Portées Portraits : la nouvelle saison

Nathalie Skowronek

Nathalie Skowronek sera à Portées Por­traits le 7 décem­bre — ©JF Paga

Les ren­con­tres lit­téraires Portées Por­traits repren­nent à la ren­trée, dans leur écrin de la mai­son Autrique, mais aus­si, pour cer­taines, à Wol­u­bilis. Un riche pro­gramme qui fait réson­ner la lit­téra­ture. Et en par­ti­c­uli­er la lit­téra­ture belge.

Portées Portraits

Les ren­con­tres Portées Por­traits abor­dent la lit­téra­ture par le biais de la voix. Chaque ren­con­tre est con­sacrée à une oeu­vre, dont des extraits sont lus et mis en voix, le plus sou­vent en présence de l’au­teur. 


Lire aus­si : Portes et livres ouverts : Portées-Por­traits (C.I. 193)


Le programme 2020–2021

Les yeux rouges de Myriam Leroy

  • Mai­son Autrique le 12 octo­bre 2020 : ren­con­tre avec l’autrice à 19h ; lec­ture-spec­ta­cle à 20h15
  • Wol­u­bilis le 19 octo­bre 2020 : lec­ture-spec­ta­cle à 20h ; ren­con­tre avec l’autrice à 21H

Lire aus­si : notre recen­sion des Yeux rouges


Le livre. « Il s’ap­pelait Denis. Il était enchan­té. Nous ne nous con­nais­sions pas. Enfin, de toute évi­dence, je ne le con­nais­sais pas, mais lui savait fort bien qui j’étais. »

Une jeune femme reçoit un mes­sage sur Face­book. C’est l’amorce d’un piège suf­fo­cant à l’heure du numérique, quand la fatal­ité n’a d’autre nom qu’un insi­dieux et inex­orable har­cèle­ment.

Dans ce roman âpre, où la nar­ra­trice ne se des­sine qu’au tra­vers d’agressions accu­mulées, de mes­sages insis­tants, où l’atmosphère étouf­fante s’accentue à mesure que la dépos­ses­sion se trans­forme en accu­sa­tion, Myr­i­am Leroy traduit avec justesse et brio l’ère para­doxale du tout écrit, de la vio­lence sourde des com­men­taires et des partages, de l’humiliation et de l’isolement, du sex­isme et du racisme dressés en meute sur le réseau.

L’autrice. Née en 1982, Myr­i­am Leroy est jour­nal­iste, écrivain et dra­maturge. Ari­ane, son pre­mier roman, a été final­iste du prix Goncourt du pre­mier roman et du prix Rossel. Elle vit à Brux­elles. Les yeux rouges est son deux­ième roman.

L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante
  • Mai­son Autrique le 16 novem­bre 2020 : lec­ture-spec­ta­cle sco­laire à 10h et 13h30 ; ren­con­tre thé­ma­tique « Avancer dans l’ombre » à 11h, 14h30 et 19h ; lec­ture-spec­ta­cle à 20h15
  • Bib­lio­thèque Sésame le 21 novem­bre 2020 : pro­jec­tion du film Faites le mur! de Baksy à 9h et 11h
  • Wol­u­bilis le 23 novem­bre 2020 : lec­ture-spec­ta­cle à 20h

Le livre. Naples, fin des années cinquante. Deux amies, Ele­na et Lila, vivent dans un quarti­er défa­vorisé de la ville, leurs familles sont pau­vres et, bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila, la sur­douée, aban­donne rapi­de­ment l’é­cole pour tra­vailler avec son père et son frère dans leur échoppe de cor­don­nier. Ele­na, elle, est soutenue par son insti­tutrice, qui pousse ses par­ents à l’en­voy­er au col­lège puis, plus tard, au lycée, comme les enfants des familles aisées. Durant cette péri­ode, les deux jeunes filles se trans­for­ment physique­ment et psy­chologique­ment, s’en­traident ou s’en pren­nent l’une à l’autre. Leurs chemins par­fois se croisent et d’autres fois s’é­car­tent, avec pour toile de fond une Naples en ébul­li­tion, vio­lente et dure. Des chemins qui les con­duiront, non sans rup­tures ni souf­frances, à l’aube de l’âge adulte.

