Archives de l’auteur : Le Carnet et les Instants

Prix Rossel 2024 : les lauréats

Velibor Čolić

Veli­bor Čolić — © Francesca Mon­to­vani pour Gal­li­mard

Le jour­nal Le Soir a annon­cé les noms des lau­réats 2024 des prix Rossel, tant en roman qu’en bande dess­inée.

Con­tin­uer la lec­ture

Entre les mondes

Anna Safi­a­tou TOURE, Her­bier du départe­ment con­go­lais des Ser­res royales de Laeken, CFC, 2024, 64 p., 16 €, ISBN : 9782875721044

toure Herbier du département congolais des Serres royales de LaekenAu départ, un fait his­torique : les plantes ramenées du Con­go par les colons, pour agré­menter de leurs couleurs et leurs tex­tures les Ser­res royales de Laeken, n’ont pas survécu au cli­mat belge. Un siè­cle plus tard, une artiste fran­co-mali­enne s’empare du réc­it pour le tor­dre, en extraire la sève restée vivace – en dor­mance – sous l’écorce momi­fiée du réel. Con­tin­uer la lec­ture

« Une ville qui aurait bel et bien existé »

Un coup de cœur du Car­net

François LIÉNARD, Joyeuse entrée, CFC, coll. « La ville écrite », 2024, 160 p., 18 €, ISBN : 9782875720993

liénarrd joyeuse entreeIl m’aura fal­lu atten­dre cinquante et un ans pour me ren­dre compte que j’habitais un poème. Celui qui fig­ure aux pages 78 et 79 de Joyeuse entrée de François Lié­nard. Inti­t­ulé « La ville en papi­er », ce texte sil­lonne les librairies d’ancien et autres bouquiner­ies qui pul­lu­laient à Brux­elles jusqu’à la fin des années 1990. À cha­cune de ses lignes, je fran­chis une porte mille fois franchie, le plus sou­vent assor­tie d’un coup de car­il­lon, je me laisse pénétr­er par une odeur mille fois humée, mélange sub­til de papi­er, cuir, tabac et bois­erie vernissée, et le ver­tige me saisit comme à chaque fois face aux hauts murs tapis­sés d’ouvrages d’art de Posa­da, et à La Borgne Agasse le sourire de Jean-Pierre Canon, qui m’invite de sa voix érail­lée à partager un verre de rouge à sa table où s’accumulent les Cahiers André Bail­lon, se remet à flot­ter devant moi. Les enseignes Nijin­s­ki, Papyrus, celles de la rue des Éper­on­niers et de la Galerie Borti­er, dansent sous mes pas de fouineur, de chineur invétéré, et je m’enorgueillis d’avoir pu encore jouir, dans ma ving­taine, de ces lieux sacrés et pré­caires, voués à l’engloutissement, car ils ne font plus par­tie main­tenant que du monde en moi, et il n’est plus de vrai, passé un cer­tain âge, que les prom­e­nades intérieures. Con­tin­uer la lec­ture

Prix Wepler — Fondation La Poste 2024 : les lauréats

Célestin de Meeûs à la remise du prix Wepler

Célestin de Meeûs à la remise du prix Wepler — © Gaël Coto

Le jury du prix Wepler — Fon­da­tion La Poste a tranché et livre son lau­réat 2024 ain­si que sa men­tion spé­ciale.  Con­tin­uer la lec­ture

« La vie va super vite »

Un coup de cœur du Car­net

Math­ias BAIJOT, Le voy­age d’Irma, Cot­Cot­Cot, coll. « Les ran­don­nées graphiques », 2024, 144 p., 21 €, ISBN : 978–2‑930941–64‑6

baijot le voyage d'irma« Irma voulait enten­dre les his­toires d’ailleurs. Peu­pler sa vie de mille et un réc­its, comme autant de facettes sur une boule dis­co… » L’imposante baleine à bosse, d’une grâce inef­fa­ble dans les eaux quadrillées d’un océan-piscine ou au cen­tre d’un chapiteau scin­til­lant à la manière sat­ur­day night fever, porte en elle le désir de tout lecteur ou écou­teur de lit­téra­ture : s’extraire de l’ici et main­tenant, tran­siter dans un là-bas-à-ce-moment-là, en revenir avec des frag­ments de lieux, d’époques, de « je » (« tu », « il/elle/on » …), de regards, de vies, d’univers. Con­tin­uer la lec­ture

