Des notes sur toute la gamme

Cris­t­ian RONSMANS, Le bâton de Plu­tar­que. Mis­cel­lanées, Pont de l’Europe, 2019, 160 p., 12 €, ISBN : 978–2‑36851–422‑1

Dans Le bâton de Plu­tar­que, deux­ième volet de ses Mis­cel­lanées (le beau nom, quelque peu oublié, des mélanges lit­téraires), Cris­t­ian Ron­s­mans nous livre une nou­velle brassée de notes cueil­lies dans ses car­nets, aux couleurs et humeurs var­iées. Groupées par chapitres fan­tai­sistes : Apho­rismes et périls, Apho­rismes et man­tilles, Apho­rismes et basse con­tin­ue, Apho­rismes et vieilles den­tellesCon­tin­uer la lec­ture

Félicien Rops. Théorie du druidisme

Féli­cien ROPS, Mémoires pour nuire à l’histoire artis­tique de mon temps, Textes présen­tés, choi­sis et post­facés par Hélène Védrine, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 420 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–477‑6

Davan­tage que sim­ple­ment don­ner le ton, le titre résonne comme un man­i­feste esthé­tique. C’est dans l’espace lit­téraire du pein­tre, graveur, dessi­na­teur et illus­tra­teur Féli­cien Rops (1833–1898) que nous entrons. Le recueil Mémoires pour nuire à l’histoire artis­tique de mon temps se com­pose de textes sélec­tion­nés par Hélène Védrine, sou­vent tirés de la cor­re­spon­dance de l’artiste, au fil desquels l’on décou­vre ses théories esthé­tiques, sa con­cep­tion (mou­vante, mul­ti­fi­brée) de la moder­nité, la cen­tral­ité de l’érotisme, son inven­tion d’une forme de dandysme inspirée par Baude­laire, forme qu’il appelle le druidisme. Con­tin­uer la lec­ture

Des livres sur Bruxelles numérisés par l’ULB

Les Bib­lio­thèques de l’ULB ont engagé un impor­tant tra­vail de numéri­sa­tion de livres, mis ensuite à dis­po­si­tion des usagers. L’une des sec­tions de cette dig­ithèque, sous le nom “Brux­el­liana”, regroupe des livres — poèmes, réc­its, pièces de théâtre ou essais — con­sacrés à Brux­elles.  Con­tin­uer la lec­ture

Plus fort que tout

Tuyêt-Nga NGUYEN, Soie et métal, Acad­e­mia, 2019, 306 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑8061–0481‑6

Le sen­ti­ment d’abandon parental chez un enfant laisse sou­vent une blessure pro­fonde, indélé­bile. Quand Clara, âgée de 16 ans, voit sa mère quit­ter le domi­cile famil­ial, elle décide de la ray­er de sa vie. Lorsqu’elle reçoit huit ans plus tard un col­is avec divers­es infor­ma­tions sur celle qu’elle a reniée, elle pense d’abord à ren­voy­er l’enveloppe à l’expéditeur sans pren­dre con­nais­sance de son con­tenu. Mais elle doit tôt admet­tre que le mal est fait : la plaie de la perte est rou­verte et son regard aiman­té par l’enveloppe qu’elle tarde à aller dépos­er. Elle com­mence par lire la let­tre qui accom­pa­gne divers doc­u­ments, puis ne résiste pas à pren­dre con­nais­sance de tout son con­tenu. En écho à cette ques­tion qui résonne : Les incendies des âmes s’éteignent-ils tou­jours, à l’image de ceux des forêts ? Con­tin­uer la lec­ture

Poétique de la célébration

Jacques SOJCHER, Joie sans rai­son, dessins d’Arié Man­del­baum, Fata Mor­gana, 2020, 56 p., 13 €, ISBN : 978–2377920570

Il est des recueils poé­tiques qui s’élèvent au tac­tile, qui, par la grâce des mots, accom­plis­sent une promesse sœur de la caresse de Lév­inas. Joie sans rai­son du philosophe et poète Jacques Sojch­er se tient sur cette ligne de tac­til­ité, de nudité, d’un dévoile­ment adom­bré par le retrait. Les cer­cles qu’arpente Jacques Sojch­er en philosophe-artiste ont pour nom la femme, l’enfance, l’amor fati. Comme « la rose est sans pourquoi » (Angelus Sile­sius), la joie est sans rai­son dès lors qu’elle se tient du côté du non-savoir, de la perte de toute maîtrise. Il n’y a pas d’amour sans entrée dans l’impersonnel, dans l’au-delà ou l’en deçà du sujet. Con­tin­uer la lec­ture

