Un Armel Job à la Simenon

Armel JOB, La dis­parue de l’île Mon­sin, Robert Laf­font, 2020, 291 p., 20 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9782221246580

Plus encore que dans ses nom­breux romans précé­dents, Armel Job a apporté des accents simenon­iens à son dernier livre, La dis­parue de l’île Mon­sin. La preuve par le titre bien évidem­ment qui évoque Liège, la ville natale du père de Mai­gret, mais égale­ment une intrigue poli­cière pur jus et surtout cette propen­sion des deux écrivains à met­tre en scène des petites gens. Con­tin­uer la lec­ture

Décès de Rio Di Maria

Rio Di Maria

Nous apprenons le décès du poète Rio Di Maria, sur­venu ce lun­di 23 mars des suites d’une crise car­diaque. Con­tin­uer la lec­ture

La course folle du lapin en retard

Un coup de cœur du Car­net

Anne HERBAUTS, En coup de vent, Cast­er­man, 2019, 64 p., 13,95 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 9782203181182

« En retard, je vais être en retard ! », s’exclame le lapin blanc du roman de Lewis Car­roll. Anne Herbauts, qui a autre­fois illus­tré Alice aux pays des mer­veilles (dans une très belle édi­tion pub­liée en 2002 chez Cast­er­man), en met un extrait en exer­gue de cet album sans texte. Con­tin­uer la lec­ture

#Camille too !

Patrick DELPERDANGE, C’est pour ton bien, Arènes, coll. « Equinox », 2020, 331 p., 16 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 979–10-375‑0060‑1

Les six pre­mières pages sur­pren­nent. En sur­plomb du roman, soit. Nous avons l’habitude, dans les thrillers, les romans dynamiques, de ces pro­logues insin­u­ant le sus­pense, la ten­sion, le drame via une scène/point d’acmé située dans une tem­po­ral­ité décalée par rap­port à la trame pre­mière. Mais Patrick Delper­dan­ge nous offre autre chose, une mise en exer­gue du thème qui va par­courir son opus, la femme battue et l’appréhension, intime et extérieure, du phénomène : Con­tin­uer la lec­ture

Décès du dessinateur et coloriste Erwin Drèze

Erwin Drèze

Les édi­tions Cast­er­man nous annon­cent le décès du dessi­na­teur et col­oriste Erwin Drèze, ce 18 mars 2020, des suites d’une longue mal­adie.  Con­tin­uer la lec­ture

Thomas Lavachery : “Nos ados ont droit à la meilleure littérature”

Thomas Lavach­ery ©_Web_Fwb_72A8189

Faut-il encore présen­ter Thomas Lavach­ery ? Grand prix tri­en­nal de Lit­téra­ture jeunesse de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles, cet auteur et illus­tra­teur est surtout con­nu pour la série des Bjorn, une saga en huit tomes pub­liée à L’école des loisirs. Lui aus­si est un habitué des ren­con­tres en classe. Tou­jours à L’école des loisirs, vien­nent de paraitre Un zoo à soi ain­si que Tor et le Cow-Boy. En 2019, Thomas Lavach­ery  pub­li­ait Rumeur et Le voy­age de Ful­mir : c’est pour évo­quer ce dernier titre que nous l’avons ren­con­tré.

Cette inter­view paraitra dans une ver­sion plus courte dans Le Car­net et les Instants n° 206.

Con­tin­uer la lec­ture

Décès de René Follet

René Fol­let

L’il­lus­tra­teur et bédéiste René Fol­let est décédé. Il est né à Brux­elles en 1931 et laisse une oeu­vre d’am­pleur, bien qu’il soit tou­jours rel­a­tive­ment mécon­nu. Con­tin­uer la lec­ture

Pour nos vieux jours

Lin­da VANDEN BEMDEN, Les dimanch­es d’Angèle, Quad­ra­ture, 2020, 86 p., 10 € / ePub : 6.99 €, ISBN : 9782931080009

Lin­da Van­den Bem­den a tenu pen­dant cinq ans un blog sur lequel elle a con­signé régulière­ment des textes brefs rela­tant ses vis­ites domini­cales à sa grand-mère hébergée en mai­son de repos jusqu’au décès de celle-ci. Elle en a extrait quelques dizaines, rassem­blés dans ce recueil.

Les ini­tia­tives lit­téraires rel­a­tives à l’accompagnement d’un par­ent âgé ne man­quent pas, mais celle prise ici par l’autrice se dis­tingue d’emblée par son ton. Renonçant au lamen­to sur les rav­ages du temps, Les dimanch­es d’Angèle nous livre des bil­lets à l’humour décalé. Point de pathos ni de tremo­lo, juste des petits faits et dia­logues de quelques lignes, sur le mode impres­sion­niste. Jugez plutôt : Con­tin­uer la lec­ture

La sélection du prix Première — Victor 2020–2021

Le prix Pre­mière — Vic­tor a livré sa sélec­tion pour sa nou­velle édi­tion. Le suc­cesseur de Marie Colot, primée cette année pour Jusqu’i­ci tout va bien (Alice jeunesse), se trou­ve par­mi les 5 livres retenus. Con­tin­uer la lec­ture

Bruxelles ou Le plat pays urbain qui n’est pas le mien…

Mor­gane VANSCHEPDAEL, Au fond un jar­dinet étouf­fé, Mael­ström, 2019, 30 p., 3 €, ISBN : 978–2‑87505–350‑3

Chaque fin d’année, depuis onze ans, l’éditeur brux­el­lois Mael­ström nous décoche une salve de huit book­legs dans le cadre d’une col­lec­tion “Brux­elles se con­te” ini­tiée par la COCOF (Com­mis­sion Com­mu­nau­taire Française de la Région Brux­elles-Cap­i­tale).

