Archives par étiquette : Théâtre

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Kusttram KT

Ilyas METTIOUI, Knokke-le-Zoute, Lans­man / Le Rideau, coll. « En direct de la scène », 2024, 56 p., 11 €, ISBN : 978–2‑8071–0414‑3

mettioui knokke le zouteLe rythme du tram, c’est le rythme du réc­it pen­dant lequel Déb­o­rah réflé­chit. À Knokke, après avoir longé toute la côte belge, elle sait qu’elle ouvri­ra l’urne funéraire dans laque­lle se trou­vent les cen­dres du père qu’elle n’a jamais ren­con­tré. Durant une journée, elle dis­cute avec les six per­son­nages aux­quels elle pense, se deman­dant si c’est elle qui écrit son his­toire et com­ment se débat­tre avec ce qui a été fait avant même sa nais­sance, con­ver­sant avec celles qui sont encom­brantes mais qui ont tou­jours été là, avec les ver­sions pos­si­bles de celui qui n’a jamais été présent, avec ceux qui pour­raient à leur tour dis­paraitre. La pièce s’ouvre sur un poème qui par­le d’eau. Il sera dit autant de fois qu’il y a de femmes dans le réc­it. Eau de la mère, eau dans la mer, dis­per­sion du père dans les flots. Sur la route, Déb­o­rah s’adresse à Cécil­ia et à Annette. Elle pense à qui elles sont pour elle et l’une pour l’autre. Elle invente Benoît et Mustapha, elle écoute Habib et David. Con­tin­uer la lec­ture

« Samu Centre 67, je vous écoute… »

Un coup de cœur du Car­net

Flo­ri­an PÂQUE, Appuyez sur # [L’alouette], Lans­man, 2024, 100 p., 13 €, ISBN : 978–2‑8071–0413‑6

paque appuyer sur #Depuis la paru­tion d’Eti­enne A. chez Lans­man Édi­teur, Flo­ri­an Pâque n’a de cesse de met­tre le monde du tra­vail au cen­tre de sa réflex­ion, et de l’aborder par cer­cles spi­ralaires, dans une con­cep­tion soci­o­cri­tique du texte de théâtre. Appuy­er sur # [L’alouette] com­plète ain­si les trois opus précé­dents, le pre­mier cam­pant un employé de chez Ama­zon se trans­for­mant lit­térale­ment en col­is à expédi­er ; le deux­ième, Sisyphes met­tant en per­spec­tive le mythique con­damné per­pétuel, réin­car­né en divers per­son­nages invis­i­bil­isés par une société qui ne recon­naît que des pro­fils-types ; le troisième, Fourmi(s), ampli­fi­ant encore l’effet d’absurde en révélant à lui-même un livreur Uber englué dans la nasse de la rentabil­ité et dom­iné par un patron-robot. Con­tin­uer la lec­ture

La lutte finale

Alex LORETTE, Les grandes marées, Lans­man, 2024, 76 p., 12 €, ISBN : 978–2‑8071–0409‑9

lorette les grandes maréesDans une écri­t­ure « caméra sur l’é­paule », Alex Lorette, qui est déjà l’au­teur de plusieurs pièces et vient de recevoir le prix Charles Plis­nier théâtre, sait créer une intrigue sourde, faire mon­ter les con­flits, laiss­er enten­dre les reproches qui cou­vent entre les per­son­nages. Ici, encore dans sa dernière pièce en date, Les grandes marées, il plonge dans le con­flit des généra­tions poussé à l’extrême, comme une fin d’époque explorée par un père et son fils. Con­tin­uer la lec­ture

« On ne va nulle part en battant des nageoires »

Guil­laume DRUEZ, Cœur de pédé suivi de Bocal, Oiseaux de nuit, coll. « Rideaux rouges » 2023, 114 p., 10 €, ISBN : 9782931101674

druez coeur de pedeCœur de pédé nous met en présence de Guil­laume qui souf­fre du syn­drome du cœur brisé. Son cœur est totale­ment nécrosé, broyé par un cha­grin d’amour.

