Archives par étiquette : Théâtre

Retrou­vez ici tous nos arti­cles et recen­sions con­sacrés au théâtre

Le nouveau « J’accuse »

Pas­cal VREBOS, L’accusateur ou La comédie étran­glée, édi­tions du CEP, 2016, 64 p., 8€

vrebos-accusateur.jpgUn homme vraisem­blable­ment en colère con­tre le monde nous prend à par­tie. Qui est-il pour se per­me­t­tre de nous recracher à la face tous les tra­vers de notre human­ité ? Un philosophe ? Un vagabond qui traîne son dis­cours de place en place ? Un despote ? Un prophète ? Un para-humain ? Il est un peu de tout cela à la fois. Con­tin­uer la lec­ture

Sur le chemin de Dallas

Thier­ry DEBROUX, Kennedy, Lans­man, 2016, 48 p., 10 €

derboux kennedyLe monde poli­tique et les jeux de pou­voir ont tou­jours con­sti­tué d’ex­cel­lents motifs dra­ma­tiques, que ce soit au théâtre, au ciné­ma ou à la télévi­sion. Le sujet fascine et pour peu que l’his­toire soit agré­men­tée d’un soupçon de scan­dale ou de tragédie per­son­nelle, l’œuvre sera bien sou­vent assurée d’obtenir les suf­frages du pub­lic. Au théâtre, c’est bien sûr une longue tra­di­tion qui com­mence dès le théâtre antique et qui ne s’est jamais inter­rompue depuis. On pensera notam­ment aux intrigues « poli­tiques » d’un Shake­speare ou d’un Ibsen, pour ne citer que ceux-ci, jusqu’à un récent Tom Lanoye dont la Revue Rav­age nous dévoilait en 2015 les mémoires d’un ancien chef de par­ti. Pas­sons le ciné­ma et ses nom­breux biopics trop sou­vent édul­corés, pour évo­quer la série télévisée, où les très réus­sis Bor­gen et House of Cards ont dernière­ment réal­isé le tour de force de cap­tiv­er des mil­lions de téléspec­ta­teurs. Con­tin­uer la lec­ture

L’exil en partage

Kenan GÖRGÜN, J’habite un pays fan­tôme, Brux­elles, Tra­verse, coll. « Caram­bole », 2016, 66 p., 8 €

"J'habite un pays fantôme" de Kenan Görgün (Représentations Bruxelles, Liège)  Edition du texteCréée au Cen­tre cul­turel de Dison l’automne dernier, la pièce J’habite un pays fan­tôme de l’écrivain belge d’origine turque Kenan Görgün, né à Gand en 1977, met en scène deux frères, Kenan et Oth­mane.

Le pre­mier est un auteur qui se cherche, mais espère trou­ver « de quel fil se tri­cote notre iden­tité » et démon­tr­er com­ment ce qui est fait peut être défait et refait à l’infini. Il pré­tend domin­er le sec­ond, à ses yeux un gen­til pan­tin qu’il aurait inven­té pour l’écouter penser. Con­tin­uer la lec­ture

Un gosse n’est pas un dossier

Un coup de coeur du Carnet

Céline DELBECQ, L’enfant sauvage, Carnières, Lans­man, 2016, 36 p., 10€

Comme tous les ven­dredis, un homme tra­verse la place du Jeu de balle avec ses col­lègues pour aller déguster un bon stœmp chez Josiane. Un môme qui crie arrête son regard. L’homme s’approche et essaie, avec d’autres pas­sants, de savoir où sont les par­ents de cet enfant, com­ment il s’appelle… Le gosse ne répond pas. Seuls d’horribles beu­gle­ments sor­tent de sa bouche. Il se débat et se mord le bras. Un type réplique que “c’est un enfant sauvage qui cause la langue des bêtes” et qu’il n’y a rien à faire. Alors que les badauds pour­suiv­ent leur route, l’homme ne parvient pas à quit­ter ce petit être. Il appelle les flics et les attend avec lui. C’est ain­si qu’il se rend compte que le gamin est une fille. Il l’appelle Alice. Cette dernière sem­ble se calmer en sa présence. Il décide de la pren­dre sous son aile. Con­tin­uer la lec­ture

Les vents de la révolution

Mohamed BARI, Le prince d’Arabie, Carnières, Lans­man / CTEJ, 2015, 36 p., 9€

Au pays strict, règ­nent l’ordre et l’autorité. Y domi­nent aus­si la police qui sévit, la cen­sure, la dom­i­na­tion mas­cu­line, l’oppression des femmes, la répres­sion… Au pays strict, il est inter­dit de se plain­dre, les enfants ne rient presque pas, la radio passe con­tin­uelle­ment la même chan­son, les fils doivent exercer le même méti­er que leur père. Cer­tains papas sont mys­térieuse­ment par­tis « en voy­age ». Con­tin­uer la lec­ture

