Archives par étiquette : Anne-Marielle Wilwerth

Le continent du fragile…

Anne-Marielle WILWERTH, Là où s’étreignent les silences, Bleu d’encre, 2020, 85 p., 12€, ISBN : 978-2-930725-34-5

wilwerth la ou s etreignent les silencesComme nous l’évoquions à la fin d’une précédente recension, c’est sur un quai bercé par une brise marine légère que nous retrouvons avec plaisir Anne-Marielle Wilwerth. Un nouveau recueil qui ne pouvait trouver plus bel ancrage que l’enseigne des éditions Bleu d’encre tant les nuances de la couleur bleue semblent iriser l’œuvre de l’auteure. Un bleu peut-être plus dilué ici que dans le dernier livre, Ce que le bleu ne sait pas du fragile, paru en 2019, un peu plus flou, plus léger qui irriguerait des ciels ordinaires où flânent des funambules. C’est donc en empruntant à la palette du peintre son bleu outremer qu’Anne-Marielle Wilwerth poursuit l’édification de sa cathédrale de silence. Chaque recueil venant d’une certaine manière et presque paradoxalement combler les vides d’une architecture vouée à l’effacement, au retrait. Continuer la lecture

« La mer pour s’aérer le cœur »

Catherine BERAEL, Cabotage, Coudrier, 2020, 76 p., 18 €, ISBN : 9782390520153

berael cabotageDans son avant-lire, Anne-Marielle Wilwerth se demande comment nommer les textes rassemblés dans le livre que nous tenons entre nos mains. « Escales de vie ? Marées de mémoire ? » Par ce questionnement, elle pose une entrée en matière en juste résonance avec les proses de l’auteure, sa comparse de plume et de pinceau Catherine Berael. Cabotage, tel est le titre qui nous achemine de récit en récit, nous laissant apercevoir des paysages humides d’embrun, des plages ensablées de mystères imperceptibles, des horizons chargés d’hier et de demain ; « une palette d’atmosphères et de lieux, tous frères de la mer ». Continuer la lecture

L’éternité à marée basse

Anne-Marie WILWERTH, encres d’Éric HENNEBIQUE, Ce que le bleu ne sait pas du fragile, Taillis Pré, 2019, 97 p., 14 €, 978-2-87450-142-5

La poésie d’Anne-Marielle Wilwerth semble ici, plus que jamais, voguer à la crête des vagues. Largement inspiré de l’univers maritime dont l’auteure se sent proche, Ce que le bleu ne sait pas du fragile navigue de Charybde en Scylla vers un horizon visible mais indépassable. Sous le signe de la couleur bleue, si chère à l’écrivain-voyageur Nicolas Bouvier ou à Georges Perros dans ses Poèmes bleus, la poésie épurée – presque des haïkus –  suit le rythme lent de l’eau. Elle en épouse  le léger roulis, tangue sur l’océan de l’écriture qui est toujours à reprendre comme on reprend la mer après une escale forcée. Continuer la lecture