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La rentrée littéraire 2024, avec sobriété

Rentrée littéraire 2024

Pour la plu­part d’entre nous, le début des vacances est aus­si immi­nent qu’attendu. Évo­quer en ce moment la ren­trée, fût-elle lit­téraire, a donc for­cé­ment quelque chose d’incongru. Pour­tant, les maisons d’édition ont générale­ment déjà bouclé leur pro­gramme autom­nal et plusieurs d’entre elles l’ont présen­té aux libraires, voire aux médias. Comme tou­jours, les autri­ces et auteurs belges seront nom­breux à dévoil­er leur nou­veau livre cet automne. Le point sur leurs sor­ties annon­cées au deux­ième semes­tre.

Mais d’abord quelques con­stats. À part les édi­tions M.E.O., Weyrich et Les impres­sions nou­velles, dont cer­tains romans parais­sent dès la fin août, les maisons d’édition belges ne se calquent pas sur le cal­en­dri­er de la ren­trée lit­téraire française : la plu­part de leurs pub­li­ca­tions sont prévues plus tard dans la sai­son. Ce décalage peut s’expliquer par une volon­té de ne pas se plac­er en con­cur­rence, for­cé­ment déséquili­brée, avec des sor­ties hexag­o­nales accom­pa­g­nées de moyens pro­mo­tion­nels sans com­mune mesure. Il reflète aus­si une logique autre : plusieurs maisons d’édition inter­rogées pour pré­par­er cet arti­cle nous ont expliqué pro­gram­mer leurs paru­tions en fonc­tion non de la ren­trée lit­téraire, mais des événe­ments plus por­teurs pour elles, tels que le Marché de la poésie, le fiEs­ti­val ou encore le Poet­ik Bazar. Con­tin­uer la lec­ture

Partager sa mère

Jonathan ZACCAÏ, Ma femme écrit, Gras­set, 2021, 214 p., 18.60 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 9782246825463

zaccai ma femme écritVin­cent, acteur de for­tune et de notoriété moyenne, empêtré dans une famille chao­tique où cha­cun se réfugie dans ses pro­pres fic­tions, a per­du sa mère. Il peine à s’en relever. Vin­cent et elle avaient une rela­tion fusion­nelle, pétrie d’une loy­auté indé­fectible, de con­flits per­pétuels, et d’une admi­ra­tion réciproque pour l’artiste qu’il est, qu’elle était. Une sen­si­bil­ité exac­er­bée et le besoin d’inventer sa vie ne seront pas les moin­dres des héritages qui échoient à Vin­cent. Alors, pour avancer, pour sor­tir de sa léthargie, et aus­si pour « sor­tir de l’ombre », Vin­cent décide d’écrire un livre sur sa mère. Il y pense. Il allume son ordi­na­teur. Il rêve de ce livre. Il l’imagine. Bien enten­du, son pro­jet n’avance guère. C’est alors qu’il décou­vre que sa femme écrit sur le même sujet. Sa femme qui est effi­cace, qui n’est pas coincée comme lui dans les affres de l’absence, qui pousse devant elle non un livre, mais rien de moins qu’un scé­nario pour le ciné­ma, et qui con­naît des pro­duc­teurs, de grandes actri­ces influ­entes, bref, sa femme qui va réus­sir à écrire sur sa mère. Dès lors, la hache de guerre est déter­rée. Et l’équilibre pré­caire de Vin­cent s’écroule. Il avait trou­vé quelque chose pour recon­stru­ire l’être brisé qu’il était, et sa femme l’en dépos­sède. Vin­cent ne veut pas partager sa mère, ni sa douleur. Con­tin­uer la lec­ture