Frédéric SAENEN, Drieu la Rochelle face à son œuvre, Gollion (Suisse), Infolio éditions, 2015, 200 p., 24,90 €
Pierre Drieu la Rochelle fait partie de ces auteurs (à juste raison) dont on ne peut prononcer le nom ou aborder les écrits sans précautions. La polémique sur ses années fascistes, son adhésion au Parti populaire français de Jacques Doriot se ravive régulièrement, comme lors de la sortie, en 2012, du volume de la Pléiade consacré à ses Romans, récits, nouvelles. Toujours, avec les écrivains de la collaboration, la question de la qualité et de la pertinence de l’œuvre se pose de façon plus aiguë que pour les autres. Ainsi, l’on peut se demander si celle de Drieu, depuis longtemps éditée en poche, adaptée au cinéma, a sa place si haut dans le panthéon de la littérature française. Continuer la lecture
Depuis son premier roman paru en 1992, quelque chose fascine Michelle Fourez au cœur des bons soirs de juin. Quelque chose de l’ordre de la douceur, de la sensualité. De l’intensité. Qui amène les histoires à leur point de tension, à leur paroxysme. Puis à leur résolution ou à leur dissolution. Cette fois encore.
On ne sait ce qui est le plus jouissif dans les nouvelles de Camille Lemonnier (1844–1913), véritable plongée au cœur de la plèbe ouvrière, agricole et criminelle de la deuxième moitié du dix-neuvième siècle : la folie qui irrigue ces histoires naturalistes ou l’écriture poétique qui les raconte ? Une écriture parfois critiquée pour trop de sophistications lexicales et phrastiques. Or, c’est précisément par sa beauté, sa richesse et son inventivité qu’elle élève les miséreux hors le commun et les extrait de leur condition tout en ne niant pas, que du contraire, en disant au plus juste : la vie concrète de l’indigence, du labeur, du corps sexuel et mortel, une vie où nécessité fait loi et se fout d’une quelconque morale (bourgeoise).
Depuis son entrée en écriture, Valérie Cohen a dédié ses talents à la gent féminine et à ses histoires, qu’elle raconte en toute sympathie, avec tendresse et humour. Un humour empathique très différent de celui, ravageur, du stand-up ou de celui, sarcastique, du one woman show (même si le titre de son nouveau roman, Monsieur a la migraine, pourrait laisser penser qu’elle officie dans ce registre-là). 