2 fois William Cliff au Poème 2

tserclaesL’année 2015 aura été une belle année pour William Cliff. Couron­né du Goncourt de la poésie pour l’ensemble de son œuvre, il a aus­si inau­guré une série de réc­i­tals avec l’accordéoniste Frédéric Dav­e­rio. La voix silen­cieuse et si recon­naiss­able de ses poèmes s’est incar­née en une présence charis­ma­tique d’auteur devenu diseur. Le corps du créa­teur s’y offre au spec­ta­teur. Dans cette mise sur scène et en musique, l’accordéoniste n’est pas sim­ple accom­pa­g­na­teur, il est com­pos­i­teur et com­pagnon; il a trou­vé les notes et le souf­fle qui font cou­ple avec le rythme par­ti­c­uli­er des vers du poète, au point de laiss­er en nous des traces entê­tantes telles qu’en lais­sent les chan­sons. Après le suc­cès du Théâtre 140 (Brux­elles) et du Cen­tre Wal­lonie Brux­elles (Paris), le Poème 2 pro­pose de retrou­ver ce spec­ta­cle le jour-même de l’anniversaire de William Cliff, le 27 décem­bre. Une représen­ta­tion unique précédée d’un apéri­tif et suiv­ie d’un déje­uner à sa table d’hôte, avec un menu com­posé par lui-même. Con­tin­uer la lec­ture

Méfie-toi du loup !

Cather­ine DAELE, La nuit du san­gli­er, Carnières, Lans­man, 2015, 48 p., 10€

Térence et Eri­ka sont frère et sœur. Cette dernière, âgée de quinze ans, veut décou­vrir le monde et n’en a que faire de l’école et de ses oblig­a­tions. Les chemins détournés sont bien plus alléchants. Elle aimerait fon­cer tête bais­sée, tel un san­gli­er. Térence et Eri­ka vivent seuls, leur mère étant par­tie à New York. Térence se voit con­fi­er la garde de sa tur­bu­lente sœur, lui qui, au con­traire, préfère respecter les règles et ne pas s’écarter du droit chemin. Il suit de bril­lantes études et tra­vaille comme serveur dans une brasserie. Tout le con­traire de sa sœur qui incar­ne la pas­sion de la jeunesse, la soif de lib­erté. Térence ren­con­tre des dif­fi­cultés à faire respecter son autorité. Eri­ka ren­con­tre Alec, un homme qui lui fait tourn­er la tête. Elle décou­vre les joies de la vie noc­turne, les boîtes de nuit, les bois et les san­gliers. Le frère et la sœur s’éloignent chaque jour un peu plus. Eri­ka aime ce frère mod­èle, mais veut s’en écarter. Con­tin­uer la lec­ture

« Je vous aime, merci »

Jean-Luc PIRAUX, Six pieds sur terre, Carnières, Lans­man, 2015, 36 p., 9€

Jean-Luc Piraux n’est pas un comé­di­en ni un auteur comme les autres. Ce clown lunaire de haut vol a le cœur sur la main. En dia­logue con­stant avec son pub­lic, il l’emmène à tra­vers des petites his­toires du quo­ti­di­en, tou­jours tein­tées d’humour et de quelques grince­ments. Car tôt ou tard, le clown blanc laisse sa place à l’auguste. La tragi­comédie est son domaine de prédilec­tion. Six pieds sur terre en est la par­faite illus­tra­tion. Même si ce texte est le pre­mier que Jean-Luc Piraux pub­lie, il n’est pas son pre­mier écrit. Con­tin­uer la lec­ture

À la santé de Mlle Beulemans

Frantz FONSON et Fer­nand WICHELER, Le Mariage de Mlle Beule­mans, Brux­elles, Impres­sions Nou­velles, coll. « Espace Nord », 2015, 233 p., 8,5 € / epub : 5,99 €

le mariage de mademoiselle beulemansVotre servi­teur recon­naît s’être trou­vé légère­ment embar­rassé lorsqu’on lui a demandé de noir­cir deux ou trois feuil­lets sur Le Mariage de Mlle Beule­mans. La col­lec­tion Espace Nord réédi­tait la pièce de Fon­son et Wichel­er et l’on devait bien en dire quelques mots. Mais Mlle Beule­mans n’avait-elle pas déjà fait couler assez d’en­cre ? Et com­ment ne pas éprou­ver une cer­taine méfi­ance envers cette his­to­ri­ette fleu­rant bon la naph­taline et les valeurs bour­geois­es, qui comme une vul­gaire ker­messe de vil­lage se ter­mi­nait sur les cuiv­res lour­dauds et empâtés de la Bra­bançonne ? Il fal­lait donc com­mencer par relire le texte. Et puis, quelque peu sur­pris, con­trar­ié même, se deman­der d’où Mlle Beule­mans – à un âge aus­si avancé – con­tin­u­ait à tir­er sa fraîcheur indé­ni­able.
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Des retrouvailles au goût amer

Jean-François Viot,  Au bord des lèvres, Marcinelle, Édi­tions du CEP, 2014, 131 p., 14€

