Archives par étiquette : Biographie

La rage au corps

Cather­ine LOCANDRO, Cas­sius, Albin Michel, 2019, 242 p., 15 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 9782226437570

La col­lec­tion « Litt’ » chez Albin Michel Jeunesse est assez intéres­sante dans la mesure où elle pro­pose des biogra­phies romancées d’hommes et de femmes qui ont mar­qué l’histoire. Par exem­ple, on peut y décou­vrir le des­tin par­ti­c­uli­er de Simone Veil, Marie Curie ou Kather­ine John­son.

Dans Cas­sius, Cather­ine Locan­dro nous pro­pose de plonger dans l’enfance et l’adolescence de Cas­sius Clay, surnom­mé plus tard Mohamed Ali. Cas­sius a gran­di à Louisville (Ohio) dans les années 1950 avec ses par­ents et son frère cadet, Rudy. La vie n’était pas tou­jours un long fleuve tran­quille avec un père colérique sou­vent ivre, par­fois vio­lent, mais l’amour bien­veil­lant de « Mama bird » a per­mis de main­tenir la cel­lule famil­iale soudée et de faire grandir deux garçons solides. Con­tin­uer la lec­ture

En compagnie de Marguerite Yourcenar

Achmy HALLEY, Mar­guerite Yource­nar, Por­trait intime, Pré­face Amélie Nothomb, Flam­mar­i­on, 2018, 208 p., 29,9 € / ePub : 20,99 €, ISBN : 9782081423626

Mar­guerite Yource­nar fait par­tie de ces écrivain.e.s dont le com­pagnon­nage est un enrichisse­ment per­ma­nent pour le lecteur. À ses côtés, on aime partager une forme de prox­im­ité et appro­fondir la sci­ence de l’humanité. Décou­vrir une vie dif­férente, faite à la fois de retraite, d’écriture, de (re-)lecture, de cul­ture, une vie imprégnée d’un monde qu’elle a beau­coup par­cou­ru. Une vie d’invention de soi. Pour mieux la con­naître, elle qui dis­ait ne pas aimer par­ler d’elle et ne le faire que dans ses livres, « et encore en prenant ces dis­tances que sont les per­son­nages du roman ou le lan­gage imper­son­nel de l’essai »[1], il y a bien sûr l’abondante cor­re­spon­dance for­mant un qua­si jour­nal, des biogra­phies dont les plus fameuses sont celles de Josyane Sav­i­gneau et de Michèle Goslar. On peut main­tenant ajouter le por­trait signé par Achmy Hal­ley, qui met sa con­nais­sance éru­dite de la vie, des archives et de l’œuvre de Mar­guerite Yource­nar au ser­vice d’un livre riche­ment illus­tré de pho­togra­phies.

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« Une éclatante victoire sur ma lâcheté »

Fer­nand LISSE, Léon Leloir. Un Père Blanc au des­tin con­trar­ié par l’ombre de Degrelle, De Schorre, 2018, 285 p., 22 €, ISBN : 978–2‑930876–13‑9

Qui, après avoir lu le livre de Fer­nand Lisse sur le Père Léon Leloir, pour­ra encore soutenir que les ecclési­as­tiques sont des hommes sans biogra­phie ? Bien sûr, les vœux qu’ils pronon­cent les enga­gent sur la voie d’un total sac­ri­fice de soi, dans la mesure où, épou­sant le Christ, ils se don­nent, corps, biens et âme, à Dieu et à l’Église. Mais, pour eux, le renon­ce­ment et l’abnégation ne représen­tent pas la « perte de soi » ; ils per­me­t­tent au con­traire la con­struc­tion d’une des­tinée spir­ituelle qui demeure inscrite dans une tem­po­ral­ité séculière, donc inscrite dans ce temps des hommes qu’on appelle l’Histoire. En cela, leur exis­tence indi­vidu­elle n’est pas moins intéres­sante à retrac­er que celle d’un écrivain, d’un mil­i­taire, d’un ingénieur, d’un arti­san ou de n’importe quel incon­nu qui ne mérite jamais de le rester. Con­tin­uer la lec­ture

Une biographie est toujours un roman

Patrick WEBER, Mag­gie, une vie pour en finir, Plon, 2018, 396 p., 13.90€ / ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑25925–155‑6

