Archives par étiquette : Venise

Une promenade d’admiration

Yves-William DELZENNE, Venise n’expose qu’elle-même, Sam­sa, 2025, 134 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87593–580‑9

delzenne venise n'expose qu'elle-mêmeVenise encore n’ex­po­sait qu’elle-même, ces siè­cles écoulés, la clep­sy­dre de ses jours que grif­fait la pluie après le long soleil d’août qui avait si bien séché les enduits ros­es où des glycines s’a­grip­pent mal.               

Yves-William Delzenne nous offre, avec Venise n’ex­pose qu’elle-même, un nou­veau roman sous forme de prom­e­nade dans des lieux de mémoire et de mytholo­gie lit­téraire, artis­tique, ciné­matographique, pic­turale… dans cette Venise, telle­ment sur­ex­posée qu’elle appa­rait sou­vent comme une sub­lime anamor­phose… Car Venise, si elle existe depuis des siè­cles depuis sa magis­trale fon­da­tion, s’est démul­ti­pliée dans le temps des œuvres et des admi­ra­tions et on ne sait plus si Venise existe vrai­ment ou si c’est plutôt ce que nous voulons voir de Venise. Comme si elle était une prodigieuse dif­frac­tion du regard humain. Con­tin­uer la lec­ture

La mystique de l’érotisme

Sophie BUYSE, Pros­ti­tuée sacrée, Mael­ström reEvo­lu­tion, 2024, 256 p., 18 €, ISBN : 9782875055057

buyse prostituée sacréeLa mys­tique des corps, les puis­sances cathar­tiques de l’amour et de l’érotisme com­posent le noy­au des romans et réc­its de Sophie Buyse, de La graphomane à L’organiste, de L’escarbilleuse à Con­fi­dences de l’olivier, Amour et Kab­bale. Roman éblouis­sant, Pros­ti­tuée sacrée enroule las­cive­ment ses chapitres autour de Venise, une ville dont le des­tin est intime­ment noué à la pros­ti­tu­tion, et deux cour­tisanes, Veron­i­ca Fran­co et Mado. Con­tin­uer la lec­ture

Une semaine dans la vie d’un homme

Un coup de cœur du Car­net

Jean-Luc OUTERS, Mon nom ne vous dira rien, Impres­sions nou­velles, 2023, 208 p., 18 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑39070–064‑7

outers mon nom ne vous dira rienJour­nal­iste sportif, Dominique se retrou­ve céli­bataire pour une semaine. Julie, son épouse, est en séjour pro­fes­sion­nel en Afghanistan et, dis­posant de temps, il reprend con­tact avec Philippe, un ami de longue date qu’il n’a plus vu depuis une éter­nité. Ce dernier l’informe de l’état de son épouse, Elsa, qui a con­trac­té une forme pré­coce de la mal­adie d’Alzheimer qui laisse son com­pagnon désem­paré. Out­re sa perte de mémoire des faits récents et son inca­pac­ité à recon­naître qui que ce soit, celle-ci prend régulière­ment la poudre d’escampette, sil­lonne Brux­elles puis ne retrou­ve plus son chemin. Elle s’exprime le plus sou­vent dans son ital­ien natal et lorsqu’elle est accostée par de per­son­nes qui pro­posent de la recon­duire chez elle, elle leur répond invari­able­ment : « Mon nom ne vous dira rien ». Exténué, Philippe a fait la con­nais­sance d’une jeune femme et il demande à son ami d’assurer une présence une nuit auprès d’El­sa. Con­tin­uer la lec­ture

Ressortir et compléter le puzzle

Un coup de cœur du Car­net

Vin­cent ENGEL, Vous qui entrez à Mon­techiar­ro, Asmod­ée Edern et Ker, 2023, 412 p., 25 € / ePub : 9,99 € / audi­o­livre : 20,90 €, ISBN : 978–2‑87586–355‑3

engel vous qui entrez a montechiarroTrois épo­ques : la fin du 19e siè­cle, le fas­cisme et la pandémie. L’Italie : Venise, Rome, Lipari et… la Toscane bien sûr mais, pas tant que ça finale­ment. Plus acteur que décor, le vil­lage de Mon­techiar­ro est en fil­igrane des dif­férents réc­its, sans for­cé­ment les abrit­er.

Il y a d’abord Rober­to, qui quitte son bourg toscan à con­trecœur. Son ainé envoie leur mère à l’hôpital à Venise et Rober­to ne peut rester loin de l’unique objet de son affec­tion. Au cœur de la Sérénis­sime, il décou­vre une autre forme d’amour, en même temps qu’un courage et une déter­mi­na­tion que per­son­ne ne lui con­nais­sait. Con­tin­uer la lec­ture

