Daniel CHARNEUX, Les oiseaux n’ont pas le vertige, Genèse édition, 2022, 207 p., 21 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑3820101–67
De l’enfance à l’âge mûr, les souvenirs de Jean Berthollet sont racontés à la première personne, entrelacs de faits marquants et de cartes postales du quotidien. Les images du petit village ardennais des premières années installent une ambiance bucolique : théâtre de pleine nature, tout en quiétude, qui ne se laisse pas troubler par les drames qui y bouleversent les habitants. Mais l’insouciance de Jean connaît une fin tragique lorsqu’un accident de vélo emporte son jumeau et son enfance.
Il paraît que les cellules de notre intestin se renouvellent en quelques jours, celles de notre cœur en quelques années. Que reste-t-il de l’enfant dans l’adulte ? Rien, sans doute, ou si peu. Aucune molécule du corps, en tout cas. Deux êtres totalement différents, le cerveau mis à part. Car il semble que les cellules de l’encéphale ne se régénèrent pas. Et que toute notre vie, tous nos souvenirs y dorment. À moins qu’ils ne se désagrègent, bus par la boue comme une chaussure perdue. Continuer la lecture
Mother India n’est pas un recueil de nouvelles mais « une collection de souvenirs personnels » livrant des nouvelles du sous-continent indien. Le journal de bord d’un journaliste belge, Jean-Pol Hecq, qui a repris en radio le flambeau éthique des Lachterman, Désir, Danblon et autres Sasson, qui ont enchanté les écrans des années 1970–1980 :
Ça se passe à Mons, à Cuesmes, aux États-Unis, dans un arc entre deux mondes.
Michel Claise est un juge d’instruction médiatique et médiatisé. Expert de la lutte contre la corruption et le blanchiment, il lui arrive de quitter son premier terrain d’action pour alerter public et politiques par le biais de la fiction littéraire. Comme s’il ouvrait un deuxième front. Chez Genèse, deux sorties (son douzième roman, Crimes d’initiés, et une réédition, Souvenirs du Rif), confirment sa place au côté d’Alain Berenboom, comme auteur phare du sillon policier de la maison d’édition franco-belge. 


Tout être renferme au creux de lui des étincelles secrètes. « La vocation humaine est de faire jaillir ces étincelles, chacun selon sa propre voie. »
Troisième est donc ce nouveau tome de la fresque entamée avec La salle des pas perdus, roman paru en 2006, suivi par
Du plus grave au plus folâtre, voire au burlesque, la tessiture littéraire de Frank Andriat s’épanouit à tous les niveaux avec une liberté de cancre surdoué, ce qui est bien entendu la marque de tout bon professeur. De la fable politique aux frasques de Bob Tartouze en passant par la pédagogie et l’enseignement (son beau souci), la pédophilie, l’inceste, les biographies, la psychologie, les paraboles, les approches philosophiques etc., il s’ébroue à travers une profusion d’ouvrages qui frise la surabondance. Cette fois c’est dans la veine comico-philosophico-réaliste qu’avec l’antihéros français Joe Dubois (dit Averell) né en 1965, il fait un bout de chemin chaotique mais en principe prometteur de baraka puisqu’il débute par une glissade de l’adolescent sur un copieux étron, glissade provoquée par celui qui deviendra son pire ennemi : l’arrogant Bill Babeleer.
Pourquoi le whisky goûté par Liam, jeune apprenti de la distillerie Dandarach sur l’île écossaise d’Ardoran avait-il ce goût étrange de linge sale, de transpiration et de cuivre ? Normal : vérification faite, le gâte-sauce est un cadavre racrapoté qui marine dans le tonneau. Celui d’un étranger qui pourtant ne doit pas être un vagabond puisque son poignet arbore une Rolex, promulguée naguère symbole de réussite par un pape autoproclamé de la sainte Publicité. Vu de plus près, il apparait que l’homme ne s’est pas immergé pour vérifier le principe d’Archimède applicable à tout corps plongé dans un liquide et qu’il n’est pas mort non plus d’une overdose de ce whisky haut de gamme, mais bien d’une balle de fusil qui l’a tué aussi sec.
« Un rêve de bagel, c’est un rêve et non pas un bagel » disait Harry, l’oncle de Michaël. Soit, le rêve du petit pain ne rassasie pas. Mais il peut donner faim ou créer des envies. C’est ce qui arrive dans ce roman, Le rêve de Harry, à Michaël, agent immobilier dans le Bruxelles des années 2000, après avoir été détective privé. Difficile de faire fortune dans ce métier où tous les coups sont permis. Mais le hasard peut bien faire les choses.
Le phénomène du sans-abrisme est difficile à appréhender par la majorité de nos semblables qui peinent à imaginer comment une femme ou un homme peuvent en venir à connaître un niveau de précarité aussi aigu. Approcher cette réalité nécessite une prise de distance par rapport aux émotions que suscite par exemple la mendicité, que celles-ci soient guidées par le rejet agacé ou la compassion béate. Le mystère de la grande précarité a déjà intéressé nos auteurs : on songe ici par exemple à
Insérer la fiction dans l’Histoire constitue un des moyens d’explorer un destin individuel dans un lieu et un temps que le romancier évoque avec la liberté de l’imaginaire. Dans le cas de ce premier roman de la blogueuse littéraire Sophie Marie Dumont, l’événement qui constitue le pivot du récit est un des drames qui a endeuillé la Belgique au siècle dernier, et a marqué les esprits et les mémoires aussi durablement que, dix ans plus tôt, la catastrophe minière du bois du Cazier : l’incendie des grands magasins L’Innovation le lundi 22 mai 1967. 