« Le témoin déjà en poussière de ma propre poussière… »

José-André LACOUR, Le rire de Caïn, Table ronde, coll. « Petite Ver­mil­lon », 620 p., 10,5 €, ISBN : 9791037105387

« Le mot chef‑d’œuvre est gal­vaudé. » C’est sur ce con­stat sans appel que s’ouvre la pré­face signée par Jacques De Deck­er à pro­pos d’un des plus grands livres oubliés des let­tres fran­coph­o­nes de Bel­gique. Le rire de Caïn de José-André Lacour (1919–2005) con­stitue en effet un som­met de la veine auto­bi­ographique romancée. Pub­lié à l’enseigne de La table ronde en 1980 – soit à l’époque où le ques­tion­nement iden­ti­taire se dis­ait encore « Bel­gi­tude » à Paris –, ce fort vol­ume se ver­ra couron­né par le Grand Prix des Lec­tri­ces du mag­a­zine Elle. Rien d’étonnant à cette recon­nais­sance si l’on con­sid­ère la maes­tria de Lacour à camper les por­traits des femmes qui peu­plent son réc­it, à les met­tre en scène dans le spec­tre le plus éten­du de leurs atti­tudes, à faire ressen­tir leurs douleurs secrètes, leurs doutes, leur force, leur sen­si­bil­ité, leur vio­lence, bref leur être tout entier. Con­tin­uer la lec­ture

Calepin d’un galopin

Paul GUIOT, Au pays des mots à sons, Chat polaire, 2019, 63 p., 12 €, ISBN : 978–2‑9310–2802‑5

À 57 ans, Paul Guiot con­fesse qu’il est resté très jou­ette. L’auteur d’aphorismes aime les mots qu’il ramasse comme un gamin sans peur qu’on fesse, revenu de l’école buis­son­nière. Celle-ci est son Pays des Mots à Sons où vivre se con­jugue au plaisant. Tel est le pré req­uis dans lequel il emmène par l’âme un ami ; vous lecteur. Pour observ­er ses ani­mots rumi­nant livresque d’une vie de poème, chan­té dans les champs de blé en verbe. Con­tin­uer la lec­ture

Verheggen enfin chez Vondel !

Jean-Pierre VERHEGGEN, Pub­ères, Putains / Pubers, Pieten­pakkers, tra­duc­tion Christoph BRUNEEL, Âne qui butine, 2019, 2013 p., 22€, ISBN : 978–2‑919712–23‑6

Il n’est pas dans les habi­tudes du Car­net de recenser les tra­duc­tions d’œuvres lit­téraires belges fran­coph­o­nes vers d’autres langues. Une excep­tion pour­tant aujourd’hui tant l’entreprise qui voit le jour con­stitue une pre­mière, un défi relevé et entamé il y a trois ans par Christoph Bruneel, relieur de for­ma­tion et ani­ma­teur avec Anne Letoré des édi­tions L’Âne qui butine. Le pari ? Traduire inté­grale­ment en néer­landais un recueil de Jean-Pierre Ver­heggen, en l’occurrence Pub­ères, Putains, sans doute l’un des textes les plus con­nus, les plus aboutis du poète. Un pari assez fou en effet d’autant que Ver­heggen se plaît à rap­pel­er avec humour que même en français il n’a jamais été adap­té, emprun­tant en cela à Jules Renard sa for­mule ironique à l’encontre de l’auteur d’Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, « Mal­lar­mé, intraduis­i­ble même en français ! » Con­tin­uer la lec­ture

Le vieux métier de vivre et d’écrire

Un coup de cœur du Car­net

William CLIFF, Immor­tel et périss­able, choix anthologique et post­face de Gérard Pur­nelle, Impres­sions Nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 240 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–424‑0

Il porte un nom (pseu­do­nyme) d’acteur améri­cain, une gueule pareille ; il est à faire se damn­er un saint, William Cliff. Mais plutôt que de s’exhiber sur les écrans tout en longueur du ciné­matographe, c’est sur d’autres sur­faces blanch­es qu’il a inscrit son corps, sa vie (matière qua­si exclu­sive de son œuvre, avec l’espèce humaine) : celles des pages des recueils de poésie et des romans. Bien qu’on puisse l’entendre mur­mur­er qu’il est mal­con­tent :

de quelle insat­is­fac­tion souf­frez-vous 
(c’est la gloire la gloire qui me manque)
, Con­tin­uer la lec­ture

