Archives par étiquette : bande dessinée

Le Prix Diagonale : trois lauréats et des changements en vue

cinq branches de coton noirCréé à Ottig­nies-Lou­vain-la-Neuve en 2008 (ville où il est tou­jours remis aujour­d’hui) en parte­nar­i­at avec le jour­nal Le Soir, le prix Diag­o­nale est dédié à la bande dess­inée. Ses organ­isa­teurs sont en effet par­tis du con­stat que la Bel­gique, foy­er majeur du Neu­vième Art, n’of­frait guère de récom­pens­es pres­tigieuses aux créa­teurs qui ont pour­tant fait sa répu­ta­tion dans le monde entier. Le Prix Diag­o­nale se décline en trois caté­gories :

  • Le prix DIAGONALE, Grand Prix du jury, récom­pense un auteur de BD pour l’ensemble de son oeu­vre ;
  • Le prix de la Ville d’Ottignies récom­pense le meilleur album de l’année ;
  • Le prix de la Province du Bra­bant wal­lon récom­pense la meilleur série de l’année.

L’édi­tion 2018 s’est tenue ce 4 mai, dévoilant les lau­réats des trois caté­gories, mais aus­si des change­ments à venir.  Con­tin­uer la lec­ture

Une jeunesse à table et aux fourneaux

Benoît PEETERS, Aurélia AURITA, Comme un chef, Cast­er­man, coll. « Écri­t­ures », 2018, 216 p., 18,95 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9782203146754

peeters aurita comme un chef.jpgBenoît Peeters est un intel­lectuel de mul­ti­ples tal­ents. Écrivain, cri­tique, biographe (Hergé, Paul Valéry, Jacques Der­ri­da), édi­teur, co-auteur des célèbres Cités Obscures avec François Schuiten, il est aus­si, ce que l’on savait peut-être moins, un authen­tique gas­tronome – tant en dégus­ta­tion qu’en pré­pa­ra­tion. Peut-être inspiré par Le gourmet soli­taire de Jirō Taniguchi dont il est friand, il pub­lie chez Cast­er­man, dans la col­lec­tion culte « Écri­t­ures », Comme un chef, une auto­bi­ogra­phie culi­naire sous forme de roman graphique avec, aux dessins, Aurélia Auri­ta, bien con­nue pour Fraise et choco­lat, bande dess­inée aut­ofic­tive et éro­tique. Con­tin­uer la lec­ture

Le fil entre la sincérité et l’humour

SALVA, Smok­ing out, Mon­sieur Pop Corn, 2018, 160 p., 14.50 €, ISBN : 979–1090962354

Sal­va (Sal­vasalva smoking outtore Di Ben­nar­do) est un artiste pro­téi­forme. Auteur de BD, on le retrou­ve sur youtube, où il ani­me une émis­sion de ciné­ma, C’est dans la boîte, et où il forme la moitié d’un duo musi­cal déli­rant, Hich et Sal­va. Allez jeter un coup d’œil, ça vaut son clic et ça met de bonne humeur pour le restant de la journée. Con­tin­uer la lec­ture

En Seele avec Kamagurka

KAMAGURKA et Herr SEELE, Cow­boy Henk et le gang des offreurs de chevaux, traduit du fla­mand par Willem, FRMK, 2018, 44 p., 18 €, ISBN : 9782390220107

kamagurka cowboy henk et le gang des offreurs de chevauxEn 2014, la série de ban­des dess­inées Cow­boy Henk rece­vait le Prix du Pat­ri­moine au pres­tigieux fes­ti­val d’Angoulême. Était-ce ren­dre trop d’honneur à Kam­agur­ka, dont l’encyclopédie Wikipedia va jusqu’à affirmer que son trait est « extrême­ment sim­pliste, parais­sant presque bâclé » ? Quoi que l’on pense de son anti-œuvre, et sans s’aventurer à glos­er trop avant le non­sense per­ma­nent qui la car­ac­térise, il faut cepen­dant admet­tre que le dessi­na­teur fla­mand, passé par Hara-Kiri et Char­lie Heb­do, est bel et bien l’héritier d’une tra­di­tion bédéis­tique dont il se joue et détourne les codes à l’envi. Con­tin­uer la lec­ture

