Archives par étiquette : Michel Zumkir

De sang et d’encre

Frédéric SAENEN, Drieu la Rochelle face à son œuvre, Gol­lion (Suisse), Info­lio édi­tions, 2015, 200 p., 24,90 €

Pierre Drieu la Rochelle fait par­tie de ces auteurs (à juste rai­son) dont on ne peut pronon­cer le nom ou abor­der les écrits sans pré­cau­tions. La polémique sur ses années fas­cistes, son adhé­sion au Par­ti pop­u­laire français de Jacques Dori­ot se ravive régulière­ment, comme lors de la sor­tie, en 2012, du vol­ume de la Pléi­ade con­sacré à ses Romans, réc­its, nou­velles. Tou­jours, avec les écrivains de la col­lab­o­ra­tion, la ques­tion de la qual­ité et de la per­ti­nence de l’œuvre se pose de façon plus aiguë que pour les autres. Ain­si, l’on peut se deman­der si celle de Drieu, depuis longtemps éditée en poche, adap­tée au ciné­ma, a sa place si haut dans le pan­théon de la lit­téra­ture française. Con­tin­uer la lec­ture →

Vivre sa vie

Michelle FOUREZ, Adri­enne ne m’a pas écrit, Luce Wilquin, 2015, 94 p., 10 €

512blogDepuis son pre­mier roman paru en 1992, quelque chose fascine Michelle Fourez au cœur des bons soirs de juin. Quelque chose de l’ordre de la douceur, de la sen­su­al­ité. De l’intensité. Qui amène les his­toires à leur point de ten­sion, à leur parox­ysme. Puis à leur réso­lu­tion ou à leur dis­so­lu­tion. Cette fois encore. Con­tin­uer la lec­ture →

De grandes vies minuscules

Un coup de coeur du Carnet

Camille LEMONNIER, L’enfant du Cra­paud, Tal­ence, L’Arbre vengeur, coll. « L’Arbre à clous », 2015, 128 p., 12 €

LEMONNIER-COUVERTUREOn ne sait ce qui est le plus jouis­sif dans les nou­velles de Camille Lemon­nier (1844–1913), véri­ta­ble plongée au cœur de la plèbe ouvrière, agri­cole et crim­inelle de la deux­ième moitié du dix-neu­vième siè­cle : la folie qui irrigue ces his­toires nat­u­ral­istes ou l’écriture poé­tique qui les racon­te ? Une écri­t­ure par­fois cri­tiquée pour trop de sophis­ti­ca­tions lex­i­cales et phras­tiques. Or, c’est pré­cisé­ment par sa beauté, sa richesse et son inven­tiv­ité qu’elle élève les mis­éreux hors le com­mun et les extrait de leur con­di­tion tout en ne niant pas, que du con­traire, en dis­ant au plus juste : la vie con­crète de l’indigence, du labeur, du corps sex­uel et mor­tel, une vie où néces­sité fait loi et se fout d’une quel­conque morale (bour­geoise). Con­tin­uer la lec­ture →

Portrait de femmes avec leurs désirs

Valérie COHEN, Mon­sieur a la migraine, Avin, Luce Wilquin, 2015, 158 p., 16€

511blogDepuis son entrée en écri­t­ure, Valérie Cohen a dédié ses tal­ents à la gent fémi­nine et à ses his­toires, qu’elle racon­te en toute sym­pa­thie, avec ten­dresse et humour. Un humour empathique très dif­férent de celui, ravageur, du stand-up ou de celui, sar­cas­tique, du one woman show (même si le titre de son nou­veau roman, Mon­sieur a la migraine, pour­rait laiss­er penser qu’elle offi­cie dans ce reg­istre-là). Con­tin­uer la lec­ture →

