Parole d’argent, silence d’or

Dorothée CAILLE, Alors j’écris, Les mots qui trot­tent, 2018, 329 p., 9€, ISBN : 979–10-97325–22‑0 

Mered­ith se réveille dans une cham­bre d’hôpital à Lon­dres. Une douleur aigüe martèle sa gorge. « Apparem­ment, tu ne pour­ras plus par­ler », lui annonce son frère. La nou­velle lui fait l’effet d’un coup de poing dans le ven­tre. Elle soulève quelques sou­venirs amers issus d’une enfance chao­tique. Tout comme sa mère lorsque Mered­ith était enfant, sa voix l’a donc aban­don­née. Avec elle, Mered­ith perd son emploi d’interprète, sa pas­sion pour le chant et… son petit copain du moment. Con­tin­uer la lec­ture

En vers et contre tout

André STAS et Éric DEJAEGER, Sor­nets, illus­tra­tions de Jean-Paul Ver­straeten, album édité à 200 exem­plaires numérotés et signés, R.A. Edi­tions, 2018, 210 p. ; Éric DEJAEGER, Le musée de la girou­ette et du ven­ti­la­teur (Poèmes cocass­es), cou­ver­ture de Serge Delescaille, Gros Textes, 2018, 82 p., 6 €, ISBN : 978–2‑35082–401‑7

Sornets couverture andré stas eric dejaeger

En tête des Sor­nets, l’opus com­mun d’André Stas et Éric Dejaeger, le por­trait de ces deux far­fadets crapo­teux, réal­isé par Jean-Paul Ver­straeten, troisième lar­ron de la fête, donne bien le ton de la pyrotech­nie lan­gag­ière et (dé)culottée de cet opus. Savante et acro­ba­tique aus­si puisqu’il s’agit pour ces fins let­trés, dévoyés pour la bonne cause – celle du rire –, de pro­duire selon les canons les plus ortho­dox­es de la métrique, cent son­nets alexan­drins qui valent leur pesant de roupie et de jouis­sive inso­lence.

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En pente douce

Tris­tan ALLEMAN, Sidérales, Tra­verse, 2019, 80 p., 13€, ISBN : 978–2‑93078–330‑7

Dans Tes yeux, qui ouvre ce nou­veau recueil, pub­lié après Fugi­tives en 2018 (qui con­cer­nait davan­tage les nou­velles), Tris­tan Alle­man dit « vouloir la sou­p­lesse du flot et la sim­plic­ité du monde ». Voilà un vers par­ti­c­ulière­ment pro­gram­ma­tique de son œuvre poé­tique limpi­de, con­sti­tuée de textes courts, qui « s’interstice, se glisse, se fau­file et s’esquisse » entre les gen­res. Assem­blées en cinq par­ties qui tan­tôt affichent une sym­bol­ique claire (III Prénoms, cir­cu­lant entre Françoise, Lau­ra, Élise ou Blanche, héroïnes rêveuses et vaporeuses) tan­tôt lais­sent le champ ouvert à des échap­pées plus amples (II L’air pur, V Envol), ces Sidérales ont été glanées dans un espace-temps de vingt-cinq ans, mais témoignent toutes d’un rap­port direct et sans fard de l’auteur à ce qui l’entoure, d’une obser­va­tion patiente « comme une pierre d’eau /qu’érodent  vents et siè­cles ». Une façon de con­sid­ér­er tant la nature que les mots comme des alliés qui sied bien à la pro­fes­sion de jour – bib­lio­thé­caire à la Fac­ulté Poly­tech­nique de l’U­Mons – de celui qui fut égale­ment, avec Marc Menu, co-respon­s­able des édi­tions du Coq. Une façon aus­si, sans doute, comme le dit Super­vielle de se faire « des amis des grandes pro­fondeurs. » Con­tin­uer la lec­ture

Tourments et superbe

Un coup de cœur du Car­net

Yvon GIVERT, Le voy­age immo­bile et autres poèmes, Tail­lis Pré, 2019, 156 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87450–144‑9

