Archives par étiquette : jeunesse

« 1, 2,3, on joue ?! »

Sarah CHEVEAU, Marelle à doigts, Thier­ry Mag­nier, 2019, 24 p., 11.90 €, ISBN : 979–10-352‑0238‑5

-..À quoi ?
- Mais à la marelle !

La marelle ! …craie dans une main, cail­lou dans l’autre, on a ripé quelques paires de chaus­sures en récréa­tion! La ver­sion de Sarah Che­veau est une marelle à doigts ou, com­ment faire du jeu le plus vieux du monde un exer­ci­ce d’illustration fort bien réus­si. Con­tin­uer la lec­ture

Bouquet de pensées

Pierre CORAN, Aurélia FRONTY, L’ABC du petit philosophe, À pas de loups, 2018, 64 p., 16,50 €, ISBN : 9–782930-787398

On savait Pierre Coran poète. Avec ce recueil de maximes, on le décou­vre philosophe. Au fil de sa pro­lifique car­rière d’écrivain jeunesse, cet ancien directeur d’école a joué, de recueil en album, avec les let­tres, les sons, les mots, et a surtout mis le tout à hau­teur d’enfants. Il leur mon­tre mieux que per­son­ne que la langue française est un grand ter­rain de jeu et les invite à venir s’y amuser. Et il suf­fit de voir ce poète à l’œuvre en ani­ma­tion pour con­stater que cela marche ! Dans son ABC du petit philosophe signé avec Aurélia Fron­ty, en cent-qua­tre petits poèmes, il invite à réfléchir, évoque, fait rire, sur­prend. Con­tin­uer la lec­ture

L’art de se cacher en souriant

Anne CRAHAY, Le sourire de Suzie, Cot­Cot­Cot, 2019, 26 p., 12.50 €, ISBN : 978–2‑930941–07‑3

Suzie a per­du le sourire, inquiète de ce qui se trame dans le monde des adultes. Inquiète d’inquiéter plus encore les adultes. Elle se com­pose une col­lec­tion de sourires à arbor­er en toutes cir­con­stances. « Un sourire comme défense ». La pau­vre Suzie retient tout et garde ses sourires figés. Face impec­ca­ble, elle fait face jusqu’à ce que ses sourires de papiers se déchirent. Qui est Suzie ? Elle se cache der­rière ses mul­ti­ples sourires qui la dis­simu­lent, l’étouffent peut-être. Plus elle sourit, plus la vie se com­plique. Suzie tient ses sourires, con­tient ses sen­ti­ments, jusqu’au « déluge » des émo­tions. Jusqu’à ce qu’enfin, les par­ents com­pren­nent et ras­surent l’enfant qui en avait besoin. Con­tin­uer la lec­ture

Pas si blanc, Noël !

Béa­trice LIBERT, Le cheva­lier des sept couleurs, illus­tra­tions de Math­ieu Schmitt, Vaga­mun­do Jeunesse, 2018, 112 p., 17€, ISBN : 979–10-92521–30‑6

Vêtu d’un pyja­ma bar­i­olé offert par sa mar­raine, le nez dans un livre dont l’a doté son par­rain, Noël s’assoupit et dégringole dans un étrange rêve, blanc comme neige. Blanc comme à la mon­tagne. Con­traire­ment au Par­adis Blanc à l’abri de la vio­lence cher à Michel Berg­er, le Pays Blanc où atter­rit notre héros est un endroit à l’aura plutôt lugubre où non seule­ment on regarde l’altérité – ici toute trace de couleur – avec méfi­ance et hos­til­ité, et où chaque ten­ta­tive de penser autrement est cade­nassée par l’adage « Tout est blanc, tout est pur, c’est la loi ». Pire encore, on punit ceux qui oseraient hauss­er le ton. Mais Noël est pugnace, et mal­gré ceux qui cherchent à le décourager d’explorer plus avant cet endroit pour retrou­ver le kaki, le mauve, le turquoise et toutes les autres nuances, il garde en tête une petite phrase mater­nelle : « Il ne faut jamais baiss­er les bras ni se laiss­er impres­sion­ner par les grincheux ». Con­tin­uer la lec­ture

Je fais des grosses bulles, je joue au sous-marin

Geneviève CASTERMAN, Se jeter à l’eau, Esper­luète, coll. « Accordéons », 2018, 32 volets, 15 €, ISBN : 9782359841022

Odeur de chlore, bon­net qui colle ou fait pliss­er le crâne, casiers à pièce et petit plon­geoir, Cécémel à la cafétéria, pédiluve à l’entrée ou Dex­tro-ener­gy après l’effort ? Nous avons tous des sou­venirs éton­nants, pré­cis ou nos­tal­giques liés à ce lieu curieux qu’est la piscine.

