Archives par étiquette : Couple

La renaissance du Rat mort

Michel LAMBERT, Cinq jours de bon­té, Le beau jardin, 2023, 252 p., 20 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 9782359700749

Lambert Cinq jours de bontéThomas Noble, le nar­ra­teur, emmène sa femme Raya à Ostende. Une per­mis­sion de cinq jours lui est accordée. Hos­pi­tal­isée dans une clin­ique spé­cial­isée, c’est sa pre­mière sor­tie depuis longtemps. Thomas est nerveux. Il a peur de ses réac­tions. Du couloir de la mort où elle végète, il espère la con­duire dans le couloir de la vie. Beau­coup de non-dits s’interposent. On sent un passé pesant, une frac­ture. Tous les deux sont enfer­més dans des pris­ons dif­férentes et ont ban­ni depuis belle lurette de nom­breux mots de leur vocab­u­laire, tels que chance, « espoir, demain, bon­heur, chanter, rire… ». Thomas fait le clown pour déten­dre l’atmosphère, mais il est mal­adroit. Con­tin­uer la lec­ture

Désormais sans Paul

Nadine EGHELS, Avec Paul, Arléa, coll. « La ren­con­tre », 2023, 185 p., 19 €, ISBN : 9782363083289

eghels avec paul

« Sept heures du matin donc. Le 10 octo­bre. Le jour se lève. Le réveil sonne. Le réveil sonne. Le réveil sonne. Et Paul ne l’éteint pas. Le réveil sonne. Je mau­grée. Pourquoi ne l’éteint-il pas ? » Ce jour défini­tif d’automne de 2018, dans leur lit plus petit que la moyenne pour « sen­tir l’autre, dans la pro­fondeur des limbes », Nadine Eghels ouvre les paupières sur un monde dif­férent, celui où son amour n’est plus. Le som­meil l’a englouti. 17, Samu, hôpi­tal, répar­er les vivants et laiss­er par­tir les morts ; telle est la fin de sa vie avec Paul Andreu et le début de son réc­it Avec Paul. Con­tin­uer la lec­ture

Pour un bouquet de violettes

Un coup de cœur du Car­net

Pas­cale FONTENEAU, Com­ment (et pourquoi) j’ai mangé mon amant, Onlit, 2023, 18 €, ISBN : 9782875601643

fonteneau comment et pourquoi j ai mange mon amantHélène a tout pour être heureuse. Un mari, des enfants, un boulot sta­ble et peu de soucis matériels. Elle mène une vie sans his­toires avec un petit goût de trop peu, un rien d’amertume sans doute lié au manque de ten­dresse que lui témoignent ses proches. Un mari cadre dans une banque, qui aime tout anticiper et prévoir, fort de ses cer­ti­tudes, une fille juriste qui s’inscrit dans le sil­lage du père, un fils bril­lant qui s’apprête à par­tir au Japon.

Dans la com­pag­nie d’assurances où elle assure la direc­tion des con­tentieux com­mer­ci­aux, elle reçoit les con­fi­dences d’Isabelle, dont le fils sem­ble fil­er un mau­vais coton. Une petite voix en elle lui mur­mure la petitesse de ce monde où tout est prévis­i­ble, mal­gré les risques qui, même assurés, peu­vent tout faire bas­culer sans crier gare. À son médecin, elle con­fie, faute d’écoute de son mari : « (…) ce qui m’inquiétait le plus, surtout depuis mon dernier anniver­saire, c’était de voir ma vie se dérouler désor­mais sans change­ment, sans un pli jusqu’à la fin. Une vie comme un tapis roulant qui, inex­orable­ment, me con­duirait là où finit l’existence. » En guise de remède, il lui pre­scrit quelques change­ments, un brin de fan­taisie et des vit­a­mines. Con­tin­uer la lec­ture

La princesse enfermée dans sa prison dorée se réveilla

Anne DUVIVIER, Eden Beach 1970, M.E.O., 2023, 195 p., 18 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 9782807003682

duvivier eden beach 1970Comme le titre l‘indique, l’histoire de ce roman d’Anne Duvivi­er se situe en 1970 à Eden Beach, une sta­tion bal­néaire dans le Mary­land. Char­lotte, une jeune femme de 22 ans, vient d’y trou­ver refuge quand son mari lui a annon­cé qu’il aimait une autre femme.

