Archives par étiquette : Academia

Au meilleur de toi

Mar­i­anne SLUSZNY, Le banc, Acad­e­mia, 2019, 182 p., 17.50 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑8061–0489‑2

Il est sou­vent bien périlleux de faire œuvre lit­téraire de son vécu le plus sen­si­ble, le plus douloureux. Pareil défi d’écriture exige une ascèse que le pré­texte de la fic­tion n’impose pas. En choi­sis­sant de par­ler de la vie, de la mal­adie et du décès de son com­pagnon, Mar­i­anne Sluszny a pour­tant été bien inspirée car elle nous livre bien plus que des con­fi­dences intimes. Con­tin­uer la lec­ture

Plus fort que tout

Tuyêt-Nga NGUYEN, Soie et métal, Acad­e­mia, 2019, 306 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑8061–0481‑6

Le sen­ti­ment d’abandon parental chez un enfant laisse sou­vent une blessure pro­fonde, indélé­bile. Quand Clara, âgée de 16 ans, voit sa mère quit­ter le domi­cile famil­ial, elle décide de la ray­er de sa vie. Lorsqu’elle reçoit huit ans plus tard un col­is avec divers­es infor­ma­tions sur celle qu’elle a reniée, elle pense d’abord à ren­voy­er l’enveloppe à l’expéditeur sans pren­dre con­nais­sance de son con­tenu. Mais elle doit tôt admet­tre que le mal est fait : la plaie de la perte est rou­verte et son regard aiman­té par l’enveloppe qu’elle tarde à aller dépos­er. Elle com­mence par lire la let­tre qui accom­pa­gne divers doc­u­ments, puis ne résiste pas à pren­dre con­nais­sance de tout son con­tenu. En écho à cette ques­tion qui résonne : Les incendies des âmes s’éteignent-ils tou­jours, à l’image de ceux des forêts ? Con­tin­uer la lec­ture

Une vie de prof, côté coeur

Alain DANTINNE, 68, rue des écoles, Acad­e­mia, 2019, 192 p., 18 €, ISBN : 978–2‑8061–0479‑3

« Plongez dans le par­cours d’un enseignant libre et rétif à toute dis­ci­pline imposée, imag­i­natif, fou de poésie et de théâtre ! Un prof philosophe qui voy­age et aime partager ses décou­vertes, n’hési­tant pas à trans­former sa classe en ago­ra et à pouss­er chaque élève au bout de lui-même. »

Alain Dan­tinne est poète, romanci­er et cri­tique. Il vient de pub­li­er un tout récent 68 rue des Écoles qui est véri­ta­ble­ment rob­o­ratif.

Les qua­trièmes de cou­ver­ture d’éditeurs se lais­sent écrire et l’auteur sou­vent écrase en le minéral­isant, son texte dans ces quelques lignes de pro­mo-vente… Heureuse­ment, ces phras­es de « com » sont sou­vent con­testées par l‘œuvre elle-même. En l’occurrence, Alain Dan­tinne, dans 68, rue des écoles ne livre pas un texte aus­si érup­tif que celui annon­cé, au con­traire, nous décou­vrons un réc­it amoureux sub­til et engagé, une tra­ver­sée d’une époque, celle de l’École qui vécut sans cesse les con­di­tions du raidisse­ment après les fauss­es lib­ertés du tout venant péd­a­gogique… C’est un livre de con­fes­sions, de joies partagées, de mag­nifiques batailles pour l’intelligence et la poésie de cha­cune et cha­cun, d’illuminations et de rébel­lion… que nous pro­pose l’éditeur. Com­ment faire de cette École un lieu de joie et de partage, c’est ce que nous racon­te Alain Dan­tinne  avec verve. Con­tin­uer la lec­ture

Corps étrangers à rejeter

Françoise DUESBERG, Souf­fler sur la blessure, Acad­e­mia, 2019, 111 p., 13€ / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–28-061‑0450‑2

Souf­fler sur la blessure est un roman qui abor­de la prob­lé­ma­tique de l’immigration vers l’Europe et des réfugiés. Encore, me direz-vous. Oui, encore. Mais il est néces­saire d’en par­ler. L’auteure a pris le par­ti de relater son his­toire en don­nant la voix essen­tielle­ment à deux per­son­nages : Pauline et Gabriel.

Pauline, seize ans, habite à Men­ton sur la Côte d’Azur. Elle vit une ado­les­cence ponc­tuée par l’école, sa pas­sion pour l’escalade, un régime dra­conien et la guerre qu’elle a décidé de men­er con­tre sa mère, pre­mière­ment parce que c’est sa mère (un excel­lent pré­texte pour cla­quer les portes et la con­tredire con­tin­uelle­ment), deux­ième­ment parce qu’elle a un nou­veau Jules qui rem­place un peu trop vite son père décédé, devenu un sujet presque tabou. Con­tin­uer la lec­ture

Sait-on jamais tout ce que le passé nous réserve ?

