Archives par étiquette : mer

L’espérance de la jeunesse

Daniela GINEVRO, À l’ombre des marées, Lans­man, 2025, 56 p., 11 €, ISBN : 9782807104488

ginevro a l'ombre des mareesLe réc­it se déroule après la Grande Vague, quelque part dans le Grand Nord, sur les anci­ennes ter­res, dans une ville por­tu­aire. L’intrigue prend place autour d’un abribus, face au quai. Il pleut de manière inin­ter­rompue. La mer est agitée. On entend le clapo­tis de l’eau et les cris des mou­ettes. Que la marée soit haute ou basse, l’eau débor­de de plus en plus sur le quai. La Grande Vague a tout emporté et lais­sé der­rière elle quelques êtres débous­solés. Tous sont par­tis ou sont morts. Trois enfants oubliés – La brindille, Jukel et Tem­ba – se retrou­vent dans cet abribus, sorte de cabane faite de sacs plas­tiques. Au fil des pages, ce lieu est de plus en plus encom­bré par des pneus, sacs, planch­es, bâtons, bouteilles… Ces trois enfants atten­dent un bus qui n’arrivera jamais et scru­tent l’horizon d’où pour­rait sur­gir un bateau. Con­tin­uer la lec­ture

Aucun été n’est éternel

Un coup de cœur du Car­net

Cather­ine BARSICS, Plages, Abra­pal­abra, coll. « IF », 2025, 106 p., 15 €, ISBN : 9782931324042

barsics plagesCather­ine Bar­sics est une poétesse auda­cieuse. Inno­vante. Élar­gis­sant, en toute dis­cré­tion, le champ de la poésie, de ce qu’on entend par poésie. N’hésitant pas à se frot­ter, par exem­ple, à des sujets a pri­ori peu poé­tiques, soi-dis­ant dérisoires ou futiles. Dans PLAGES, chaque poème est une vignette, ultra courte, sus­ci­tant dans la tête de leurs lec­tri­ces et lecteurs des images, des saynètes ultra visuelles. Chaque poème fonc­tion­nant comme une planche de BD dont on aurait sucré les cas­es et les dessins pour n’en garder que les textes. C’est beau. Ça par­le aux corps. Trou­ve un écho dans ce que, par­fois, on ressent toutes et tous : cette vibra­tion qui, par­fois, nous tra­verse. Cette joie d’être là. Sans casse­ment de tête. À fleur de peau. Con­tin­uer la lec­ture

La mer en seconde peau

Soline de LAVELEYE, Par les baleines, Gal­li­mard, 2025, 126 p., 16 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 9782073075352

de laveleye par les baleinesDans ce recueil poé­tique paru aux édi­tions Gal­li­mard, Soline de Lavel­eye file la métaphore marine pour dire le corps méta­mor­phique d’une femme et les lieux dans lesquels il s’inscrit – au point de s’y fon­dre. D’apparence plutôt clas­sique, la langue de l’autrice se déploie au fil du recueil et emprunte d’étonnants détours. Con­tin­uer la lec­ture

Contre vents et marées

Do LEVY DEWIND, Amar­res, Sablon, 2021, 15 €, ISBN : 9782931112199

dewind amarresIl est marin pêcheur, c’est ce qu’il voulait faire depuis tout petit. La vio­lence des flots, les tem­pêtes, la lutte pour maîtris­er l’immaîtrisable, il en a besoin.

Elle, douce, légère et solaire, passe son temps à l’attendre et se demande sou­vent s’il revien­dra lorsqu’il l’abandonne au petit matin.

Lui, c’est Hel­mut, un prénom alle­mand qui ne plai­sait pas à son insti­tutrice. Enfant, déjà, il avait dû se bat­tre. Le com­bat vain qu’il menait alors ne se jouait pas con­tre la mer. À l’époque, c’était con­tre le père alcoolique qu’il fal­lait lut­ter. Du haut de ses huit ans, Hel­mut ne savait jamais ni où ni quand le coup allait tomber, ni même s’il en réchap­perait. Con­tin­uer la lec­ture

« La mer pour s’aérer le cœur »

Cather­ine BERAEL, Cab­o­tage, Coudri­er, 2020, 76 p., 18 €, ISBN : 9782390520153

berael cabotageDans son avant-lire, Anne-Marielle Wilw­erth se demande com­ment nom­mer les textes rassem­blés dans le livre que nous tenons entre nos mains. « Escales de vie ? Marées de mémoire ? » Par ce ques­tion­nement, elle pose une entrée en matière en juste réso­nance avec les pros­es de l’auteure, sa com­parse de plume et de pinceau Cather­ine Berael. Cab­o­tage, tel est le titre qui nous achem­ine de réc­it en réc­it, nous lais­sant apercevoir des paysages humides d’embrun, des plages ens­ablées de mys­tères imper­cep­ti­bles, des hori­zons chargés d’hier et de demain ; « une palette d’atmosphères et de lieux, tous frères de la mer ». Con­tin­uer la lec­ture

La mer / la mère / l’amer / l’âme erre

Isabelle BIELECKI et Mar­tine ROUHART, pho­togra­phies de Pierre MOREAU, Miroirs à marée basse, Coudri­er, 2019, 77 p., 20 €, ISBN : 978–2‑930498–94‑2 — Expo­si­tion des pho­tos sur 100 mètres aux Galeries Royales d’Ostende du 24 juin au 4 août 2019