Le nouveau répertoire des bédéistes de Wallonie et de Bruxelles

repertoire des auteurs BDEn parte­nar­i­at avec WBI, le Ser­vice général des Let­tres et du Livre de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles pub­lie 77 auteurs de bande dess­inée en Wal­lonie et à Brux­elles, un réper­toire de scé­nar­istes, de dessi­na­teurs et d’édi­teurs de bande dess­inée. L’ou­vrage, riche­ment illus­tré et pour par­tie traduit en anglais, se veut d’abord un guide des auteurs ayant béné­fi­cié d’un sou­tien pub­lic.

 

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Nerval vu par Vandermeulen et Casanave

David VANDERMEULEN, Daniel CASANAVE, Ner­val l’inconsolé, Cast­er­man, 2017, 160 p., 22,50 €, ISBN : 9782203153523

casanave vandermeulen nerval l inconsoleAprès Shel­ley, la vie amoureuse de l’auteur de Franken­stein et Chamis­so, l’homme qui a per­du son ombre, le duo tal­entueux for­mé par le scé­nar­iste David Van­der­meulen et le dessi­na­teur Daniel Casanave nous plonge dans la vie de Gérard de Ner­val. Au fil d’un scé­nario pétri d’invention, retraçant la vie du poète des Chimères, le pos­sédé des Filles du feu, d’Aurélia ou le Rêve et la Vie, au fil d’un dessin alliant humour et paysages oniriques, on décou­vre un Ner­val en proie à des visions, aspiré par la quête de l’Orient. Suiv­ant la chronolo­gie de son exis­tence qui sera très vite rav­agée par la mélan­col­ie et le démon de l’alcool, David Van­der­meulen et Daniel Casanave font en quelque sorte du fameux son­net El Des­dicha­do (« Je suis le Ténébreux, — le Veuf, — l’In­con­solé / Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie »…) un auto-por­trait, un miroir de Ner­val. Toute biogra­phie est biogra­phie-radi­ogra­phie d’une époque : ne pou­vant sauter par-dessus son ombre, par-dessus son siè­cle, tout créa­teur est le fils de son temps, même s’il s’efforce de s’y arracher. C’est ain­si qu’aux côtés du jeune Gérard Labrunie qui con­naî­tra une cer­taine notoriété pré­coce lorsqu’à dix-neuf ans il traduisit le Faust de Goethe, les auteurs camp­ent les fig­ures du roman­tisme, ses amis, Théophile Gau­ti­er, Auguste Maquet, Pétrus Borel, Alexan­dre Dumas. La vie bohème, la bataille d’Her­nani, les soulève­ments poli­tiques, la révo­lu­tion de 1848 ne sont pas un décor extérieur à l’émergence de nou­velles formes de créa­tion mais leur creuset. Pour Ner­val, la lit­téra­ture est sœur du rêve, d’un désir de fuite, la con­fi­dente ou l’exorciste des désil­lu­sions amoureuses, des expéri­ences de dédou­ble­ment, des assauts de la folie, fût-elle lucide.  Con­tin­uer la lec­ture

Beau comme un coup de poing dans le ventre

Aniss EL HAMOURI, Comme un fris­son, Vide Cocagne, 2017, 163 p., 20 euros, ISBN-13: 979–1090425798

el hamouriUn sen­ti­ment de vide a envahi Rena­ta. Inex­plic­a­ble et dif­fus, il la paral­yse (elle tente, vaine­ment, d’envoyer un man­u­scrit qu’elle a rédigé à des édi­teurs) et la fait se com­plaire dans les ves­tiges d’une rela­tion amoureuse passée. Rena­ta est dés­espéré­ment seule avec elle-même.

