Le livret des insomnies

Thibaut CREPPE, La ville endormie, Tétras Lyre, 2019, 57 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930685–46‑5

Thibaut Creppe n’est pas un incon­nu au sein du petit monde de la lit­téra­ture belge. Né en 1990, l’auteur, alors étu­di­ant à l’ULG, crée, début des années 2010, un col­lec­tif, « Chro­ma­tique », avec cinq autres étu­di­ants tous férus de poésie. Résul­tat d’un pre­mier recueil pub­lié en com­mun : le prix Georges Lock­em décerné en 2013 par l’Académie Royale de langues et lit­téra­ture française de Bel­gique ! Soutenu  par une maque­tte élé­gante qui épouse par­faite­ment les thèmes abor­dés, La ville endormie est un recueil-patch­work, un livret d’insomnies où la mélan­col­ie alterne avec des moments de révolte et de rage. Enfouie sous l’abat-jour qui reste allumé tard, la ville s’expose et se réveille au con­tact des reflets dans la nuit. Con­tin­uer la lec­ture

Résidence d’écriture théâtrale : appel à candidatures

Dramé­d­u­ca­tion, spé­cial­iste du théâtre fran­coph­o­ne en Pologne, lance un appel à can­di­da­ture pour la rési­dence d’auteurs en 2020. Les auteurs et autri­ces de Wal­lonie-Brux­elles sont invités à envoy­er leur can­di­da­ture pour cette prochaine édi­tion qui aura lieu à Sopot, en Pologne, du 7 au 23 févri­er 2020. La rési­dence a comme thé­ma­tique cen­trale la célébra­tion des 40 ans du mou­ve­ment Sol­i­darność. Les can­di­da­tures sont atten­dues pour le 20 octo­bre à 20h.  Con­tin­uer la lec­ture

Une esthétique de l’épreuve : Charles Van Lerberghe

Charles VAN LERBERGHE, Les flaireurs suivi de Pan, Post­face Paul Aron, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 160 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–416‑5

Les didas­calies du théâtre sym­bol­iste s’offrent sou­vent comme des poèmes en prose et lais­sent enten­dre le drame à la lisière du mélo­drame, comme si on regar­dait un film d’Eisen­stein dans la musique de Wag­n­er.

Les scènes font réson­ner les intimes liaisons entre l’ex­is­tence de l’homme et la pres­sion des élé­ments naturels qui s’exercent sur lui. On entre alors dans la vie mag­ique, presque sur­na­turelle des pro­tag­o­nistes, sur la pointe des pieds, on s’assied alors dans l’ombre et on assiste aux chutes et aux épipha­nies des per­son­nages sym­bol­istes. La princesse Maleine de Maeter­linck est là, avec nous, dans les couliss­es des âmes. Con­tin­uer la lec­ture

Le 12e Marché du livre de Mariemont

La 12e édi­tion du Marché du livre de Mariemont se tien­dra du 18 au 20 octo­bre 2019. Le Marché du Livre s’installe pen­dant trois jours au Musée roy­al de Mariemont pour célébr­er le livre et la petite édi­tion. Ils se présentent sous leurs mul­ti­ples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets… L’in­vité d’hon­neur de cette édi­tion sera Paul Cox. Une atten­tion par­ti­c­ulière aux liens entre petits et grands lecteurs per­met de se ren­dre au Marché en famille. La pro­gram­ma­tion est mul­ti­ple: conférences, lec­tures, ren­con­tres, vis­ites guidées, ate­liers et ani­ma­tions pour les plus jeunes. Con­tin­uer la lec­ture

Les prix littéraires 2019 en un coup d’oeil

Car­o­line Lamarche

L’au­tomne est la péri­ode tra­di­tion­nelle des prix lit­téraires. Chaque jour ou presque, de nou­veaux lau­réats sont proclamés, de nou­velles sélec­tions sont divul­guées. Tous les “grands prix d’au­tomne” français ont livré leur pre­mière sélec­tion ; le Rossel dévoil­era la sienne dans quelques semaines. En atten­dant ces ultimes ver­dicts, voici un réca­pit­u­latif des prix lit­téraires de l’an­née 2019 où fig­urent des auteurs belges, lau­réats ou final­istes, en Bel­gique ou à l’é­tranger.

