Daniel SIMON, La troisième nuit, Lansman, 2022, 40 p., 10 €, ISBN : 978–2‑8071–0357‑3
Un homme vit reclus dans sa cave de 10m2. Par le soupirail, il observe la vie d’en haut et note, dans un carnet, des bribes de ce qu’il s’y passe : la belle Madame Hirondelle avec ses talons, le gamin qui court et tombe souvent, cette autre dame avec toute sa marmaille… Il est le scribe du soupirail. Il mange peu et se nourrit exclusivement de denrées qu’il trouve dans les poubelles, au pied des immeubles ou à côté des grandes surfaces. La nuit, il marmonne et pense à sa famille qu’il avait encore, il n’y a pas si longtemps. Continuer la lecture










Michael Lonsdale résume bien cette étrange machine qu’est le théâtre avant que d’être spectacle. François Emmanuel vient de publier deux pièces aux éditions Lansman, Dressing room et Les trains dans la plaine. Deux pièces absolument différentes dans la langue et cependant à aucun moment contraires. Il s’agit de la question centrale de l’amour, de la dignité, de la patience et des versions carnivores de l’homme qui rôde parmi nous. 
Comme une lance de René Bizac s’offre comme une étrange pièce dramatique onirique dotée d’une langue souvent proche de l’hyperréalisme.
Le court texte d’Alex Lorette paru en octobre dans la collection “Poche” des éditions Lansman est de ceux qui doivent être dits à voix haute s’ils ne sont portés à la scène. Parce que La ligne de partage des eaux n’est rien de moins que 34 pages haletantes, celles du récit d’un homme occupé de courir. Seul, il court dans les bois, suit le tracé d’une rivière, d’un fleuve, d’une route, tombe, se blesse, se redresse, se remet à courir.
Deux textes de Paul Emond, Don Quichotte avant la nuit et Gracchus, rassemblés dans une même publication, mettent en scène des êtres proches du trépas. L’ange de la mort rôde à chaque page. Cet entre-deux – entre vie et mort – est symbolisé par une belle illustration de Maja Polackova en page 55.