Affres plus que spleen, Le voy­age immo­bile et autres poèmes d’Yvon Givert sont de la douleur pure. L’expression d’une souf­france ultime quoique con­trôlée, et pro­fondé­ment enfouie entre les nervures et fil­igranes des pages, comme en un tis­su nerveux imbibé de cha­grins soumis à la rai­son, la lucid­ité, la force de pen­sée et de car­ac­tère. Pour ne pas déranger, ne pas débor­der, ne pas con­tagi­er autrui… ni peut-être som­br­er dans la folie. Con­tin­uer la lec­ture

Entre ombre et clarté

Serge MEURANT, L’atelier de Philippe Des­omberg. Car­nets, Amis de l’École des Arts, 2019, n.p.

Art et poésie se rejoignent au creux des pages du petit livre de Serge Meu­rant L’atelier de Philippe Des­omberg. Car­nets.

Les mots épousent les sculp­tures, entrent en réso­nance avec elles, ren­dent leur présence sen­si­ble.

Somp­tu­osité des dos / où respire / la vie vul­nérable. 

La pierre te domine, / c’est un corps / qui se refuse et se donne. // Sa dureté t’éreinte. / Elle te guide / en une danse immo­bile. // Vos gestes se répon­dent, / dans l’obscurité. 

Les poèmes dia­loguent avec des pho­togra­phies extraites du film de Francine d’Hulst L’atelier de Philippe Des­omberg et des dessins du sculp­teur.

La nuit tombe dans l’atelier. / On croirait enten­dre / la res­pi­ra­tion des stat­ues / ou est-ce l’écho / de ton souf­fle / qui embue le miroir ? 

Francine Ghy­sen

Quand la nuit enfle

Flo­rence NOEL, fron­tispice de Pierre GAUDU, Solom­bre, Tail­lis Pré, 2019, 83 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87450–145‑6

C’est durant la nuit que la poésie s’éveille ! Celle des amants, des enfants dont les « pattes nues» effleurent, tel un pin­son apeuré, « le car­relage en dami­er », celle aus­si des silences angois­sés, des spec­tres, des attentes et des promess­es que l’on ne tien­dra peut-être pas. Atten­dant l’aube, la nuit se plaît à déclin­er les ombres soli­taires que sug­gère le titre en forme de mot-valise. « Solom­bre », l’ombre au sol pro­jetée, noc­turne, la cache som­bre du soleil noir, ou encore la nuit-ombrelle pro­tégeant des strates de l’astre qui, on le sait, rede­vien­dra carmin dès les pre­miers rayons du jour. «  Solom­bre », mot d’exergue extrait des Hom­mages et pro­fa­na­tions d’Octavio Paz et que Flo­rence Noël fait sien pour enclencher l’écriture. Mais c’est aus­si dans la nuit que l’écriture scelle les ser­ments, les longues his­toires, tou­jours les mêmes, que l’on racon­te aux enfants pour les ras­sur­er, leur per­me­t­tre de plonger dans la nuit des songes con­so­la­teurs. Comme pour les sous­traire aux cauchemars qu’aiguise la nuit intraitable qui se terre der­rière les ten­tures et que les con­tes bal­aieront « d’une aile ». Con­tin­uer la lec­ture

Pour l’amour de Fatou

Éric-Emmanuel SCHMITT, Félix et la source invis­i­ble, Albin Michel, 2019, 232 p., 17 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 9782226440013

Depuis tou­jours, Fatou N’Diaye était tout pour son fils Félix. « Maman con­sti­tu­ait pour moi le pôle Nord, le pôle Sud, l’équateur, les tropiques… » « Mon seul recours, c’était Maman. Mon seul amour et mon mod­èle d’amour, c’était Maman. Ma reli­gion, c’était Maman. »

Et voici qu’à douze ans, à la place de cette fée pétil­lante, aimante, ray­on­nante, il se retrou­ve devant une étrangère au regard éteint, abîmée dans une insond­able mélan­col­ie.