C’est vrai, je vis.
Avec un cœur brisé.
Hors d’usage.
Ratat­iné.
Mis en miettes. 
Con­tin­uer la lec­ture

Puissance des voix !

Adrien D’HOSE, Square Edi­son, Lans­man,  2023, 64 p., 11 €, ISBN : 978–2‑8071–0398‑6

d'hose square edisonAdrien d’Hose vient de pub­li­er sa pre­mière pièce de théâtre, Square Edi­son, aux Édi­tions Lans­man et, pour un homme ou une femme de théâtre, c’est tou­jours un événe­ment par­ti­c­ulière­ment déli­cat et for­mi­da­ble. Déli­cat en ce sens où l’au­teur publique­ment dévoile déjà les prémices d’un style et, for­mi­da­ble, en ce sens où l’édi­tion de théâtre per­met de venir et de revenir au texte en dehors même des aléas et des dif­fi­cultés de pro­duc­tion scénique. Con­tin­uer la lec­ture

Enlacements tragiques

François EMMANUEL, Funer­al tan­go, Lans­man, coll. « Théâtre à vif », 2023, 60 p., 11 €, ISBN : 978–2‑8071–0401‑3

emmanuel funeral tango« Oléo : À l’en­ter­re­ment d’une reine, il est pre­scrit de ban­der la jambe arrière gauche de son cheval per­son­nel.
L’an­i­mal n’est donc pas intégré à l’at­te­lage qui tracte le car­rosse funéraire mais il marche un peu en retrait, tenu au mors par un très jeune offici­er.
À cause de l’en­trave à sa jambe le cheval boite et sa clau­di­ca­tion attire tous les regards. »

Dans la litanie des crescen­dos et decrescen­dos d’un tan­go joué par deux musi­ciens, un rit­uel de mort se déploie autour de Dona Pia, vivante, qui va mourir, qui est morte. Con­tin­uer la lec­ture

Le vertige de l’amour

Stéphane BISSOT, Celle qui aimait les hommes, Oiseaux de nuit, coll. « Romans à jouer, pièces à lire », 2023, 70 p., 10 €, ISBN : 9782931101681

bissot celle qui aimait les hommesLouise est actrice. De manière totale­ment non chronologique, elle se remé­more ses his­toires d’amour. « [Elle] écrit la nuit. La lumière est douce. Elle écrit à plusieurs âges. Il y a plusieurs présents. Pen­dant qu’elle par­le à l’homme qu’elle aime, à celui qu’elle aimait ou à celui qu’elle aimera, elle racon­te ses amours pro­fondes ou fugaces ». Il y a Samuel, ren­con­tré lors d’une soirée de sou­tien aux ouvri­ers, qui est ten­dre comme un agneau et auprès de qui elle redé­cou­vre sa sen­su­al­ité. Il y a Romain avec qui elle ne passe qu’une nuit, Arié, un homme piv­ot dans sa vie auprès de qui elle apprend la mort de son père ou encore Andréas dont elle croque la pomme à New York. Cha­cun reçoit un surnom : l’homme femme, l’homme rus­tre, l’homme silence, l’homme arbre… Louise se sou­vient aus­si de son pre­mier amour à l’école, Quentin, dont elle con­nais­sait l’emploi du temps par cœur. Con­tin­uer la lec­ture

Variations pour une autre fois

Paul EMOND, La part des flammes, Deux vari­a­tions, Oiseaux de nuit, coll. « Rideaux rouges », 2023, 176 p., 10 €, ISBN : 9782931101636

