Archives de catégorie : Théâtre

Théâtre

Retrou­vez toutes nos recen­sions con­sacrées au théâtre

Dans la périphérie des feux

Elé­na DORATIOTTO et Benoît PIRET, Des car­avelles et des batailles, :esse que édi­tions, 2022, 104 p., 10 €, ISBN : 979–10-94086–46‑9

doratiotto et piret des caravelles et des bataillesLa pièce Des car­avelles et des batailles de Elé­na Dora­tiot­to et Benoît Piret se donne à lire comme une sorte de man­i­fes­ta­tion de notre temps : l’im­prég­na­tion de l’imag­i­naire comme moteur de vie et la quête de ce que l’on peut appel­er une forme de félic­ité. Dans les années cinquante, Beck­ett livrait au monde En atten­dant Godot après la tragédie de la  défla­gra­tion atom­ique qui mar­quait le seuil de la deux­ième moitié du vingtième siè­cle. Godot, pour beau­coup, se fait tou­jours atten­dre et de nom­breuses mis­es en scène ont fait l’hy­pothèse de sa sig­ni­fi­ca­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Quarante-cinq minutes

Stéphanie BLANCHOUD, Le temps qu’il faut à un bébé girafe pour se tenir debout,  Lansman/Rideau, coll. « Théâtre à vif », 2023, 40 p., 10 €, ISBN : 9782807103740

blanchoud le temps qu'il faut a un bebe girafe pour se tenir deboutQuar­ante-cinq min­utes. C’est le temps d’une mi-temps au foot­ball ou le temps qu’il faut à un gira­fon pour se tenir debout, après sa nais­sance. C’est aus­si le temps régle­men­taire que dure une vis­ite au par­loir, en prison. Et le temps que Louise passe sur un banc, chaque mer­cre­di, face au numéro 44 de la rue Berk­endael, à Brux­elles, la prison des femmes.

Tout en comp­tant les trous dans le trot­toir, Louise racon­te son his­toire depuis ce banc. Elle par­le de sa mère qui est comme un fan­tôme à présent. Elle se sou­vient de sa mère qui visait les pigeons avec son pis­to­let à billes. Des his­toires qu’elle leur racon­tait. De sa voix récon­for­t­ante. Mais aus­si de la vio­lence de l’homme qui a partagé sa vie durant dix-huit ans. Quand elle était plus jeune, Louise mon­tait dans sa cham­bre lors de leurs dis­putes et ne redescendait que quand elle entendait Vival­di, signe qu’il était par­ti et que sa maman ramas­sait les morceaux brisés. Dix-huit années à voir sa mère s’éteindre à petit feu. Vival­di était l’échappatoire de celle-ci, sa bouée de sauve­tage. Que s’est-il passé le jour du meurtre ? Le jour où sa mère a mis fin à son cal­vaire en tuant son beau-père ? Louise a plein de ques­tions, mais sa mère ne se sou­vient de rien. Elle se ferme de plus en plus jusqu’à défini­tive­ment refuser de la voir. Con­tin­uer la lec­ture

L’amour-camaraderie

Chris­tine DELMOTTE-WEBER, La cabane d’Alexandra Kol­lon­taï, Oiseaux de nuit, coll. « Rideaux rouges », 2022, 112 p., 10 €, ISBN : 9782931101599

delmotte weber la cabane d'alexandra kollontaiAlix ren­con­tre Julia, par l’intermédiaire d’une amie com­mune. Dès les pre­mières sec­on­des passées ensem­ble, elles tombent dans les bras l’une de l’autre. S’ensuit une rela­tion. Julia est aus­si en cou­ple avec Samuel. Enfin, « en cou­ple » n’est pas tout à fait le terme appro­prié. Samuel goûte aux joies du polyamour et n’a pas moins de qua­tre rela­tions au même moment. Il encour­age Julia dans cette voie, mais elle est plus réti­cente. Des pointes de jalousie sur­gis­sent, surtout quand Alix ren­con­tre Samuel et que ces deux-là se plaisent à leur tour. Alix décou­vre ce nou­veau mode de rela­tions. Leur ren­con­tre a lieu dans la cabane de Samuel, un lieu retiré où il désire vivre autrement. Son rêve serait de s’épanouir au sein d’un poly­cule, c’est-à-dire un groupe polyamoureux. Selon lui, le cou­ple ne laisse pas de place à l’in­di­vid­u­al­ité. Sa référence dans le domaine est Alexan­dra Kol­lon­taï, une com­mu­niste et mil­i­tante fémin­iste marx­iste sovié­tique, qui a forgé une nou­velle con­cep­tion du monde. Il a d’ailleurs don­né son nom à sa cabane. Con­tin­uer la lec­ture

