Archives par étiquette : Anne-Marielle Wilwerth

« (…) C’est dans l’entre-deux / cet évaporé de conscience … »

Anne-Marielle WILWERTH, La haute cou­ture de l’infime, Illus­tra­tions de Marc Bergère, Bleu d’encre, 2025, 95 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930725–88‑8

wilwerth la haute couture de l'infimeL’infime dont il est fait men­tion dans le titre si inspi­rant de ce recueil, est sans aucun doute l’objet de la recherche formelle à laque­lle se livre la poétesse. Cha­cun des textes offre cette brièveté de l’aphorisme dont on ne cesse, une fois ceux-ci lus, d’explorer les pos­si­bles qu’ils envis­agent, de sil­lon­ner les labours qu’ils creusent, de s’abandonner aux per­spec­tives qu’ils dévoilent. Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée littéraire 2025 : continuité et renouveau

rentree 2025

Immuable temps fort de l’année édi­to­ri­ale française, la « ren­trée lit­téraire d’automne » sus­cite beau­coup d’attention en Bel­gique aus­si.

De la part des libraires et des lecteurs, évidem­ment, puisque la lit­téra­ture pub­liée en France reste, de loin, la plus ven­due chez nous. Pour les auteurs et autri­ces belges pub­liés en France, cette ren­trée est pleine­ment la leur, et ils se mêleront, comme tous les romanciers hexag­o­naux, à l’effervescence du moment et notam­ment à la course aux prix. Les maisons d’édition belges, quant à elles, adoptent vis-à-vis de cette péri­ode des atti­tudes divers­es. Cer­taines en font un moment-phare de leur année. Elles optent alors pour un pro­gramme d’ampleur, et des dates de paru­tion qui rejoignent celles des voisins français (fin août), ou sont au con­traire plus tar­dives, pour éviter une con­cur­rence déséquili­brée. D’autres maisons, sans être inac­tives au cours du deux­ième semes­tre, pla­cent plutôt le cen­tre de grav­ité de leur année édi­to­ri­ale à la Foire du livre de Brux­elles, et présen­tent donc un pro­gramme plus léger pour l’automne.

Tour d’horizon des auteurs et autri­ces belges qui fer­ont la ren­trée 2025, en Bel­gique ou à l’étranger. Con­tin­uer la lec­ture

Dans une sorte d’éternité

Anne-Marielle WILWERTH, D’abord le souf­fle, Tail­lis Pré, 2023, 104 p., 16 €, ISBN : 978–2874502064

wilwerth d'abord le soufflePour la troisième fois, Le Tail­lis Pré accueille au sein de sa col­lec­tion un recueil de poèmes signé Anne-Marielle Wilw­erth. Après avoir pub­lié Ce que le bleu ne sait pas de frag­ile (2019) et Les miroirs du désor­dre (2021), la mai­son d’édition ouvre sa porte à une injonc­tion de la poétesse : D’abord le souf­fle. Con­tin­uer la lec­ture

Fragments de silences intérieurs

Anne-Marielle WILWERTH, Vivre au plus près, Édi­tions du Cygne, 2022, 58 p., 10 €, ISBN : 9782849246931

wilwerth vivre au plus presVivre au plus près, nou­veau recueil poé­tique d’Anne-Marielle Wilw­erth paru aux édi­tions du Cygne, livre à ses lecteurs les nœuds d’une quête exis­ten­tielle faite d’intériorité, de silences, de recherche de dénue­ment, d’interstices et d’instantanés dans ce qui s’apparente à une con­science aigüe du temps qui passe. Il s’agit d’une poésie con­cise d’apparence sim­ple, mais le principe d’économie qui pré­side au choix du mot per­met le ray­on­nement et l’abondance de sig­ni­fi­ca­tions. C’est ain­si qu’émerge une dual­ité douce entre monde physique et méta­physique, principes de l’existence avec lesquels la poétesse nous invite à com­pos­er. Con­tin­uer la lec­ture

Le silence de l’invisible…

Anne-Marielle WILWERTH, Les miroirs du désor­dre, Tail­lis Pré, 2021, 88 p., 16 €, ISBN : 978–2‑87450–180‑7

wilwerth les miroirs du desordreL’hiver
est une vaste clair­ière
où la neige minu­tieuse­ment
déplie son inef­fa­ble