Surréalisme, pour ainsi dire…

Xavier CANONNE, Char­lotte DOYEN, Thier­ry MASSIN, Ade­line ROSSION et Chris­telle ROUSSEAU, Image(s) d’une col­lec­tion, tome 2, Musée de la Pho­togra­phie de Charleroi, 2024, 352 p., 45 €, ISBN : 978‑2871 830 863

surrealisme pour ainsi dire

Le cen­te­naire de la paru­tion du Man­i­feste du sur­réal­isme d’André Bre­ton – et, en Bel­gique, du groupe Cor­re­spon­dance for­mé de Paul Nougé, Camille Goe­mans, Mar­cel Lecomte – est mar­qué par de très nom­breuses man­i­fes­ta­tions et expo­si­tions, dans notre pays et à tra­vers le monde. Le Musée de la Pho­togra­phie à Charleroi saisit l’occasion pour présen­ter l’apport essen­tiel des par­tic­i­pants du mou­ve­ment à la pho­togra­phie, qui con­stitue l’un des axes majeurs de ses col­lec­tions. Le sur­réal­isme au prisme de la pho­togra­phie, ou la pho­togra­phie au prisme du sur­réal­isme ? Les deux ori­en­ta­tions tien­nent la route et se com­plè­tent, car par­mi les avant-gardes du 20e siè­cle, peu ont autant mar­qué l’avancée du medi­um pho­tographique dans l’histoire (vivante) de l’art que le sur­réal­isme. Con­tin­uer la lec­ture

Nos abîmes intérieurs

Flo­rence NOËL, Sylvie DURBEC, Rup­tures d’étoile, Chat polaire, 2024, 77 p., 15 €, ISBN : 978–2‑931028–33‑9

noel ruptures d'étoileNée à Ciney en 1973, Flo­rence Noël a une for­ma­tion en his­toire, en ori­en­tal­isme, en théolo­gie et en didac­tique. Ce livre est son neu­vième recueil de poèmes. Pour Solom­bre (Le Tail­lis Pré) elle a reçu le prix Dela­by-Mour­maux en 2019. Comme c’est le cas ici encore avec Sylvie Durbec, son tra­vail d’écriture se nour­rit régulière­ment de col­lab­o­ra­tions avec d’autres artistes. Sylvie Durbec, artiste plas­ti­ci­enne française, orig­i­naire de Mar­seille, est aus­si autrice (poésie, théâtre, lit­téra­ture jeunesse, romans). Elle est lau­réate du prix Jean Fol­lain pour Mar­seille éclats et quartiers paru chez Jacques Bré­mond en 2008. Son œuvre sen­si­ble est mar­quée par le tra­vail de mémoire, une forme à la fois épurée et col­orée de trans­fig­u­ra­tion lyrique et l’influence du pein­tre Chaïm Sou­tine qui depuis longtemps requiert son atten­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Les mémoires de l’hippocampe

Car­o­line VALENTINY, Les sou­venirs oubliés ne sont jamais per­dus, Albin Michel, 2024, 224 p., 20 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782226488046

valentiny les souvenirs oubliés ne sont jamais perdusIl y a des sou­venirs qui obsè­dent, dont on aimerait se sépar­er, mais qui s’incrustent dans les moin­dres recoins de l’esprit. Il y a des sou­venirs qu’on aimerait garder auprès de soi, s’y blot­tir le plus sou­vent pos­si­ble, mais qui peu à peu échap­pent. Puis il y a des sou­venirs qu’on a tou­jours gardés pour soi, qui sont murés en soi.

