Archives par étiquette : Mélanie Godin

Dans les veines coule la sève

Charline LAMBERT, Chanvre et Lierre, Le Taillis Pré, 2016, 68 p.

Lambert-Charline-chanvreCharline Lambert a reçu, entre autres, le prix Georges Lockem de l’Académie royale pour son premier recueil intitulé Chanvre et Lierre. Comme précisé par l’Académie, ce prix « est redoutable, parce qu’il consiste en un pari », un pari sur l’avenir. Est-ce le premier d’une longue série à venir ou un simple coup d’éclat ? Seul l’avenir le dira. En attendant, cette jeune poète n’a pas froid aux yeux en proposant d’aborder avec fraicheur et une maitrise singulière l’histoire de L’Odyssée, un des poèmes fondateurs de notre civilisation européenne. Continuer la lecture

L’étrangère

Edith SOONCKINDT, La femme défaite, Éléments de langage, 2015, 123 p.

soonckindtEdith Soonckindt est une femme dynamique aux multiples passions. À la fois auteure, traductrice, éditrice et bloggeuse, son nouveau livre, La femme défaite, est un roman dialogué entre un homme et une femme, paru aux éditions Eléments de langage. Qualifié d’Olni (objet littéraire non identifié), cette jeune maison d’édition belge a été créée par Nicolas Chieusse pour mettre à l’honneur des textes souvent considérés comme plus difficiles d’accès, se destinant à un lectorat désireux de découvrir des univers non formatés, une forme de littérature laissant place à une imagination sans bornes. Continuer la lecture

« L’art ne rend pas le visible, il rend visible »*

Rose-Marie FRANÇOIS, Trèfle incarnat, Le Cormier, 52 p., 2014

Dans ce recueil, Rose-Marie François propose l’exercice d’imagination suivant : écrire 40 poèmes de 17 vers à partir de peintures de Francis Bacon et de Paul Klee. On commence par Bacon et son tableau L’homme au chien. Elle écrit : « Surtout, loin de Magritte, / ne va pas te fondre au tableau. / Tiens le mauve à distance, / à l’horizon de l’oeuvre. / Il nous suffit de fixer la faille, / le peu d’humain / par où entre et sort l’empathie ». Continuer la lecture

Je revois le fracas des vagues sur le rocher°

Claude DONNAY, Ressac, Editions M.E.O., 2016, 55 p.

Pour ceux qui connaissent Claude Donnay, ils s’accorderont à dire qu’il fait partie de ces auteurs qui écrivent partout et tout le temps. Ayant une dizaine de publications à son actif, essentiellement parues aux éditions de l’Arbre à Paroles, il écrit et publie de la poésie, mais il s’adonne aussi à la composition de nouvelles et travaille actuellement à un roman. Toujours actif en tant que professeur de français à Ciney, il est également revuiste et éditeur pour Bleu d’Encre. Continuer la lecture

Labeurs

Harry SZPILMANN, Les rudérales, Bruxelles, Le Cormier, 2015, 85 p.

szpilmannQue signifie le mot « livre » ? À cette interrogation partagée par tous ceux qui s’intéressent aux mots, le nouveau livre de Szpilmann égrène plusieurs réponses. La première apparaît dès la deuxième page, comme dans un dictionnaire : « Livre : creuset, claque-nerfs, noir almanach. Dépositaire de l’errance abrasive, des déserts au crochet, du sans-fond. » Continuer la lecture

Le vol du chaman

Olivier DOMBRET, Notre mère la montagne, L’Arbre à paroles, coll. « IF », 2015, 81 p.

Le nouveau livre de l’excellent jeune auteur Olivier Dombret emprunte son titre à un album du musicien américain de country et folk Townes Van Zandt sorti en 1969, Notre mère la montagne. Tout commence par la description de son état, tremblant et fiévreux, dans l’attente d’un signe en provenance de la Montagne. Prisonnier, encerclé, oppressé dans la ville creuse tel « un animal vide, dans les profondeurs d’une planète vide » il appelle cette force naturelle, bien décidé à laisser derrière lui le monde moderne : Continuer la lecture

Tout n’est qu’imagination

Jean-Pierre BURGART, Gris lumière, Bruxelles, La lettre volée, 2014, 56 p.

burgartCe recueil se lit comme un journal poétique qui traduit dans une langue simple et précise des fragments de réalité perçus par le biais d’une sensation, d’un paysage, d’un instant de la vie quotidienne. Comme un peintre, l’auteur compose des poèmes-tableaux sur une ville traversée, une ambiance, un sentiment disparu, un souvenir qui n’a peut-être jamais existé, le temps de l’enfance. Le mot et l’image se confondent et s’entrecroisent dans la langue du poète qui les mélange. Continuer la lecture