Marie-Bernadette MARS, L’échelle des Zago­ria, Acad­e­mia, 2019, 218 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑8061–0452‑6

Voici le réc­it sen­si­ble d’une jeune femme qui accom­pa­gne son aînée vers la fin de ses jours. Au fil des vis­ites que Léa rend à sa grand-mère Sta­ma­tia, elle con­state les pro­grès de la mal­adie qui embrouille les méan­dres de l’esprit de son aïeule. Les moments de lucid­ité devi­en­nent plus rares, mais ils sont d’une grande inten­sité rela­tion­nelle. À ses côtés, la jeune fille décou­vre des pans de sou­venirs anciens dont elle n’avait pas con­nais­sance et qui por­tent sur la péri­ode qui a précédé son arrivée en Bel­gique. De la jeunesse de Sta­ma­tia, elle sait peu de choses hormis son veu­vage pré­coce suite au décès acci­den­tel de son mari et son arrivée en Bel­gique qui la coupera défini­tive­ment de ses racines grec­ques. À mesure que se suiv­ent ses vis­ites, sa grand-mère pré­cise une demande : elle souhaite que Léa parte à la recherche de Maria, sa très proche amie d’enfance, dans son vil­lage natal de Tse­pelo­vo. Con­tin­uer la lec­ture

Sur la route de soi

Dina KATHELYN, Passe le train, Acad­e­mia, 2019, 154 p., 16 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑8061–0445‑8

Dans ce roman de Dina Kathe­lyn, nous sommes plongés dans la vie d’Élodie, une jeune femme légère­ment com­plexée et ren­fer­mée, qui ne se sent exis­ter qu’à tra­vers le regard de l’autre et qui n’arrive pas à se faire respecter parce qu’elle ne se respecte pas elle-même. Nous la suiv­ons dans une tranche de vie d’une trentaine d’années. Une trentaine d’années où nous lisons sa vie pro­fes­sion­nelle et famil­iale en fil­igrane et où sa vie amoureuse est au pre­mier plan. Con­tin­uer la lec­ture

La force des serments

Dami­enne LECAT, Le pis­seux, Acad­e­mia, 2019, 120 p., 13.5 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑8061–0444‑1

Éric a la soix­an­taine soli­taire. Ana­lyste financier, il vit reclus dans un apparte­ment, réduisant au strict min­i­mum ses sor­ties, prof­i­tant des ser­vices de sa sœur Anne qui lui est toute dévouée mais qu’il ne se prive pas de mal­traiter. Son univers en huis clos est organ­isé méthodique­ment, sa vie est guidée par l’obsession de la pro­preté et elle est ryth­mée de rit­uels immuables, de gestes répétés, de petits plaisirs soli­taires. Rela­tion­nelle­ment, son exis­tence est min­i­mal­iste, il loue régulière­ment les ser­vices tar­ifés d’une pros­ti­tuée et ne recherche aucun con­tact. Il fuit la com­pag­nie de ses sem­blables. Con­tin­uer la lec­ture

Le Seigneur des Esprits

Patrick MEURICE, Khan Ten­gri, Un con­te de la vie à l’endroit, Acad­e­mia, coll. « Livres libres », 2018, 112 p., 13€ / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑8061–0427‑4

Avec son roman Khan Ten­gri. Un con­te de la vie à l’endroit, Patrick Meurice nous emmène dans un roy­aume imag­i­naire.

Simon Lan­dresys, un fonc­tion­naire belge, est envoyé en mis­sion au Khan-Ten­gri, un roy­aume d’Asie cen­trale, situé entre le Kirghizs­tan et la Chine, et dom­iné par un mas­sif mon­tag­neux. Ce roy­aume emprunte son nom à la mon­tagne qui le sur­plombe à plus de 7.000 mètres d’altitude. Ce petit état a vu le jour suite au déman­tèle­ment de l’Union sovié­tique. Il est dirigé par un monar­que à plein pou­voirs et béné­fi­cie d’aides européennes. Simon doit aider l’administration de Khan-Ten­gri à se réor­gan­is­er et à mod­erniser sa bureau­cratie. L’agent belge entre­pren­dra qua­tre mis­sions à Inylchek, la cap­i­tale et seule ville du roy­aume, située à plus de 4000 mètres d’altitude et acces­si­ble seule­ment en héli­cop­tère. Ce lieu, en principe peu hos­pi­tal­ier, regorge toute­fois de richess­es et de ser­vices. Con­tin­uer la lec­ture