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Le monde est mon trône

CEEJAY, Der­rière les paupières… l’immensité, Arbre à paroles, 2019, 298 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87406–682‑5

ceejay derriere les paupieres l immensiteAmbitieux sans pré­ten­tion, aus­si méga­lo­mane que généreux, le recueil de Cee­Jay est volu­mineux. C’est celui d’un aveu­gle, Der­rière les paupières, qui sait qu’il ne sait rien de l’immensité. Cepen­dant, il la sent et l’aperçoit dans l’intime lumière de son âme. Il écrit sans relâche pour l’appeler à lui, la rejoin­dre.

L’auteur s’adresse à elle non dans ses replis et inter­stices, mais dans son incom­men­su­ra­bil­ité. En un arbi­traire abécé­daire de l’extrêmement grand — terre, temps, espace, astral, pen­sée, rêve… —, ses poèmes nous dis­ent, nous rap­pel­lent et provo­quent le gigan­tisme qui coule dans nos veines depuis-pour tou­jours. Le poète illim­ite nos sens, notre être venu pour don­ner et notre exis­tence avide d’air. Con­tin­uer la lec­ture

Les sélections des prix Révélation de la SGDL

Sébastien Fevry

La Société des gens de Let­tres (SGDL) attribue chaque année de nom­breux prix lit­téraires. Par­mi ceux-ci, plusieurs sont con­sacrés à des oeu­vres de nou­veaux auteurs. Ils sont regroupés sous la caté­gorie des “prix Révéla­tion”. Trois listes de prix Révéla­tion sont déjà con­nues : roman, poésie et tra­duc­tion.  Les lau­réats seront dévoilés en décem­bre. Con­tin­uer la lec­ture

Exposition : Aragon, un écrivain dans le siècle

Dans le cadre de la Fureur de lire, l’ex­po­si­tion “Aragon, un écrivain dans le siè­cle” sera présen­tée au pub­lic du 2 au 25 octo­bre. Elle présen­tera des textes, pho­tos, man­u­scrits et édi­tions bib­lio­philes du poète et romanci­er Louis Aragon (1897–1982). Les doc­u­ments exposés sont prêtés par le col­lec­tion­neur belge Philippe Lesplin­gart.  Con­tin­uer la lec­ture

D’un roman l’autre

Nadine MONFILS, Le rêve d’un fou, Fleuve, 2019, 128 p., 14,90 € / ePub : 10.99 €, ISBN : 978–2265116313

Nadine Mon­fils n’a pas fini de nous éton­ner. Spé­cial­iste du polar drôle plein d’humour baroque et couron­née de prix en cette qual­ité, elle change ici de reg­istre. Cette fois, elle met en scène dans son dernier livre, Le rêve d’un fou, un per­son­nage réel, le fac­teur Cheval dont elle cite même par moments les paroles authen­tiques. « Les rêves, ça chas­se les larmes », nous dit-elle, évo­quant la croy­ance de son héros. Il s’agit d’un vrai roman. Con­tin­uer la lec­ture

Au refuge des mots

COLLECTIF, Des tra­ver­sées et des mots. Écri­t­ures migrantes, Marda­ga, 2019, 96 p., 14.90 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑80470–714‑9

Voici une ini­tia­tive orig­i­nale née dans la foulée de la Foire du livre : rassem­bler en un recueil des textes écrits par des migrants et d’autres créés pour l’occasion par quelques-uns de nos écrivains fran­coph­o­nes et par des per­son­nes impliquées dans les mou­ve­ments aux côtés des réfugiés. Ce pari lit­téraire qui jux­ta­pose les con­tri­bu­tions en un jeu de miroirs ne va pour­tant pas de soi. Comme le rap­pelle juste­ment Xavier Deutsch : Con­tin­uer la lec­ture

Un prix Maeterlinck pour Angèle Baux-Godard

Angèle Baux-Godard

Angèle Baux-Godard est la lau­réate de l’un des prix Maeter­linck de la cri­tique, décernés le 23 sep­tem­bre. Elle a rem­porté la caté­gorie “Auteur/Autrice” pour sa pièce L’empreinte du ver­tige, pub­liée aux édi­tions Lans­man. Con­tin­uer la lec­ture

Prix Saga café : les finalistes

Bernard Antoine

Bernard Antoine

Le jury du prix Saga café a livré le nom des trois final­istes de l’édi­tion 2019. Le lau­réat, annon­cé en novem­bre, suc­cédera à Bernard Antoine, primé en 2018 pour Pur et nu (Mur­mure des soirs).