Née avec une cuil­lère en argent dans la bouche, Char­lotte a tou­jours été « la fille de », puis « l’épouse de ». Elle se retrou­ve seule dans un endroit incon­nu où elle est oblig­ée de tra­vailler pour la pre­mière fois afin de financer son séjour. Très vite, elle ren­con­tre Cook­ie, qui va quelque peu bous­culer Char­lotte avec son car­ac­tère libéré assumé et son franc-par­ler (« T’es pas au ser­vice de ton mari. Arrête d’être une potiche. Ton Miguel, il n’a pas l’air de se souci­er de savoir ce que tu deviens. »). Con­tin­uer la lec­ture

Love will tear us apart again

Un coup de cœur du Car­net

Christophe LEVAUX, Baisse ton sourire, Do, 2023, 142 p., 17 €, ISBN : 9791095434436

levaux baisse ton sourireEst-il un sujet plus sen­si­ble à abor­der en lit­téra­ture que la vio­lence dans le cou­ple ? Pour preuve, le peu de romans (en excep­tant les réc­its de vie et témoignages per­son­nels par­fois de très haute qual­ité lit­téraire) qui osent dépein­dre l’engrenage à la mécanique per­verse allant du flirt à la rela­tion pas­sion­nelle pour rapi­de­ment se dégrad­er en pugi­lat. Bien sûr, il y eut en 1942 un titre aus­si mécon­nu que le nom de son auteur, Les coups de Jean Meck­ert – alias Jean Ami­la pour les ama­teurs de polars très som­bres. Le tour de force était là de décor­ti­quer le proces­sus descen­sion­nel, régres­sif, du pro­tag­o­niste mas­culin, un sim­ple manœu­vre qui éprou­ve des dif­fi­cultés à s’intégrer au milieu petit-bour­geois dont affecte de provenir sa com­pagne, et qui ne se gêne pas pour remet­tre ce petit monde à sa place – notam­ment sa belle-mère abhor­rée. Puis la jalousie s’en mêle, et quand le lan­gage ne suf­fit plus pour se faire enten­dre, les gestes pren­nent le relais… Con­tin­uer la lec­ture

Une haine qui consume tout

Céline DELBECQ, Les yeux noirs, Lans­man, 2022, 60 p., 11 €, ISBN : 9782807103641

delbecq les yeux noirsLes yeux noirs rassem­ble trois textes courts de Céline Del­becq, trois his­toires « pour com­pren­dre l’incompréhensible, son­der l’insondable ». Ce trip­tyque, com­posé de Phare, Les ombres et La nuit est noire et pub­lié aux édi­tions Lans­man, abor­de les vio­lences con­ju­gales et intrafa­mil­iales.

Phare, écrit en 2017 suite à une com­mande de la SACD France, nous met en présence d’une femme abimée par son mari. Ils vivent avec leurs enfants dans un phare. Sept min­utes de retard et le déluge s’abat sur elle. Les tem­pes de l’homme se met­tent à bat­tre. Ses yeux ne sont plus les mêmes. C’est le sig­nal que les coups vont pleu­voir. Elle se per­suade qu’il n’est plus maitre de lui-même dans ces moments-là, que ce n’est pas Benoît qui la bat, mais un démon qui prend pos­ses­sion de son corps. Il n’est qu’une âme égarée qui n’a que trop vu son père bat­tre sa mère. Cette fois, les coups pleu­vent très vio­lem­ment, comme la mer qui se déchaine dehors et se fra­casse con­tre les rochers. L’homme s’en va pour pleur­er et se couch­er, et laisse la femme éten­due par terre. Ses enfants arrivent. Va-t-elle réus­sir à se relever ? Va-t-elle réus­sir à par­tir ? Con­tin­uer la lec­ture

Angles morts

Géral­dine FIASSE, Cul­pa, L’échelle du temps, 2022, 224 p., 18 €, ISBN : 978–2‑37622–244‑6

fiasse culpaPar­fois, le mal­heur sur­git sans crier gare et le sol se dérobe sous nos pas, nous lais­sant orphe­lins de nos plus belles cer­ti­tudes. C’est ce qui arrive à Suzanne, une jeune jour­nal­iste sur­menée dont la voiture ren­verse un cycliste alors qu’elle arrive aux abor­ds de l’école de son fils. Elle n’a rien vu et sous le choc, elle perd con­nais­sance. À son réveil, elle apprend le drame et on lui pré­cise que la vic­time est décédée. S’ensuit une descente aux enfers d’autant que son mari, qui se mon­trait de plus en plus oppres­sant (il l’assaillait de tex­tos au moment de l’accident) en prof­ite pour pren­dre le large et la tenir éloignée de leur fils. Elle se trou­ve seule pour répon­dre face à la jus­tice de l’homicide involon­taire qu’elle a com­mis. Con­tin­uer la lec­ture

Dans les griffes du monde autour de nous

Jean-Luc RENARD, Testostérone, Mur­mure des Soirs, 2022, 216 p., 20 €, ISBN : 9782930657783

renard testostéroneLe mariage peut être une cage dorée. Tel est le con­stat d’Eva et Iris, les deux pro­tag­o­nistes de Testostérone, de Jean-Luc Renard, roman dont le titre reflète bien la dom­i­na­tion, l’oppression, voire la vio­lence qui ani­ment cer­tains mâles.