Des book­legs ? Des livres édités à prix démoc­ra­tique (3 €), arrimés à un évène­ment (musi­cal, poé­tique), dont ils con­stitueront la trace. En l’occurrence, l’anniversaire de la librairie adossée à la mai­son d’édition, la présen­ta­tion des ouvrages et leur mise en scène (lec­tures avec fil rouge, investisse­ment de divers espaces) furent con­sub­stantiels. Con­tin­uer la lec­ture

Décès de Patrick Nothomb

Patrick Nothomb

L’an­cien diplo­mate Patrick Nothomb est décédé le 17 mars 2020, à l’âge de 83 ans. Mem­bre d’une famille d’écrivains, il a lui-même écrit plusieurs livres retraçant son expéri­ence diplo­ma­tique. Con­tin­uer la lec­ture

« … toute l’horreur de Malpertuis »

Jean RAY, Malper­tu­is, His­toire d’une mai­son fan­tas­tique, édi­tion établie par Arnaud Hufti­er, post­face de Jacques Car­i­on et Joseph Duhamel, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 300 p., 10 €, ISBN : 978–2875684790

Pour les férus de fan­tas­tique, le nom Malper­tu­is est, tout comme celui de Ctul­hu, syn­onyme d’épouvante. Chez les ama­teurs de « Nos Let­tres » en général, le titre Malper­tu­is résonne comme un moment cap­i­tal de l’histoire lit­téraire belge et se hisse au rang d’un clas­sique. La déf­i­ni­tion, attribuée à Mark Twain, de cette caté­gorie d’ouvrages est con­nue : « un livre dont tout le monde par­le et que per­son­ne n’a lu ». Et c’est sans doute le sort réservé depuis sa pub­li­ca­tion, au mitan de la Sec­onde Guerre mon­di­ale, à ce roman-mon­stre, ardu, com­plexe, unique. Con­tin­uer la lec­ture

« d’abord un geste »

Carl NORAC, Jour­nal de gestes / Gebarendag­boek, traduit du français par Katelijne De Vuyst, mael­strÖm, coll. “Book­leg”, 2020, 3€, ISBN : 978–2‑87505–358‑9

Je ne con­nais aucune prière, nul poème que j’improvise ne peut espér­er s’élever jusqu’au roy­aume sans souf­fle. 

Le nom de notre Poète Nation­al 2020 est désor­mais con­nu : Carl Norac suc­cède à Charles Ducal, Lau­rence Vielle et Els Moors, pour une durée de deux ans. Auteur d’une dizaine d’ouvrages poé­tiques et de nom­breux livres pour la jeunesse, Carl Norac nous livre ici un jour­nal de gestes, accueil­li au for­mat « book­leg » aux édi­tions mael­strÖm et traduit en néer­landais par Katelijne de Vuyst. Con­tin­uer la lec­ture

Les sélections pour les prix de la SGDL

La Société des gens de Let­tres (SGDL) décerne chaque année plusieurs prix lit­téraires, dans dif­férentes caté­gories. La pre­mière sélec­tion de 2020 est annon­cée. Les prix seront nor­male­ment remis en juin. Con­tin­uer la lec­ture

Ronger les mollets du poème – et plus si affinités

Un coup de cœur du Car­net

Pas­cal LECLERCQ, Sai­son six, Angle mort, 2019, 24 p., 16 €, ISBN : 978–2‑9602174–4‑5

Voici une suite à Jour­nal apoc­ryphe : cinquième sai­son qui parais­sait chez Mael­ström en 2018 dans le recueil Analyse de la men­ace. On y retrou­ve les thé­ma­tiques de prédilec­tion de Pas­cal Lecler­cq : un monde qui som­bre, une inquié­tante urban­ité, des ani­maux et des per­son­nages inter­lopes, un corps mis en doute, tri­fouil­lé, manip­ulé, et une recherche sur le sens et la mise en jeu de l’écri­t­ure. Sur la broche du texte, la langue rôtit, don­nant à l’ab­surde droit de vie et de mort, et allumant ici et là les feux brûlants de l’hu­mour noir. Con­tin­uer la lec­ture

Georges Brami et Georges Ressens

Renaud NATTIEZ, Brassens et Tintin. Deux mon­des par­al­lèles, Impres­sions Nou­velles, 2020, 190 p., 17 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 9782874497476

Quoi de plus dis­sem­blable, si ce n’est incom­pat­i­ble a pri­ori, que les univers de Georges Remi, alias Hergé, et de Georges Brassens ? L’esthétique de la ligne claire du Brux­el­lois et les valeurs morales qu’elle illus­tre s’accommodent-elles des filles de joie, quadru­manes en rut, matrones aux mamelles matraque­uses de cognes et autre nonette nymphomane qui se ren­con­trent dans les com­po­si­tions du Sétois ? Un récent essai pub­lié aux Impres­sions Nou­velles tente d’établir le par­al­lèle, non pas entre deux hommes, mais bien entre les démarch­es créa­tives de deux esprits qu’une com­mune lib­erté car­ac­térise. Et la démon­stra­tion, de si hasardeuse qu’elle pou­vait appa­raître au départ, s’avère con­va­in­cante, à sa mesure. En effet, on sent que Renaud Nat­tiez s’est avant tout plu à évo­quer, dans un même ouvrage, ses pas­sions les plus ardentes, afin de les com­mu­ni­quer con­join­te­ment au pub­lic. Le rap­proche­ment n’est donc pas for­cé, mais doit, pour être pleine­ment savouré, s’aborder comme le partage d’une dilec­tion, d’un goût, et non comme une étude à pré­ten­tion démon­stra­tive. Con­tin­uer la lec­ture