Trente ans ! C’est le temps qu’il a fal­lu à Isabelle Bielec­ki pour com­pren­dre que ses poèmes adressés à la mer, alors écrits « d’un jet brûlant », par­lent en vérité de sa mère. L’amniotique homo­phonie est restée incon­sciente tout ce temps. Ce sont les pho­tos à grand for­mat de son com­pagnon Pierre More­au qui ont réveil­lé ses textes longtemps enfouis. Ils for­ment aujourd’hui la pre­mière par­tie du recueil Miroirs à marée basse. Con­tin­uer la lec­ture

L’éternité à marée basse

Anne-Marie WILWERTH, encres d’Éric HENNEBIQUE, Ce que le bleu ne sait pas du frag­ile, Tail­lis Pré, 2019, 97 p., 14 €, 978–2‑87450–142‑5

La poésie d’Anne-Marielle Wilw­erth sem­ble ici, plus que jamais, voguer à la crête des vagues. Large­ment inspiré de l’univers mar­itime dont l’auteure se sent proche, Ce que le bleu ne sait pas du frag­ile nav­igue de Charybde en Scyl­la vers un hori­zon vis­i­ble mais indé­pass­able. Sous le signe de la couleur bleue, si chère à l’écrivain-voyageur Nico­las Bou­vi­er ou à Georges Per­ros dans ses Poèmes bleus, la poésie épurée – presque des haïkus –  suit le rythme lent de l’eau. Elle en épouse  le léger roulis, tangue sur l’océan de l’écriture qui est tou­jours à repren­dre comme on reprend la mer après une escale for­cée. Con­tin­uer la lec­ture

Demeure, souvenir

Claire MAY, Oost­duinkerke, Aire, 2019, 180 p., 20 €, ISBN : 978–2‑94058–629‑5

Les lieux de vacances occu­pent une place sin­gulière dans les sou­venirs d’enfance. Leur prég­nance se trou­ve évidem­ment ren­for­cée lorsqu’une mai­son famil­iale y est attachée dans laque­lle on a l’occasion de revenir ensuite. Alors, chaque séjour rend vie au passé, don­nant l’illusion pleine d’un retour dans le temps.

La famille d’Emma est pro­prié­taire d’une vil­la à Oost­duinkerke où elle se plaît à revenir. Les lieux sont demeurés intacts et libèrent la machine à sou­venirs. Chaque séjour est l’occasion de déploy­er les rit­uels habituels de la prom­e­nade sur la digue, du repas dans tel restau­rant qui n’a pas changé. Con­tin­uer la lec­ture

Je revois le fracas des vagues sur le rocher°

Claude DONNAY, Ressac, Edi­tions M.E.O., 2016, 55 p.

Pour ceux qui con­nais­sent Claude Don­nay, ils s’accorderont à dire qu’il fait par­tie de ces auteurs qui écrivent partout et tout le temps. Ayant une dizaine de pub­li­ca­tions à son act­if, essen­tielle­ment parues aux édi­tions de l’Arbre à Paroles, il écrit et pub­lie de la poésie, mais il s’adonne aus­si à la com­po­si­tion de nou­velles et tra­vaille actuelle­ment à un roman. Tou­jours act­if en tant que pro­fesseur de français à Ciney, il est égale­ment revuiste et édi­teur pour Bleu d’Encre. Con­tin­uer la lec­ture

Le printemps en automne

Samia HAMMAMI

wilwerthRegardez autour de vous. Le vert ten­dre et intense, le blanc écla­tant et déli­cat ; le jaune inso­lent et irra­di­ant, le rose pas­tel et élé­gant : le print­emps est de retour ! La sève, flu­ide bien qu’épaisse, gorge les plantes, per­le des troncs, revig­ore les tiges. Les bour­geons, petits bou­tons de vie en désor­dre, s’épanouissent en fleurs. La lumière reprend ses droits : elle se déverse, impéri­ale, par flots de rayons ; elle se dif­fuse, tamisée, à tra­vers les nuages et les bran­chages. Les pépiements, gazouille­ments et autres piaille­ments joyeux ravis­sent les oreilles. Les peaux endormies se dégour­dis­sent sous la caresse du soleil ou le frémisse­ment d’une brise fraîche et piquante. Les corps se dévoilent, s’offrent, pal­pi­tent. Envol des sens. Tout comme ce same­di 20 sep­tem­bre, une journée étrange­ment print­anière dans ses effluves et ses effets. Con­tin­uer la lec­ture

Ostende tout en nuances

Chris­tiane LEVÊQUE, Ostende, Brux­elles, Les Car­nets du Dessert de Lune, 2015, 70 p., 10€

 

leveque_deschampsLe temps d’un été dans la ville côtière, Chris­tiane Lévêque  croque une série de scènes du quo­ti­di­en à la mer du Nord. Le livre est un recueil de petits textes en prose empreints d’une poésie réservée. Liée au monde du théâtre, l’auteure a écrit deux pièces ain­si que des nou­velles et de la poésie. Ostende est sa deux­ième col­lab­o­ra­tion avec Garène, dessi­na­trice et céramiste dont le tra­vail entre joli­ment en har­monie avec celui de l’auteure. Elles avaient déjà com­posé ensem­ble, dans le même esprit, le recueil Mokafé, chez le même édi­teur. Con­tin­uer la lec­ture