Archives par étiquette : Théâtre

Retrou­vez ici tous nos arti­cles et recen­sions con­sacrés au théâtre

Une époque en pièces

Jean LOUVET, Théâtre 6, textes réu­nis et présen­tés par Vin­cent Rader­meck­er, AML, coll. « Archives du futur », 2025, 310 p., 28 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782871681038

louvet theatre 6Ce six­ième, et dernier vol­ume, des « Archives du futur » con­sacré au dra­maturge Jean Lou­vet forme lit­térale­ment le chapiteau d’une archi­tec­ture lumineuse grâce au tra­vail remar­quable de Vin­cent Rader­meck­er et aux col­lab­o­ra­tions divers­es qui ont par­ticipé à chaque pub­li­ca­tion en dix ans. Con­tin­uer la lec­ture

Une reine libre

Un coup de cœur du Car­net

Valéri­ane DE MAERTELEIRELa reine rouge, Lans­man, 2025, 63 p., 11 €, ISBN : 2807104312

de maerteleire la reine rougeLe min­istre: Au fond, tout ce qui vous intéresse, c’est le scan­dale! C’est que l’on par­le de vous.
La reine: Et qu’est-ce qui vous intéresse vous, “Mon­sieur le secré­taire général de l’OTAN”? Vous ne voulez pas vous enten­dre avec les Russ­es! Oh non, non, non! Vous préférez con­tin­uer à ven­dre des armes, des armes, encore plus d’armes. La guerre froide vous arrange bien. Ce sont les béné­fices de la FN Her­stal qui vous impor­tent !
Le min­istre: Mais la FN est une entre­prise de VOTRE pays bon sang! 
La reine: Et bien qu’elle se con­tente de fab­ri­quer des motos! Vous ne voyez que le prof­it. “Le cap­i­tal­isme provo­quera des crises de plus en plus impor­tantes puis fini­ra par implos­er.” Ce n’est pas de moi, c’est de Marx. Con­tin­uer la lec­ture

Un jour, tu seras un homme, mon fils… Ou pas !

Giuseppe SANTOLIQUIDO, La nuit du Fils, suivi de Por­ca Stra­da !, Sam­sa, 2025, 118 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87593–582‑3

santoliquido la nuit du filsGiuseppe San­toliq­ui­do a com­mencé sa car­rière en Bel­gique (Renais­sance du livre, Ker, Genèse), mais il a été ensuite pub­lié chez Gal­li­mard. C’est dire la per­cus­sion de son éclec­tique (essais, nou­velles, romans, théâtre) tra­jec­toire.

Ce livre sem­ble avoir été pub­lié pour accom­pa­g­n­er une pièce, La nuit du Fils, « créée en févri­er 2025 à Brux­elles, au Théâtre des Galeries ». Dès les pre­mières lignes me frappe une sen­sa­tion prousti­enne. Comme si j’avais déjà lu… De fait, j’ai lu naguère un Bel­giques de Giuseppe San­toliq­ui­do décom­posé en trois longues nou­velles, or la pre­mière, De père en fils, présen­tait les per­son­nages et la sit­u­a­tion de la pièce. Une adap­ta­tion ? Une vari­a­tion libre, plutôt, une relec­ture ou même une con­clu­sion, quelques années plus tard. Curieuse­ment, aucune men­tion ne con­necte les deux textes… Con­tin­uer la lec­ture

Les éclats de conscience

Chris­tine DELMOTTE-WEBER, Je voudrais mourir par curiosité, Oiseaux de nuit, coll. « Rideaux rouges », 2025, 94 p., 10 €, ISBN : 9782931101742