Franca Doura et les territoires du désir

Fran­ca DOURA, La bou­tique des fins heureuses, Acad­e­mia, coll. « Livres libres », 2018, 130 p., 14 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑8061–0432‑8

Si le titre du troisième roman de Fran­ca Doura fait songer au recueil de nou­velles de Bruno Schulz, Les bou­tiques de can­nelle, son réc­it con­stru­it l’espace de la lec­ture comme une bou­tique dans laque­lle on pénètre, hap­pé dans un cli­mat de hasard, de fête foraine et de magie. Arpen­t­age poé­tique des ter­ri­toires de l’enfance, des paysages de l’amour, d’une recherche d’insolite, de ren­con­tres ful­gu­rantes, La bou­tique des fins heureuses s’ouvre sur une attrac­tion d’une fête foraine, un spec­ta­cle inti­t­ulé Mémoire du monde. Sur la piste, un homme doué d’une mémoire prodigieuse répond sans faille aux ques­tions les plus divers­es du pub­lic. Les per­for­mances mné­moniques de l’artiste réveil­lent les sou­venirs de la nar­ra­trice qui recon­naît un de ses amants, le « poète fou » Dio­gène qui, pour con­som­mer leurs ébats, l’amenait dans des maisons clos­es. La réal­ité n’est jamais ce qu’elle est, elle se révèle sous son dou­ble. Les évi­dences se com­plex­i­fient, la roue du hasard tourne. Si le prodi­ge des chiffres ressem­ble à Dio­gène, il est en réal­ité son frère jumeau, Paco. Après avoir été l’amante du pre­mier, la femme devient celle du sec­ond. Con­tin­uer la lec­ture

Instants de vie

Olivi­er ODAERT, Soli­tudes, Illus­tra­tions de Syl­vain Del­court, Acad­e­mia, 2018, 121 p., 15 € / ePub : 10.99 €, ISBN : 978–2‑8061–0381‑9

odaert solitudesSoli­tudes. Un recueil de nou­velles brèves, sai­sis­sant des instants qui mar­quent notre vie, et que nous gar­dons secrets, cachés dans les plis du quo­ti­di­en.

Ici, un homme assis depuis des heures sur un banc, dans un parc, immo­bile, silen­cieux, ne sem­ble pas con­scient de la présence à ses côtés d’un jeune garçon qui lui prend la main, cherche son regard per­du dans le loin­tain. Il se lève, s’en va marcher sans but dans les allées, revient, inter­roge douce­ment : « On y va, Papa ? », ne reçoit pas de réponse. Le soir tombe, le froid pince, les pas­sants ont déserté le parc. Et le garçon part à son tour, après avoir une dernière fois posé con­tre sa joue une main désor­mais froide et rigide, et mur­muré un bon­soir à l’accent d’adieu. (Papa) Con­tin­uer la lec­ture

« L’Humanité est formidable ! »

Mar­i­anne PUTTEMANS, Le scarabée et les étoiles, Acad­e­mia, coll. « Livres Libres », 2018, 182 p., 17.50 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑8061–0389‑5

puttemans le scarabee et les etoilesIl ne pou­vait y avoir meilleure col­lec­tion que celle  dirigée chez Acad­e­mia par Marc Bail­ly pour accueil­lir le pre­mier roman (après un livre « jeunesse » en 2005) de Mar­i­anne Put­te­mans. « Livres libres » se revendique de qua­tre mots d’ordre : plaisir, lib­erté, imag­i­naire et (bien sûr) qual­ité. Elle se définit comme une « expéri­ence lit­téraire ». Par­mi les auteurs que « Livres Libres » a déjà pub­liés fig­urent, entre autres,  Hugo Poliart, Marie-Paule Eské­nazi, et le regret­té Alain Dartev­elle. Con­tin­uer la lec­ture

Quand le désespoir nous mène à l’impossible

Marie-Paule ESKÉNAZI, 40 ans, trop jeune pour mourir, Acad­e­mia, 2018, 109 p., 12,50€ / ePub : 9.49 €, ISBN : 978–2‑8061–0366‑6

eskenazi 40 ans trop jeune pour mourir.jpgAprès avoir affron­té une sépa­ra­tion, un démé­nage­ment hâtif, des dettes et un change­ment de tra­vail, Marie-Paule, quar­ante ans, trois enfants en bas âge, apprend qu’elle a un can­cer du sein inopérable. S’ensuivent deux opéra­tions, une chimio et plusieurs mois de kiné, mais l’héroïne doit se ren­dre à l’évidence : elle est con­damnée. Con­tin­uer la lec­ture