emond la part des flammes deux variationsAvec La part des flammes. Deux vari­a­tions, le dra­maturge, le romanci­er et essay­iste Paul Emond nous une livre propo­si­tion théâ­trale nova­trice qui repense le statut du texte, au théâtre en par­ti­c­uli­er. Reposant sur le dis­posi­tif de trois per­son­nages, de trois sœurs qui évo­quent tan­tôt les Trois sœurs de Tchekov, tan­tôt les trois filles du Roi Lear, la pièce plonge dans les secrets de famille, la mort de la mère, la con­fig­u­ra­tion des liens entre Marie, l’aînée qui se sac­ri­fie, Anne qui a con­quis sa lib­erté et la cadette Mar­i­anne, affec­tée de trou­bles bor­der­line. Que fait un dra­maturge lorsque, dans l’impossibilité de met­tre fin à une créa­tion, il se sent réqui­si­tion­né par ses per­son­nages, des créa­tures de papi­er qui lui deman­dent des comptes et récla­ment davan­tage d’autonomie ? Que faire lorsqu’un texte ne nous lâche pas dans le mou­ve­ment où nous refu­sons de le couron­ner d’un point final ? Impor­tant dans le champ de l’écriture scénique le procédé musi­cal de la vari­a­tion, Paul Emond nous met face à deux vari­a­tions (mélodiques, har­moniques, ryth­miques) sur un même thème, redis­tribue le pre­mier agence­ment textuel en l’infléchissant vers une pièce miroir, dou­ble de la pre­mière et pour­tant dis­sem­blable. De la pre­mière ver­sion à la sec­onde, le même trio de per­son­nages soro­raux, les fan­tômes de la mère pos­ses­sive, du père absent, des grands-par­ents, la reprise, l’ajout ou l’omission de cer­tains événe­ments. Con­tin­uer la lec­ture

« Take care, little Bastard »

Thymios FOUNTAS, Sauvez Bâtard, Arbre de Diane, 2023, 98 p., 14 €, ISBN : 9782930822297

fountas sauvez batardAu fond d’une ruelle, trois lais­sés-pour-compte, sortes d’archétypes aux couleurs beck­et­ti­ennes, sem­blent errer dans un monde futur­iste où règne le désar­roi, un monde où le ciel a dis­paru et se dis­loque en morceaux. Cafard, le « ramasse-miettes », Clébard, le « canidé colérique et kif­feur de pisse » et Clochard, le « sans-abri haut per­ché » tombent sur un cadavre. Cafard se retient d’en faire son repas. Clochard est en trip per­pétuel. Clébard, de nature agres­sive, mène le groupe. Ils net­toient les lieux pour accueil­lir un tri­bunal loufoque et Bâtard, leur coupable. Ce dernier avoue être « l’plus grand bâtard de l’univers faut bien qu’un gars soit bouc émet­teur de mis­ère », mais a‑t-il vrai­ment com­mis ce meurtre ? C’est alors qu’apparait Ekart, l’« amoureux en sueur », le mal­abar du quarti­er qui ne va pas tarder à tomber amoureux de Bâtard. Con­tin­uer la lec­ture

Nous sommes toutes et tous des cellules HeLa

Un coup de cœur du Car­net

Aliénor DEBROCQ, HeLa, Lans­man, 2023, 64 p., 12 €, ISBN : 9782807103931

debrocq helaHeLa. Qua­tre let­tres pour par­ler d’un type de cel­lules qui ont révo­lu­tion­né la sci­ence de la virolo­gie et ont con­tribué notam­ment à la nais­sance du vac­cin con­tre la poliomyélite. Qua­tre let­tres pour des cel­lules étudiées dans les lab­o­ra­toires du monde entier et repro­duites à plusieurs mil­liards d’exemplaires. Qua­tre let­tres pour les pre­mières cel­lules à être cul­tivées in vit­ro et qui con­stituent la pre­mière lignée de cel­lules immortelles. Con­tin­uer la lec­ture

« Écrire la parole fantôme »

Un coup de cœur du Car­net

Veroni­ka MABARDI, Loin de Lin­den suivi de Adèle, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2023, 280 p., 9 €, ISBN : 9782875685919

mabardi loin de linden suivi de adeleCet automne, Veroni­ka Mabar­di est entrée dans la col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale Espace Nord avec la réédi­tion de deux textes à l’image de son œuvre, sub­tils et lumineux, orig­inelle­ment pub­liés par Émile Lans­man. Pen­sés pour le théâtre, Loin de Lin­den et Adèle con­tin­u­ent de bouger en dépit de leur fige­ment sur le papi­er, tant ils con­vo­quent d’émotions et remuent les sou­venirs, les langues et les cul­tures. Ces deux textes incar­nent remar­quable­ment le dou­ble sens de l’anglais moved, bref écho au plurilin­guisme et au code switch­ing[1] dont débor­dent ces his­toires intimes exposées avec une grande con­science du sys­tème (ou con­texte) dans lequel elles s’enracinent. Con­tin­uer la lec­ture