Juli­ette, une vieille dame, passe ses journées instal­lée à sa fenêtre. Elle tri­cote et regarde au loin, par-delà les champs et les vignes. Elle attend la vis­ite de sa fille, Lise. Vien­dra-t-elle aujourd’hui ? Mais est-ce bien sa fille ? A‑t-elle des enfants ? Depuis quelques temps, sa mémoire lui joue des tours et la fuit. Pour­tant, dans le cré­pus­cule, des sou­venirs très pré­cis lui revi­en­nent. Celui d’un amour passé, d’avant Féli­cien, son mari décédé. Con­tin­uer la lec­ture

L’atelier de l’auteur

Un coup de cœur du Car­net

Paul EMOND, Une fab­rique de per­son­nages, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2024, 264 p., 20 €, ISBN : 978–2‑8032–0083‑2

emond une fabrique de personnagesCom­ment s’écrit un texte pour le théâtre, des­tiné à être mis en scène et joué, com­ment se crée un per­son­nage, com­ment s’élabore un univers théâ­tral ? C’est pour nous faire décou­vrir ses inter­ro­ga­tions qu’avec Une fab­rique de per­son­nages, Paul Emond ouvre son ate­lier. Le livre est un recueil de textes pour une part déjà pub­liés et remaniés pour cette édi­tion, d’autres tout récents.  Ce n’est pas un essai rigoureuse­ment organ­isé, plutôt des chemins de tra­vers­es suiv­is çà et là, dans une pro­gres­sion en zig-zag qui ne perd jamais en cohérence. Con­tin­uer la lec­ture

Prix de poésie Philippe Jones 2024 : le lauréat

prix philippe jones 2024

Pierre-Yves Soucy reçoit le prix de poésie Philippe Jones des mains d’Yves Namur, secré­taire per­pétuel de l’Ar­llfb — Pho­to : Arllfb

L’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique (Arllfb) a décerné le prix de poésie Philippe Jones 2024 à Pierre-Yves Soucy.

Le prix lui a été remis à l’oc­ca­sion d’une soirée d’hom­mage à Philippe Jones, qui aurait eu 100 ans le 8 novem­bre. Con­tin­uer la lec­ture

Deux ou trois considérations sur Pieterke Mol

Un coup de cœur du Car­net

Pieterke MOL, Com­ment dire au revoir à un père absent ?, Édi­tions Bleu dans vert, coll. « Peau com­mune », 2024, 82 p., 9 €, ISBN : 9782960269383

mol comment dire aurevoir à un pere absentConsidération # 1 : où il est dit qu’on crée pour ne pas n’être qu’un bout de viande déjà morte

Com­ment dire au revoir à un père déjà mort ? Com­ment tourn­er la page ? Qu’est-ce que lut­ter ? Pourquoi lut­ter ? Êtes-vous issu ou issue d’une famille tox­ique ? Assu­jet­tie à l’al­cool ? Échappe-t-on jamais aux ven­tres de nos mères ? Des lieux de nos nais­sances ? Hérite-t-on pour tou­jours des assué­tudes de nos père et mère ? Pieterke Mol est jeune, pho­tographe, autrice et réal­isatrice de pod­casts. Dès ses études, elle décide : ses créa­tions, pho­tos, textes, sons, seront auto­bi­ographiques. Non parce que Pieterke Mol con­sid­ér­erait son par­cours de vie comme exem­plaire : il n’y a rien de “gourouesque” dans la démarche de Pieterke Mol. Il y a du feu. Une langue splen­dide. Incan­des­cente. En 2020, Ça va n’aller, son pre­mier roman, avait ébloui, par­venant même, une pre­mière pour un livre auto-édité, à con­courir loin pour le Prix Rossel, tant le style de Pieterke Mol empor­tait ses lec­tri­ces et lecteurs dans un déluge de phras­es brèves et de mots puis­sants faisant bas­culer le réc­it de sa vie du côté de la lit­téra­ture plutôt que dans la “sim­ple” rela­tion d’une expéri­ence douloureuse, d’une enfance triste et mor­tifère et de sa pro­pre lutte dans l’en­fer de la coke et de l’al­cool. Con­tin­uer la lec­ture

Prix de l’AEB 2024 : les finalistes

L’As­so­ci­a­tion des écrivains belges (AEB) remet­tra ses prix lit­téraires le 20 novem­bre. Les final­istes sont désor­mais con­nus. Con­tin­uer la lec­ture

Georges Lebouc, un vrai patriote, une fois !