En exer­gue de Mag­gie, Patrick Weber indique : « une biogra­phie est tou­jours un roman ». À la fois his­to­rien, romanci­er et scé­nar­iste de ban­des dess­inées, l’auteur des Noces assas­sines est fam­i­li­er de ce para­doxe résumé dans une for­mule ful­gu­rante par Aragon : le « men­tir-vrai ». Le poète évo­quait par cet oxy­more que la vérité tou­jours com­plexe, s’exprime davan­tage dans l’invention romanesque que dans le compte-ren­du objec­tif – impos­si­ble – des faits. Con­tin­uer la lec­ture

Le prix littéraire du Cercle gaulois pour Bruno Colson

Bruno Colson

Bruno Col­son

Le prix lit­téraire du Cer­cle gaulois artis­tique et lit­téraire 2018 est attribué à Bruno Col­son pour Clause­witz (édi­tions Per­rin). Il suc­cède au pal­marès à Hervé Hasquin, primé en 2016 pour Diplo­mate et espi­on autrichien dans la France de Marie-Antoinette. Le comte de Mer­cy-Argen­teau (1727–1794),  Con­tin­uer la lec­ture

Degrelle : du chef de Rex au « fantôme espagnol »

Arnaud de la CROIX, Degrelle 1906 — 1994, avant-pro­pos d’Alain Col­lignon, post­face de Jean-Louis Vul­lierme, Racine, 2016, 224 p., 19,95 €   ISBN : 9782873869823

de-la-croix-degrelleAuteur de plusieurs ouvrages trai­tant des Tem­pli­ers, de La reli­gion d’Hitler ou encore de L’érotisme au Moyen Âge, Arnaud de la Croix nous livre aujourd’hui une biogra­phie poli­tique de Léon Degrelle, la pre­mière à sa con­nais­sance — et à la nôtre : Degrelle 1906–1994. Appuyé sur une bib­li­ogra­phie con­sid­érable, s’étant plongé (non sans esprit cri­tique) dans les nom­breux livres de Degrelle et dans les entre­tiens qu’il a prodigués, Arnaud de la Croix scrute le par­cours de ce per­son­nage sul­fureux, depuis son enfance à Bouil­lon où il naquit en 1906 jusqu’à son exil en Espagne où il meurt en 1994. Con­tin­uer la lec­ture

Paris-Simenon : tout un roman

Jean-Bap­tiste BARONIAN, Le Paris de Simenon, Paris, Ed. Alexan­drines, col­lec­tion « Le Paris des écrivains », 2016, 102 p., 8,90 €   ISBN : 978–2‑37108–904‑4

baronianQui, mieux que Jean-Bap­tiste Baron­ian, pou­vait écrire Le Paris de Simenon ? Prési­dent de l’association inter­na­tionale « Les Amis de Georges Simenon », il sait aus­si ce qu’écrire veut dire, comme auteur de plusieurs ouvrages et arti­cles sur ce mon­stre sacré, comme biographe intéressé par Baude­laire, Ver­laine, Rim­baud, mais aus­si comme romanci­er dont l’œuvre n’est pas sans rap­pel­er par cer­tains aspects celle de Simenon, notam­ment à tra­vers le souci de con­stru­ire une intrigue nar­ra­tive soutenue. Con­tin­uer la lec­ture

Les vies nouvelles de Simon Leys

Un coup de coeur du Carnet

Philippe PAQUET, Simon Leys, Nav­i­ga­teur entre les mon­des, Paris, Gal­li­mard, 2016, 672 p., 25€/ePub : 17.99€

paquetEn 1992, dans son dis­cours de récep­tion à l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture française de Bel­gique, où il allait occu­per le fau­teuil de Georges Simenon, Simon Leys rap­pelait que « Samuel John­son esti­mait que l’on ne peut entre­pren­dre de racon­ter la vie d’un homme si l’on n’a pas mangé et bu en sa com­pag­nie. ». La biogra­phie  que lui con­sacre Philippe Paquet en est une belle preuve. La con­vivi­al­ité – et la com­plic­ité de Han­fang, l’épouse de l’écrivain – lui a per­mis d’entamer ses recherch­es sans en avoir l’air, sans prévenir l’intéressé. Con­tin­uer la lec­ture

Paul l’immense

Paul‑F. SMETS, Paul Hymans. Un authen­tique homme d’état, avant-dire de Pierre Mertens, post­face de Pierre Gold­schmidt, Racine, 486 p.