Carnets de Sclessin et d’ailleurs

Chris­t­ian CRAHAY, L’endroit défriché par le fou. Car­nets d’une Côte d’Or, Oiseaux de nuit, coll. « Romans à jouer, pièces à lire », 2023,122 p., 10 €, ISBN : 9–782931-101605

crahay l'endroit défriché par le fouL’endroit défriché par le fou : quel titre étrange ! C’est ain­si que le Romains auraient appelé Scle­ssin, Scloetici­nus, où le nar­ra­teur a gran­di. Quant aux Car­nets d’une Côte d’Or, ils font référence à la rue où vécut sa famille.

La Bel­gique est terre de comé­di­ens et de comé­di­ennes. Par­mi ces nom­breux artistes, Chris­t­ian Cra­hay n’est pas le moin­dre. Il a tra­vail­lé aux côtés de Lucas Bel­vaux, Jean-Pierre et Luc Dar­d­enne, Peter Brook, Isabelle Pousseur, Ben­no Besson, Kore-Eda Hirokazu, Chan­tal Aker­man, Adri­an Brine pour n’en citer que quelques-unꞏeꞏs. Ce que le pub­lic igno­rait, c’est qu’il avait égale­ment un tal­ent de plumes, comme le révèle L’endroit défriché par le fou. Ce livre est l’évocation sen­si­ble de la vie du comé­di­en, à peine déguisée, à tra­vers des notes et des esquiss­es où il revis­ite notam­ment Liège et en par­ti­c­uli­er Scle­ssin. Comme l’auteur, son nar­ra­teur, Vic­tor, est comé­di­en et passe par les lieux qui l’ont for­mé. Mais il met surtout en scène une incroy­able galerie de per­son­nages dont on devine qu’ils ont dû être proches de Chris­t­ian Cra­hay. Con­tin­uer la lec­ture

Roulez, jeunesse !

Flo­ri­an PÂQUE, Fourmi(s), Lans­man, 2023, 52 p., 11 €, ISBN : 9782807103870

paques fourmi(s)Après Éti­enne A,  Sisyphes, Flo­ri­an Pâque pour­suit son tra­vail de dra­maturge et d’homme de théâtre (mise en scène, jeu) en pro­posant cette fois une sorte de pro­longe­ment, ou plutôt d’écho, aux deux précé­dentes pièces à pro­pos des con­di­tions de tra­vail de l’époque de l’ubérisation.

Après un tra­vail doc­u­men­taire, des inter­views de tra­vailleuses et de tra­vailleurs des plate­formes Uber et cie, le dra­maturge a écrit deux ver­sions de ce texte ; une des­tinée à des représen­ta­tions dans tous les lieux non-théâ­traux et celle-ci, pub­liée récem­ment, et qui s’est fait belle­ment remar­quée au fes­ti­val d’Avignon. Elle livre une réflex­ion plus com­plexe sur c’est ten­dance apparue il y a une dizaine d’années qui est de faire miroi­ter aux jeunes, sou­vent sans emploi ou sans for­ma­tion ; une sorte de lib­erté économique, une lib­erté d’entrepreneur indépen­dant (mais aus­si sans pro­tec­tion sociale et sans les con­di­tions de ce qu’on pour­rait atten­dre naïve­ment en matière de dig­nité et de respect des droits des tra­vailleurs). « Mais que dia­ble allait-il faire à cette galère ? », écrit Molière dans Les fourberies de Scapin. Con­tin­uer la lec­ture