Réponse d’un mètre soixante-deux de chair plutôt beige

Anne-Sophie VANDERBECK, Un mètre soix­ante-huit de chair rose, Acad­e­mia, 2017, 216 p., 19 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑8061–0359‑8

vanderbeck un metre soixante huit de chair rose.jpgMélange étrange de nou­velles qui n’ont rien en com­mun, écri­t­ure var­iée et changeante, Un mètre soix­ante-huit de chair rose se rap­proche de l’embrouillamini. Mais – puisqu’il y a tou­jours un mais – on se trou­ve quelque peu aba­sour­di en ter­mi­nant ce recueil. Dans le bon sens du terme.

Les recueils de nou­velles pèchent par­fois par manque de cohérence ou, au con­traire, par excès d’harmonie, échouant face à la dif­fi­cile tâche d’être orig­in­aux. Curieuse­ment, le livre de Sophie Van­der­beck com­bine ces deux défauts – ou peut-être qual­ités ? Empreintes de douceur et de nos­tal­gie, ces vingt-cinq his­toires par­lent de sujets sou­vent dif­fi­ciles et com­pliqués mais sans jamais être lar­moy­antes. D’une enfant séquestrée à la perte d’un monde, de la soli­tude à la vie d’une femme battue, on touche du doigt des pans de vie qui sem­blent si proches, si poé­tiques et si doux. Con­tin­uer la lec­ture

La vie en jeu…

Alain DARTEVELLE, Toy Boy et autres leur­res, illus­tra­tions de Marc Sevrin, Acad­e­mia, coll. “Livres libres”, 2017, 166 p., 16,15 €/ ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑8061–0346‑8

dartevelleCela fait longtemps déjà qu’Alain Dartev­elle nous a famil­iarisés avec ses incur­sions malignes dans un futur par­fois assez proche pour fig­ur­er un corol­laire de notre actu­al­ité. C’est certes le cas avec Toy Boy et autres leur­res qui, à la suite du réc­it prin­ci­pal, réu­nit sept nou­velles de la même eau. Avec la com­plic­ité des images de Marc Sevrin, d’un noir pro­fond et réal­isées selon la tech­nique de la carte à grat­ter. Con­tin­uer la lec­ture

Vengeance ou pardon ?

Monique BERNIER, La magie du frangi­panier, Académia, coll. « Livres Libres », 2016, 166 p., 16,50€/ePub : 11.99 €   ISBN : 978–2‑8061–0302‑4

bernierLe ciel de Clé­mence s’est obscur­ci lorsqu’elle avait treize ans. Alors qu’elle emprun­tait le métro pour ren­tr­er chez elle, deux jeunes hommes l’ont sauvage­ment agressée et vio­lée. Après cet acte lâche et bar­bare ont suivi des années dif­fi­ciles, un long chemin de recon­struc­tion physique et surtout men­tale. Aujourd’hui, âgé de vingt ans, la jeune femme sem­ble avoir repris goût à la vie. Elle fréquente les bancs de l’Université Libre de Brux­elles. Elle s’y rend en métro chaque matin, non sans craintes, mais avec la niaque d’une sur­vivante. De petits rit­uels l’aident quand l’angoisse l’envahit. Elle s’imagine au pied d’un frangi­panier, ce bel arbre qui peu­ple le pays de son père, mal­heureuse­ment décédé peu aupar­a­vant d’un can­cer. Clé­mence aimerait retourn­er au Rwan­da, même si elle sait qu’elle y sera tou­jours con­sid­érée comme une blanche, elle qui a la peau dorée des métiss­es. Elle se prend d’amitié pour ce pays qui a lui aus­si con­nu des heures très som­bres. Con­tin­uer la lec­ture

La présence envahissante de l’absente

Pierre MAINGUET, Le silence ne répond jamais, Acad­e­mia, 2017, 223 p., 22,50€/ePub : 16.99 €   ISBN : 978–2‑8061–0303‑1

mainguetNel­son Fer­rer, un pho­tographe de plus de 70 ans, revient dans la cap­i­tale de sa jeunesse après 40 ans d’absence. Le réc­it se déroule en 3 jours, entre­coupé d’extraits du car­net rouge de Nels, où il a con­signé métic­uleuse­ment tous les sou­venirs de son his­toire d’amour avec Iri­na. On com­prend peu à peu qu’il a fui sa ville natale et entre­pris l’écriture de son car­net après le décès de cette femme dont il est tombé fou amoureux à 20 ans. Con­tin­uer la lec­ture