Après nous avoir fait décou­vrir avec son œil affectueux la Cos­ta Bel­gi­ca, l’autoroute E411 ou la rue De Praetere dans trois petits for­mats car­rés (déjà chez Esper­luète), Geneviève Cast­er­man nous pro­pose d’enfiler notre mail­lot – et vous, plutôt une ou deux pièces ? plutôt slip ou box­er ? – et déploie son univers aus­si drôle et touchant qu’attentif aux détails le long d’un éton­nant et dodu lep­orel­lo. Du côté des bébés nageurs, ça flotte et ça bécote, et ça s’accroche à des gross­es bouées ou à des planch­es. Une otarie est venue elle aus­si musarder dans le petit bassin. Êtes-vous prêts pour la leçon d’aquagym ? À moins que vous ne soyez venu exhiber vos bis­cot­tos ou appren­dre le dos crawlé ? Con­ter fleurette à une autre nageuse, dès qu’elle aura fini sa longueur ? C’est qu’il en existe des rap­proche­ments oppor­tuns ou mal­adroits dans cette grande éten­due d’eau : « Frôle­ments fur­tifs / coup de pied, griffes / les corps anonymes s’effleurent / pas tou­jours en douceur. » Fan­taisie aidant,  l’autrice-illustratrice s’autorise même à nous mon­tr­er qu’il n’y a pas que les bras des plus jeunes ou des plus téméraires pour moulin­er dans l’eau…ne serait-ce pas quelque ten­tac­ule de poulpe, que nous voyons tout au fond ? Et à côté, une étoile de mer ? Con­tin­uer la lec­ture

Le Wolf souffle ses dix bougies !

Fred­dy Leloup qui dort © Le Wolf

Depuis dix ans, le cœur de Brux­elles accueille la mai­son de la lit­téra­ture de jeunesse. En effet, c’est en 2009, à deux pas de la Grand Place, que le Wolf (habile acronyme de World of Lit­er­a­ture and Fan­ta­sy) a ouvert ses portes. Ce lieu mul­ti­ple, puisqu’il s’agit à la fois d’une librairie, d’une bib­lio­thèque, d’un lieu d’animations et ate­liers pour enfants, d’expositions et de ren­con­tres pro­fes­sion­nelles, a depuis accueil­li de nom­breux auteurs et illus­tra­teurs, ain­si que des mil­liers d’enfants et leur par­ents ou enseignants. Dix ans plus tard, on peut dire que Muriel Lim­bosch et Anne Janssen, ses fon­da­tri­ces, ont réus­si leur pari : le Wolf est devenu un lieu de référence, un incon­tourn­able du livre pour enfants. Con­tin­uer la lec­ture

Vous donnez votre langue au bison ?

Un coup de cœur du Car­net

Gaya WISNIEWSKI, Mon Bison, MeMo, 2018, 36 p., 15 €, ISBN : 9782352894001

Qu’est-ce qui a deux cornes, qui est cou­vert de longs poils et qui rumine ? Un indice : c’est un mam­mifère imposant, on le retrou­ve dans les plaines du Nord de l’Amérique et les forêts européennes, un man­teau recou­vre son pelage. Oui, le bison, par­di ! C’est aus­si un ani­mal qui aime se cacher dans les hautes herbes et que l’on apprivoise avec douceur. Un jour, une enfant de qua­tre ans a quit­té les bras de sa maman et a entre­pris d’en approcher un, douce­ment, patiem­ment. Peu à peu, elle s’est ain­si trans­for­mée en un être humain spé­cial à ses yeux, comme cela a eu lieu dans une autre his­toire entre un blondinet et un canidé roux. Mal­heureuse­ment, la nature a ses cycles que l’amour d’une petite fille ne con­naît pas : une fois le print­emps revenu, le bovidé a dû rejoin­dre ses con­génères. Avant de dis­paraître, il lui a juré de revenir chaque année, « quand le sol se cou­vri­ra de neige ».