Le roman démarre sur une scène ô com­bi­en famil­iale. Deux ado­les­cents, Char­line et Gilles, ont poussé leur mère Eva Wag­n­er, nar­ra­trice du livre, à pass­er la nuit à la belle étoile pour leur per­me­t­tre d’envahir la mai­son avec des amis et de fes­toy­er. La maman se retrou­ve face à un champ de batailles, tan­dis que son mari a déserté les lieux au chevet de sa mère Rosa, ago­nisante. Une belle-mère au foy­er, pédante, moral­isante, qui n’a jamais vu l’arrivée d’Eva au bras de son fils d’un bon œil. Jacques, le mari, se veut lui l’incarnation de la réus­site, de l’ego con­sumens. Rien n’est assez beau à ses yeux pour vis­i­bilis­er ses suc­cès, y com­pris extra­con­ju­gaux. Lors de cette nuit inau­gu­rale à la belle étoile, Eva est con­fron­tée à l’heure des con­stats et bilans sur l’existence qu’elle a menée jusqu’à présent, coincée qu’elle est dans un monde de con­ven­tions, d’obligations mater­nelles et con­ju­gales, de faire-val­oir des autres, quitte à sac­ri­fi­er ses valeurs et ses envies per­son­nelles. Ces con­stats, elle les énumère sans com­plai­sance à son égard : Con­tin­uer la lec­ture

Prendre soin

Jean-Louis VANHERWEGHEM, ARDS, M.E.O., 2021, 72 p., 10 € / ePub : 6.49 €, ISBN : 9782807003088

vanherweghem ardsJean-Louis Van­her­weghem est médecin néphro­logue, il a exer­cé de hautes  fonc­tions académiques et il est l’auteur de plusieurs pub­li­ca­tions de vul­gar­i­sa­tion médi­cale, d’essais en rap­port avec la san­té. S’il a repris la plume cette fois, c’est pour nous faire réc­it de ce qui lui est advenu lorsque son épouse a con­nu de graves prob­lèmes de san­té qui ont entraîné son décès en 2018. Atteinte du Syn­drôme de Détresse Res­pi­ra­toire Aigüe, con­nu sous l’acronyme ARDS, elle a été con­fron­tée aux symp­tômes que l’on con­naît chez les patients atteints des formes les plus graves de Covid 19, mais les faits relatés sont évidem­ment antérieurs à la pandémie que nous con­nais­sons depuis début 2020. Con­tin­uer la lec­ture

Pénélope n’attend plus

Geneviève DAMAS, Quand tu es revenu, Lans­man, 2021, 56 p., 11 €, ISBN : 9782807103191

damas quand tu es revenuEn amour, est-ce que l’on peut par­tir et revenir, comme une fleur, vingt ans plus tard ? Peut-on promet­tre de tou­jours revenir ? Les hommes et les femmes sont-ils égaux dans ce voy­age ? Regar­dons le mythe d’Ulysse. Péné­lope l’a atten­du bien sage­ment, repous­sant nom­bre de pré­ten­dants. Dans les his­toires, le héros part et revient tou­jours. Nous sommes bercés par ce mythe, mais n’est-il pas temps de le décon­stru­ire ? Com­ment cela se passerait-il dans la vraie vie ? Que se passerait-il si celui que vous avez aimé revient vingt ans plus tard ? Con­tin­uer la lec­ture

Illusions perdues

Rebec­ca NICAIS, Requiem à deux voix, Dri­cot, 2021, 203 p., 18 €, ISBN : 9782870956304

nicais requiem a deux voixLe titre Requiem à deux voix con­vient par­faite­ment à ce roman car il s’agit d’un hom­mage aux par­ents décédés de l’autrice. Rebec­ca Nicais a en effet pris le par­ti d’imaginer la parole de son père puis de sa mère pour racon­ter l’histoire de leur jeunesse et de leur vie de cou­ple à tra­vers le point de vue de cha­cun. Con­tin­uer la lec­ture

« Alors, la poésie »

