Archives par étiquette : Albin Michel

Une repasseuse sans un faux pli

Béné­dicte LAPEYRE, La Repasseuse, Paris, 2016, Ed. Albin Michel, 230 p., 17,90 €/ePub : 12.99 €    ISBN : 9782226328632

lapeyreÀ l’image de la pein­ture de Kon­stan­tin Yegorovich Makovsky, datant de 1900, qui illus­tre la cou­ver­ture, le style du roman La Repasseuse de Béné­dicte Lapeyre ne brille pas par une grande moder­nité, même si le por­trait pro­posé nous rend cette femme attachante. Con­tin­uer la lec­ture

Entre philosophie et religion : ou comment débattre sur la folie humaine

Éric-Emmanuel SCHMITT, L’Homme qui voy­ait à tra­vers les vis­ages, Paris, Albin Michel, 2016, 421 p., 22€/ePub : 14.99 €   ISBN : 978–2‑226–32883‑0

schmittEn sep­tem­bre 2015, Éric-Emmanuel Schmitt pub­li­ait La nuit de feu aux édi­tions Albin Michel. Il y racon­tait son expéri­ence mys­tique à 28 ans dans le désert algérien. Pour la ren­trée lit­téraire 2016, il pour­suit l’exercice et prend le cli­mat actuel d’attentats pour pré­texte à une réflex­ion théologique plus poussée. Ou quand la philoso­phie devient pop­u­laire. Con­tin­uer la lec­ture

Amélie Nothomb : voyages en littérature

Amélie NOTHOMB, Riquet à la houppe, Albin Michel, 2016, 160 p., 16,90 €/ePub : 11.99 €
Dis­cours de récep­tion d’Amélie Nothomb à l’Académie royale de Bel­gique. Accueil­lie par Jacques De Deck­er, Paris, Albin Michel, 2016, 65 p., 10 €/ePub : 6.99 €

nothomb_riquetUn nou­veau roman d’Amélie Nothomb en ce mois d’août ? D’au­cuns haussent déjà les épaules : évidem­ment, l’auteure n’a pas man­qué une ren­trée lit­téraire depuis 1992. Le cru de cette année est une réécri­t­ure d’un con­te de Per­rault ? Rien de bien nou­veau non plus : elle nous a déjà fait le coup en 2012 avec Barbe Bleue. C’est sur Riquet à la houppe qu’elle a cette fois jeté son dévolu? Le petit réc­it pré­cieux sem­ble tail­lé sur mesure pour la geisha goth­ique des Let­tres belges, lui qui met aux pris­es les extrêmes de la beauté et de la laideur et célèbre les séduc­tions de la con­ver­sa­tion. Alors, cir­culez, y a rien à voir ? Con­tin­uer la lec­ture

Quand la patience s’impatiente, habiller la fin de vie de sur-mesure

Un coup de coeur du Carnet

Gabriel RINGLETVous me coucherez nu sur la terre nue, Paris, Albin Michel, 2015, 252 p., 17 €/ePub : 11.99 €

ringletLes édi­tions Albin Michel pub­lient un nou­veau livre de Gabriel Ringlet : Vous me coucherez nu sur la terre nue. L’accompagnement spir­ituel jusqu’à l’euthanasie.

Autant le dire d’emblée : il y a dans ces 230 pages tant de per­les et de pépites que c’est un véri­ta­ble tré­sor, un livre qui fait du bien, un livre qui aide à vivre celui qui sait qu’un jour il va mourir, sans con­naître le jour ni l’heure, … ni les con­di­tions de ce grand pas\sage.  Con­tin­uer la lec­ture

Une joie pour la vie

Éric-Emmanuel SCHMITT, La nuit de feu, Paris, Albin Michel, 2015, 188 p., 16 € / epub : 10.99 €