Anne-Marielle Wilw­erth con­tin­ue ici, avec ce dernier recueil, Les miroirs du désor­dre, d’explorer son archéolo­gie du silence. On y retrou­ve les thèmes chers à l’auteure qui n’a de cesse de creuser, de cir­con­scrire, d’ouvrage en ouvrage, cette zone impal­pa­ble que forme l’écho du silence en nous. À la dif­férence peut-être que ce nou­v­el opus, ce nou­veau champ de fouille décale quelque peu son ray­on d’action en se focal­isant sur une matière qui ferait appel à un autre sens, la vue. Sub­tile­ment, la poétesse laisse dériv­er le silence vers l’invisible. La pre­mière par­tie du recueil, inti­t­ulée un sim­ple frois­sé d’infini, en témoigne dès l’entame. Con­tin­uer la lec­ture

Le continent du fragile…

Anne-Marielle WILWERTH, Là où s’étreignent les silences, Bleu d’encre, 2020, 85 p., 12€, ISBN : 978–2‑930725–34‑5

wilwerth la ou s etreignent les silencesComme nous l’évoquions à la fin d’une précé­dente recen­sion, c’est sur un quai bercé par une brise marine légère que nous retrou­vons avec plaisir Anne-Marielle Wilw­erth. Un nou­veau recueil qui ne pou­vait trou­ver plus bel ancrage que l’enseigne des édi­tions Bleu d’encre tant les nuances de la couleur bleue sem­blent iris­er l’œuvre de l’auteure. Un bleu peut-être plus dilué ici que dans le dernier livre, Ce que le bleu ne sait pas du frag­ile, paru en 2019, un peu plus flou, plus léger qui irriguerait des ciels ordi­naires où flâ­nent des funam­bules. C’est donc en emprun­tant à la palette du pein­tre son bleu out­remer qu’Anne-Marielle Wilw­erth pour­suit l’édification de sa cathé­drale de silence. Chaque recueil venant d’une cer­taine manière et presque para­doxale­ment combler les vides d’une archi­tec­ture vouée à l’effacement, au retrait. Con­tin­uer la lec­ture

« La mer pour s’aérer le cœur »

Cather­ine BERAEL, Cab­o­tage, Coudri­er, 2020, 76 p., 18 €, ISBN : 9782390520153

berael cabotageDans son avant-lire, Anne-Marielle Wilw­erth se demande com­ment nom­mer les textes rassem­blés dans le livre que nous tenons entre nos mains. « Escales de vie ? Marées de mémoire ? » Par ce ques­tion­nement, elle pose une entrée en matière en juste réso­nance avec les pros­es de l’auteure, sa com­parse de plume et de pinceau Cather­ine Berael. Cab­o­tage, tel est le titre qui nous achem­ine de réc­it en réc­it, nous lais­sant apercevoir des paysages humides d’embrun, des plages ens­ablées de mys­tères imper­cep­ti­bles, des hori­zons chargés d’hier et de demain ; « une palette d’atmosphères et de lieux, tous frères de la mer ». Con­tin­uer la lec­ture

L’éternité à marée basse

Anne-Marie WILWERTH, encres d’Éric HENNEBIQUE, Ce que le bleu ne sait pas du frag­ile, Tail­lis Pré, 2019, 97 p., 14 €, 978–2‑87450–142‑5

La poésie d’Anne-Marielle Wilw­erth sem­ble ici, plus que jamais, voguer à la crête des vagues. Large­ment inspiré de l’univers mar­itime dont l’auteure se sent proche, Ce que le bleu ne sait pas du frag­ile nav­igue de Charybde en Scyl­la vers un hori­zon vis­i­ble mais indé­pass­able. Sous le signe de la couleur bleue, si chère à l’écrivain-voyageur Nico­las Bou­vi­er ou à Georges Per­ros dans ses Poèmes bleus, la poésie épurée – presque des haïkus –  suit le rythme lent de l’eau. Elle en épouse  le léger roulis, tangue sur l’océan de l’écriture qui est tou­jours à repren­dre comme on reprend la mer après une escale for­cée. Con­tin­uer la lec­ture