Con­tin­uer la lec­ture

Amours contrariées

Pierre CORAN (texte adap­té de William Shake­speare) et Char­lotte GASTAUT (illus­tra­tions), Roméo et Juli­ette, Flam­mar­i­on jeunesse / Père Cas­tor, 2018, 14€, 32 p., ISBN : 9782081373143

Sous quelle forme abor­der cer­tains textes du pat­ri­moine théâ­tral avec les enfants ? Que mon­tr­er lorsqu’il s’agit de tragédies dont ils ne sont au départ guère le pub­lic cible, mais qu’il fau­dra néan­moins illus­tr­er ? Au sein des édi­tions Père Cas­tor, en matière d’adaptations, on peut se fier sans sour­ciller au duo for­mé par le poète et romanci­er mon­tois Pierre Coran et l’illustratrice Char­lotte Gas­taut. En 2015, ils s’étaient déjà tous deux attaqués, pour la même mai­son d’édition, à l’opéra de Mozart avec un livret de Schikaned­er : La Flûte enchan­tée, autre réc­it où l’amour se voit con­trar­ié. En 2008, pour Gau­ti­er-Languereau, c’est une his­toire orig­i­nale de Pierre Coran qui les avait réu­nis : Le Prince Hibou. Une façon de pos­er les bases de leur pen­chant com­mun pour les con­tes et le mer­veilleux grâce à une fan­taisie où un château de gruyère dévoré par les rongeurs ne pour­rait trou­ver de salut que grâce à l’intervention d’un rapace noc­turne, pour peu qu’une princesse passe avec lui un marché nup­tial. Con­tin­uer la lec­ture

Dehors et dedans

Un coup de cœur du Carnet

Marine SCHNEIDER, Hiro, hiv­er et marsh­mal­lows, Ver­sant Sud Jeunesse, coll. « Les Pétoches », 2018, 40 p., 15,90€, ISBN : 978–2‑930358–97‑0

L’hiver est à nos portes. Tan­dis que la nature se dépare de ses atours, au sein des tanières, on ressort duvets, chaus­settes et lainages, on se réap­pro­vi­sionne en choco­lat, thé et can­nelle, on véri­fie bou­gies, bouil­lottes et bib­lio­thèque. On se pré­pare au mieux à affron­ter les soirées obscures, les après-midis glacés et les matins givrés. Et puis, on fonc­tionne un peu au ralen­ti aus­si, à cause des couch­es super­posées qui empêchent et du froid qui engour­dit, et on envie même ces ani­maux qui ont le loisir de dormir en paix des semaines entières. Sauf que, « [l’] hiber­na­tion, ça ne doit pas être fait pour tout le monde », comme le grogne Hiro qui ne parvient pas à trou­ver le som­meil « alors que ses frères se prélassent dans de doux rêves mielleux ». Con­tin­uer la lec­ture

Le pouvoir des sept cordes

Joseph NDWANIYE, Plus fort que la hyène, illus­tra­tions d’Anne-Marie Carthé, La Chem­i­nante, coll. « La Chem­i­nante Jeunesse », 2018, 61 p., 8€, ISBN : 978–2371271081

Savez-vous ce qu’est un inan­ga ? Ce mot aux syl­labes bondis­santes désigne « un instru­ment de musique qui ressem­ble à un boucli­er sur lequel on aurait fixé des cordes », une sorte de cithare venue des ter­res rwandais­es. Chaque note qui en émane s’inscrit sur la par­ti­tion des temps passés, résonne dans la tra­di­tion des Anciens et dif­fuse des valeurs à main­tenir. Un objet à ne touch­er qu’avec respect et con­science. C’est aus­si le cadeau que le grand-père mahanzi de Gato lui trans­met à ses six ans, lors de son pre­mier voy­age au Pays des Mille Collines, et dont il lui révèle peu à peu les secrets. L’inan­ga devient alors le com­pagnon de for­tune et d’infortune du petit bon­homme, un inter­locu­teur qui le sou­tient dans son quo­ti­di­en : « Quand tu seras là-bas au pays des Blancs, il ne faudrait pas que tu arrêtes de jouer de ton inan­ga. Quand tu seras triste ou que tu auras mal, prends-le, fais-le vibr­er et surtout par­le-lui, il t’écoutera et te récon­fortera. » Con­tin­uer la lec­ture

Sus aux moumoutons !

Noémie FAVART, Tibor et le mon­stre du désor­dre, Ver­sant Sud, 2018, 40 p., 15.90€, ISBN : 978–2‑930358–96‑3

De notre plus ten­dre enfance nous reste le sou­venir d’un petit album car­ré, pub­lié chez Dupuis et signé Gunilde Wolde, une illus­tra­trice sué­doise. On y suiv­ait Titou, garçon­net désor­don­né qui, à mesure qu’il cher­chait son ours dans l’amas de jou­ets de sa cham­bre, finis­sait par retrou­ver son éléphant bleu, son bal­lon et ses crayons de couleur, avant d’enfin met­tre la main sur la très con­voitée peluche. Façon à peine déguisée (et un peu moral­isatrice) de dire « Sois métic­uleux, mon bon­homme, et plus jamais tu n’égareras tes tré­sors ». Con­tin­uer la lec­ture

