Sandra DE VIVIES, La femme du lac, Cambourakis, 2025, 144 p., 18 €, ISBN : 978-2-36624-967-5
La femme du lac est le premier roman de Sandra de Vivies, une autrice ambitieuse, n’ayant pas froid aux yeux. L’histoire en est simple : une narratrice acquiert à Berlin, pour 12 €, une boîte de négatifs photos datant des années 1960-1970. Puis tout part à la dérive, tant au niveau narratif qu’au niveau de la langue, Sandra de Vivies nous invitant à une plongée sensible et historique hors-norme. La narratrice, malgré la différence d’âge et d’époque, s’identifiant à cette femme du lac qui apparait ici et là dans les photos. La narratrice ne pouvant s’empêcher de voir dans cette femme du lac un double d’elle-même. Continuer la lecture



Avez-vous déjà plongé votre regard dans celui d’un bison ? Cette expérience doit se révéler stupéfiante dans la taïga ou une plaine hudsonienne. Au cœur de l’album Le bison non-non, sur une pleine page d’un sombre subtil (composé de bruns et de noirs, percé de quelques nuances beiges), se faire aimanter par les « deux yeux tout ronds » du bovidé provoque une émotion inattendue, entre mélancolie subite et tendresse monstrueuse. On l’aime immédiatement, ce Bison non-non, même si son nom devrait tenir à distance…
Ce qui était par contre clairement sous contrôle, c’était nous, et il allait falloir un certain temps pour que nous sortions de la torpeur et retrouvions une certaine énergie et foi en l’existence.
Marine Schneider, qu’on a pu notamment découvrir avec
Grosses pattes, longues griffes, pelage brun. Sans conteste, Kintsugi est un bel ours, grand et fort. Un brin aventureux aussi, et peut-être trop orgueilleux. Un jour, parce qu’il aime être admiré dans son audace et qu’il se délecte des chatouilles du vent entre ses orteils, il s’approche tout au bord d’une haute montagne. Mais Éole, d’humeur chagrine, souffle si fort sur son dos qu’il est précipité dans une chute qui « dure tellement longtemps qu’il a le temps de penser à mille choses. Il se dit qu’il a les poils décoiffés. Il se dit qu’il a un peu froid. Il se dit qu’il l’a un peu cherché. Il se dit qu’il recommencera. Il se dit que peut-être en bas, pour l’accueillir, il y aura des bras ».
Bruxelles, 2013, une pièce peuplée de livres, de plantes et de photographies. Un homme aux cheveux gris souris, de petites lunettes juchées sur son nez, pointe du doigt un garçonnet au centre d’un cliché en noir et blanc : « Alors, là, c’est moi dans les bras de ma mère. Elle m’appelait Kostaki. Ça veut dire petit Kosta en grec. » Avec son autre index, sur une carte cette fois : « Et tu vois ce petit point-là ? C’est Mansourah, ma ville. » C’est ainsi que débute l’exploration de l’histoire familiale des Saitas, sous les crayons d’Émilie et à travers les mots de son père, un Grec ayant grandi dans l’Égypte nassérienne.
Lui, Christophe, a publié, il y a un an seulement,