Un coup de cœur du Carnet
Michel LAMBERT, L’adaptation, Pierre Guillaume de Roux, 2018, 264 p., 22,90€, ISBN : 2–36371-248–6
Un réalisateur, couvert d’un éternel chapeau, cherche sur les toiles d’une galerie d’art un ciel introuvable, une couleur et une atmosphère célestes qui devraient guider son prochain film. Il travaille sur l’adaptation d’une œuvre qui l’a profondément marqué : La jeune fille brune d’Alexandre Tišma. Sa femme Marion, décédée depuis cinq ans, lui avait fait découvrir ce roman. Comment adapter un récit durant lequel un homme cherche désespérément à revoir une femme avec qui il a passé une seule et unique nuit ? Comment transposer cette quête, ce fantasme qui s’efface petit à petit de sa mémoire, cette passion dévorante qui s’étale sur plusieurs décennies, cette course contre le temps et la peur du vieillissement ? Le réalisateur fait face à certaines difficultés, notamment le caractère hautement littéraire de l’ouvrage. Il n’a pas dit son dernier mot, mais peut-être est-ce son film de trop ? Des mauvaises langues le disent fini. Il accuse les refus des producteurs. La profession est intraitable avec ceux qui échouent. Continuer la lecture

Nous l’avions découverte, voici sept ans, dans Les rives identitaires, un « récit nomade » frémissant d’espoir et de rébellion, de joie de vivre et de détresse.
Dans la tradition juive, le mikvé est un bain rituel utilisé pour l’ablution, nécessaire aux rites de pureté. Le baptême chrétien y trouve sans doute son origine. Dans l’esprit de la Torah, l’immersion représente l’engloutissement dans l’eau d’un corps qui a été touché par l’impur. Ce rituel s’appuie sur une symbolique que Carl Gustav Jung et d’autres psychanalystes rapprochent de la vie intra-utérine, l’immersion évoquant tout à la fois la purification, la mort et une nouvelle naissance. Jacques Demaude, qui livre avec L’épreuve et le baptême une somme poétique importante, fait référence à la mort terrestre, à la fin de la vie d’un individu comme rite de passage vers une re-naissance : quoi d’étonnant pour le poète de
Au commencement du monde était la glaise, et celle dont Françoise Houdart façonne ce recueil est ample, souple et constellée de grains incongrus, d’éclats qui grattent l’œil et la paume. Dans La lune dans le cagibi, une blanchisseuse depuis des lustres en concubinage avec un accidenté laisse enfin entrer la télévision dans sa demeure modeste et c’est une véritable révolution: « Insensiblement, l’axe de rotation de la planète Zénaïde s’était incliné vers l’astre en bakélite et les conséquences climatiques internes n’avaient pas tardé à se manifester. » Au premier matin de sa nouvelle vie, une toute jeune épousée découvre une bouteille de lait sur le seuil, sans savoir quelles conséquences suries ruisselleront de ce simple objet apparu sans que personne ne semble l’avoir déposé. La Vieille qui fut jadis Mouya et somnole désormais dans son veuvage transforme les « Bonjour ! » que le voisinage lui délivre du bout des lèvres en un monde mouvant, où il lui est encore permis de rêver à son joueur de crosse, désormais figé sous la vitre du temps. À la tombée de l’âge, Rémi choisit de s’immerger au tréfonds dans cet étang qu’il a tant contemplé en quête d’apparitions et de réponses.
Instauré par la Ville de Liège et doté de 2.500 €, le prix Marcel Thiry récompense alternativement un recueil de poésie et un roman ou recueil de nouvelles. L’édition 2018 est consacrée aux romans et recueils de nouvelles. Les candidatures sont attendues pour le 22 juin 2018.
À parcourir les quatre pages que recouvre sa bibliographie, on s’aperçoit que Jean-Baptiste Baronian a beaucoup narré et conté, chez Laffont, Bourgois, La Table Ronde, Rivages, Les Belles Lettres et près de dix autres éditeurs. Qu’à travers des essais, des biographies et des anthologies qui sont aujourd’hui autant de références, il aura passé une vie à s’intéresser aux autres écrivains, parmi lesquels Simenon, 
C’est un message de vie que nous adresse en quelques vers Carmelo Virone, à la première page de son recueil de nouvelles Battre les cartes. Message d’amour aussi puisque le sang y est chaud et le cœur haut. C’est d’un élan tournoyant que se suivent ces onze récits, si différents les uns des autres qu’ils créent chaque fois la surprise, au point qu’on pourrait se demander s’il faut suivre une piste ou se laisser prendre au hasard de la lecture. La continuité existe bel et bien, dans le ton, on y reviendra, et dans cet ensemble cohérent d’humour et de tendresse que chacun des textes illustre à sa manière. À y regarder de plus près, on découvre entre eux un système de répons. 
Né à Ransart en 1931, le prêtre et écrivain Max Vilain est décédé le 6 mai 2018. Après être passé par les séminaires de Louvain et Tournai, il a été ordonné prêtre en 1957 et a été, entre autres, curé de Ham-sur-Heure de 1974 à 1996. Membre de l’Association des Écrivains belges, de l’Association royale des Écrivains de Wallonie, collaborateur régulier de la Revue générale et du Spantole, il laisse plusieurs essais et romans salués par différents prix littéraires, dont le prix Gauchez-Philippot, reçu en 1979 pour son essai Pour saluer L’Homme qui rit.
Conteur volontiers porté sur la fiction un rien décalée, Luc Baba s’est mis cette fois au défi de parler de lui sans détours. Victime d’un accident cardiaque, il a mis à profit son immobilité forcée pour noircir des carnets de notes au fil des jours de son retour à la vie. Sur le ton et avec la légèreté bienvenue de la chronique, l’homme nous dit la rupture que l’incident marque dans sa vie bien remplie d’enseignant et d’artiste pluriel. Il narre la douleur qui l’a envahi, l’appel aux secours :
La prochaine rencontre littéraire du Journal des poètes aura lieu le samedi 26 mai au Palais des Académies. Au programme : une après-midi de communications et lectures de textes, puis la remise du