For­mi­da­ble voy­age dans Naples et dans l’I­tal­ie du boom économique, L’amie prodigieuse trace le por­trait de deux héroïnes inou­bli­ables, qu’E­le­na Fer­rante traque avec pas­sion et ten­dresse jusqu’au plus pro­fond de leur âme.

L’autrice. Ele­na Fer­rante (un pseu­do­nyme) est une roman­cière ital­i­enne dont qua­si­ment rien n’est con­nu avec cer­ti­tude. Elle refuse d’être un per­son­nage pub­lic et ne s’est pas présen­tée à la remise des prix, à savoir le Prix Oplon­ti et le Prix Pro­ci­da Elsa Morante, que son pre­mier roman “L’Amour harce­lant” (1992) avait obtenu. Elle n’ac­corde aucune inter­view, à l’ex­cep­tion de celle parue dans le jour­nal “L’U­nitá” en 2002.

La carte des regrets de Nathalie Skowronek
  • Mai­son Autrique le 7 décem­bre 2020 : ren­con­tre avec l’autrice à 19h ; lec­ture-spec­ta­cle à 20h15

Lire aus­si : notre recen­sion de La carte des regrets


Le livre. Sui­cide, assas­si­nat, mort acci­den­telle ? Les cir­con­stances de la mort de Véronique Ver­bruggen sur un sen­tier des Cévennes n’auraient pas valu plus de quelques lignes dans la presse si la vic­time n’avait pas été une éditrice recon­nue. Deux hommes s’interrogent et parta­gent un même cha­grin : Daniel Mey­er, son mari, oph­tal­mo­logue, et Titus Séguier, son amant, cinéaste qui jusqu’au bout aura atten­du qu’elle vienne partager sa vie.

Il y a aus­si Mina, la fille de Véronique, vingt et un ans, née d’un pre­mier amour. Trop de sous-enten­dus, d’indices qui ne trou­vent pas leur place dans le puz­zle famil­ial… Qui était cette mère dont les tour­ments se lisaient en fil­igrane ? Deman­der des éclair­cisse­ments à son beau-père serait si douloureux pour Daniel… Alors Mina remonte la trace de Titus Séguier. Elle décou­vre la com­plex­ité d’une mère écartelée, celle des sen­ti­ments, et com­prend qu’on ne con­nait jamais tout à fait cet autre qui nous sem­blait si proche.

Der­rière le ver­nis des apparences, le por­trait boulever­sant d’une femme qui ne pou­vait pas choisir. Nathalie Skowronek dit avec une grande sub­til­ité les dif­férentes facettes de l’amour et com­ment si les épo­ques changent, les écartèle­ments du cœur demeurent.

L’autrice. Après un pre­mier roman très remar­qué, en 2011, Karen et moi (sélec­tion du Prix Rossel des Jeunes, Prix Pre­mière, Grand Prix des lec­tri­ces de Elle et Prix des lecteurs du Télé­gramme), Nathalie Skowronek pub­lie Max, en apparence ; un essai, La Shoah de Mon­sieur Durand, paru en 2015 aux édi­tions Gal­li­mard et Un monde sur mesure en 2017 aux édi­tions Gras­set et réédité dans la col­lec­tion “Espace Nord”. La roman­cière puise dans l’histoire famil­iale et s’interroge sur la qua­trième généra­tion de la com­mu­nauté juive après Auschwitz. La carte des regrets a reçu le prix de Lit­téra­ture de l’U­nion européenne.

Il fait bleu sous les tombes de Caroline Valentiny
  • Mai­son Autrique le 1er févri­er 2021 : lec­ture-spec­ta­cle sco­laire à 10h et 13h30 ; ren­con­tre avec l’autrice à 11h ; 14h30 et 19h ; lec­ture-spec­ta­cle à 20h15
  • Bib­lio­thèque Sésame le 12 févri­er 2021 : ate­lier-phi­lo à 8h30 “Inter­roger la mort”
  • Wol­u­bilis le 22 mars 2021 : lec­ture-spec­ta­cle à 20h ; ren­ncon­tre avec l’autrice à 21h

Lire aus­si : notre recen­sion d’Il fait bleu sous les tombes


Le livre. Enfant, lorsqu’il était en vie, il se couchait dans l’herbe, le soir, pour observ­er le ciel. Aujourd’hui, depuis son car­ré d’herbe étanche à la lumière, il a beau pliss­er les yeux, il ne peut plus rien voir.

