Jean Marc TURINE, Le cahier de David Jannapolli, Metropolis, 2024, 312 p., 12 €, ISBN : 9782883402171
Dans Révérends Pères paru en 2022 aux éditions Esperluète, Jean Marc Turine expliquait qu’à la source de ses livres, de ses films et de ses créations radiophoniques figurait sa rencontre avec « des femmes ou des hommes qui ont connu des apprentissages de vie douloureux, inhumains voire tragiques. » Qu’il les écoute et leur donne la parole. Cette fois encore, dans son nouveau roman, Le cahier de David Jannapolli. Nous pouvons y ajouter le traumatisme des agressions sexuelles répétées qu’il a subies jeune garçon et racontées, sous forme de récit, dans Révérends Pères. Continuer la lecture



Anna compose le premier volet de la Trilogie du Cri, un projet où la jeune dramaturge Pamela Ghislain dénoue, en trois pièces, l’écheveau de la place de la femme dans la société. En donnant une voix, non, mieux encore, un cri, à celles qu’on refuse d’écouter ou qui n’osent se faire entendre.
La narratrice, Jeanne (14 ans) reçoit un message mystérieux de sa sœur Flora (18 ans) : « Je te libère de notre secret ». Son intuition lui dit que c’est important, elle se rend alors au studio où vit sa sœur pour s’assurer que tout va bien : là-bas, elle découvre Flora étendue sur son lit. Elle a avalé beaucoup de médicaments et a écrit sur le mur avec son propre sang « Tu es si belle ». 

Le ciel de Clémence s’est obscurci lorsqu’elle avait treize ans. Alors qu’elle empruntait le métro pour rentrer chez elle, deux jeunes hommes l’ont sauvagement agressée et violée. Après cet acte lâche et barbare ont suivi des années difficiles, un long chemin de reconstruction physique et surtout mentale. Aujourd’hui, âgé de vingt ans, la jeune femme semble avoir repris goût à la vie. Elle fréquente les bancs de l’Université Libre de Bruxelles. Elle s’y rend en métro chaque matin, non sans craintes, mais avec la niaque d’une survivante. De petits rituels l’aident quand l’angoisse l’envahit. Elle s’imagine au pied d’un frangipanier, ce bel arbre qui peuple le pays de son père, malheureusement décédé peu auparavant d’un cancer. Clémence aimerait retourner au Rwanda, même si elle sait qu’elle y sera toujours considérée comme une blanche, elle qui a la peau dorée des métisses. Elle se prend d’amitié pour ce pays qui a lui aussi connu des heures très sombres. 