Bilan de l’année littéraire 2019 : les prix

Le bilan de l’an­née lit­téraire belge, la suite. Voici main­tenant un réca­pit­u­latif des auteurs belges lau­réats ou final­istes de prix lit­téraires belges ou étrangers en 2019. Con­tin­uer la lec­ture

Bilan de l’année littéraire 2019 : les recensions les plus lues

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Suite de notre tour du meilleur de l’an­née 2019. Voici les recen­sions les plus lues sur notre blog au cours des 12 derniers mois. Con­tin­uer la lec­ture

Trois petits tours et puis s’en vont…

Un coup de cœur du Car­net

Aïko SOLOVKINE, Rodéo, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 220 p., 8.50 €, ISBN : 978–2‑87568–482‑0

Le roman Rodéo d’Aïko Solovkine, bien que salué par les cri­tiques lors de sa pre­mière pub­li­ca­tion en 2014 chez Fil­ip­son et récom­pen­sé par le prix de la Pre­mière œuvre de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles en 2016, avait con­tin­ué de cir­culer dans une com­mu­nauté restreinte de lecteurs. Sa deux­ième édi­tion est un événe­ment atten­du, tant il est évi­dent que le réc­it de cette jeune autrice n’avait pas eu alors la vis­i­bil­ité qu’il méri­tait. Aug­men­té d’une post­face, comme c’est tou­jours le cas dans la col­lec­tion Espace Nord, ce roman met en scène les actions d’une jeunesse mâle oubliée dans une région rurale belge délais­sée. Con­tin­uer la lec­ture

Coopération culturelle Communauté française et Communauté flamande : appel à projets

Les Com­mu­nautés française et fla­mande lan­cent ensem­ble leur cinquième appel à pro­jets dans le cadre de l’Accord de coopéra­tion cul­turelle. Cet appel a pour objec­tif de stim­uler la coopéra­tion entre opéra­teurs cul­turels, de favoris­er la dif­fu­sion des pro­jets dans les deux Com­mu­nautés, et d’accroître la par­tic­i­pa­tion mutuelle des publics. Con­tin­uer la lec­ture

La mort est un mystère

Car­o­line VALENTINY, Il fait bleu sous les tombes, Albin Michel, 2020, 184 p., 16.90 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑226–44794‑4

Il fait bleu sous les tombes. Le titre – un brin de mys­tère, un soupçon de poésie – donne d’emblée le ton du pre­mier roman de Car­o­line Valentiny, qui lance la ren­trée lit­téraire d’hiver des édi­tions Albin Michel.

Un pre­mier roman choral, qui suit les par­cours de Madeleine, la mère ; de Pierre, le père ; de Juli­ette, l’amie-amoureuse et de Noémie, la petite sœur, comme autant de lézardes creusées par une unique défla­gra­tion : la mort d’Alexis, un étu­di­ant de vingt ans, dont le roman suit aus­si les pen­sées post-mortem. Un livre à cinq voix, qui dans la brièveté de ses 180 pages, arpente aus­si trois voiES. Con­tin­uer la lec­ture

Bilan de l’année littéraire 2019 : le top des tops

Ces derniers jours, les chroniqueurs du Car­net ont livré leur trois livres-coups de coeur de l’an­née 2019. Des sélec­tions dis­parates, puisées dans des gen­res lit­téraires dif­férents. Avec toute­fois quelques titres qui revi­en­nent dans plusieurs sélec­tions.

Le réca­pit­u­latif des choix de nos chroniqueurs, par nom­bre de voix. Con­tin­uer la lec­ture

Entre-chats sur un air de Brabançonne

Frank ANDRIAT, Les politichats, Ker, coll. « Bel­giques », 2019, 120 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87586–244‑0

Il a beau dire, l’ami Frank, que ces nou­velles « ne sont en rien un por­trait exact de leur per­son­nal­ité » (Celle de ces « stars poli­tiques qui lui (en) ont don­né l’idée »)… Pas d’exactitude au sens pro­pre, d’accord, dans ces Politichats signés Frank Andri­at mais, à tra­vers neuf textes zoomor­phiques, une évo­ca­tion piquante – et miaulante – des tra­vers et car­ac­téris­tiques des hommes et femmes publics qui prési­dent aujourd’hui aux des­tinées, certes prob­lé­ma­tiques, de cette Bel­gique qui donne son nom à la col­lec­tion pub­liée par Ker. Col­lec­tion qui se veut « un por­trait mosaïque » du pays dont la com­pli­ca­tion est, par con­fort, par tra­di­tion et faute de mieux, hap­pée par l’increvable cliché du « sur­réal­isme ». Con­tin­uer la lec­ture