Les médecins ont diag­nos­tiqué une dépres­sion ; pre­scrit des anti­dé­presseurs, restés sans effet.

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Tu m’aimes combien ?

François DE SMET, Éros cap­i­tal, Les lois du marché amoureux, Flam­mar­i­on, coll. “Cli­mats”, 2019, 400 p., 21 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 9782081422698

On voudrait y croire encore, on voudrait y croire tou­jours que : l’amour est le plus beau, le plus pur des sen­ti­ments, la divine idylle peut nous apporter le bon­heur, nous emporter loin de la vie laborieuse, dis­pendieuse. On voudrait et puis des écrivains, des intel­lectuels brisent nos rêves. Ils nous font per­dre espoir. Mais peut-être que sans espoir – ce qui ne sig­ni­fie pas le dés­espoir – peut-on affron­ter la réal­ité au mieux, dans toutes ses dimen­sions. C’est ce que sem­ble dire le philosophe François De Smet à la fin d’Éros cap­i­tal, que ce que nous venons de lire « ne nous empris­onne dans aucun déter­min­isme ». On ajoutera : peut-être qu’il nous en libère. Mais que venons-nous de lire ?

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Bourses de la Fondation Spes : appel à candidatures

La Fon­da­tion Spes accorde chaque année des bours­es de mécé­nat à des artistes belges, toutes dis­ci­plines con­fon­dues. L’ap­pel à can­di­da­tures pour la nou­velle édi­tion est lancé. Les dossiers sont atten­dus pour le 31 août 2019.

Disciplines concernées 

Lit­téra­ture : poésie, roman, essai, théâtre, scéno­gra­phie, ban­des dess­inées…

Arts plas­tiques : pein­ture, sculp­ture, céramique, gravure, reli­ure, pho­togra­phie, ciné­ma, vidéo, créa­tion tex­tile…

Musique et danse : com­po­si­tion et inter­pré­ta­tion, musique clas­sique et con­tem­po­raine, choré­gra­phie et danse

Conditions de participation

Le can­di­dat sera de nation­al­ité belge ou résidera en Bel­gique depuis au moins cinq ans. Le can­di­dat doit béné­fici­er d’une cer­taine recon­nais­sance de son tal­ent. Un pein­tre aura exposé, l’écrivain aura été pub­lié, le musi­cien se sera fait con­naître par des con­certs, réc­i­tals ou com­po­si­tions.

Critères de sélection

La qual­ité du pro­jet et son intérêt pour la pro­gres­sion de la car­rière du can­di­dat, et éventuelle­ment pour son inter­na­tion­al­i­sa­tion. Il est impor­tant que la bourse aide le lau­réat à franchir un pas dans la recon­nais­sance de son tal­ent.

Le pro­jet peut con­cern­er tout tra­vail spé­ci­fique de créa­tion, porter sur la pour­suite d’une for­ma­tion ou d’une recherche. Par con­tre, la pub­li­ca­tion d’une pla­que­tte, d’un site inter­net, ne con­stitue pas un pro­jet sus­cep­ti­ble d’être retenu par le jury.

Lorsque le coût du pro­jet dépasse le mon­tant de la bourse, le can­di­dat doit pou­voir apporter la jus­ti­fi­ca­tion de l’obtention du sol­de, c’est-à-dire les autres fonds réu­nis.

Déroulement de la sélection

La procé­dure des sélec­tions des pro­jets qui fer­ont l’objet d’un sou­tien financier par la Fon­da­tion se déroule en deux phas­es. Dans un pre­mier temps, les can­di­dats intro­duiront d’ici le 31.08.2019 au plus tard un for­mu­laire de can­di­da­ture sim­pli­fié, disponible sur le site Inter­net de la Fon­da­tion.

Le for­mu­laire devra être ren­voyé par e‑mail, au for­mat PDF à Olivi­er Buchet (olivier.buchet@spes.be). Chaque can­di­dat recevra un accusé de récep­tion par e‑mail. Le jury effectuera une pré-sélec­tion de 12 à 16 dossiers courant sep­tem­bre.

