Archives par étiquette : bande dessinée

Petites histoires glaçantes

CLARKE, Ren­con­tres obliques, Lom­bard, 2018, 160 p., 16,45 €, ISBN : 9782803672363

Après Réal­ités obliques et Mon­des obliques, l’auteur de bande dess­inée Clarke livre un troisième tome de ses réc­its aus­si brefs que lugubres. L’auteur de la série Mélu­sine (dont le dernier album vient de sor­tir) délaisse sa petite sor­cière et s’adresse ici à un pub­lic adulte, pour lequel il a aus­si réal­isé d’autres albums remar­qués, comme le thriller d’anticipation Les Danois ou le dip­tyque Dilem­na. Con­tin­uer la lec­ture

Avant le Verbe

Un coup de cœur du Car­net

Math­ieu BURNIAT et Loup MICHIELS, Trap, Dar­gaud, 2019, 180 p., 13 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2‑205–07927‑2

Tout le monde se sou­vient du Mys­tère du monde quan­tique, cet album élé­gant, drôle et dense, qui nous fai­sait pénétr­er dans ce que les sci­ences ont de plus com­plexe, et dont le des­sein péd­a­gogique ne pou­vait faire l’économie de phy­lac­tères expli­cat­ifs. Bien­v­enue dans Trap, le nou­v­el album de Math­ieu Bur­ni­at (ici avec Loup Michiels) et dans son monde d’avant les expli­ca­tions, d’avant les phy­lac­tères, d’avant le Verbe. Con­tin­uer la lec­ture

Olivier Deprez sur les traces du château de Kafka

Un coup de cœur du Car­net

Olivi­er DEPREZ, Le Château d’après Kaf­ka, FRMK, coll. « Amphigouri », 2018, 224 p., 35 €, ISBN : 9782390220138

Den­sité des noirs qui empor­tent des formes trou­blées, avalanche de stri­ures blanch­es, per­son­nages tail­lés dans l’étoffe de fan­tômes, de revenants… l’univers hyp­no­tique qu’Olivier Deprez met en scène dans sa libre adap­ta­tion du Château de Kaf­ka con­stru­it un album graphique éblouis­sant.  Unanime­ment acclamé lors de sa paru­tion aux édi­tions FRMK en 2003, le livre est réédité dans une mag­nifique édi­tion (tou­jours chez FRMK) met­tant en valeur la puis­sance expres­sion­niste des gravures sur bois. Excé­dant le reg­istre de la bande dess­inée, Le Château de Kaf­ka coulé dans l’imaginaire d’Olivier Deprez retrace, sous la forme d’un opus gravé, une his­toire d’errance dans un labyrinthe à la fois extérieur et men­tal. Dans ce roman inachevé, Kaf­ka décrit l’arrivée de K. dans un vil­lage, le malen­ten­du qui s’installe entre lui, l’égaré, l’étranger qui pré­tend être appelé comme géomètre, et les autorités invis­i­bles du Château. Dès les pre­mières planch­es, la soli­tude de K., son désir d’être inté­gré dans le vil­lage, de recevoir une légiti­ma­tion offi­cielle se voient traduites dans un lan­gage graphique tout en ombres et lumières, entre vac­ille­ment des repères et angoisse exis­ten­tielle. Con­tin­uer la lec­ture

Prix le goût des sciences pour HMS Beagle, aux origines de Darwin

L’al­bum HMS Bea­gle, aux orig­ines de Dar­win de Fabi­en Grol­leau et Jérémie Roy­er (Dar­gaud) a reçu le prix Le goût des sci­ences, caté­gorie livre sci­en­tifique jeunesse.  Con­tin­uer la lec­ture

Le roman-photo : traversée du genre

Jan BAETENS (Textes), Clé­men­tine MÉLOIS (dessins et couleurs), Le roman-pho­to, Le Lom­bard, coll. « La petite bédéthèque des savoirs », 2018, 88 p., 10 € / ePub : 4.99 €, ISBN : 978–2‑8036–3735‑5