Et puis soudain, quelque chose d’inattendu… À l’approche du dan­ger, une vibra­tion sourde résonne dans sa boîte crâni­enne. Elle a l’impression de pou­voir percevoir la men­ace avant même qu’elle n’arrive. C’est cette sen­sa­tion, et sa ren­con­tre avec Cor­beau et Bel­u­ga, deux mar­gin­aux mag­nifiques, qui va pouss­er Rena­ta à tester ses pro­pres lim­ites. Ensem­ble, le trio va s’autoriser les pires excès et s’enfoncer lente­ment, mais sure­ment dans une quête de sens autode­struc­trice. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on s’initie avec joie à la stripoésie

Un coup de cœur du Carnet

Ken­ny OZIER-LAFONTAINE et Vin­cent LEFÈBVRE, Bulles (stripoé­tiques), Maesltröm, 2017, 86 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87505–284‑1

ozier lafontaineOn peut tou­jours bougonner. Déplor­er, par exem­ple, que, de nos jours, la poésie soit, plus que jamais, le par­ent pau­vre de la lit­téra­ture. Soit, plus que jamais, vic­time des clichés ayant cours dans les médias et dans l’e­sprit de ses lecteurs poten­tiels, etc.

Oui mais. Con­tin­uer la lec­ture

Décès de Jidéhem

jidehemLe bédéiste belge Jean De Mes­maek­er, con­nu sous le nom de Jidéhem, est décédé le 30 avril à l’âge de 81 ans.

Auteur des Chroniques de Starter, Gin­ger ou encore Sophie, il a aus­si été l’assistant d’André Fran­quin entre 1957 et 1969, col­lab­o­rant notam­ment à Spirou et Fan­ta­sio et Gas­ton Lagaffe. C’est même son patronyme, de Mes­maek­er, qui sera don­né à l’un des per­son­nages les plus célèbres de la série.  Con­tin­uer la lec­ture

Angoulême : le Fauve d’or pour E. Lambé et Ph. de Pierpont

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Le fest­val inter­na­tion­al de la bande dess­inée d’An­goulême a livré ses lau­réats 2017 dans pas moins de 9 caté­gories. Les Belges Éric Lam­bé et Philippe de Pier­pont tri­om­phent dans la caté­gorie- reine, tan­dis que Thier­ry Smol­deren, asso­cié au Français Alexan­dre Clérisse, reçoit un nou­veau prix quelques jours après le Prix BD Fnac.
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Désenchantement du couple

Aurélie William LEVAUX, Sisyphe Les joies du cou­ple, Genève, Atra­bile, 2016, 148 p., 26,50 €

levauxAurélie William Lev­aux tra­vaille à la croisée des gen­res, quelque part entre la bande dess­inée, la lit­téra­ture et l’art con­tem­po­rain. Cette Lié­geoise, con­nue pour son tra­vail de broderie et pein­ture sur tis­su, nous livre Sisyphe Les joies du cou­ple, un album hybride et atyp­ique. Alors que ses précé­dentes pub­li­ca­tions étaient prin­ci­pale­ment axées sur son tra­vail plas­tique, ce roman graphique fait entr­er en réso­nance le verbe et le dessin. Son univers pic­tur­al, assez recon­naiss­able, fait penser à des gravures anci­ennes qu’elle aurait détournées pour se les appro­prier et leur don­ner un sens nou­veau, plus per­cu­tant. Con­tin­uer la lec­ture

Alice au pays quantique

Un coup de coeur du Carnet

Thibault DAMOUR, Math­ieu BURNIAT, Le mys­tère du monde quan­tique, Dar­gaud, 2016, 162 p., 19.99 €

mystere-du-monde-quantiqueThibault Damour est un physi­cien de renom. Math­ieu Bur­ni­at est un auteur de ban­des dess­inées élé­gantes et décalées. Ensem­ble, ils ont relevé un défi de taille : racon­ter ce qu’est la réal­ité.

