Un coup de cœur du Carnet
Véronique BERGEN, Moctezuma. Le dernier Soleil, Maelström reEvolution, 2024, 160 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87505–506‑4
La civilisation aztèque ne peut retourner à la poussière, se voir plongée dans la nuit. Nous qui avons connu les feux de la gloire, le raffinement des sciences et des arts, tomberions-nous comme des fruits, anéantis par des êtres incultes ?
Le roman Moctezuma de Véronique Bergen évoque la fin de l’empire aztèque dans les années 1510–1522 suite à l’appropriation de ses terres et de sa culture par les conquistadores chrétiens espagnols. Ceux-ci, assoiffés de richesse et de sang, pillent et saccagent les formes du vivant qui s’y déploient, violent les lois sacrées mises au diapason des cycles saisonniers et leurs croyances. Continuer la lecture
Le premier roman de François Degrande, L’ombre d’une racine, a pour cadre la Côte de la Mort en Galice au moment où le Prestige coule en 2002 et déverse des tonnes de pétrole qui vont se répandre sur plus de 3000 kilomètres de côte.
« Il me faut un lieu pour écrire
je n’ai pas parcouru des centaines de milliers de pas sous la tempête


Oui, qui vraiment étions-nous ? se demande Caroline Lamarche dans son dernier récit, L’Asturienne, qui parait aujourd’hui aux Impressions Nouvelles et dans lequel elle (re)découvre l’histoire des siens.
« Rodrigo grimpait à toute vitesse la pente qui le conduisait au cimetière. Tout droit vers la proue du navire. L’éperon prétentieux qui surplombait les jardins et l’ensemble des logements sociaux (…). »
Quelles sont les raisons qui peuvent pousser une jeune femme à s’enfuir de sa propre vie, laissant l’homme qu’elle aime et son travail pour rejoindre le Sud de l’Espagne à l’insu des siens et recommencer tout à zéro ? Arrivée au crépuscule de sa vie, Anne-Marie Germay, la fugitive, remet de l’ordre dans ses souvenirs et décide de mettre son histoire à plat pour sa fille, avec la ferme volonté de ne pas la quitter sans avoir levé le voile sur les ressorts de son existence mouvementée.
Depuis plusieurs décennies, les éditions du Cerisier se démarquent du champ éditorial belge par un engagement politique et sociétal. Cet engagement se retrouve dans leurs différentes collections et publications. Aujourd’hui parait ainsi un nouveau roman, Pour avoir de l’espoir, faudrait du temps, écrit par Pierre Orban, dans la collection « Faits et geste ». S’il s’agit d’un roman, il puise néanmoins ses sources d’inspiration dans une réalité très concrète : la crise économique en Espagne et le mouvement des « Indignés » qui en découle. Pour donner corps à cette matière politiquement très dense, l’écrivain a choisi deux héroïnes, Alba et Luna, deux jeunes que tout oppose et rapproche en même temps. 