Pub­lié dans la dynamique col­lec­tion « La petite bédéthèque des savoirs » créée par David Van­der­meulen, Le roman-pho­to de Jan Baetens (textes) et Car­o­line Mélois (dessins et couleurs) explore ce genre hybride, longtemps décrié, auquel Jan Baetens, poète, pro­fesseur en sémi­o­tique et en études cul­turelles à l’Université catholique de Lou­vain, a don­né ses let­tres de noblesse. Pio­nnier des études sur ce genre nar­ratif longtemps méprisé, assim­ilé à la presse de cœur bas de gamme, Jan Baetens nous fait voy­ager dans la genèse, les orig­ines du genre. Faisant ain­si un sort aux idées reçues, aux a pri­ori négat­ifs (proche de la bande dess­inée, le roman-pho­to agencerait des pho­tos stéréo­typées à des textes basiques placés sous le signe d’une his­toire à l’eau de rose), il retrace son appari­tion en Ital­ie après la Deux­ième Guerre mon­di­ale avant qu’il n’émerge en France (avec le mag­a­zine Nous deux). Loin de se résumer à une par­alit­téra­ture pour ménagères en mal de d’histoires d’amour, il offre une diver­sité qui fut longtemps mécon­nue. Étroite­ment asso­cié au ciné­ma, le roman-pho­to baigne dans des orig­ines nim­bées de flou. Cer­tains voient dans Cesare Zavat­ti­ni (le scé­nar­iste, entre autres, du Voleur de bicy­clette) l’inspirateur de ce genre poly­mor­phe. Afin de le cir­con­scrire, il importe de le définir en le dif­féren­ciant de deux gen­res appar­en­tés, le ciné-roman et le roman dess­iné.  


Lire aus­si : La petite bédéthèque des savoirs, un tra­vail d’ex­pert (C.I. n° 198)


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Quarante-huit fois 48cc

Ilan MANOUACH, Abrégé de la bande dess­inée fran­co-belge, 5e Couche, 2019, 48 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39008–018‑3

Curieux ouvrage que cet Abrégé de la bande dess­inée fran­co-belge livré par la mai­son d’édition indépen­dante La 5e Couche. Cet album con­ceptuel est l’œuvre de l’artiste Ilan Manouach, un plas­ti­cien et musi­cien né en 1980 à Athènes et qui a étudié à l’Institut Saint-Luc à Brux­elles. Son tra­vail autour de la bande dess­inée l’a amené à détourn­er dif­férents albums : notam­ment le Maus d’Art Spiegel­man, devenu Katz (imprimé en 2011 à petit tirage, il représente tous les per­son­nages avec des têtes de chat) ; ou Les Schtroumpfs Noirs dans Noirs (qui con­siste en une réim­pres­sion de l’album en util­isant unique­ment de l’encre cyan). En 2015 sort Tintin Akei Kon­go, une tra­duc­tion pirate en Lin­gala de l’album Tintin au Con­go. Son œuvre tac­tile Shaperead­er, com­posée de plusieurs pan­neaux en bois, se présente comme un réper­toire de formes revis­i­tant la bande dess­inée et des­tiné aux lecteurs malvoy­ants. Enfin, en 2018, Manouach pub­lie Blan­co, un album entière­ment vierge qui inter­roge entre autres sur la stan­dard­i­s­a­tion et la com­mer­cial­i­sa­tion (le terme blan­co désig­nant, dans le jar­gon de l’imprimerie, un exem­plaire non imprimé d’un livre, per­me­t­tant d’évaluer l’objet en tant que tel). Con­tin­uer la lec­ture

Julien Lambert primé à Angoulême

Julien Lam­bert © Le Lom­bard

Le fes­ti­val de bande dess­inée d’An­goulême, dont le jury est présidé cette année par Dominique Gob­let, a dévoilé son pal­marès same­di 26 jan­vi­er. Où l’on retrou­ve Julien Lam­bert pour son album Villev­er­mine.

