Fabienne BLANCHUT, Catherine LOCANDRO, DAWID, Les cheveux d’Edith, Dargaud, 2025, 160 p., 22,95 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782505120001
En mai 1945, Paris reprend peu à peu son quotidien d’avant-guerre. Les enfants vont à l’école, les cinémas diffusent Les enfants du paradis et les adolescents révisent pour le baccalauréat. C’est justement le cas de Louis, un jeune garçon de 17 ans qui partage ses journées entre le lycée et son petit job au cinéma. Alors qu’il traverse, comme à son habitude, la ville à vélo, il ne peut s’empêcher d’observer, mal à l’aise, les bus de déportés revenus des camps de la mort qui se rendent de plus en plus nombreux au Lutetia. Entre la crainte de passer pour un voyeur et l’envie d’en savoir plus sur ces gens qui ont tout perdu, Louis va finalement faire le choix de se porter volontaire et accueillir les âmes égarées et traumatisées qui arrivent jour après jour. Le choc est total pour les Parisiens qui viennent seulement de découvrir l’existence des camps de concentration ; et l’arrivée des survivants, amaigris, malades, bouleverse l’opinion des habitants de la capitale. Les horreurs de la guerre prennent soudainement un nouveau visage et le mutisme s’installe dans les familles : qui a collaboré ? Qui savait mais n’a rien fait ? Plus le jeune Louis s’investit dans ses actions de bénévole à l’hôtel Lutetia, plus il s’interroge sur les actions de son père. Leurs liens se délitent peu à peu et le fossé entre les deux générations ne cesse de se creuser. Continuer la lecture


Initialement publiée dans l’hebdomadaire Spirou sous le format d’une histoire courte en 2021, Ona revient chez Dargaud avec un livre bien à elle.


Avec Le Dernier pharaon, Autour de Blake & Mortimer, t. 11, le quartet composé de François Schuiten (dessin et scénario), Jaco Van Dormael (scénario), Thomas Gunzig (scénario), Laurent Durieux (couleur) met génialement ses pas dans ceux d’Edgar P. Jacobs, créateur de la série Black & Mortimer. L’album décline combien prolonger une œuvre, c’est la révéler à elle-même, la poursuivre en l’actualisant. Marquée par l’imaginaire et la puissance graphique de François Schuiten, la revisitation de l’univers d’Edgar P. Jacobs renoue avec Le mystère de la grande pyramide (1954). L’album s’ouvre sur la pyramide de Khéops. Blake et Mortimer se réveillent dans la chambre de la reine, frappés d’amnésie. Des années plus tard, appelé à Bruxelles afin d’étudier l’étrange rayonnement électromagnétique qui, émanant du Palais de Justice, a la propriété de rendre inopérants les appareils électriques, le professeur Mortimer découvre un mur d’hiéroglyphes, des représentations de Seth et autres divinités dont, féru d’égyptologie, Joseph Poelaert a truffé son colosse de pierre. Tandis que Mortimer et Henri, le seigneur des lieux, avancent vers le Graal, le lieu secret d’où provient le phénomène d’irradiation, une déflagration lumineuse embrase le Palais, déferle dans les rues de Bruxelles. Sur ordre de l’armée, les habitants sont évacués et désertent la capitale. Une cage de Faraday enserre l’édifice afin de contenir son magnétisme. Une enceinte mure la ville qui, au fil des mois, se mue en une ville fantôme où la nature reprend ses droits, où les animaux sauvages ont établi leurs quartiers.
Tout le monde se souvient du
Fabien Grolleau et Jérémie Royer, qui nous avaient déjà régalés avec leur 

Thibault Damour est un physicien de renom. Mathieu Burniat est un auteur de bandes dessinées élégantes et décalées. Ensemble, ils ont relevé un défi de taille : raconter ce qu’est la réalité.
La première planche installe à la fois la beauté des paysages et la superbe maîtrise du dessinateur, ainsi que la passion d’Audubon, lui qui admire le vol des oies bernaches là où son batelier craint l’orage qui menace. Sous le déluge, il lui importe plus de sauver ses planches de dessin que son équipage et on devine vite que rien ni personne ne doit se mettre en travers de son chemin.