delmotte weber je voudrais mourir par curiositéNous décou­vrons Myr­i­am, seule chez elle. Elle par­le d’un effet par­ti­c­uli­er pro­duit au réveil, comme si sa con­science, à cet instant-là, ne fai­sait plus par­tie d’elle-même. Baba, sa com­pagne, arrive et la réveille. Mais est-elle bien réelle ? Nous com­prenons petit à petit que Myr­i­am est vis­itée par le fan­tôme de Baba. Quelques temps plus tôt, elles ont vécu un ter­ri­ble acci­dent de voiture. Baba est morte sur le coup, Myr­i­am s’en est sor­tie. Elle y a toute­fois vécu un phénomène assez sin­guli­er : une Expéri­ence de Mort Immi­nente (EMI). Depuis, elle essaie de com­pren­dre ce qui lui est arrivé, ain­si qu’à Baba, et s’intéresse beau­coup à la con­science délo­cal­is­able. Baba lui manque énor­mé­ment. Elle aimerait qu’elle vienne plus sou­vent la vis­iter. Con­tin­uer la lec­ture

Théâtre 1918–1940 : une synthèse magistrale

Un coup de cœur du Car­net

Pierre PIRET, Le chant du signe. Dra­matur­gies expéri­men­tales de l’entre-deux-guerres, Cir­cé, coll. “Penser le théâtre”, 2024, 210 p., 24 €, ISBN : 978–2‑84242–510‑4

piret le chant du signeNonob­stant le fait qu’ils ont pro­duit leur œuvre pour l’essentiel dans l’entre-deux guer­res, que peu­vent avoir en com­mun des dra­maturges aus­si dif­férents que Fer­nand Crom­me­lynck, Paul Claudel, Michel De Ghelderode, Jean Cocteau, Roger Vit­rac, Hen­ry Sou­magne, Guil­laume Apol­li­naire ? Si l’on se réfère aux études exis­tantes, seules quelques analo­gies très par­tielles sinon super­fi­cielles ont été mis­es en lumière. Or, mal­gré sa brièveté, cette péri­ode fut mar­quée dans les domaines tant musi­cal que plas­ti­cien et lit­téraire par une forte volon­té des créa­teurs de met­tre en ques­tion les codes étab­lis – notam­ment ceux du théâtre de boule­vard – et d’innover sans crain­dre de provo­quer. Cette volon­té s’étant exprimée dans un grand désor­dre appar­ent, sans qu’on puisse la ranger dans le tiroir “avant-gardes”, c’était une gageure d’y recon­naitre une logique com­mune et, à for­tiori, de détailler les rouages d’une telle logique. Voilà le défi que vient de relever bril­lam­ment Pierre Piret, pro­fesseur au Cen­tre d’Études théâ­trales de l’UCLouvain, en s’appuyant sur la panoplie con­ceptuelle de la psy­ch­analyse lacani­enne – on voit mal, tout compte fait, quelle autre grille d’analyse aurait pu con­venir à la tâche. Con­tin­uer la lec­ture

Marche ou crève !

Mer­lin VERVAET, Le groupe de l’Ouest loin­tain, Lans­man, 2024, 76 p., 12 €, ISBN : 978–2‑8071–0424‑2

vervaet le groupe de l'ouest lointainAu début du 20ème siè­cle, l’Australien Dou­glas Maw­son con­duisit l’équipée du Groupe de l’Est loin­tain en Antarc­tique… (1911–1914). Plus d’un siè­cle plus tard…

Sur ces mots
Dou­glas Maw­son recom­mence son dossier
en véri­fi­ant soigneuse­ment l’orthographe
en crédi­tant chaque pho­to
pré­cisant un à un
les points de leur futur par­cours  
lis­tant les ressources néces­saires
le nom­bre de per­son­nes qu’il devra employ­er
le nom­bre de chiens de traîneaux
l’équipement, pas­sant du sim­ple pio­let au matériel de tour­nage
Son dossier est main­tenant par­fait
Dou­glas Maw­son le dépose une nou­velle fois au Min­istère pour la Relance et les Investisse­ments Stratégiques chargés de la Poli­tique Sci­en­tifique de Bel­gique
Il le dépose et attend de nou­veau une réponse qui cette fois il en est cer­tain sera pos­i­tive
C’est négatif Con­tin­uer la lec­ture

