Fleurs de funérailles : accompagner les défunts en poésie

Devenu poète nation­al au début de l’an­née, Carl Norac s’est inter­rogé sur ce que peu­vent les poètes en cette péri­ode de pandémie. Frap­pé par les images de con­vois funéraires sans cortèges, d’in­hu­ma­tions où les proches du défunt ne sont pas admis ou à bonne dis­tance, il a souhaité offrir à chaque défunt, mort du COVID19 ou non, et à sa famille, un texte d’adieu poé­tique. L’ac­tion a été bap­tisée “Fleurs de funérailles / De gekroonde uit­vaart”. Con­tin­uer la lec­ture

Clair comme de l’eau de roches, salé comme l’air des brumes

Carl NORAC, Arno CÉLÉRIER, Poèmes de roches et de brumes, Le port a jau­ni, 2018, 28 p., 9 €, ISBN : 978–2919511419

Clair comme de l’eau de roches,
salé comme l’air des brumes,
un poème se lève avec toi
sur la ligne de l’horizon.

L’entrée de Carl Norac dans sa nou­velle fonc­tion de poète nation­al a eu lieu en ce début d’année. Si cette mis­sion le ramène à notre plat pays, il faut cepen­dant rap­pel­er qu’avant d’être notre ambas­sadeur poé­tique, Carl Norac est avant tout un grand voyageur. Des qua­tre coins du monde, il a tou­jours ramené des car­nets pleins de mots, à des­ti­na­tion de tous, enfants comme adultes. Son ouvrage Poèmes de roches et de brumes ne se réfère pas à un lieu pré­cis mais invite ses lecteurs à voy­ager entre ciel et mer, à sur­v­ol­er les cail­loux, à se met­tre à leur place. Con­tin­uer la lec­ture

Face à face avec l’autre

Paul EMOND, Quar­ante-neuf têtes dans le miroir, Tail­lis pré, 2020, 170 p., 18 €, ISBN : 9782874501609

1. Paul Emond revient à la fic­tion nar­ra­tive avec des moyens nou­veaux et un pou­voir évo­ca­toire plus aigu que jamais. On ne se remet pas si facile­ment de la lec­ture de ce monde en facettes, qu’il évoque comme une suite d’éclairs.

2. Son livre a l’apparence d’un recueil de quar­ante-neuf réc­its courts, vari­a­tions sur l’autonomie de notre reflet dans la glace. Ces réc­its ne pro­posent pas une intrigue psy­chologique con­tin­ue. Ce ne sont pas non plus des fables. L’essence d’une his­toire com­plète y est chaque fois con­tenue, avec une grande force sug­ges­tive. Mais ils vont à l’essentiel, par flash­es rapi­des, sans per­dre de temps en faux événe­ments extérieurs. Tout ce qui y est rap­porté est fidèle à l’émotion des pre­mières fois. Con­tin­uer la lec­ture

Gulliver : un appel à projets pour la radio

Le fonds Gul­liv­er lance son appel à pro­jets annuels pour la créa­tion d’oeu­vres radio­phoniques (fic­tions et doc­u­men­taires). Les dossiers sont atten­dus pour le 25 mai. Con­tin­uer la lec­ture

Le vertige des masques

Jean-François FÜEG, Ni Dieu, ni halušky, pré­face de Jean-Pierre Sak­oun, post­face de Dominique Coster­mans, Ter­ri­toires de la mémoire, 2019, 96 p., 9 €, ISBN : 978–2‑930408–43‑9

« Elle qui avait lut­té toute une vie pour ne pas être fille d’im­mi­grés, la ter­mi­na  Anna Bielik », Page 69, Jean-François Füeg lâche cette phrase sim­ple et trou­ble, la nom­i­na­tion ini­tiale la mère repre­nait le dessus et Annie allait dis­paraître…