Sur les traces d’un mythe

Juan MARTINEZ, Gil­gamesh, Lansman/CTEJ, 2022, 41 p., 10 €, ISBN : 978–2‑8071–0368‑9

martinez gilgameshDans l’antique Mésopotamie, Gil­gamesh est un roi puis­sant, admiré et craint. Sa force le rend impi­toy­able : le con­tredire expose automa­tique­ment à de sévères repré­sailles. Tout lui est dû et ce qui n’est pas don­né sera pris.

Dans la plus anci­enne his­toire
le tout pre­mier héros était un homme infati­ga­ble
qui se pre­nait pour un dieu

Gil­gamesh était son nom
Il était le roi d’Uruk
la ville aux grands rem­parts bâtie entre deux fleuves 
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Le plaisir s’estompe-t-il avec l’âge ?

Un coup de cœur du Car­net

Geneviève DAMAS, Per­fect Day, Lans­man, 2022, 52 p., 11 €, ISBN : 9782807103658

damas perfect dayÀ tra­vers ce mono­logue, écrit pour l’actrice Hélène The­unis­sen, nous suiv­ons le quo­ti­di­en de Marie Cou­turi­er, une sex­agé­naire céli­bataire qui doute beau­coup et n’aime pas voir son corps vieil­lir. Ce corps, qu’elle n’aimait déjà pas dans sa jeunesse et qu’elle aurait dû pour­tant aimer, n’est aujourd’hui plus que l’ombre de ce corps passé avec ses bras fripés, ses rides, ses pattes d’oie, ses dents que l’on bichonne pour qu’elles ne se déchaussent pas, ses quelques poils blancs sur le pubis, sa cel­lulite, les con­tours du vis­age qui s’affaissent, ses chevilles qui s’épaississent… Marie voit la vieil­lesse comme une guerre, un bom­barde­ment sans fin. Ce qu’elle craint le plus, c’est de ne plus jamais faire l’amour. Peut-être a‑t-elle déjà vécu sa dernière fois ? Sera-t-elle encore objet de désir et de fan­tasme ? La vieil­lesse ne peut-elle pas aus­si être le champ de tous les pos­si­bles ? Con­tin­uer la lec­ture

Une haine qui consume tout

Céline DELBECQ, Les yeux noirs, Lans­man, 2022, 60 p., 11 €, ISBN : 9782807103641

delbecq les yeux noirsLes yeux noirs rassem­ble trois textes courts de Céline Del­becq, trois his­toires « pour com­pren­dre l’incompréhensible, son­der l’insondable ». Ce trip­tyque, com­posé de Phare, Les ombres et La nuit est noire et pub­lié aux édi­tions Lans­man, abor­de les vio­lences con­ju­gales et intrafa­mil­iales.

Phare, écrit en 2017 suite à une com­mande de la SACD France, nous met en présence d’une femme abimée par son mari. Ils vivent avec leurs enfants dans un phare. Sept min­utes de retard et le déluge s’abat sur elle. Les tem­pes de l’homme se met­tent à bat­tre. Ses yeux ne sont plus les mêmes. C’est le sig­nal que les coups vont pleu­voir. Elle se per­suade qu’il n’est plus maitre de lui-même dans ces moments-là, que ce n’est pas Benoît qui la bat, mais un démon qui prend pos­ses­sion de son corps. Il n’est qu’une âme égarée qui n’a que trop vu son père bat­tre sa mère. Cette fois, les coups pleu­vent très vio­lem­ment, comme la mer qui se déchaine dehors et se fra­casse con­tre les rochers. L’homme s’en va pour pleur­er et se couch­er, et laisse la femme éten­due par terre. Ses enfants arrivent. Va-t-elle réus­sir à se relever ? Va-t-elle réus­sir à par­tir ? Con­tin­uer la lec­ture

Les reconstructions

Lénaïc BRULÉ, Ric­o­chet, Lans­man, 2022, 52 p., 10 €, ISBN : 9782807103610

brulé ricochetCom­ment con­tin­uer à vivre quand on vous annonce le pire ? Com­ment faire son deuil ? Sur­mon­ter la douleur face à la mort de son enfant ? La vie, telle un ric­o­chet, impose par­fois des rebonds imprévis­i­bles.