Jeune fille en quête d’identité

Yous­ra DAHRY, Kheir Inch’Allah, Lans­man, coll. « Lans­man Poche – Le Rideau », 2024, 56 p., 10 €, ISBN : 9782807104273

dahry kheir inch allahDans ce mono­logue, Yous­ra se racon­te et remonte le temps pour expli­quer la femme de trente-six ans qu’elle est dev­enue. Enfant unique, elle a gran­di auprès d’un père qui aurait aimé avoir un garçon et une mère qui aurait aimé qu’elle ait une vie bien rangée. Un père qui lui a coupé les cheveux très courts et lui a appris à recon­naitre toutes les mar­ques de voitures. Une mère vue comme une pau­vre mal­heureuse de n’avoir eu qu’un enfant… une fille en plus, ‘mski­na!’. Con­tin­uer la lec­ture

Un amour en diagonale

Frédéric ROELS, Ren­dez-vous, Lans­man, 2024, 40 p., 10 €, ISBN : 9782807104204

roels rendez-vousLéa et Ted se retrou­vent sur la Ram­bla, à Barcelone. Un ren­dez-vous qui sem­ble ne pas avoir été con­venu, mais qui est une évi­dence pour tous les deux. Qui sont-ils l’un pour l’autre ? Der­rière les for­mules de politesse, des mots laconiques et une cer­taine gêne, on sent une forte atti­rance. Ils sont comme hors du temps. Leur dia­logue est étrange, quelque peu philosophique. Leurs pas les mènent vers la mer. On remonte le temps au rythme de leurs foulées. Dix ans plus tôt, ils se sont ren­con­trés lors du tour­nage de Ren­dez-vous à Barcelone de Guy Long­prez. Léa Goldoni, actrice vedette française, y tient le pre­mier rôle. Ted, quant à lui, un Bri­tan­nique solaire et soli­taire, com­pose la musique du film. Pho­tographe ama­teur, il aime assis­ter au tour­nage, pour s’imprégner au mieux de l’am­biance et faire rejail­lir toutes ces émo­tions dans sa musique. Il prend quelques clichés de Léa qui font sen­sa­tion. Jamais per­son­ne ne l’avait regardée de cette manière, avec ce regard si atyp­ique, en diag­o­nale. Une rela­tion inédite et pla­tonique voit le jour entre eux, leurs rap­ports restant toute­fois pro­fes­sion­nels. Les vies de famille, les besoins du méti­er les acca­parent. Les années passent. Mais cha­cun con­tin­ue à chercher des signes de l’autre. Con­tin­uer la lec­ture

L’implacable patience de la montagne

Robin VAN DYCK, L’espoir de sauver les vivants, Lans­man, 2024, 48 p., 11, ISBN : 9782807104235

van dyck l'espoir de sauver les vivantsGuide de haute mon­tagne, Émile reçoit la vis­ite de Luca, un gars qu’il a aidé des années aupar­a­vant. Ce n’est pas le bon moment pour des retrou­vailles. Émile est énervé : qua­tre sauveteurs sont coincés en alti­tude parce qu’ils sont par­tis sec­ourir un homme poli­tique qui s’est pris pour un aven­turi­er. Là-haut, à plus de 2.500 mètres, la tem­pête fait rage et les con­di­tions sont très dif­fi­ciles. Luca annonce que l’homme là-haut est Bruno, son com­pagnon. Il a besoin de l’aide d’Émile pour le sec­ourir. La nuit est tombée. Il sem­ble com­plète­ment insen­sé de s’aventurer dehors à cette heure. Ce serait du sui­cide. Et pourquoi Émile devrait-il à nou­veau sauver la peau de Luca ? Ne l’a‑t-il pas déjà fait à Gênes, vingt ans aupar­a­vant ? Il avait alors accueil­li chez lui le jeune Luca, com­plète­ment défig­uré et abîmé. Mais Émile n’est plus cette bonne âme de l’époque. Depuis trois ans, de vieux démons le hantent, notam­ment le fan­tôme de Lucio, un homme qu’il n’a pas réus­si à sauver. Léa, sa com­pagne, essaie de le calmer. En vain. Parvien­dra-t-elle à lui con­fi­er ce qu’elle a à lui dire ? Pour­ra-t-il sur­mon­ter ses cauchemars ? Aidera-t-il Luca à retrou­ver Bruno ? Émile est plein de regrets. Mais com­ment se racheter une con­science ? On ne pour­ra de toute façon pas ressus­citer les morts. « L’espoir de sauver les vivants peut les ressus­citer », lui répond Léa. Con­tin­uer la lec­ture