Ellen vit avec son fils Bil­ly, à San­ta Cruz en Cal­i­fornie, dans une jolie mai­son bor­dant le Paci­fique. La vie suit son pais­i­ble cours : tan­dis que Bil­ly fréquente l’un des plus pres­tigieux col­lèges de la ville, Ellen vaque à ses occu­pa­tions, entre son boulot, les cours­es, le ménage, l’éducation de son fils et ses soirées papote avec sa voi­sine Lisa. Tout va pour le mieux jusqu’à ce qu’Ellen voie ses vieux démons ressur­gir et que frappe à sa porte Chet, un ancien amant. L’homme est au plus mal. Il est tox­i­co­mane et ne pos­sède plus rien. Sa car­rière est dans une impasse. Plus per­son­ne ne veut le pro­gram­mer. Ellen l’invite à s’installer chez elle quelques temps et tente de le faire décrocher. Petit à petit, leur passé com­mun refait sur­face. Com­ment se sont-ils ren­con­trés ? Pourquoi ne se sont-ils plus vus pen­dant dix-sept ans ? Vain­cra-t-il son addic­tion ? Con­tin­uer la lec­ture

Quand les rocs se fissurent

Séverine RADOUX

Greenville, c’est le nom d’un groupe de rock for­mé par des ados mal dans leur peau. La pièce retrace son his­toire depuis ses débuts hési­tants jusqu’à sa dis­pari­tion, en pas­sant par son suc­cès ful­gu­rant. Après avoir enchaîné une tournée mon­di­ale de con­certs, les musi­ciens revi­en­nent dans leur vil­lage natal pour ren­dre hom­mage à leurs pre­miers fans dans un show gigan­tesque. Cepen­dant, les élé­ments d’un drame se met­tent peu à peu en place… Con­tin­uer la lec­ture

Portrait de femme(s) pluriel et singulier

Un coup de coeur du Carnet
Maxime HANCHIR


landuytSi tout texte de théâtre est écrit pour être joué, toute pro­duc­tion réussie néces­site au départ un texte de qual­ité. Sylvie Lan­duyt le sait qui signe avec Elles(s) un texte vif et per­cu­tant remet­tant en cause les préjugés de genre. Sans jamais tomber dans la leçon de fémin­isme.
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Histoires de familles

Thomas GUNZIG, Bor­gia, comédie con­tem­po­raine, Vau­vert, Au dia­ble vau­vert, 2015, 72 p., 5 €/ePub : 2.99 €

gunzigPour endormir sa petite-fille, la vieille Lucrèce lui racon­te son enfance et puis sa vie : com­ment elle a quit­té sa famille pour en trou­ver une autre, après s’être trompée de famille, et finale­ment com­ment elle en a « fab­riqué » une. Puis, la petite-fille racon­te sa pro­pre vision de la famille. Con­tin­uer la lec­ture

À la recherche de nouvelles narrativités

Maxime HANCHIR

pourveurAuteur à la fois engagé et résol­u­ment indépen­dant, esprit aus­si orig­i­nal que sys­té­ma­tique, Paul Pourveur est une per­son­nal­ité atyp­ique qui a su tir­er le meilleur par­ti de ses con­tra­dic­tions. Ni réelle­ment fran­coph­o­ne, ni tout à fait néer­lan­do­phone, celui qui à ses débuts trou­vait le théâtre « ringard » est ain­si devenu l’un des dra­maturges belges les plus estimés. Sur­vivre à la fin des Grandes His­toires est l’oc­ca­sion de redé­cou­vrir un par­cours com­plexe et exigeant avec pour fil d’Ar­i­ane la recherche de nou­velles nar­ra­tiv­ités.                                  Con­tin­uer la lec­ture

À vif

Alex LORETTE, Pikâ Don (Hiroshi­ma), Lans­man, 2015, 46 p., 10€, ISBN : 978‑2807-100497

loretteDe cette bombe qui a dévasté Hiroshi­ma et Nagasa­ki le 6 août 1945, que sait-on exacte­ment ? On visu­alise très bien le champignon géant qui s’élève dans le ciel, on se sou­vient vague­ment d’avoir enten­du par­ler de 140 000 morts. Quoi d’autre ? Rien. Loi de prox­im­ité oblige, cette tragédie nous paraît loin­taine. « Est-ce qu’on a quelque chose à voir avec ça, avec tous ces morts qu’on ne voit jamais. Est-ce qu’on est respon­s­able de ça ? » Con­tin­uer la lec­ture

Des revenants pas comme les autres

Émilie GÄBELE

debrouxLe mythe du vam­pire ne date pas d’hier. Depuis le XVIIIe siè­cle, nom­bre de romans, films, ban­des dess­inées et pièces de théâtre puisent leur inspi­ra­tion dans ce ter­reau fer­tile. Thier­ry Debroux pro­pose une pièce amu­sante où l’on retrou­ve les fameux attrib­uts du vam­pire et les légen­des qui courent sur son compte. Il explore cet univers goth­ique et fan­tas­tique, trans­posé au XXIe siè­cle. Con­tin­uer la lec­ture