Alors qu’elle vient d’arriver dans la bib­lio­thèque où elle tra­vaille, Claire reçoit un ter­ri­ble appel : elle est demandée urgem­ment à l’hôpital. Son mari et son fils ont eu un grave acci­dent de voiture. Arrivée sur place, on lui annonce que son mari, Mar­tin, est en salle d’opération et qu’il va s’en sor­tir. Mal­heureuse­ment, ils ont fait tout ce qu’ils pou­vaient pour leur fils, Sacha, qui est décédé. Con­tin­uer la lec­ture

Les Labdacides et nous

Paul EMOND, Créon suivi de Loin d’Antigone, Oiseaux de nuit, 2022, 118 p., 10 €, ISBN : 978–2‑931101–54‑4

emond creon suivi de loin d'antigoneMatri­ces textuelles inépuis­ables, les his­toires des Lab­dacides, des Atrides com­posent des mythes fon­da­teurs que la lit­téra­ture n’a cessé de réin­ter­roger. Au tra­vers de deux mono­logues théâ­traux Créon et Loin d’Antigone, le dra­maturge, écrivain et essay­iste Paul Emond délivre une relec­ture à la fois con­tem­po­raine et intem­porelle du cycle trag­ique qui emporte la dynas­tie des Lab­dacides. Puis­sam­ment inspiré, le pre­mier texte campe le bilan rétro­spec­tif que Créon, roi de Thèbes, porte sur son règne. Le déplace­ment de focale, le dépasse­ment des clichés qui, depuis des siè­cles, recou­vrent la divi­sion entre Créon, représen­tant de la rai­son d’État, et Antigone, sym­bol­isant la révolte, per­met au dra­maturge de don­ner à enten­dre un autre Créon, tyran inflex­i­ble, orgueilleux, avide de pou­voir certes, mais aus­si sim­ple mor­tel ter­rassé par les spec­tres des morts qui vien­nent lui deman­der des comptes. Unité de temps, unité de lieu, unité d’action. Soli­taire, dans son palais thébain, le frère de Jocaste erre dans ses pen­sées noc­turnes, assail­li par les fan­tômes des morts, Œdipe, Jocaste, Polyn­ice, Étéo­cle, Antigone, son fils Hémon, fiancé d’Antigone, ses deux autres fils, sa femme Eury­dice… Il pressent qu’il tra­verse sa dernière nuit avant l’arrivée de Thésée qui le tuera et met­tra Thèbes à sac. Au tra­vers d’un despote qui s’évertue à jus­ti­fi­er les crimes qu’il a ordon­nés, à se blanchir devant le tri­bunal des siè­cles, au tra­vers de ses dis­cours légiti­mant ses déci­sions poli­tiques, Paul Emond évoque en fil­igrane un chef d’État con­tem­po­rain, tail­lé dans l’oppression. Con­tin­uer la lec­ture

La position du tireur… caché

Ludovic DROUETLe para­doxe de Bil­ly, Lans­man­/CED-WB, 2022, 40 p., 10 €, ISBN : 9782807103627

drouet Le paradoxe de Billy
Ça com­mence par un fait divers qui ressem­ble à un crime cra­puleux, enfin à quelque chose hors normes… Deux motards, Bil­ly et Jo, sont retrou­vés cha­cun une balle dans le front en lisière de forêt. Déjà l’en­droit de l’im­pact fait sens pour le lecteur : il s’a­gi­rait d’une exé­cu­tion, d’une vengeance, d’un rit­uel, bref l’imagination tourne mais soudain l’auteur nous entraîne dans une autre dimen­sion… Ludovic Drou­et, avec sa dernière pièce, Le para­doxe de Bil­ly, nous mène à la lim­ite du fan­tas­tique et des hypothès­es con­cer­nant un ailleurs, d’autant plus qu’un autre événe­ment néfaste sem­ble déjà avoir eu lieu dans les envi­rons proches. Un mal obscur règne.