L’atelier de l’auteur

Un coup de cœur du Car­net

Paul EMOND, Une fab­rique de per­son­nages, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2024, 264 p., 20 €, ISBN : 978–2‑8032–0083‑2

emond une fabrique de personnagesCom­ment s’écrit un texte pour le théâtre, des­tiné à être mis en scène et joué, com­ment se crée un per­son­nage, com­ment s’élabore un univers théâ­tral ? C’est pour nous faire décou­vrir ses inter­ro­ga­tions qu’avec Une fab­rique de per­son­nages, Paul Emond ouvre son ate­lier. Le livre est un recueil de textes pour une part déjà pub­liés et remaniés pour cette édi­tion, d’autres tout récents.  Ce n’est pas un essai rigoureuse­ment organ­isé, plutôt des chemins de tra­vers­es suiv­is çà et là, dans une pro­gres­sion en zig-zag qui ne perd jamais en cohérence. Con­tin­uer la lec­ture

Dans le ventre du feu

Un coup de cœur du Car­net

Lisa DEBAUCHE, Carcasses/L.R.D.P., Arbre de Diane, coll. « Hori­zons », 2024, 92 p., 14 €, ISBN : 9782930822327

debauche carcassesLa scène théâ­trale dressée par Lisa Debauche se présente comme une arche sur laque­lle mon­tent les désirs, le feu de l’amour, la reine des putes, les mil­liards d’animaux fuyant l’assassinat de masse. Après des études d’art dra­ma­tique, Lisa Debauche pub­lie chez Mael­strÖm La nuit est encore debout c’est pour ça que je ne dors pas, un pre­mier recueil poé­tique sai­sis­sant, tail­lé dans la nuit des mots et des corps. Autrice, com­positrice, inter­prète ayant sor­ti deux albums sous le nom de Lisza, elle livre avec Carcasses/L.R.D.P. une pièce de théâtre qui prend la forme d’un mono­logue de feu dansant comme un der­viche tourneur. Con­tin­uer la lec­ture

Claire Lejeune. La traversée du verbe

Un coup de cœur du Car­net

Claire LEJEUNE, Mémoire de rien et autres poèmes, Post­face de Christophe Meurée, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 368 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–691‑6
Claire LEJEUNE, Ari­ane et Don Juan et autres pièces, Post­face de Christophe Meurée, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 224 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–690‑9

lejeune mémoire de rienClaire Leje­une (1926–2008) a arraché à l’espace des Let­tres leurs habi­tudes, leurs balis­es, leur prêt-à-écrire pour les ouvrir à l’inconnu, à l’expérience d’un verbe autre. Remar­quable­ment post­facés par Christophe Meurée, les deux vol­umes que pub­lie Espace Nord — Mémoire de rien et autres poèmes, Ari­ane et Don Juan et autres pièces délivrent deux des mas­sifs textuels de son œuvre, les recueils poé­tiques d’une part, ses pièces de théâtre de l’autre. La sub­di­vi­sion de ses créa­tions en trois champs d’expérimentation qui cor­re­spon­dent à trois temps de sa tra­jec­toire (poésie, essais, théâtre) pèche par sa rigid­ité tant la langue et l’univers qu’elle mobilise font éclater les fron­tières des gen­res, lais­sent la poésie per­col­er dans des textes qui sont avant tout des stases d’une expéri­ence intérieure. Pub­liés dans leur ver­sion inté­grale[1], les recueils poé­tiques La gangue et le feu, Le pour­pre, La geste, Elle, Mémoire de rien (Le dernier tes­ta­ment ne fig­ure pas) dessi­nent une car­togra­phie où se dresse la scène d’une équiv­a­lence entre l’écriture et la nais­sance à soi, entre la ges­ta­tion du verbe et l’engendrement du sujet poé­tique par les mots. Con­tin­uer la lec­ture