La Nuit de Feu par SchmittAlors âgé de vingt-huit ans, Éric-Emmanuel Schmitt vit, dans le sud algérien, ce que l’on appelle com­muné­ment « l’expérience du désert ». Une expéri­ence réputée chang­er, par­fois durable­ment, le regard sur le monde et sur la vie. C’est peu dire dans le cas de Schmitt qui, par­ti fon­cière­ment athée dans le Hog­gar, en est revenu croy­ant con­va­in­cu. (Sans toute­fois – Dieu mer­ci ? – chercher à affubler d’une iden­tité par­ti­c­ulière la force divine qu’il dit l’avoir emporté et mar­qué à jamais de son empreinte). C’est cette « nuit de feu » qui lui a inspiré le titre de son livre, en référence à l’illumination vécue par Pas­cal et à ces mots brûlants inscrits dans la dou­blure de veste du « Mon­sieur de Port-Roy­al ». Mais pourquoi Éric-Emmanuel Schmitt, auteur de quan­tité d’ouvrages, a‑t-il atten­du vingt-cinq ans avant de se décider à ren­dre publique cette expéri­ence d’une nature par ailleurs pro­fondé­ment intime et, comme il le sug­gère, proche de l’indicible ? Il s’en explique en évo­quant sa ren­con­tre avec une jour­nal­iste protes­tante très éton­née que l’auteur d’une œuvre sou­vent mar­quée par la tragédie humaine puisse man­i­fester au quo­ti­di­en une telle équa­nim­ité et un tel amour de la vie. D’où la réponse dans ce livre où le vécu sin­guli­er de l’homme éclaire aus­si l’œuvre de l’écrivain. Mais que s’était-il passé il y a un quart de siè­cle ?

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Retour aux sources

Amélie NOTHOMB, Le crime du comte Neville, Paris, Albin Michel, 2015, 134 p., 15 €/ ePub : 10.99 €

JAQ_RL_130x200Les romans d’Amélie Nothomb four­mil­lent de références lit­téraires. Celui qu’elle livre pour cette ren­trée 2015 ne fait pas excep­tion à la règle. Du titre à l’intrigue, Le crime du comte Neville peut en effet se lire comme un clin d’œil à Oscar Wilde et à sa nou­velle Le crime de lord Arthur Sav­ile. Con­tin­uer la lec­ture

Un soleil qui tanne les âmes

Victoire de CHANGY

lazlo_changyDif­fi­cile de se fig­ur­er autrement, en par­courant Les trem­ble­ments essen­tiels, le vis­age d’Alma Sol ressem­blant traits pour traits à celui de l’auteur qui l’a fait naître de sa plume. Alma Sol, comme Vik­tor Laz­lo, a le teint tan­né, des cheveux d’ébène. Alma Sol, comme Vik­tor Laz­lo, impose au pub­lic son nom par une représen­ta­tion à l’Eurovision.  Le per­son­nage, comme l’auteur, sem­ble se mou­voir au moins aus­si aisé­ment sur la scène que dans les mots et la philoso­phie. Gageons que les per­son­nal­ités de ces deux-là se rejoignent, elles aus­si, à bien des endroits. Con­tin­uer la lec­ture

Mystique et athée

Un coup de coeur du Carnet

Jean Claude BOLOGNE, Une mys­tique sans Dieu, Paris, Albin Michel, 2015, 327 p., 20,90 €/ ePub : 14.99 €   ISBN : 978–2226258519

bologne_cottonIl y a quar­ante ans, Jean Claude Bologne a vécu durant quelques instants « une expéri­ence ful­gu­rante de l’absolu ». Quelques instants qui ont mar­qué et trans­for­mé toute sa vie. En 1995, il a con­sacré à cette expéri­ence mys­tique, exempte de toute référence à Dieu, un pre­mier essai qu’il con­sid­érait comme une délivrance, pen­sant n’avoir plus à revenir publique­ment sur le sujet. N’empêche, alors que le temps a passé « sans rien chang­er à la bru­tal­ité de la mémoire », il s’est résolu, poussé par « les con­fi­dences que le livre a sus­citées » et par « les réflex­ions qui l’ont pro­longé » à témoign­er « avec moins de lyrisme et de can­deur » de « l’instant où le monde a bas­culé » et de la fac­ulté de sur­vivre « à l’immense désar­roi de ne plus le con­naître ». En pré­cisant aus­si que cet instant, « on ne peut que le vivre » sans qu’on puisse le provo­quer ou le renou­vel­er volon­taire­ment, sa mar­que étant du reste indélé­bile. Quant au car­ac­tère « inef­fa­ble » de l’événement, il implique, par déf­i­ni­tion, que son abord oblige à des détours par les approx­i­ma­tions de ce qui peut être exprimé. Con­tin­uer la lec­ture