Daniela GINEVRO, À l’ombre des marées, Lansman, 2025, 56 p., 11 €, ISBN : 9782807104488
Le récit se déroule après la Grande Vague, quelque part dans le Grand Nord, sur les anciennes terres, dans une ville portuaire. L’intrigue prend place autour d’un abribus, face au quai. Il pleut de manière ininterrompue. La mer est agitée. On entend le clapotis de l’eau et les cris des mouettes. Que la marée soit haute ou basse, l’eau déborde de plus en plus sur le quai. La Grande Vague a tout emporté et laissé derrière elle quelques êtres déboussolés. Tous sont partis ou sont morts. Trois enfants oubliés – La brindille, Jukel et Temba – se retrouvent dans cet abribus, sorte de cabane faite de sacs plastiques. Au fil des pages, ce lieu est de plus en plus encombré par des pneus, sacs, planches, bâtons, bouteilles… Ces trois enfants attendent un bus qui n’arrivera jamais et scrutent l’horizon d’où pourrait surgir un bateau. Continuer la lecture


Il est marin pêcheur, c’est ce qu’il voulait faire depuis tout petit. La violence des flots, les tempêtes, la lutte pour maîtriser l’immaîtrisable, il en a besoin.
Dans son avant-lire, Anne-Marielle Wilwerth se demande comment nommer les textes rassemblés dans le livre que nous tenons entre nos mains. « Escales de vie ? Marées de mémoire ? » Par ce questionnement, elle pose une entrée en matière en juste résonance avec les proses de l’auteure, sa comparse de plume et de pinceau Catherine Berael. Cabotage, tel est le titre qui nous achemine de récit en récit, nous laissant apercevoir des paysages humides d’embrun, des plages ensablées de mystères imperceptibles, des horizons chargés d’hier et de demain ; « une palette d’atmosphères et de lieux, tous frères de la mer ».
Trente ans ! C’est le temps qu’il a fallu à Isabelle Bielecki pour comprendre que ses poèmes adressés à la mer, alors écrits « d’un jet brûlant », parlent en vérité de sa mère. L’amniotique homophonie est restée inconsciente tout ce temps. Ce sont les photos à grand format de son compagnon Pierre Moreau qui ont réveillé ses textes longtemps enfouis. Ils forment aujourd’hui la première partie du recueil Miroirs à marée basse.
La poésie d’Anne-Marielle Wilwerth semble ici, plus que jamais, voguer à la crête des vagues. Largement inspiré de l’univers maritime dont l’auteure se sent proche, Ce que le bleu ne sait pas du fragile navigue de Charybde en Scylla vers un horizon visible mais indépassable. Sous le signe de la couleur bleue, si chère à l’écrivain-voyageur Nicolas Bouvier ou à Georges Perros dans ses Poèmes bleus, la poésie épurée – presque des haïkus – suit le rythme lent de l’eau. Elle en épouse le léger roulis, tangue sur l’océan de l’écriture qui est toujours à reprendre comme on reprend la mer après une escale forcée.
Les lieux de vacances occupent une place singulière dans les souvenirs d’enfance. Leur prégnance se trouve évidemment renforcée lorsqu’une maison familiale y est attachée dans laquelle on a l’occasion de revenir ensuite. Alors, chaque séjour rend vie au passé, donnant l’illusion pleine d’un retour dans le temps.
Pour ceux qui connaissent Claude Donnay, ils s’accorderont à dire qu’il fait partie de ces auteurs qui écrivent partout et tout le temps. Ayant une dizaine de publications à son actif, essentiellement parues aux éditions de l’Arbre à Paroles, il écrit et publie de la poésie, mais il s’adonne aussi à la composition de nouvelles et travaille actuellement à un roman. Toujours actif en tant que professeur de français à Ciney, il est également revuiste et éditeur pour Bleu d’Encre. 