Sororité et apocalypse

Cindy VAN WILDER, Terre de brume I, Le sanc­tu­aire des dieux, Rageot, 2018, 288 p., 16,90 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 9782700259230

Le réc­it com­mence dix-sept ans après le Boule­verse­ment, événe­ment cat­a­clysmique pen­dant lequel une vague de brume tox­ique et destruc­trice a recou­vert le monde entier. Les sur­vivants vivent dans des sanc­tu­aires situés sur les quelques som­mets de mon­tagnes épargnés et cir­cu­lent dans des bateaux qui voguent sur cet épais brouil­lard. C’est dans cet univers hos­tile que deux héroïnes, Héra et Intis­sar, vont devoir échap­per à de nou­veaux dan­gers : une gigan­tesque vague de brume peu­plée d’êtres ter­ri­fi­ants s’attaque à un des sanc­tu­aires. Les deux ado­les­centes seront mal­gré elles amenées à se bat­tre ensem­ble, à s’unir mal­gré l’inimitié de leurs clans respec­tifs. L’une ayant des pou­voirs psy­chiques et l’autres étant une guer­rière d’exception, elles se com­plè­tent et se décou­vrent fortes de leur alliance. Au fur et à mesure de leurs mésaven­tures, des liens d’amitié se tis­sent entre elles. Con­tin­uer la lec­ture

Michel Van Zeveren expose son petit monde

La cinquième édi­tion du fes­ti­val brux­el­lois de la Petite Enfance a démar­ré le 1er sep­tem­bre. Jusqu’au 31 décem­bre, la nou­velle édi­tion pro­pose pas moins de 395 activ­ités autour du livre pour enfants dans dix-huit com­munes brux­el­lois­es. Orchestré par le Cen­tre de lit­téra­ture de jeunesse de Brux­elles, le fes­ti­val met tous les deux ans un auteur-illus­tra­teur belge à l’honneur. Après Jean Maubille, Émile Jadoul ou Jeanne Ash­bé, c’est au tour de Michel Van Zev­eren, incon­tourn­able auteur d’albums illus­trés, de lancer les fes­tiv­ités. Con­tin­uer la lec­ture

Incontournable, la littérature de jeunesse

Les enquêtes inter­na­tionales sur le niveau des élèves relèvent régulière­ment les résul­tats cat­a­strophiques des jeunes de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles en lec­ture. D’autres études ont par ailleurs démon­tré que le con­tact pré­coce avec les livres con­duit à la fois à une meilleure maîtrise de la lec­ture, de l’orthographe et à une vie imag­i­naire plus riche. Dans le foi­son­nement des pub­li­ca­tions pour la jeunesse, il n’est toute­fois pas aisé pour les par­ents et les enseignants, même les mieux dis­posés, de faire un choix. C’est pourquoi le Ser­vice général des Let­tres et du Livre pub­lie, à un rythme tri­en­nal, un guide : Les incon­tourn­ablesCon­tin­uer la lec­ture

Dans l’intimité familiale des koalas

Un coup de cœur du Carnet

Anne HERBAUTS, Les koalas ne lisent pas de livres / Les griz­zlis ne dor­ment qu’en hiv­er, Esper­luète Édi­tions, 2018, 64 p., 18 €, ISBN : 9782359840957

Ce n’est pas un mais deux albums d’Anne Herbauts que pub­lie l’éditeur belge Esper­luète. Ou, plus exacte­ment, deux livres en un seul et sin­guli­er objet : un livre à deux entrées, qui, par un habile jeu de reli­ure, se lit de façon telle que, lorsqu’on en ter­mine un et qu’on le referme, on se trou­ve face à la cou­ver­ture de l’autre. Fidèle à son habi­tude, Anne Herbauts joue avec la matéri­al­ité du livre en en créant deux dos-à-dos (l’un dédié aux mamans et aux papas, l’autre aux papas et aux mamans). Et comme d’habitude, le dis­posi­tif adop­té fait pleine­ment sens. Con­tin­uer la lec­ture

Poésies chatoyantes

Pierre CORAN, Vanes­sa HIÉ, Chats rimés, Didi­er Jeunesse, 2018, 40 p., 13,90 €, ISBN : 9782278089758

coran hié chats rimésL’auteur mon­tois Pierre Coran, ancien insti­tu­teur et directeur d’école, a choisi d’entièrement con­sacr­er son dernier recueil de poèmes, Chats rimés, aux matous de tous poils. Le chat comme inspi­ra­tion ani­mal­ière, certes, mais aus­si comme exer­ci­ce styl­is­tique puisque la sonorité du mot donne sa tonal­ité à l’ensemble des textes de ce livre, lui con­férant une belle cohérence. Con­tin­uer la lec­ture