Dans Ni Dieu, ni halušky, son dernier opus, l’auteur pour­suit la quête d’une mise à jour du palimpses­te de toute immi­gra­tion, des secrets de famille intriqués dans l’histoire col­lec­tive, des silences paralysants. Cette suite de livres[1] pour­suit avec une qual­ité rare, le dévoile­ment du con­cept de « stress iden­ti­taire ». L’histoire d’Annie, c’est l’histoire de la mère, celle qui con­te une autre his­toire fon­da­trice à ses enfants, qui racon­te l’Histoire à sa façon, déportée du réel, en touch­es rhap­sodiques, cou­sant bout à bout des incon­gruités qui tien­nent, se polis­sent, pren­nent sens et enlisent la famille au fil du temps. Con­tin­uer la lec­ture

La bande dessinée abstraite

Aarnoud ROMMENS, Benoît CRUCIFIX, Björn-Olav DOZO, Erwin DEJASSE & Pablo TURNES (dir.), Abstrac­tion and Comics. Bande dess­inée et abstrac­tion, Press­es Uni­ver­si­taires de Liège et Cinquième couche, coll. « ACME », 2019, 2 vol., 452 p. et 444 p., 36 €, ISBN : 978–2‑39008–039‑8

Qu’en est-il de la bande dess­inée dite abstraite ? Quels sont ses ressorts his­toriques, sémi­o­tiques ou for­mal­istes ? Le très beau cof­fret de deux vol­umes, Bande dess­inée et abstrac­tion, rassem­ble des con­tri­bu­tions et des créa­tions orig­i­nales qui explorent la grande var­iété de l’abstraction en ban­des dess­inées. L’abstraction doit-elle être com­prise dans le sens qu’elle a pris dans l’histoire de l’art, en pein­ture ? Peut-on dire qu’elle définit un tour­nant mod­erniste touchant les arts visuels alors que, ab ini­tio, depuis l’origine de l’art, la ten­dance à l’abstraction est présente ? Les opéra­teurs iden­ti­fi­ant une BD expéri­men­tant l’abstraction vari­ent en fonc­tion des théoriciens : là où Ibn Al Rabin nomme abstrac­tion le non-fig­u­ratif, Andreï Molotiu la resserre autour de l’éviction de la nar­ra­tion. Les créa­tions du col­lec­tif WREK avec l’artiste-graveur Olivi­er Deprez, celles de Pas­cal Ley­der, Frank Vega, Berli­ac, Fran­cie Shaw, Ilan Manouach et bien d’autres jouent la carte de la ten­sion, du dia­logue non mimé­tique avec les textes. L’irruption de quelques planch­es abstraites dans une BD ou la con­struc­tion d’œuvres graphiques entière­ment soutenues par l’abstraction mod­i­fient le « régime scopique du spec­ta­teur » (Jacques Dür­ren­matt). Con­tin­uer la lec­ture

Prix du Cercle Montherlant : appel à candidatures

Le prix du Cer­cle Mon­ther­lant – Académie des Beaux-Arts récom­pense chaque année un ouvrage d’art de langue française. Le prix est doté de 10.000 €, dont 8.000 € pour l’au­teur et 2.000 € pour l’édi­teur. L’ap­pel à can­di­da­tures pour l’édi­tion 2020 est lancé. Échéance : le 12 juin. Con­tin­uer la lec­ture

Lire en confinement : des textes courts à découvrir sans modération

En cette péri­ode de con­fine­ment, d’au­cuns redé­cou­vrent les joies de la lec­ture. De leur côté, autri­ces, auteurs et maisons d’édi­tion mul­ti­plient les ini­tia­tives et met­tent à dis­po­si­tion des textes, par­fois inédits. Petit tour du web lit­téraire belge fran­coph­o­ne, à la recherche de textes brefs et acces­si­bles gra­tu­ite­ment (et légale­ment…) en inté­gral­ité. Con­tin­uer la lec­ture

