Thibaut CREPPE, La ville endormie, Tétras Lyre, 2019, 57 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930685–46‑5
Thibaut Creppe n’est pas un inconnu au sein du petit monde de la littérature belge. Né en 1990, l’auteur, alors étudiant à l’ULG, crée, début des années 2010, un collectif, « Chromatique », avec cinq autres étudiants tous férus de poésie. Résultat d’un premier recueil publié en commun : le prix Georges Lockem décerné en 2013 par l’Académie Royale de langues et littérature française de Belgique ! Soutenu par une maquette élégante qui épouse parfaitement les thèmes abordés, La ville endormie est un recueil-patchwork, un livret d’insomnies où la mélancolie alterne avec des moments de révolte et de rage. Enfouie sous l’abat-jour qui reste allumé tard, la ville s’expose et se réveille au contact des reflets dans la nuit. Continuer la lecture

Les didascalies du théâtre symboliste s’offrent souvent comme des poèmes en prose et laissent entendre le drame à la lisière du mélodrame, comme si on regardait un film d’Eisenstein dans la musique de Wagner.
La 12e édition du Marché du livre de Mariemont se tiendra du 18 au 20 octobre 2019. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont pour célébrer le livre et la petite édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets… L’invité d’honneur de cette édition sera Paul Cox. Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet de se rendre au Marché en famille. La programmation est multiple: conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes. 
Ambitieux sans prétention, aussi mégalomane que généreux, le recueil de CeeJay est volumineux. C’est celui d’un aveugle, Derrière les paupières, qui sait qu’il ne sait rien de l’immensité. Cependant, il la sent et l’aperçoit dans l’intime lumière de son âme. Il écrit sans relâche pour l’appeler à lui, la rejoindre.

Nadine Monfils n’a pas fini de nous étonner. Spécialiste du polar drôle plein d’humour baroque et couronnée de prix en cette qualité, elle change ici de registre. Cette fois, elle met en scène dans son dernier livre, Le rêve d’un fou, un personnage réel, le facteur Cheval dont elle cite même par moments les paroles authentiques. « Les rêves, ça chasse les larmes », nous dit-elle, évoquant la croyance de son héros. Il s’agit d’un vrai roman.
Voici une initiative originale née dans la foulée de la Foire du livre : rassembler en un recueil des textes écrits par des migrants et d’autres créés pour l’occasion par quelques-uns de nos écrivains francophones et par des personnes impliquées dans les mouvements aux côtés des réfugiés. Ce pari littéraire qui juxtapose les contributions en un jeu de miroirs ne va pourtant pas de soi. Comme le rappelle justement Xavier Deutsch : 

En lisant le roman Le ballet des retardataires (Tokyo, tambours et tremblements), nous marchons avec Maïa Aboueleze en plein cœur de Tokyo où l’autrice s’est immergée durant plusieurs mois pour perfectionner sa connaissance du taïko, une discipline qui la passionne et qui englobe à la fois la pratique du tambour, de la danse, des arts martiaux et de la méditation.
Comment survivre à un père mort ? Comment se sauver du néant, reconquérir le fil qui s’est rompu entre le père et soi, entre soi et soi ? Dans Motus, un recueil de textes poétiques rythmés par des photographies, la cinéaste et poète Dominique Loreau tend l’oreille à ce que son père, le philosophe Max Loreau, lui a légué, à ce qu’il a transmis comme impossible. Les textes sondent une énigme, tournoient autour d’une absence, d’un éloignement que viendra sceller la mort du père. Motus et bouche cousue, motus et lèvres qui mettent en mots la béance, le manque… Dominique Loreau lance une lettre au père, moins dans la veine de celle de Kafka que sous la forme d’une quête et d’un combat. Max Loreau (1928–1990), le philosophe qui renouvela la phénoménologie, qui fit de la peinture, des arts le kairos d’une autre pensée, Max Loreau, professeur à l’ULB, auteur d’une œuvre innervée par la question des commencements, se voit reconnecté à son « motus », au mouvement interne qui, commandant sa vie, impulsa sa pensée. 
Comme le souligne la quatrième de couverture, la mémoire posthume de Norge souffrait jusqu’à la publication du présent ouvrage d’une paradoxale lacune : voilà un poète salué par les géants (Aragon, Cocteau, Neruda, Milosz), choyé des prix les plus importants, croulant sous les reconnaissances et noyé dans les officialités, mis en musique par Brassens et