La dernière aven­ture des célèbres héros Bob et Rick s’est mal ter­minée. Ils s’apprêtaient à explor­er la lune pour en percer les secrets quand une météorite s’est abattue, brisant le casque de Rick, le chien, et le tuant sur le coup. Depuis, Bob déprime en relisant les albums de leurs exploits. Soudain, Rick, empail­lé sur la chem­inée, s’adresse à Bob : il est grand temps qu’il se remue et qu’il parte à la décou­verte de « l’ultime mys­tère » — la physique quan­tique, et ce qu’elle peut révéler sur la réal­ité. Bob tente molle­ment de résis­ter en arguant qu’après tout, il n’est pas sérieux de par­ler à un chien mort. Rick lui répond que « dans le monde quan­tique, la notion de vie et de mort n’a que peu d’importance ». Con­tin­uer la lec­ture

Le 9e Art, après la guerre

Frans LAMBEAU, Dic­tio­n­naire illus­tré de la bande dess­inée belge de la libéra­tion aux fifties (1945–1950), Liège, Les Édi­tions de la Province de Liège, 2016, 328 p.

Dictionnaire illustré de la Bande dessinée belge de la libération aux fifties (1945-1950)Essay­iste spé­cial­isé en bande dess­inée, Frans Lam­beau, à qui l’on doit déjà un ouvrage sur la bande dess­inée belge sous l’Occupation (Dic­tio­n­naire illus­tré de la bande dess­inée belge sous l’Occupation, André Ver­sailles, 2013), s’est penché sur l’évolution du genre au sor­tir de la sec­onde guerre mon­di­ale. Dans ce dic­tio­n­naire qui se veut exhaus­tif, l’expert fait part de ses recherch­es appro­fondies con­sacrées à cette péri­ode bien par­ti­c­ulière, car­ac­térisée par un essor impor­tant de la presse écrite. Alors que la Bel­gique a décou­vert le 9e Art durant l’entre-deux-guerres à la faveur de la dif­fu­sion de comics améri­cains, la source se tar­it dès 1941 et l’édition fait appel aux illus­tra­teurs locaux pour rem­plir les pages des heb­do­madaires de diver­tisse­ment. À la Libéra­tion, l’offre se développe abon­dam­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Décès de René Hausman

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Le grand illus­tra­teur et bédéiste vervié­tois René Haus­man est décédé. Il était âgé de 80 ans. Con­tin­uer la lec­ture

Audubon, si beaux ses oiseaux

Un coup de coeur du Car­net

Fabi­en GROLLEAU et Jérémie ROYER, Sur les ailes du monde, AUDUBON, Dar­gaud, 2016, 184 p., 21 €

La pre­mière planche installe à la fois la beauté des paysages et la superbe maîtrise du dessi­na­teur, ain­si que la pas­sion d’Audubon, lui qui admire le vol des oies bernach­es là où son bate­lier craint  l’orage qui men­ace.  Sous le déluge, il lui importe plus de sauver  ses planch­es de dessin que son équipage et on devine vite que rien ni per­son­ne ne doit se met­tre en tra­vers de son chemin.  Con­tin­uer la lec­ture

Hergé : les raisons d’un malentendu et d’un succès

Renaud NATTIEZ, Le Mys­tère Tintin. Les raisons d’un suc­cès uni­versel, Brux­elles, Les Impres­sions nou­velles, 370 p., 22 €/ePub : 13.99 €

Qu’elle est ingrate, l’admiration que l’on voue à Hergé, et plus par­ti­c­ulière­ment à son per­son­nage prin­ci­pal. Voici un énième ouvrage por­tant sur ce que l’on est en droit d’appeler un mon­u­ment du pat­ri­moine immatériel belge, et dont l’auteur, pour « des raisons indépen­dantes de sa volon­té », a dû se résoudre de traiter sans aucun appui graphique autre que les cou­ver­tures des albums ! Dès lors, l’essai, si péné­trant soit-il, ne s’adresse qu’à un pub­lic de fana­tiques, ayant qua­si mémorisé l’ensemble des cas­es et des ban­des (respec­tive­ment désignées par des chiffres arabes et romains) des vingt-qua­tre titres, ou alors de courageux, qui pren­dront la peine de se reporter sys­té­ma­tique­ment à leur pré­cieuse col­lec­tion pour véri­fi­er la per­ti­nence du pro­pos. Con­tin­uer la lec­ture