peut à l’occasion s’éroder mais qui renaît sans cesse, sub­tile­ment inven­tif, tou­jours pluriel, réac­tivé qu’il est par le grain d’une peau ou le frémisse­ment d’une voix. C’est que la langue, les mots, leur sonorité font par­tie du jeu. À chaque fois, ce sont les cartes qu’on rebat. Et si les donnes sem­blent les mêmes, elles sont pour­tant dif­férentes. Con­tin­uer la lec­ture

Jacques Sojcher, Prix Maurice Carême 2015

sojcherJacques Sojch­er est le lau­réat du Prix de poésie Mau­rice Carême 2015 pour son recueil Trente-huit vari­a­tions sur le mot juif, paru chez Fata Mor­gana. Con­tin­uer la lec­ture

Jacques Sojcher, Nietzsche

Les philosophes et le labyrinthe

Jacques SOJCHER, Niet­zsche, rien qu’un fou, rien qu’un poète, Renais­sance du Livre, coll. “Con­férences des Midis de la Poésie », 2000
Jacques SOJCHERNiet­zsche, la ques­tion et le sens, suivi de Niet­zsche ou Lev­inas, une confronta­tion intem­pes­tive, Ancrage, 2000

sojcher nietzsche rien qu'un fou rien qu'un poèteL’actualité amène simul­tané­ment deux livres de Jacques Sojch­er con­sacrés à Niet­zsche. Est-ce un hasard édi­to­r­i­al ou une célébra­tion dis­crète du cen­te­naire de la mort du philosophe ? L’un est le texte d’une con­férence pronon­cée en 1999 aux Midis de la Poésie et l’autre, la réédi­tion, lé­gèrement remaniée, d’un livre pub­lié en 1972. Con­tin­uer la lec­ture