Georges LEBOUC, Vie et survie de la lit­téra­ture brux­el­loise, Lamiroy, 2024, 20 €, ISBN : 9782875959393

lebouc vie et survieUne curieuse dame à l’allure soignée, coif­fée d’un cha­peau et plongée dans la lec­ture du Mariage de Mlle Beule­mans (1910) de Frantz Fon­son et Fer­nand Wichel­er. C’est la fameuse Madame Cha­peau de Bosse­mans et Cop­penolle de Paul Van Stalle et Joris d’Han­swyck en cou­ver­ture du nou­v­el essai de Georges Lebouc inti­t­ulé Vie et survie de la lit­téra­ture brux­el­loise, paru en sep­tem­bre 2024 aux Édi­tions Lamiroy. Un avant-goût des his­toires tru­cu­lentes que l’auteur réserve à ses lecteurs. Roman­iste de for­ma­tion, Georges Lebouc étudie notam­ment les langues endogènes de Bel­gique et pub­lie, entre autres, plusieurs Dic­tio­n­naires con­sacrés aux bel­gi­cismes. Depuis 2001, il est à la tête de la col­lec­tion « Let­tres brux­el­lois­es » aux Édi­tions Racine. Aucun doute : c’est un Brux­el­lois, et fier de l’être. Après de nom­breux travaux lin­guis­tiques, il pour­suit avec cet essai qu’il con­sacre aux dialectes brux­el­lois. Le philo­logue embar­que son lecteur pour une prom­e­nade au cœur de la cap­i­tale du Pays du sur­réal­isme. Con­tin­uer la lec­ture

Un roman familial marollien

Alain VAN CRUGTENMarolles, M.E.O., 2024, 272 p., 23 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782807004672

van crugten marollesL’influence d’un lieu de vie sur les habi­tants, l’effet en retour des riverains sur le quarti­er qu’ils façon­nent, les zones souter­raines de l’histoire de la famille Thomm, la tra­jec­toire d’une ascen­sion sociale… c’est au cœur de ces élé­ments tout à la fois fic­tion­nels et biographiques que le romanci­er, nou­vel­liste (Des fleuves impas­si­bles, Kor­sakoff, En étrange province, Ma Lodoïs­ka, La dic­tature des ignares…), dra­maturge (Dia­ble !, Le regard per­san, Stef, Com­ing out, Bruno Schulz ou La grande hérésie…) et tra­duc­teur (Hugo Claus, Tom Lanoye, S. I. Witkiewicz, Bruno Schulz, Witold Gom­brow­icz…) Alain van Crugten situe son roman, Marolles. Con­tin­uer la lec­ture

Les Fugueurs du livre 2024 : le programme

fugueurs du livre 2024

Les Fugueurs du lire, le salon lit­téraire lié­geois dédié à la petite édi­tion, revient les 30 novem­bre et 1er décem­bre pour une 11e édi­tion. Le Comp­toir du livre, organ­isa­teur de l’événe­ment, vous attend au B3. Con­tin­uer la lec­ture

Relire Philippe Roberts-Jones

philippe jones

Philippe Roberts-Jones

Ce ven­dre­di 8 novem­bre, l’écrivain et his­to­rien d’art Philippe Roberts-Jones (1924- 2016) aurait eu 100 ans. L’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, dont il était l’un des mem­bres, lui con­sacr­era une soirée d’hom­mage le 5 novem­bre. Ce cen­te­naire nous offre l’occasion de redé­cou­vrir l’auteur et son œuvre à par­tir des archives du Car­net et les Instants Con­tin­uer la lec­ture