Décerné chaque année par l’étab­lisse­ment lié­geois dont il porte le nom, le prix Saga café récom­pense le pre­mier roman d’un auteur belge.  Con­tin­uer la lec­ture

Le ballet des retardataires : Lost in translation

Un coup de cœur du Car­net

Maïa ABOUELEZE, Le bal­let des retar­dataires : Tokyo, tam­bours et trem­ble­ments, Inter­valles, 2019, 152 p., 16 €, ISBN : 978–2‑36956–082

En lisant le roman Le bal­let des retar­dataires (Tokyo, tam­bours et trem­ble­ments), nous mar­chons avec Maïa Aboueleze en plein cœur de Tokyo où l’autrice s’est immergée durant plusieurs mois pour per­fec­tion­ner sa con­nais­sance du taïko, une dis­ci­pline qui la pas­sionne et qui englobe à la fois la pra­tique du tam­bour, de la danse, des arts mar­ti­aux et de la médi­ta­tion.

Bien sûr, l’exil n’est pas tou­jours chose facile pour la pro­tag­o­niste qui ne par­le pas japon­ais et dont la maîtrise de l’anglais est super­flue sur l’île.  Elle ne pos­sède pas non plus les codes de la société dans laque­lle elle évolue, même si elle sait que la dig­nité et la dis­ci­pline y sont des valeurs impor­tantes. Con­tin­uer la lec­ture

Dominique Loreau. Quête et impossibles retrouvailles

Dominique LOREAU, Motus, Tan­dem, Coll. « Alen­tours », 2019, 64 p., ISBN : 978–2‑87349–137‑6

Com­ment sur­vivre à un père mort ? Com­ment se sauver du néant, recon­quérir le fil qui s’est rompu entre le père et soi, entre soi et soi ? Dans Motus, un recueil de textes poé­tiques ryth­més par des pho­togra­phies, la cinéaste et poète Dominique Lore­au tend l’oreille à ce que son père, le philosophe Max Lore­au, lui a légué, à ce qu’il a trans­mis comme impos­si­ble. Les textes son­dent une énigme, tournoient autour d’une absence, d’un éloigne­ment que vien­dra sceller la mort du père. Motus et bouche cousue, motus et lèvres qui met­tent en mots la béance, le manque… Dominique Lore­au lance une let­tre au père, moins dans la veine de celle de Kaf­ka que sous la forme d’une quête et d’un com­bat. Max Lore­au (1928–1990), le philosophe qui renou­vela la phénoménolo­gie, qui fit de la pein­ture, des arts le kairos d’une autre pen­sée, Max Lore­au, pro­fesseur à l’ULB, auteur d’une œuvre innervée par la ques­tion des com­mence­ments, se voit recon­nec­té à son « motus », au mou­ve­ment interne qui, com­man­dant sa vie, impul­sa sa pen­sée. Con­tin­uer la lec­ture

La Fureur de lire : six plaquettes à lire, six auteurs à découvrir

Chaque année, à l’oc­ca­sion de la Fureur de lire, le Ser­vice général des Let­tres et du Livre pub­lie six pla­que­ttes, cha­cune signée par un auteur, bédéiste ou auteur-illus­tra­teur de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles. Des ouvrages courts à lire pour le plaisir ou à exploiter en classe. Il y en a pour tous les âges… et tous les gen­res lit­téraires. Con­tin­uer la lec­ture

Norge l’éolien

Daniel LAROCHE, Une chan­son bonne à mâch­er. Vie et œuvre de Norge, Pré­face de Pierre Piret, Press­es Uni­ver­si­taires de Lou­vain, 2019, 266 p., 21,50 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑87558–786‑2

Comme le souligne la qua­trième de cou­ver­ture, la mémoire posthume de Norge souf­frait jusqu’à la pub­li­ca­tion du présent ouvrage d’une para­doxale lacune : voilà un poète salué par les géants (Aragon, Cocteau, Neru­da, Milosz), choyé des prix les plus impor­tants, croulant sous les recon­nais­sances et noyé dans les offi­cial­ités, mis en musique par Brassens et chan­té par Jeanne More­au, déclamé à hue et à dia, dis­séqué par d’innombrables mémorants de l’Alma mater, objet d’une mul­ti­tude d’articles, dépas­sant la sphère de sa Bel­gi­tude par l’accession à celle de la Fran­coph­o­nie – et qui pour­tant n’avait fait l’objet d’aucune étude d’ampleur. Con­tin­uer la lec­ture