Jusqu’il y a peu, Alex­is était vivant. A présent, il ne sait plus. Il perçoit encore la vie alen­tour, le bruisse­ment des feuilles, le pas des vis­i­teurs, et celui, sautil­lant, de sa petite sœur qui vient le vis­iter en cachette. Il se sent plutôt bien, mais que fait-il là ? Il ne sait plus. Ses proches n’y com­pren­nent rien non plus. Quel est le mys­tère d’Alexis ? Qu’a‑t-il voulu cacher à en mourir ?

Car­o­line Valentiny explore le clair-obscur de l’existence dans un pre­mier roman d’une sub­til­ité et d’une douceur impres­sion­nantes.

L’autrice. Psy­cho­logue de for­ma­tion, Car­o­line Valentiny est égale­ment pro­fesseure de langue, auteure et con­féren­cière. Elle a pub­lié un réc­it dans lequel elle racon­te sa dépres­sion sévère à la fin de l’adolescence, Le jour où ma tête est tombée dans un trou (Desclée de Brouw­er, 2009) réédité sous le titre Voy­age au bord du vide en 2015.

Les 20 ans de Portées-Portraits (Reprise)
  • Wol­u­bilis le 8 févri­er 2021

Pour fêter ses 20 ans, la Com­pag­nie Alber­tine a con­coc­té une soirée très spé­ciale !

Barbara Abel

Bar­bara Abel par­ticipera aux 20 ans de Portées Por­traits

Une lec­ture-spec­ta­cle en itinérance dans le théâtre Wol­u­bilis autour de 6 nou­velles de 6 auteurs emblé­ma­tiques pro­gram­més durant les vingt ans de Portées-Por­traits : Bar­bara Abel, Alain Beren­boom, Geneviève Damas, Thomas Gun­zig, Armel Job et Tom Lanoye. Les nou­velles seront lues par 6 comé­di­ens : Pietro Piz­zu­ti, Isabelle Wéry, Alexan­dre Von Sivers, Chris­t­ian Cra­hay, Emmanuel Dekon­inck et Isabelle Defos­sé.

De 1999 à 2019 plus de 400 artistes, écrivains, comédiens/comédiennes, musiciens/musiciennes ont fait réson­ner mots, sons et sens au cours des lec­tures-spec­ta­cle Portées-Por­traits du lun­di.

L’expo pho­tos de Véronique Wiele­mans « Des livres et nous » présen­tant une sélec­tion de por­traits de la joyeuse soirée d’anniversaire qui s’est tenue le 25 novem­bre 2019 à la Maion Autrique, s’invitera sur les cimais­es du Wol­u­bilis.

Frou-Frou de Caroline Lamarche
  • Grange du Douaire le 14 mars 2021 : lec­ture-spec­ta­cle à 17h ; ren­con­tre avec l’autrice à 18h

Le texte. Frou-Frou est une longue nou­velle extraite du recueil Nous sommes à la lisière qui a obtenu le prix Goncourt de la Nou­velle 2019, où une femme recueille un canard blessé dans un refuge. Un canard, lui dit-on, qui ne vol­era plus jamais. Mais la femme met une minu­tie à soign­er l’animal, cet ani­mal qui devient sa plus belle his­toire d’amour. Le réc­it d’une fusion entre un être humain et un oiseau porté jusqu’à son terme, le déchire­ment où cha­cun se retrou­vera face à sa con­di­tion pro­pre et inal­ién­able.


Lire aus­si : notre recen­sion de Nous sommes à la lisière


Un texte sen­si­ble et fort qui pose la ques­tion de la fron­tière entre l’humanité et l’animalité.