Bien sûr il y a enquête mais elle affiche vite une liste de ques­tions dérangeantes, déroutantes si ce n’est étranges… Le para­doxe de Bil­ly vient de com­mencer et d’amblée on entre dans un univers à plusieurs dimen­sions nar­ra­tives et tem­porelles… Con­tin­uer la lec­ture

Dans son propre rôle

Un coup de cœur du Car­net

Stéphane BISSOT, Après nous les mouch­es, Oiseaux de nuit, 2022, 142 p., 10 €, ISBN : 978–2‑931101–53‑7

bissot apres nous les mouchesComé­di­enne, Stéphane Bis­sot a l’habitude de don­ner vie à des per­son­nages imag­inés par d’autres. Cette fois, c’est son pro­pre rôle qu’elle écrit et incar­ne. Elle racon­te ses sou­venirs, ses racines surtout, sa famille. De blessures en man­i­fes­ta­tions de ten­dresse, elle revient sur les allers-retours entre ses par­ents divor­cés, les liens avec cha­cun d’eux et avec sa grand-mère, les clins d’œil de la vie, ses mau­vais tours aus­si. Dès le début, le ton est don­né : des sujets tristes vont être abor­dés, mais non sans humour voire même une cer­taine légèreté.

J’ai envie de com­mencer avec les sand­wichs mous.
Le sand­wich mou est à l’enterrement ce que l’air est au vent… Le pouce à [l’]enfant… Le poil au pubis… Hum. Je veux dire que le sand­wich mou
nous sur­vivra tous.  Con­tin­uer la lec­ture

Sur le pont des simulacres

Paul WILLEMS, La ville à voile / La vita breve, Post­face Car­o­line De Mul­der, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 280 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–571‑1

willems la ville a voile« Le théâtre est le con­ser­va­toire de la langue », écrivait Antoine Vitez et, en ce qui con­cerne la langue de Paul Willems, on pour­rait, sans hésiter, évo­quer les grands fonds, les abysses qui font échos aux affron­te­ments, aux trou­bles et aux vio­lences de la sur­face.

Cette langue est inouïe et il faut prêter l’oreille pour être sûr que c’est bien de cela, de ce drame tra­gi-comique qui est notre matière,  qu’il s’agit car, chez Paul Willems, « la vie est un songe » (Pedro Calderon de la Bar­ca) tra­ver­sé des vio­lences de la résur­gence des sou­venirs et des sur­sauts de vérité. Con­tin­uer la lec­ture

Le puzzle de nos multiples « moi »

Un coup de cœur du Car­net

Marie HENRY, Nor­man c’est comme nor­mal, à une let­tre près, Lans­man Jeunesse, 2022, 40 p., 9 €, ISBN : 2807103561

henry norman c'est comme normalDans une con­trée loin­taine, mais pas si loin­taine, un soir de pluie entre les mois de jan­vi­er et févri­er, nait Nor­man, un petit garçon aux joues ros­es et jouf­flues comme tous les bébés. À sept ans, Nor­man affirme ses choix : il aime le rose et tout ce qui brille, et ce qu’il affec­tionne par-dessus tout, c’est porter des robes. Un jour, on lui per­met de garder sa robe toute la journée pour jouer au jardin. Nor­man aime sen­tir le vent s’engouffrer sous son vête­ment qu’il fait tourn­er inlass­able­ment. Mais der­rière cet acte, déjà des voix s’élèvent : « Que fait le gamin des voisins ? Il ne porte pas une robe quand même ? ». Nor­man, lui, aurait préféré ressem­bler à sa mère plutôt qu’à son père. Con­tin­uer la lec­ture

Mais à quoi joue-t-on ?