Rebecq, Antenne de police

Sarah BERTI, La vie al dente. Une enquête de Tiziana Dallav­era, Avin, Luce Wilquin, 2015, 20 €

bertiAprès le meurtre d’un ado­les­cent (Le jour du tiramisu, 2013), la décou­verte d’un squelette dans un con­géla­teur flot­tant sur la boue (Cap­puc­ci­no blues, 2014), le vil­lage de Rebecq est à nou­veau sec­ouée par la vio­lence des hommes – à moins que ce ne soit celle des femmes. Au cœur de l’hiver glacé, tour à tour, sont trou­vés refroidis : Armand Léonard, le médecin général­iste vieil­li pré­maturé­ment ; Philippe Charentais, le phar­ma­cien qui aimait son officine plus que sa pro­pre famille ; Daan Roelof, un autre apoth­icaire, fla­mand celui-là. Des meurtres qui, de loin, ressem­blent à des sui­cides mais qui, de près, ne lais­sent aucun doute sur leur orig­ine assas­sine. Con­tin­uer la lec­ture →

De la poésie pour réenchanter la vie

Un coup de coeur du Carnet
Michel ZUMKIR

siriSi vous voulez goûter toute l’originalité et la saveur de cette antholo­gie de la poésie fran­coph­o­ne, n’hésitez pas à sauter son intro­duc­tion jour­nal­is­tique par trop fran­co-française. Vous pour­riez vous décourager, rebrouss­er chemin et rater les routes buis­son­nières qu’emprunte le vol­ume. Un vol­ume con­vivial comme un fes­tin où se parta­gent le vin, le pain, l’amour de la vie, le com­bat con­tre les injus­tices et la poésie. Où chacun.e des invités.e.s est introduit.e et entretenu.e par l’hôtesse de la soirée, la jour­nal­iste et écrivaine, Françoise Siri, avant qu’il/elle offre à la dégus­ta­tion quelques textes de sa com­po­si­tion. Con­tin­uer la lec­ture →

Que dire de la langue à partir de l’écriture et de la psychanalyse?

Un coup de coeur du Carnet
Michel ZUMKIR

lebrun

Nicole Mal­in­coni et Jean-Pierre Lebrun sont com­pagnons de vie et de pen­sée depuis de nom­breuses années ; et taraudés tous deux par la ques­tion d’écrire. Des livres du début de leur car­rière d’auteurs les mon­traient déjà sur une même ligne de réflex­ion : Hôpi­tal silence que l’écrivaine pub­lia aux édi­tions de Minu­it en 1985, De la mal­adie médi­cale, la ver­sion de la thèse que le psy­ch­an­a­lyste soutint en 1993 et réécriv­it la même année pour De Boeck Uni­ver­sité. Aujourd’hui, ensem­ble, ils sor­tent un livre de dia­logues où ils creusent et met­tent au clair la nature, la place, le sort de la langue dans notre société néolibérale. Con­tin­uer la lec­ture →

La vérité dans la nuit

Michel ZUMKIR

lowie

Avec Chara­bia, Patrick Lowie con­tin­ue d’inventorier (inven­ter) les travaux lit­téraires de Marceau Ivréa, artiste lan­gagi­er et graphique dont il aurait décou­vert, dans les archives du Palais de jus­tice de Brux­elles, plus de six milles pages man­u­scrites.

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Les deux en un

Michel ZUMKIR

stenuitEn 2005, à la paru­tion du pre­mier livre de Marie-Ève Sté­nu­it, Les frères Y, Francine Ghy­sen se demandait, en con­clu­sion de sa cri­tique dans Le Car­net et les Instants (n° 139, octo­bre-novem­bre 2005), « si le roman des “jumeaux con­fon­dus”, qui surent assumer la farce trag­ique que leur avait jouée la nature, était un bon sujet ». Con­tin­uer la lec­ture →

La question finale

Un coup de coeur du Carnet

Nicole MALINCONI, Un grand amour, Esper­luète, 2015, 52 p., 14 €

malinconi_zumkirNicole Mal­in­coni n’est pas une auteure d’imagination, d’invention. Sa fic­tion, c’est l’écriture. Une écri­t­ure qui la mène à une forme de com­préhen­sion, de con­nais­sance de la psy­ché humaine. Son matéri­au nourrici­er, elle l’a trou­vé, le trou­ve encore dans la rela­tion à ses par­ents, son expéri­ence d’assistante sociale à l’hôpital, des œuvres d’artistes, des faits divers, des tragédies con­tem­po­raines ou his­toriques ; dans les mots eux-mêmes ; dans d’autres choses encore, qui peu­vent n’être rien, ou presque. Con­tin­uer la lec­ture →