Dans nos archives : Panorama du théâtre belge actuel

À l’oc­ca­sion de la journée mon­di­ale du théâtre, célébrée chaque année le 27 mars, nous repub­lions un arti­cle d’Ém­i­lie Gäbele, paru dans Le Car­net et les Instants n° 188 (2015) con­sacré au théâtre belge d’au­jour­d’hui. Con­tin­uer la lec­ture

Quête du Graal au milieu des immondices

Thomas DEPRYCK, Le bousi­er, Lans­man, 2020, 70 p., 11 €, ISBN : 978–2‑8071–0277‑4

Le bousi­er de Thomas Depryck offre un écho sai­sis­sant à l’ac­tu­al­ité brûlante, sous le signe de l’épidémie, de la crise et de la peur. C’est que ce con­te fan­tas­tique et absurde, imprégné des codes de la tragédie grecque, met en scène deux hommes et une femme malades des suites d’un effon­drement cat­a­clysmique ayant décimé l’écras­ante majorité des humains. Con­tin­uer la lec­ture

Prix Astrid Lindgren : 240 candidats venus de 67 pays

Kit­ty Crowther, lau­réate 2010

Le prix com­mé­moratif Astrid Lind­gren sera décerné le 31 mars. Les can­di­dats à cette récom­pense pres­tigieuse sont con­nus : ils sont 240, émanant de 67 pays dif­férents. Con­tin­uer la lec­ture

Françoise M. par Marie-Paule B.

Marie-Paule BELLE, Comme si tu étais tou­jours là, pré­face de Serge Lama, Plon, 2020, 213 p., 18 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑259–27838‑6

Françoise Mal­let-Joris écrivait ; Marie-Paule Belle com­pose et chante. Dans Comme si tu étais tou­jours là, livre-hom­mage à l’écrivaine belge dis­parue le 13 août 2016, la chanteuse tient pour­tant la plume. Mais elle s’efface sou­vent pour laiss­er place aux mots de sa com­pagne, parolière et amie. Cartes postales, brefs mes­sages, let­tres, man­u­scrits, paroles de chan­sons retran­scrites … : M.-P. Belle dévoile une par­tie des nom­breuses archives qu’elle con­serve dans un car­ton rouge, témoins de leur rela­tion privée et pro­fes­sion­nelle. Con­tin­uer la lec­ture

Prix Fintro Écritures noires : appel à manuscrits

Créé en 2017, le prix Fin­tro Écri­t­ures noires récom­pense chaque année, dans le cadre de la Foire du livre de Brux­elles, un man­u­scrit du genre “noir” d’un auteur qui n’a pas encore été pub­lié à compte d’édi­teur. En rai­son du con­fine­ment, l’ap­pel à man­u­scrits pour la prochaine édi­tion du prix est pro­longé.

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Confinement : le message des librairies indépendantes

Tan­dis que la Bel­gique vit depuis plusieurs jours en con­fine­ment, les librairies ont fer­mé leurs portes, comme nom­bre d’autres com­merces. Cette fer­me­ture a sur­pris plusieurs clients. En cause : la con­fu­sion entre librairies-con­seil et librairies-mag­a­sins de jour­naux. Le Syn­di­cat des libraires fran­coph­o­nes (Slfb) souhaite clar­i­fi­er la sit­u­a­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Un Armel Job à la Simenon

Armel JOB, La dis­parue de l’île Mon­sin, Robert Laf­font, 2020, 291 p., 20 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9782221246580

Plus encore que dans ses nom­breux romans précé­dents, Armel Job a apporté des accents simenon­iens à son dernier livre, La dis­parue de l’île Mon­sin. La preuve par le titre bien évidem­ment qui évoque Liège, la ville natale du père de Mai­gret, mais égale­ment une intrigue poli­cière pur jus et surtout cette propen­sion des deux écrivains à met­tre en scène des petites gens. Con­tin­uer la lec­ture

Décès de Rio Di Maria

Rio Di Maria

Nous apprenons le décès du poète Rio Di Maria, sur­venu ce lun­di 23 mars des suites d’une crise car­diaque. Con­tin­uer la lec­ture