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Darwin : un voyage initiatique

Fabi­en GROLLEAU et Jérémie ROYER, HMS Bea­gle, aux orig­ines de Dar­win, Dar­gaud, 2018, 176 p., 21 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2205077063

Fabi­en Grol­leau et Jérémie Roy­er, qui nous avaient déjà régalés avec leur roman graphique sur le nat­u­ral­iste  du XVIIIe siè­cle Jean-Jacques Audubon (cité juste comme un petit clin d’œil  à la p. 144), ont remis le cou­vert et nous offrent un nou­v­el opus, con­sacré cette fois à un autre grand nat­u­ral­iste : Charles Dar­win. Con­tin­uer la lec­ture

Cap sur les cités obscures

François SCHUITEN, Benoît PEETERS, Les Cités obscures, Livre 3, Cast­er­man, 2018, 408 p., 47 €, ISBN : 978–2‑203–15375‑2

Pub­liée en qua­tre tomes par les édi­tions Cast­er­man, l’intégrale des Cités obscures four­nit, aux côtés des œuvres cultes du dessi­na­teur François Schuiten et du scé­nar­iste Benoît Peeters, de pré­cieux inédits ain­si que des frag­ments du Guide des Cités. Le livre 3 rassem­ble L’enfant penchée, Mary La Penchée, L’affaire Des­om­bres, L’écho des cités et L’ombre d’un homme. Depuis les années 1980, François Schuiten et Benoît Peeters fraient une œuvre sidérante qui excède les lim­ites de la bande dessinée.S’aventurer dans un univers par­al­lèle con­sti­tué de cités soumis­es à des lois physiques, à des événe­ments, des phénomènes étrangers à notre monde implique des’ouvrir à un voy­age tout à la fois méta­physique, galac­tique, mental,initiatique. Dans ce monde imper­cep­ti­ble depuis le nôtre, chaque cité se sin­gu­larise par un ensem­ble de paramètres qui la déter­mine : sig­na­ture archi­tec­turale, régime poli­tique, socio-économique, sys­tème symbolique,géographie, faune (raré­fiée) et flo­re, pro­duc­tion cul­turelle…

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Le roi est mort, vive Coché !

Un coup de cœur du Carnet

Frédéric COCHÉ, L’homme-armée, FRMK, 2018, 56p., 20 €, ISBN : 9782390220091

Il est des œuvres qui nous désarçon­nent, décil­lent nos yeux blasés, plantent en nous la graine d’un doute fécond. L’homme-armée, pre­mier livre de Frédéric Coché à altern­er sa tech­nique minu­tieuse de gravure en eaux-fortes et sa pat­te de pein­tre féru de zones d’ombres (une alter­nance réussie, qui donne toute sa force énig­ma­tique à l’ensemble, et per­met de jouer sur quan­tité d’échelles) est défini­tive­ment de ces pier­res philosophales-là. Il faut s’y repren­dre à plusieurs repris­es pour s’assurer d’en embrass­er tous les détails. D’ailleurs, peut-on être cer­tains que ce qui se déroule devant nos yeux ne nous a pas égarés, fait bifur­quer sur un chemin de tra­verse ? Se peut-il que la carte du Ten­dre qui s’étend de la deux­ième cou­ver­ture à la page de garde puisse devenir une de nos bous­soles, pour pass­er sans encom­bre du chemin des Dames au Rem­part de den­telle et de soie ? Con­tin­uer la lec­ture

Le feu de Barbusse revu par Patrick Pécherot et Joe Pinelli

Patrick PÉCHEROT et Joe PINELLI, Das Feuer, Cast­er­man, 2018, 200 p., 22 € / ePub : 15.99 €, ISBN : 9782203168657