À moins que

Bernard VISSCHER, Ren­dez-vous incer­tain, Mur­mure des soirs, 2022, 338 p., 22 €, ISBN : 9782930657868

visscher rendez-vous incertainPierre est un jeune homme. Il vient de pub­li­er son pre­mier roman et l’a adressé à son idole, Eduar­do Cal­don, le célèbre auteur argentin. Celui-ci lui répond, et l’invite à Venise où il réside pour con­vers­er. C’est le rêve de tout pri­mo-romanci­er. Pierre rassem­ble ses mai­gres économies, s’envole pour la cité des Doges, et fonce, fiévreux, tout droit vers l’hôtel de son men­tor. Mais dès les pre­miers mots échangés, Pierre com­prend que Cal­don ne l’a pas invité pour par­ler de son livre. Cal­don entend par­ler de lui, et racon­ter pas moins que sa vie qui, dit-il, est bien dif­férente de ce qu’on peut lire dans les biogra­phies autorisées. À moins que. Con­tin­uer la lec­ture

Le voyage, « un alcool de vie »

André DOMS, Écrits du voy­age, 3 vol., Herbe qui trem­ble, 2019 : Italiques, 208 p., 18 €, ISBN : 978–2‑918220–83‑1 ; Ibériques, 254 p., 18 €, ISBN : 978–2‑918220–85‑5 ; Balka­niques, 220 p., 18 €, ISBN : 978–2‑918220–84‑8 

Le poète André Doms nous livre, en trois dens­es vol­umes — Italiques, Ibériques, Balka­niques -, ses Écrits du voy­age. Portés par une invo­ca­tion vibrante : « en soi et par soi-même, le voy­age m’emporte, m’ouvre, et je m’y adonne comme à un alcool de vie ».

Attirée par Italiques, je lisais avec plaisir : « l’Italie, pre­mière qui me donne à vivre les clartés méditer­ranéennes, physiques et méta­physiques ».

Son rap­port majeur à l’Italie fut lit­téraire. De la ren­con­tre avec l’écrivain et tra­duc­teur Fran­co Prete et quelques amis, ini­ti­a­teurs de la belle aven­ture d’Orig­ine, pari­ant sur la recon­nais­sance mutuelle des poésies ital­i­enne et française, incar­née par de nom­breuses pub­li­ca­tions alliant fer­veur et rigueur, à la lec­ture inépuis­able de poètes et romanciers, épinglant les Car­nets de Dino Buz­za­ti qui, « avec leurs réflex­ions, imag­i­na­tions, apo­logues, angoiss­es et fan­tasmes, font un chant ter­ri­ble de la soli­tude humaine ». Con­tin­uer la lec­ture

Meurtres au chœur de Venise…

Claude RAUCY, Le maître de San Mar­co, M.E.O., 2018, 80 p., 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2‑8070–0162‑6

Pou­vait-on trou­ver meilleur romanci­er que Claude Raucy pour redonner vie lit­téraire au com­pos­i­teur fla­mand Adri­aan Willaert ? Le réc­it qu’il nous en donne avec Le maître de San Mar­co s’inscrit dans la lignée des romans qui, sans crier gare, nous enseignent en nous diver­tis­sant. Au gré des péripéties d’une enquête  per­me­t­tant de tir­er au clair des morts sus­pectes par­mi le chœur dont il est le chef à San Mar­co, nous appren­drons du musi­cien fla­mand la place priv­ilégiée qu’il occupe dans la Sérénis­sime, mais aus­si dans l’histoire de la musique de la Renais­sance. Le roman com­mence tam­bour bat­tant au Palais du Doge, Andrea Grit­ti. Ce dernier a con­vo­qué le Fla­mand. Il s’inquiète de ces meurtres en série – les musi­ciens sont étran­glés à l’aide d’une écharpe blanche, aban­don­née sur les lieux du crime. Il s’indigne aus­si que les enquêtes n’aboutissent pas avec assez de célérité à l’arrestation des coupables. Con­tin­uer la lec­ture

Dernières mesures avant la postérité

Vin­cent ENGEL, Alma Viva, Ker, 2017, 194 p., 18 €/ePub : 9.99 €, ISBN : 2875862235

engel alma viva.jpgVin­cent Engel nous emmène à nou­veau à Venise. En 1740 cette fois et moins pour en par­courir les ruelles, les places et les canaux que pour y pénétr­er dans l’intimité de quelques habi­tants. Par­mi ceux-ci, un prêtre qui enseigne la musique au sein d’un étab­lisse­ment pour jeunes orphe­lines, un com­pos­i­teur âgé dont le nom et les airs tra­verseront les épo­ques : Vival­di. Vival­di qui évolue ici en tant que don Anto­nio. Et en fait d’évoluer, on pour­rait plutôt dire qu’il se débat. Con­tre les gov­er­na­tori qui rechig­nent à le financer, con­tre sa répu­ta­tion qui fane, con­tre la mode qui lui préfère des sonorités nou­velles, con­tre sa san­té frag­ile, con­tre la vieil­lesse qu’il feint d’ignorer, con­tre les rumeurs qui lui attribuent des mœurs incon­venantes… Con­tin­uer la lec­ture

Jan Baetens, pour tout au monde

Jan BAETENS, Ce monde, Les Impres­sions nou­velles, 96 p., 11 €

baetensMal­gré son écri­t­ure volon­taire­ment « dépro­gram­mée » – Jan Baetens expli­quant avoir voulu pren­dre, dans Ce monde, quelques dis­tances avec la lit­téra­ture à con­trainte dont il est cou­tu­mi­er – ce recueil s’avère moins évi­dent que Le Prob­lème du Sud (2013). Con­tin­uer la lec­ture