Une nuit, rien qu’une seule nuit

Philippe BEHEYDT, L’aéroport, Lans­man, 2023, 64 p., 12 €, ISBN : 978–2‑8071–0384‑9

beheydt l'aéroportL’intrigue se déroule dans un aéro­port de province, sans doute quelque part au milieu des États-Unis. Une grosse tem­pête cloue les avions au sol et oblige les pas­sagers à mod­i­fi­er leurs plans. Ils doivent quit­ter les lieux ou pass­er la nuit dans l’aéroport. C’est le cas de l’une des deux pro­tag­o­nistes – Elle – qui n’a d’autre choix que de se résoudre à atten­dre là, en s’installant comme elle peut sur une ban­quette, au milieu de ses sacs. Pen­dant qu’elle dort, un homme en cos­tume frois­sé – Lui – arrive, avec sa seule valise, et s’installe sur le siège le plus éloigné d’elle. Elle se réveille et voit l’homme qui la fixe. Il engage la con­ver­sa­tion et se joue rapi­de­ment d’elle. Elle est agacée par ce type qui cherche un peu de com­pag­nie dans cet aéro­port désert. Elle le trou­ve con­de­scen­dant, lourd, envahissant et ne veut pas de cette promis­cuité non désirée. Elle n’a pas envie de dis­cuter ni de se faire de nou­veaux amis. Mais lui n’a­ban­donne pas la par­tie. Il la provoque gen­ti­ment, la drague, enchaine les jeux de mots pour­ris et fait tout pour qu’elle sorte de ses gongs. Après l’agacement, elle entre dans son jeu et se met à par­ler, jouer, provo­quer elle aus­si. Peu à peu, der­rière leurs cara­paces, on aperçoit leurs cica­tri­ces et leur manque d’amour. Con­tin­uer la lec­ture

L’enfant et la forêt

Daniela GINEVRO, Au-dedans la forêt, Lans­man, 2023, 52 p., 10 €, ISBN : 9782807103856

ginevro au dedans la foretAu cœur d’une forêt mys­térieuse et parait-il mau­dite, rôde une enfant des bois, « cou­verte de peaux d’animaux. Un masque d’écorce sur le vis­age, un couteau à la cein­ture ». Surnom­mée La Mésange, elle racon­te son présent et son passé. Com­ment elle est arrivée dans la forêt, accom­pa­g­née de son frère, Le Géant, et de sa sœur, La Renarde. Ils se sont « éva­porés » dans les bois pour échap­per à la mai­son au toit fêlé, à son froid qui s’insinuait partout, à la faim qui les tirail­lait, à l’absence qui y rég­nait. De cette péri­ode dans la mai­son au toit fêlé où ils vivaient tous trois col­lés ser­rés, on n’en appren­dra pas beau­coup plus, si ce n’est que les par­ents n’étaient plus là et que de nom­breuses cica­tri­ces invis­i­bles datent de cette époque. Son frère, bien qu’étant l’aîné, est resté petit suite à une chute dans les escaliers. La Mésange par­le de leurs pre­miers jours dans la forêt. Com­ment ils ont enter­ré leurs noms et s’en sont choisi de nou­veaux. Elle évoque leur vie à trois dans les bois jusqu’à l’accident qui a scindé leur groupe à tout jamais. Peu à peu, la forêt devient son ter­ri­toire, devient sienne. La soli­tude ne l’effraie pas. La nature, les ani­maux, les bruits sont là. Con­tin­uer la lec­ture

Un conte comme les autres ?

Marie HENRY, Come to me Comme tout le monde, Lans­man, coll. « Théâtre à Vif », 2022, 48 p., 11 €

henry come to me comme tout le mondeCome to me, un jeune garçon de dix ans, roux, gen­til, studieux et très grand, est le héros de cette his­toire. Une légende plane autour de lui. On racon­te qu’il est par­fait. Comme dans un con­te, il se promène dans une forêt et a enfilé de grandes bottes qui le font bondir. Par monts et par vaux, il avance vers celle qui l’appelle : Celle qui espère (ou attend) tou­jours. Cette dernière, qui fait des songes bien trop som­bres et est l’héroïne de cette his­toire, attend l’homme de sa vie. Ses pleurs doivent le guider. Come to me doit devenir le prince épous­tou­flant de Celle qui espère tou­jours.

Mon nom est Come to me. Je suis en train d’escalader des monts et des vaux. Je n’ai pas peur. (…) Je cours à la rescousse d’un pleur.  Con­tin­uer la lec­ture