Un coup de cœur du Car­net

Geneviève DAMAS, Hors-jeu, Lans­man, 2022, 57 p., 11 €, ISBN : 978–2‑8071–0363‑4

damas hors jeuGene, autrice et comé­di­enne, veut créer une pièce de théâtre sur fond de Coupe du monde au Qatar : « une his­toire de foot pour deux femmes ». Pour lui don­ner la réplique, elle fait appel à sa meilleure amie, Isa, comé­di­enne égale­ment mais… bien moins embal­lée par le sujet. Isa préfér­erait abor­der des thèmes de société : l’écologie, la san­té, le fémin­isme… ; pro­pos­er un spec­ta­cle engagé, quand Gene pense diver­tisse­ment avant tout.

Isa : (…) Un spec­ta­cle néces­saire.
Ce serait le moment, c’est l’instant.

Gene : Et ça, moi, non.
Ça, ce n’est pas pos­si­ble.
Je ne veux pas de truc mil­i­tant.
Je veux par­ler de nos vies en faisant rire.
Je veux que les spec­ta­teurs aient du bon­heur après avoir tiré leur journée.
On se fait telle­ment chi­er dans la vie.
Moi, per­son­nelle­ment, je me fais telle­ment chi­er.
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Prêtez-nous vos yeux

Flo­rence MINDER, Faire quelque chose. (C’est le faire, non ?), Arbre de Diane, 2022, 92 p., 13 €, ISBN : 9782930822228

minder faire quelque choseActrice et met­teuse en scène, Flo­rence Min­der co-dirige la com­pag­nie de théâtre Venedig Meer, basée à Brux­elles et qui défend « la fic­tion comme un lieu de pen­sées, d’innovation et de survie ». Autrice de plusieurs seule-en-scène, per­for­mances et autres pièces en col­lab­o­ra­tion avec dif­férentes struc­tures, Flo­rence Min­der sem­ble trou­ver le ter­reau (très) fer­tile de sa (stupé­fi­ante) créa­tiv­ité dans le col­lec­tif, l’hybride, le pas de côté. Faire quelque chose. (C’est le faire, non?) a vu le jour sur les planch­es de Mars-Mons Arts de la Scène en sep­tem­bre 2020 ; un « instan­ta­né » de cette pièce, saisi à l’automne 2022, a don­né lieu à cette pre­mière pub­li­ca­tion de l’autrice dans la col­lec­tion « Les deux sœurs » de l’Arbre de Diane. Con­tin­uer la lec­ture

Le scribe du soupirail

Daniel SIMON, La troisième nuit, Lans­man, 2022, 40 p., 10 €, ISBN : 978–2‑8071–0357‑3

simon la troisieme nuitUn homme vit reclus dans sa cave de 10m2. Par le soupi­rail, il observe la vie d’en haut et note, dans un car­net, des bribes de ce qu’il s’y passe : la belle Madame Hiron­delle avec ses talons, le gamin qui court et tombe sou­vent, cette autre dame avec toute sa mar­maille… Il est le scribe du soupi­rail. Il mange peu et se nour­rit exclu­sive­ment de den­rées qu’il trou­ve dans les poubelles, au pied des immeubles ou à côté des grandes sur­faces. La nuit, il mar­monne et pense à sa famille qu’il avait encore, il n’y a pas si longtemps. Con­tin­uer la lec­ture

#ToutesAvecLune

Pamela GHISLAIN, Lune, Lans­man, 2022, 52 p., 11 €, ISBN : 9782807103580

ghislain luneUne jeune femme, Lune Bogaert, dépose plainte con­tre l’État belge pour inac­tion envers l’égalité hommes-femmes. Un avo­cat, Gabriel de Grey­mon, maitre dans son genre, accepte d’assurer sa défense gra­tu­ite­ment. Il ne sait expli­quer ce qui le pousse à dire oui. D’habitude, il fuit ce genre de mis­sion ban­cale. Cette fois, c’est dif­férent. La déter­mi­na­tion de Lune peut-être. Darya, la secré­taire du tri­bunal de pre­mière instance qui reçoit sa plainte, la prévient que la procé­dure va pren­dre beau­coup de temps, d’argent, et qu’elle aurait plus de chance à intro­duire une plainte au nom d’un groupe. Qu’importe, Lune est déter­minée et décide de s’installer devant le tri­bunal jusqu’à ce qu’elle reçoive une réponse. Les jours passent. Les médias com­men­cent à s’intéresser à elle. On la qual­i­fie de « Gre­ta du fémin­isme ». Con­tin­uer la lec­ture