Philippe REMY-WILKIN, Matriochka, Samsa, 2019, 60 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87593–209‑9

Philippe Remy-Wilkin orne la signature de ses courriels et les notices bibliographiques le concernant de la mention « auteur littéraire » qu’il semble affectionner. Sans doute cette formulation embrasse-t-elle davantage la diversité éditoriale des écrits de celui qui est à la fois essayiste, critique littéraire, nouvelliste et romancier. Philologue de formation, Philippe Remy-Wilkin est passionné d’Histoire et nous a donné déjà une remarquable étude consacrée à Christophe Colomb, Christophe Colomb, Le découvreur et la découverte : mythes et réalités. On lit aussi régulièrement ses chroniques sur Karoo et Le Carnet et les Instants, de façon épisodique ses nouvelles dans la revue Marginales, et ses prises de position sur les réseaux sociaux.
Continuer la lecture
Savez-vous ce qu’est un inanga ? Ce mot aux syllabes bondissantes désigne « un instrument de musique qui ressemble à un bouclier sur lequel on aurait fixé des cordes », une sorte de cithare venue des terres rwandaises. Chaque note qui en émane s’inscrit sur la partition des temps passés, résonne dans la tradition des Anciens et diffuse des valeurs à maintenir. Un objet à ne toucher qu’avec respect et conscience. C’est aussi le cadeau que le grand-père mahanzi de Gato lui transmet à ses six ans, lors de son premier voyage au Pays des Mille Collines, et dont il lui révèle peu à peu les secrets. L’inanga devient alors le compagnon de fortune et d’infortune du petit bonhomme, un interlocuteur qui le soutient dans son quotidien : « Quand tu seras là-bas au pays des Blancs, il ne faudrait pas que tu arrêtes de jouer de ton inanga. Quand tu seras triste ou que tu auras mal, prends-le, fais-le vibrer et surtout parle-lui, il t’écoutera et te réconfortera. »
Le Centre culturel Christian Colle de Couvin lance la douzième édition du Prix de l’Eau Noire. Ce concours s’adresse aux auteur-e‑s de contes sans aucune restriction géographique et récompense des contes inédits. Il est doté d’un prix principal de 500€ et de prix secondaires.
L’histoire de ce livre ne commence pas par « Il était une fois », mais par « Il y a des lunes et des lunes, dans un pays de légendes ». Ainsi, Pierre Coran nous fait-il entrer dans le monde des contes, où le jeune prince Siegfried, arrivé en âge de se marier, tombe follement amoureux d’Odette, une mystérieuse jeune femme victime d’une terrible malédiction : pour avoir refusé d’épouser un sombre sorcier, elle a été métamorphosée en cygne et ne retrouve son apparence humaine qu’une fois la nuit tombée. Le prince fait le serment de délivrer Odette et de l’épouser. C’est sans compter sur l’ingéniosité malfaisante du sorcier et de sa fille Odile, au plumage aussi noir que l’âme de son père, mais en tout point semblable à Odette, le cygne blanc.
Auteur, illustrateur, graphiste, Loïc Gaume s’aventure dans les livres pour la jeunesse et laisse présager d’un bel avenir dans le milieu. Son recueil de contes pas comme les autres est à découvrir de toute urgence !
Édité à compte d’auteur, Dis, est-ce que ça repousse les ailes, fait figure d’exception dans le paysage littéraire belge francophone. Ouvrage en prose poétique réédité plusieurs fois durant un quart de siècle, ce « voyage intérieur », comme l’indique le complément du titre, invite les jeunes (et moins jeunes) lecteurs à réfléchir au monde qui les entoure.
Un nouveau roman d’Amélie Nothomb en ce mois d’août ? D’aucuns haussent déjà les épaules : évidemment, l’auteure n’a pas manqué une rentrée littéraire depuis 1992. Le cru de cette année est une réécriture d’un conte de Perrault ? Rien de bien nouveau non plus : elle nous a déjà fait le coup en 2012 avec Barbe Bleue. C’est sur Riquet à la houppe qu’elle a cette fois jeté son dévolu? Le petit récit précieux semble taillé sur mesure pour la geisha gothique des Lettres belges, lui qui met aux prises les extrêmes de la beauté et de la laideur et célèbre les séductions de la conversation. Alors, circulez, y a rien à voir ?
Amateurs d’aphorismes, ne bougez plus ! Vous êtes au bon endroit. Vous avez trouvé votre prochaine lecture, votre nouvel auteur fétiche, peut-être même votre maitre. Mais si vous êtes un adepte du style, l’auteur de Courts, toujours ! ne vous est sans doute pas un inconnu. Tantôt poète, tantôt romancier ou nouvelliste, Éric Dejaeger nous ravit cette fois avec un style aussi court que possible. Et percutant.
Lorsque l’on tient ce roman entre les mains, on est avant toute chose impressionné par la qualité de sa facture : grain et couleur du papier, choix des couleurs et illustrations soignées qui ponctuent l’ouvrage, tout fait de ce livre un bel objet. Les premières pages tournées, on est gagné rapidement par la conviction que l’on est face à une fiction imprévisible, aux rebondissements multiples et improbables.