Paul Hymans voit le jour en 1865, année de l’accession de Léopold II au trône, et s’éteint en 1941, alors que la Bel­gique est depuis un an sous le joug nazi. C’est dire si une telle exis­tence embrasse un pan entier de l’histoire de notre pays, et en partage pen­dant plusieurs décen­nies les joies, les deuils, les avancées, les tour­ments, les espoirs. Con­tin­uer la lec­ture

Une aventure hasardeuse

Daniel CHARNEUX, More. Essai – vari­a­tions, pré­face de Geneviève Bergé, M.E.O., 2015, 181 p. , 16 € /ePub : 9.99 €               

More Invité à écrire une Vie de saint pour une col­lec­tion qui fera long feu, faute de moyens, Daniel Charneux, qui avait répon­du pos­i­tive­ment à cette sol­lic­i­ta­tion, a con­tin­ué le tra­vail de recherche qu’il avait déjà amor­cé et pour lequel il s’était pris d‘un grand intérêt. Il se cherchera dès lors un autre édi­teur. Ce sera, selon son mot,  la « biofic­tion » du saint de son choix, Thomas More, ami d’Erasme, grand chance­li­er d’Angleterre sous Hen­ri VIII, décapité sur l’ordre de son roi pour avoir refusé de recon­naître son autorité religieuse anti-papale, et ensuite canon­isé au sein de l’église catholique.  Pourquoi avoir choisi ce per­son­nage, inat­ten­du à côté des vies de saints qu’il a pu déchiffr­er lors de ses études de philolo­gie romane, quand pré­valaient encore les  let­tres médié­vales ? Daniel Charneux s’en explique en toute sim­plic­ité : c’est une série de petits inci­dents sur­venus dans son enfance qui le lient à cette fig­ure éton­nante, fût-ce, par exem­ple, la ren­con­tre de son nom,  de deux de ses por­traits et de sa notice dans son pre­mier dic­tio­n­naire Larousse. Le tout lié au sou­venir de son père, de l’école, et de ce moment de la décou­verte du monde. Con­tin­uer la lec­ture

Une rencontre capitale

Un coup de coeur du Carnet

Stéphane LAMBERT, Avant Godot, Paris, Arléa, 2016, 176 p., 18 €

Déjà en 1936, le régime nazi évac­ue des col­lec­tions publiques  les œuvres d’art « dégénéré ». Beck­ett a trente ans lorsqu’il fait un voy­age en Alle­magne. Il y séjourne plusieurs mois et vis­ite dif­férentes villes et leurs musées. De ce périple on retien­dra surtout les impres­sions qu’il com­mu­nique dans ses let­tres ou qu’il note dans ses car­nets à pro­pos des œuvres qu’il a pu con­tem­pler : leur nom et celui des pein­tres, notam­ment. Il n’a pas encore beau­coup écrit et encore moins pub­lié. Un prélude sur l’un des per­son­nages qui lui devien­dront fam­i­liers, Mur­phy, un essai sur Proust qui en dit autant sur lui-même et ses inten­tions lit­téraires que sur son sujet, la tra­duc­tion d’écrits du philosophe fla­mand Geulincx et l’étude de son enseigne­ment. Pour le reste, il n’est pas vrai­ment en bonne san­té, fatigué par le voy­age et le mau­vais temps, acca­blé par toutes sortes de soucis et traî­nant la ten­ta­tion de garder la cham­bre et de se réfugi­er dans son lit. Con­tin­uer la lec­ture

La plus abyssale des solitudes

Françoise LALANDE, Pourquoi cette puis­sance… ,  Avin, Luce Wilquin, 2015, 120 p. , 12 €

lalandeTelle était et serait peut-être encore, selon Françoise Lalande qui entend la bris­er, celle de Ger­main Nou­veau, ce poète mal con­nu ou mécon­nu, qu’elle a choisi de re-con­naître et faire recon­naître dans son dernier « roman », Pourquoi cette puis­sance… Con­tin­uer la lec­ture