Dans une sec­onde phase, les can­di­dats présélec­tion­nés seront amenés à un intro­duire un sec­ond dossier de can­di­da­ture présen­tant en détail le pro­jet artis­tique pour lequel le sou­tien de la Fon­da­tion est sol­lic­ité. Le dossier à com­pléter sera mis à la dis­po­si­tion des can­di­dates sur le site inter­net de la Fon­da­tion dès la phase de présélec­tion achevée.

Les can­di­dats sont aver­tis par cour­ri­er des déci­sions du jury.

Plus d’informations

Site inter­net de la Fon­da­tion Spes

On n’a que le plaisir qu’on se donne

Éric DEJAEGER et John F. ELLYTON, Un Orval des ors vaut, Cac­tus inébran­lable, 2019, 126 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930659–91‑6

À l’abbaye d’Orval, quelques 26664 bouteilles (soit 1111 casiers) de bière, à peine chargées sur le camion prêt à par­tir à des­ti­na­tion de la France, sont dérobées lors d’un braquage expédi­tif. Deux moines restent sur le car­reau. Un groupe ter­ror­iste revendique l’attaque, au nom de la soif des Belges : les fréquentes pénuries de la pré­cieuse trap­piste, dues à l’indécrottable refus des moines d’augmenter leur pro­duc­tion, leur sem­blent un motif suff­isant pour empêch­er que la moin­dre goutte de leur breuvage favori quitte le ter­ri­toire. Con­tin­uer la lec­ture

La liste de printemps du Renaudot

Le jury du prix Renau­dot pro­pose une sélec­tion de print­emps, dans les caté­gories roman et essai. La sélec­tion se veut non une indi­ca­tion sur le futur lau­réat du prix, mais plutôt une liste de lec­tures recom­mandées pour l’été qui approche. Par­mi les douze romans retenus fig­ure un pre­mier roman belge. Con­tin­uer la lec­ture

Bourse Claude Étienne : appel à candidatures

Claude Eti­enne © Pas­cal Cornil

Le Rideau de Brux­elles, en col­lab­o­ra­tion avec le Cen­tre des Écri­t­ures Dra­ma­tiques Wal­lonie-Brux­elles (CED-WB), lance la deux­ième édi­tion de la bourse Claude Éti­enne. Elle est une aide à l’écriture pour de jeunes auteurs de théâtre. Les can­di­da­tures sont atten­dues pour le 16 juin 2019. Con­tin­uer la lec­ture

Traversée de la philosophie

Alain BAJOMÉE, Vie, mort, plaisir, souf­france et autres réjouis­sances. Une petite balade en philoso­phie, Illus­tra­tions de Thomas Bajomée et de Hen­ri Char­li­er, Édi­tions de la Province de Liège, 2019, 558 p., 18 €, ISBN : 9782390101338

Ni manuel ni his­toire de la philoso­phie de ses orig­ines à nos jours, Vie, mort, plaisir, souf­france et autres réjouis­sances nous con­vie à une tra­ver­sée libre de penseurs qu’Alain Bajomée abor­de sous l’angle des ques­tion­nements qu’ils ont soulevés et des enjeux con­tem­po­rains qu’ils véhicu­lent. Choi­sis­sant d’éclairer des notions (lib­erté, vérité, mal, réal­ité, être….), des prob­lèmes par des éclairages venant du ciné­ma, des séries TV ou de la musique, Alain Bajomée ramène l’activité philosophique à son ques­tion­nement, à l’étonnement qui lui a don­né nais­sance. Sans accentuer la coupure arti­fi­cielle et sujette à cau­tion entre pen­sée mythique et avène­ment du logos, l’avènement de la philoso­phie occi­den­tale au siè­cle avant J. C. cor­re­spond à une nou­velle manière de penser qui, s’affranchissant de l’explication par les dieux, par les mythes, s’interroge sur l’ordre du monde en se con­fi­ant aux lumières de la rai­son. Arbre com­posé d’une mul­ti­plic­ité de branch­es — logique, méta­physique, morale, esthé­tique, épisté­molo­gie… —, la philoso­phie en tant qu’« amour de la sagesse » se dif­fracte en domaines, en écoles, en courants. Con­tin­uer la lec­ture

