Jérémie CLAES, Commandant Solane, Héloïse d’Ormesson, 2025, 304 p., 22 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782350879918
Voici déjà que Jérémie Claes, auteur de L’horloger (Héloïse d’Ormesson, 2024) nous revient avec un un nouveau thriller où nous retrouvons Solane, flic à la retraite, qui mène une existence paisible près de Cannes. Alors que les touristes se pressent sur les plages et que l’été bat son plein, 42 corps calcinés et mutilés échouent un à un sur le sable, semant l’horreur parmi les vacanciers. La Méditerranée est souvent un tombeau pour les migrants, mais rien ne permet de comprendre ce qui s’est passé, les brûlures et la noyade n’étant pas la cause de la mort. Et curieusement, les autorités et la police semblent s’accommoder du mystère et surtout pressées de tourner la page. Continuer la lecture




Attention, âmes sensibles s’abstenir. On connaît la formule et elle s’applique bien à Meurs, mon ange, troisième roman de Clarence Pitz, qui vient d’être réédité en poche chez Folio Policier. Prix Club de l’auteur belge 2022 (catégorie thriller), il est sorti en première édition en 2021 aux éditions IFS*Phénix Noir, où Clarence Pitz a publié trois autres romans, La parole du chacal (2020), Ineffaçables (2021) et Les enfants du serpent (2023). D’emblée, le lecteur est happé par l’atmosphère du récit. Indéniablement, l’autrice belge a le sens de la narration, qu’elle déroule au fil d’un suspense haletant fait d’allers-retours entre Amsterdam et l’Indonésie.
La nuit est froide pour un mois de juin. Elle regrette de ne pas avoir pris de veste. Elle regarde l’heure sur son téléphone. 00h52. Elle voit aussi un message de Marc. « Appelle-moi, je m’inquiète. » Elle sourit ; évidemment qu’il s’inquiète. Elle monte sur le petit pont au-dessus du canal. L’éclairage est faible, mais elle peut tout de même observer l’eau du canal Saint-Martin et les graffitis sur les quais.
Le jury du prix Le Point du Polar européen 2024 a annoncé sa sélection composée de 8 titres. Le nouveau roman de Kenan Görgün, Oublie que je t’ai tuée, en fait partie. Le lauréat sera annoncé le 3 avril prochain. En attendant, on croise les doigts..
Des amours de soie, le troisième roman en date de Martine Roland, confirme encore l’intérêt de l’autrice pour les sujets denses et mystérieux, voire hors normes en nous invitant à suivre les rencontres, les chocs psychologiques et surtout la violence des relations humaines. Dans ce roman, paru dans une nouvelle collection de livres noirs chez Academia, « Noirs desseins », l’auteure nous offre un thriller psychologique surprenant et aux échos les plus noirs.
Jacob Dreyfus est un coriace. Journaliste, il a reçu le prix Pulitzer pour son enquête sur les nouveaux groupuscules suprémacistes blancs parue dans le Washington Post. Cette récompense fabuleuse le met au centre de l’attention alors que, dans la foulée, les autorités procèdent à des arrestations, y compris dans les rangs du Sénat. Elle lui vaut aussi rapidement des menaces de mort insistantes qui touchent l’ensemble de sa famille, mettant en évidence ses origines juives. À telle enseigne que les autorités décident de lui faire quitter les États-Unis et de l’installer avec sa femme et son fils en France sous une autre identité avec la protection permanente d’un garde du corps. Ce qui impose à Jacob, devenu Cyril Buissière, de rompre tout lien avec son passé, y compris avec le reste de sa famille.
Au fil des années, Michel Claise a construit une œuvre romanesque en marge de son activité de juge d’instruction en charge de la criminalité financière, toujours animé du désir de nous donner des clés de compréhension de la société contemporaine. La fiction qu’il nous donne aujourd’hui prend d’emblée un point de vue qui lui est professionnellement familier, celui de Julie Pasteur, une jeune juge réveillée une nuit de décembre vers 2 heures du matin par le procureur qui l’informe de la découverte en pleine ville d’un corps criblé de balles.
Bien des romans policiers, à l’instar de leurs nombreuses déclinaisons destinées au petit écran, entraînent le lecteur dans des récits menés au pas de charge qui prennent soin de délivrer leur dose régulière d’adrénaline. D’autres promènent tranquillement leur fiction et misent sur des atouts complémentaires pour attiser le plaisir de la lecture. Le premier roman de Pascal Lorent appartient résolument à la seconde catégorie, prenant bien le temps d’installer ses personnages, de construire une ambiance, de l’insérer dans un espace et un temps donnés.
« Ici, c’est comme tu attends la mort. La prison, elle te tue ».