« Faites des câlins pas les magasins »

Didi­er POITEAUX, Fast [Peut-on se réap­pro­prier ses désirs dans une société de con­som­ma­tion ?], Lans­man, 2024, 44 p., 11 €, ISBN : 9782807104211

poiteaux fastComme dis­ait Georges Perec, la société de con­som­ma­tion nous aliène, « toutes ces choses [que nous con­som­mons] ne sont là que pour entretenir une espèce de frénésie, de ver­tige, d’hypnose ». Nos désirs sont-ils réels ou sont-ils conçus de toutes pièces pour nous amen­er à con­som­mer plus ? Dans Fast, Didi­er Poiteaux abor­de le vaste sujet de la fast fash­ion – mode de pro­duc­tion de l’industrie tex­tile qui con­siste à pro­duire tou­jours plus à des prix tou­jours plus bas – et part de cette ques­tion : peut-on se réap­pro­prier ses désirs dans une société de con­som­ma­tion ? Con­tin­uer la lec­ture

Stanislas Barberian:  le retour à Charleroi 

Fran­cis GROFF, Sor­tie de scène à Charleroi, Weyrich, coll. « Noir cor­beau », 2024, 230 p., 20 €, ISBN : 9782874899348

groff sortie de scène à charleroiVoici donc le sep­tième opus des enquêtes de Stanis­las Bar­ber­ian. Ren­dez-vous incon­tourn­able de la ren­trée lit­téraire, depuis Morts sur la Sam­bre (2019), les enquêtes poli­cières menées par le bouquin­iste, détec­tive « mal­gré lui », sont atten­dues par un large pub­lic de lecteurs et lec­tri­ces fidèles.

Fran­cis Groff, écrivain et jour­nal­iste a l’art de les séduire par l’élégance – toute bri­tan­nique – avec laque­lle il dénoue les énigmes crim­inelles les plus spec­tac­u­laires. Il est vrai qu’il les invente et con­stru­it avec une évi­dente jubi­la­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Relire Jean Louvet

jean louvet

Jean Lou­vet

Ce 28 sep­tem­bre mar­que le 90e anniver­saire de la nais­sance du dra­maturge Jean Lou­vet (28 sep­tem­bre 1934 – 29 août 2015). Cet anniver­saire nous offre l’oc­ca­sion de redé­cou­vrir l’au­teur et son œuvre à par­tir de nos archives. Con­tin­uer la lec­ture

Jacques, le Cyrano Pirate

Maude DE BEL (autrice) et Quentin GRÉBAN (illus­tra­teur), Le pes­ta­cle, Mijade, 2024, 28 p., 13 €, ISBN : 9782807702103

de bel greban le pestacleRarement un oisil­lon a été aus­si beau. Plumage duveteux bleu turquoise pâle, aigrette et longues rec­tri­ces d’une teinte iden­tique plus soutenue, bouille ronde avec d’énormes yeux mar­ron myopes der­rière des lunettes cer­clées, bec tout sourire. Dans sa salopette jaune pom­pi­er, Jacques a tout pour faire cra­quer. Son doux regard, ses mines atten­dris­santes, la gen­til­lesse qui émane de lui aus­si soyeuse que ses plumes… Quel mag­nifique héros ! Quentin Gréban l’a créé avec les mêmes traits pré­cis qui ren­dent une tex­ture par­ti­c­ulière à tout ce qu’il représente : tis­sus, pelages, matières, etc. Mais dans ces illus­tra­tions pleines de couleurs vives, incroy­ables de per­spec­tives et de jeux de lumière, rich­es de courbes et de détails, c’est avant tout l’expressivité des per­son­nages qui éblouit : on fond pour cha­cun d’eux, du ham­ster à la lap­ine, en pas­sant par la cyg­nesse et l’ourson en peluche. Joie des yeux et émo­tion à chaque tableau. Con­tin­uer la lec­ture