La route de l’exil

Lay­la NABULSI, Deux valis­es pour le Cana­da, Lans­man et CTEJ, 2019, 36 p., 9 €, ISBN : 978–2‑8071–0221‑7

L’émigration est-elle encore envis­age­able passé un cer­tain âge ? Une vieille dame se sou­vient et racon­te l’exil qu’elle a con­nu, des années plus tôt, lors de la révo­lu­tion hon­groise. Fuir, marcher, avoir froid, très froid, marcher encore, soutenir les siens… À son âge, elle serait inca­pable de recom­mencer. Con­tin­uer la lec­ture

La forge du poème

Aurélien DONY, Du feu dans les brindilles, Bleu d’encre, 2019, 65 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930725–25‑3

Aurélien Dony fait par­tie d’une nou­velle généra­tion de poètes née dans les dernières années du XXe siè­cle. Une généra­tion accou­tumée aux para­dox­es d’une moder­nité qui se cherche entre désirs de silence et tor­rents de com­mu­ni­ca­tion. Quelle place pour le poète dans ce chaos du monde ? Dans cette gabe­gie où « l’algèbre des morts » dicte le plus sou­vent la loi des hommes ? Repren­dre pied, se réap­pro­prier les colères, les rêves et les voix que le bouil­lon­nement du temps broie sous un vacarme volon­taire­ment assour­dis­sant. Comme pour mieux brouiller les pistes. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on se verrait bien se prendre une overdose de métal durant les vingt ans à venir

Anik DE PRINS et Véronique BERGEN, Hard Rock Mar­ket, pré­faces de Doro et Philippe Close, Lamiroy, 2019, 239 p., 25 €, ISBN : 978–2‑87595–187‑8

Ce livre est un plaisir. Une ode. Un chant d’amour pour une époque. Pour une bou­tique. Pour une femme engagée et généreuse. Anik De Prins. Amie des plus grands métalleux que ce monde a porté jusqu’i­ci. Un long péan pour un état d’e­sprit. Une façon d’être. De vivre généreuse­ment, inten­sé­ment ses rêves. C’est qu’Anik De Prins est une sacrée bonne femme. Au cœur grand comme ça. Ouvrant en 1975, rue des Éper­on­niers, en plein cœur his­torique et touris­tique de Brux­elles, la Bou­tique Anik, un mag­a­sin hip­pie, légendaire, où l’on trou­vait des fringues, des objets sin­guliers, ramenés d’Amérique, des pays lati­nos, par Anik, la prêtresse des lieux. Ouvrant ensuite, en 1991, rue des Éper­on­niers encore, un peu plus loin, le Hard Rock Mar­ket, un lieu culte, un lieu de pas­sage, entière­ment dédié au métal. À la musique métal. Au heavy. Bien lourd. Où l’on pou­vait, jusqu’il y a peu, dégot­ter des pièces rares. T‑shirt rares. Objets rares. Où l’on se pres­sait au por­tillon. Des clients venant du monde entier. Des stars du genre. Des groupies. Chanteurs et chanteuses amies d’Anik, la fan absolue. Véronique Bergen dres­sant, ici, dans ce livre sin­guli­er, le por­trait de toute une époque. De tout un état d’e­sprit. Prof­i­tant du fait que la bou­tique d’Anik ferme bou­tique, après tant de présence, tant d’an­nées passées au cœur de Brux­elles, pour revenir, dans un superbe abécé­daire, sur ces années-là, cru­ciales pour tout qui serait fan de rock. D’e­sprit rock. Con­tin­uer la lec­ture