Catherine LOCANDRO, Cassius, Albin Michel, 2019, 242 p., 15 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 9782226437570
La collection « Litt’ » chez Albin Michel Jeunesse est assez intéressante dans la mesure où elle propose des biographies romancées d’hommes et de femmes qui ont marqué l’histoire. Par exemple, on peut y découvrir le destin particulier de Simone Veil, Marie Curie ou Katherine Johnson.
Dans Cassius, Catherine Locandro nous propose de plonger dans l’enfance et l’adolescence de Cassius Clay, surnommé plus tard Mohamed Ali. Cassius a grandi à Louisville (Ohio) dans les années 1950 avec ses parents et son frère cadet, Rudy. La vie n’était pas toujours un long fleuve tranquille avec un père colérique souvent ivre, parfois violent, mais l’amour bienveillant de « Mama bird » a permis de maintenir la cellule familiale soudée et de faire grandir deux garçons solides. Continuer la lecture

Qui, après avoir lu le livre de Fernand Lisse sur le Père Léon Leloir, pourra encore soutenir que les ecclésiastiques sont des hommes sans biographie ? Bien sûr, les vœux qu’ils prononcent les engagent sur la voie d’un total sacrifice de soi, dans la mesure où, épousant le Christ, ils se donnent, corps, biens et âme, à Dieu et à l’Église. Mais, pour eux, le renoncement et l’abnégation ne représentent pas la « perte de soi » ; ils permettent au contraire la construction d’une destinée spirituelle qui demeure inscrite dans une temporalité séculière, donc inscrite dans ce temps des hommes qu’on appelle l’Histoire. En cela, leur existence individuelle n’est pas moins intéressante à retracer que celle d’un écrivain, d’un militaire, d’un ingénieur, d’un artisan ou de n’importe quel inconnu qui ne mérite jamais de le rester.
En exergue de Maggie, Patrick Weber indique : « une biographie est toujours un roman ». À la fois historien, romancier et scénariste de bandes dessinées, l’auteur des Noces assassines est familier de ce paradoxe résumé dans une formule fulgurante par Aragon : le « mentir-vrai ». Le poète évoquait par cet oxymore que la vérité toujours complexe, s’exprime davantage dans l’invention romanesque que dans le compte-rendu objectif – impossible – des faits. 
Auteur de plusieurs ouvrages traitant des Templiers, de
Qui, mieux que Jean-Baptiste Baronian, pouvait écrire Le Paris de Simenon ? Président de l’association internationale « Les Amis de Georges Simenon », il sait aussi ce qu’écrire veut dire, comme auteur de plusieurs ouvrages et articles sur ce monstre sacré, comme biographe intéressé par Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, mais aussi comme romancier dont l’œuvre n’est pas sans rappeler par certains aspects celle de Simenon, notamment à travers le souci de construire une intrigue narrative soutenue.
En 1992, dans son discours de réception à l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique, où il allait occuper le fauteuil de Georges Simenon, Simon Leys rappelait que « Samuel Johnson estimait que l’on ne peut entreprendre de raconter la vie d’un homme si l’on n’a pas mangé et bu en sa compagnie. ». La biographie que lui consacre Philippe Paquet en est une belle preuve. La convivialité – et la complicité de Hanfang, l’épouse de l’écrivain – lui a permis d’entamer ses recherches sans en avoir l’air, sans prévenir l’intéressé.
Paul Hymans voit le jour en 1865, année de l’accession de Léopold II au trône, et s’éteint en 1941, alors que la Belgique est depuis un an sous le joug nazi. C’est dire si une telle existence embrasse un pan entier de l’histoire de notre pays, et en partage pendant plusieurs décennies les joies, les deuils, les avancées, les tourments, les espoirs.
Invité à écrire une Vie de saint pour une collection qui fera long feu, faute de moyens, Daniel Charneux, qui avait répondu positivement à cette sollicitation, a continué le travail de recherche qu’il avait déjà amorcé et pour lequel il s’était pris d‘un grand intérêt. Il se cherchera dès lors un autre éditeur. Ce sera, selon son mot, la « biofiction » du saint de son choix, Thomas More, ami d’Erasme, grand chancelier d’Angleterre sous Henri VIII, décapité sur l’ordre de son roi pour avoir refusé de reconnaître son autorité religieuse anti-papale, et ensuite canonisé au sein de l’église catholique. Pourquoi avoir choisi ce personnage, inattendu à côté des vies de saints qu’il a pu déchiffrer lors de ses études de philologie romane, quand prévalaient encore les lettres médiévales ? Daniel Charneux s’en explique en toute simplicité : c’est une série de petits incidents survenus dans son enfance qui le lient à cette figure étonnante, fût-ce, par exemple, la rencontre de son nom, de deux de ses portraits et de sa notice dans son premier dictionnaire Larousse. Le tout lié au souvenir de son père, de l’école, et de ce moment de la découverte du monde. 