L’autrice. Écrivaine de langue française née à Liège en 1955, Car­o­line Lamarche a passé sa petite enfance en Espagne et son enfance en région parisi­enne. Licen­ciée en philolo­gie romane, elle a enseigné à Liège et au Nige­ria (après avoir épousée un aven­tureux qui l’a amené en Afrique) et vit actuelle­ment à la périphérie de Brux­elles. Remar­quée dès ses pre­miers textes (Prix Radio France Inter­na­tionale et Prix de la Fureur de Lire pour ses pre­mières nou­velles), elle a obtenu le prix Rossel pour son roman, Le jour du chien (Minu­it, 1996) et le prix tri­en­nal de la prose la même année pour Dans la mai­son un grand cerf.

Judas côté jardin de Juan d’Oultremont
  • Bib­lio­thèque Sésame le 12 mars 2021 : ate­lier thé­ma­tique “Se met­tre au vert” à 9h et 11h
  • Mai­son Autrique le 15 mars 2021 : lec­ture-spec­ta­cle sco­laire à 10h et 13h30 ; ren­con­tre avec l’au­teur à 11h, 14h30 et 19h ; lec­ture-spec­ta­cle à 20h15

Le livre. Judas côté jardin est le réc­it d’une méprise : entre 2 et 12 ans, Judas a cru que son père et Dieu ne fai­saient qu’un. Pas un dieu au hasard. Non. Dieu. Le Seul. L’Unique. Celui du pla­fond de la chapelle Six­tine et des chan­sons du Gold­en Gate Quar­tet.


Lire aus­si : notre recen­sion de Judas côté jardin


À tra­vers les péripéties du jardin famil­ial, au fil des décen­nies, Judas revient sur les événe­ments qui ont mar­qué son his­toire. Tout en feignant de par­ler botanique, il abor­de des sujets aus­si var­iés que l’hérédité, l’art con­tem­po­rain, le can­cer du poumon ou la méta­physique du rock and roll.

Entre le Jardin d’Eden et Jardin des Oliviers, le roman glisse peu à peu de l’innocence vers la cat­a­stro­phe.

L’au­teur. Juan d’Oultremont mul­ti­plie les dis­ci­plines depuis plus de trente ans. De la pein­ture au roman, Compte à rebours fut final­iste du prix Rossel en 2015, de la chan­son en tant qu’auteur aux qua­tre albums en tant que chanteur, jusqu’à sa par­tic­i­pa­tion à C’est presque sérieux sur la Pre­mière, il appa­raît là où on ne l’attend pas.

L’île longue de Victoire de Changy
  • Mai­son Autrique le 10 mai 2021 : ren­con­tre avec l’autrice à 19h ; lec­ture-spec­ta­cle à 20h15

Le livre. Seule, une jeune femme prend l’avion pour Téhéran. Du dédale des rues aux marchés four­mil­lants, elle plonge dans la vie irani­enne et se lie à Tala, qui vient de per­dre sa mère dont elle ignore le passé.

Quel secret cette femme gar­dait-elle enfoui ? Leur quête les mène, avec la petite Bijan, jusqu’aux rivages de Qeshm, « l’île longue » au sable noir et d’argent. C’est là, entre mer et désert, que se révèle à elles le prix de la lib­erté.


Lire aus­si : notre recen­sion de L’île longue


L’autrice. Vic­toire de Changy est née en 1988, elle tra­vaille dans le milieu de la cul­ture et de la poésie à Brux­elles. Son pre­mier roman, Une dose de douleur néces­saire, salué par la cri­tique a été final­iste en 2017 du prix Rossel.

A tra­vers son écri­t­ure envoutante, Vic­toire de Changy démêle les fils d’une his­toire intime et poli­tique et con­firme son tal­ent d’auteur.

En pratique

Infor­ma­tions et réser­va­tions : 02/245.51.87 ou 0474/62.53.98 — albertineasbl@gmail.comwww.albertine.be

Les lieux :

  • Mai­son Autrique — Chaussée de Haecht, 266 à Schaer­beek
  • Wol­u­bilis — Place du temps libre, 7b à Woluwe-Saint-Lam­bert
  • Bib­lio­thèque Sésame — Boule­vard Lam­ber­mont, 200 à Schaer­beek
  • Grange du Douaire — avenue des Com­bat­tants, 2 à Ottig­nies-Lou­vain-La-Neuve

Télécharg­er le pro­gramme com­plet (PDF)