Fidé­line DUJEU, Larmes de croc­o­dile, suivi de Siamois, Weyrich, coll. « Plumes du Coq », 2021, 144 p., 14 €, ISBN : 9782874896118

dujeu larmes de crocodileFidé­line Dujeu est poète, nou­vel­liste, roman­cière, ani­ma­trice d’ateliers d’écriture, écrivaine publique, co-fon­da­trice d’une mai­son d’édition arti­sanale. Elle est égale­ment thérapeute, « con­stel­la­trice ». Elle a été une petite fille naguère, et est aujourd’hui femme et mère. Et elle est encore bien d’autres con­tours et détours, mais ce sont ces dimen­sions appar­entes qui nour­ris­sent les deux textes pub­liés dans la col­lec­tion « Plumes du Coq » chez Weyrich, rassem­blés sous le titre Larmes de croc­o­dile. « Deux livres en un. Deux tra­ver­sées. Une méta­mor­phose. » Con­tin­uer la lec­ture

Partager sa mère

Jonathan ZACCAÏ, Ma femme écrit, Gras­set, 2021, 214 p., 18.60 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 9782246825463

zaccai ma femme écritVin­cent, acteur de for­tune et de notoriété moyenne, empêtré dans une famille chao­tique où cha­cun se réfugie dans ses pro­pres fic­tions, a per­du sa mère. Il peine à s’en relever. Vin­cent et elle avaient une rela­tion fusion­nelle, pétrie d’une loy­auté indé­fectible, de con­flits per­pétuels, et d’une admi­ra­tion réciproque pour l’artiste qu’il est, qu’elle était. Une sen­si­bil­ité exac­er­bée et le besoin d’inventer sa vie ne seront pas les moin­dres des héritages qui échoient à Vin­cent. Alors, pour avancer, pour sor­tir de sa léthargie, et aus­si pour « sor­tir de l’ombre », Vin­cent décide d’écrire un livre sur sa mère. Il y pense. Il allume son ordi­na­teur. Il rêve de ce livre. Il l’imagine. Bien enten­du, son pro­jet n’avance guère. C’est alors qu’il décou­vre que sa femme écrit sur le même sujet. Sa femme qui est effi­cace, qui n’est pas coincée comme lui dans les affres de l’absence, qui pousse devant elle non un livre, mais rien de moins qu’un scé­nario pour le ciné­ma, et qui con­naît des pro­duc­teurs, de grandes actri­ces influ­entes, bref, sa femme qui va réus­sir à écrire sur sa mère. Dès lors, la hache de guerre est déter­rée. Et l’équilibre pré­caire de Vin­cent s’écroule. Il avait trou­vé quelque chose pour recon­stru­ire l’être brisé qu’il était, et sa femme l’en dépos­sède. Vin­cent ne veut pas partager sa mère, ni sa douleur. Con­tin­uer la lec­ture

Sous son emprise

Isabelle BIELECKI, La mai­son du Belge, M.E.O., 2021, 232 p., 18 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑8070–0270‑8

bielecki la maison du belgePoétesse, nou­vel­liste, dra­maturge, Isabelle Bielec­ki est aus­si roman­cière et elle a obtenu le Prix des amis des bib­lio­thèques de Brux­elles pour Les mots de Russie, paru en 2005. Large­ment nour­ri de son expéri­ence per­son­nelle, La mai­son du Belge, son nou­v­el opus, revient pré­cisé­ment sur les con­di­tions dans lesquelles a été écrit ce roman primé. Con­tin­uer la lec­ture

Sans demi-mesure

Marie COLOT et Nan­cy GUILBERT, Point de fuite, Gulf stream, 2020, 423 p., 18 €, ISBN : 9782354887919

colot guilbert point de fuitePoint de fuite est un réc­it pour la jeunesse poly­phonique qui nous fait décou­vrir à tra­vers les yeux de plusieurs per­son­nages leur quo­ti­di­en a pri­ori sans his­toire. On décou­vre d’un côté une Mona gen­tille et souri­ante qui pré­pare le con­cours d’entrée à l’École Nationale des Beaux-Arts, tou­jours four­rée avec son meilleur ami Marin, alias Cur­ry, qui pro­jette de suiv­re un Mas­ter en Développe­ment durable et s’engage sans réserve dans la lutte con­tre le réchauf­fe­ment cli­ma­tique. Con­tin­uer la lec­ture

Lire entre les lignes

Ines LAMALLEM, San­tana, Ker, 2020, 92 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87586–287‑7

ines lamallem santana ker éditionsSan­tana relate l’histoire d’une rela­tion de soumis­sion entre Emma et Mikaël, deux ados de 17 ans dans la même école. Leur pre­mier con­tact est sur­prenant : Emma bous­cule par mégarde le jeune homme qui, pour se venger, lui vole son télé­phone et décide de le ven­dre sur Face­book. Inter­pel­lant. Le ton est don­né. Con­tin­uer la lec­ture