COLLECTIF, Ardeurs de tram, Murmure des soirs, 2025, 184 p., 17 €, ISBN : 782931235317
« Pendant longtemps, les deux amants ont vécu une relation folle, dévorante. C’était la passion brute, sans frein. Un amour à la fois fusionnel et destructeur », telle est la love story de la Cité ardente et du tram, mise en mots par Hélène Delhamende dans « Psychotram ». Les tourtereaux s’aiment « moi non plus » et alimentent l’un pour l’autre un sentiment ambivalent. Le tramway, amoureux éconduit et reséduit, marque alors une halte au Petit Bourgogne afin de faire le point sur cette relation toxique. Les Liégeois, eux, assistent en spectateurs impuissants aux soubresauts de cette histoire de couple peu harmonieuse aux embellies magnifiques. Continuer la lecture
Appelés sur une scène de crime, des policiers se trouvent face à un homme qui braque une arme sur eux, puis la retourne contre lui-même après avoir clamé son innocence. La victime est une jeune étudiante, sa voisine de palier, son corps est meurtri d’une dizaine de coups de couteau. Le coupable semble tout désigné malgré son déni, de quoi classer rapidement cette affaire qui soulève une vive émotion et donne lieu à l’organisation d’une marche blanche à la mémoire de la charmante demoiselle. Mais la suite d’Autopsie d’un doute nous confirmera, si besoin en était, qu’il ne faut pas prendre les apparences pour évidences, que la vérité est souvent à trouver ailleurs au terme d’une quête qui mobilise toutes les énergies. 

Sans doute est-ce une caractéristique majeure et heureuse du roman policier actuel que de donner tout autant de place à la vie intime des enquêteurs en charge d’élucider un crime qu’à la résolution de l’énigme criminelle elle-même. En marge de l’enquête, d’autres enjeux personnels existent, qui interagissent avec celle-ci tout en formant un récit parallèle. La fille sur le banc s’inscrit pleinement dans cette veine narrative en nous intégrant dans l’équipe policière chargée de l’affaire sous la direction de Steve, un taiseux tout entier voué à sa mission qui le mobilise de jour comme de nuit, au point qu’il en oublie sa famille, ou néglige de dormir ou de manger. Sa volonté de comprendre les ressorts du crime et de dépasser les apparences crée en lui un mouvement mental sans repos auquel Bernadette De Rache nous associe tout en suivant tour à tour les autres membres de l’équipe : Marie l’impétueuse, qui fonctionne à l’instinct, Angelo, le magicien qui délie les secrets des ordinateurs et portables.