Réc­it qui val­ut à son auteur le prix Goncourt lors de sa paru­tion en pleine guerre, en 1916, Le feu d’Henri Bar­busse, sous-titré Jour­nal d’une escouade, relate la boucherie de la Pre­mière Guerre mon­di­ale. Bien que farouche par­ti­san du paci­fisme, Hen­ri Bar­busse s’engage comme volon­taire en 1914. C’est de l’expérience des tranchées, de sa vie de sol­dat en pre­mière ligne qu’il tire un des romans les plus sai­sis­sants sur le bas­cule­ment des nations dans le pre­mier con­flit mon­di­al. À l’occasion de la com­mé­mora­tion des cent ans de la fin de la guerre 1914–1918, l’auteur et scé­nar­iste Patrick Pécherot et l’illustrateur, le scé­nar­iste de BD, Joe Pinel­li pub­lient une adap­ta­tion graphique du Feu de Bar­busse. Le titre, Das Feuer, témoigne de leur choix : trans­pos­er la nar­ra­tion du côté alle­mand, évo­quer l’enfer vécu par des sol­dats alle­mands, Kurt, Müller, Kropp… Une poignée de sol­dats, pris entre les feux de l’armée française, cherche à tâtons la tranchée qui va les sauver. Con­tin­uer la lec­ture

« Auprès de son arbre… »

Émi­lie SAITAS, L’arbre de mon père. Mémoire d’une famille grecque en Égypte (1948–1955), t. 1, Cam­bourakis, 2018, 93 p., 20€, ISBN : 978–2366243253

Brux­elles, 2013, une pièce peu­plée de livres, de plantes et de pho­togra­phies. Un homme aux cheveux gris souris, de petites lunettes juchées sur son nez, pointe du doigt un garçon­net au cen­tre d’un cliché en noir et blanc : « Alors, là, c’est moi dans les bras de ma mère. Elle m’appelait Kosta­ki. Ça veut dire petit Kos­ta en grec. » Avec son autre index, sur une carte cette fois : « Et tu vois ce petit point-là ? C’est Man­sourah, ma ville. » C’est ain­si que débute l’exploration de l’histoire famil­iale des Saitas, sous les crayons d’Émilie et à tra­vers les mots de son père, un Grec ayant gran­di dans l’Égypte nasséri­enne. Con­tin­uer la lec­ture

Petites sorcelleries urbaines

Tiffanie VANDE GHINSTE, Dryades, La Boîte à Bulles, 2018, 88 p., 16 €, ISBN : 9782849533079

Yasha tra­vaille dans une librairie brux­el­loise. Entre son patron qui se mêle un peu trop de ses affaires et son coloc qui n’est jamais là, elle déprime.

Sem­blant tout droit sor­tie d’un con­te de fées, Rubi­ca débar­que à Brux­elles avec son sac-à-dos, fuyant l’ogre qui l’enfermait dans une rela­tion étouf­fante. Con­tin­uer la lec­ture

Road-movie maraicher

Éti­enne BECK & Jon­von NIAS, Le GRRAAOU, Frémok, 2018, 168 p., 23 €, ISBN : 9782390220053

C’est un petit ovni de la bande dess­inée que nous livrent Jon­von Nias et Eti­enne Beck. Rien d’étonnant puisque l’album est pub­lié au Frémok, une plate-forme édi­to­ri­ale qui a l’habitude de pro­pos­er des œuvres hors normes, dont l’audace graphique ou nar­ra­tive ambi­tionne de renou­vel­er le genre et d’en bous­culer les codes, ce qui est le cas ici. Con­tin­uer la lec­ture

Un prix pour Max de Radiguès

Max de Radiguès

Max de Radiguès

Le Belge Max de Radiguès a reçu le prix SNCF du polar dans la caté­gorie bande dess­inée pour son album Bâtard, paru en 2017 chez Cast­er­man. Le livre avait précédem­ment reçu le prix des Lycéens au fes­ti­val d’An­goulème.


Lire aus­si : Par­cours de Max de Radiguès — au ser­vice du réc­it (C.I. n° 199)


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Décès de William Vance

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William Vance

Le dessi­na­teur de bande dess­inée William Van Cut­sem, alias Vance, est décédé le 14 mai 2018. Né à Ander­lecht le 8 sep­tem­bre 1935, il a com­mencé sa car­rière de bédéiste au jour­nal Tintin, après des études à l’A­cadémie royale des Beaux-Arts de Brux­elles et un pas­sage par la pub­lic­ité. Con­tin­uer la lec­ture