Archives par étiquette : Daniel Simon (auteur de la recension)

Le Top 2025 de Daniel Simon

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de Daniel Simon.  Con­tin­uer la lec­ture →

Rencontres des temps sommaires


THÉÂTRE
DE LA RENAISSANCE, Pacé­nous, Cerisi­er, 2025, 58 p., 11 €, ISBN : 978–2‑87267–257‑8

théâtre de la renaissance pacénousIls arrivent.
Ils ne par­lent pas.
Ils dansent.
Ils nous regar­dent.

En pub­liant Pacé­nous, le Théâtre de la Renais­sance a voulu pro­longer la créa­tion publique de ce spec­ta­cle-débat qui a eu lieu en 2024. Le mou­ve­ment du théâtre-action est né en Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles dans les années 1970 et le Théâtre de la Renais­sance exerce ses activ­ités de ren­con­tre avec les publics, de con­struc­tion de pro­jets, de partages d’ex­péri­ences d’an­i­ma­tion depuis 40 ans !  Instal­lé à Seraing, le théâtre a voulu, dès le départ, pren­dre en charge scénique les préoc­cu­pa­tions sociales, les ques­tions poli­tiques citoyennes et les con­flits de ce qu’on appelait jadis la classe ouvrière, alors encore présente et très active dans cette région. Con­tin­uer la lec­ture →

Mémoire et avenir

Thomas DEPRYCK et Antoine LAUBIN, Maria et les oiseaux (His­toires de Bel­gique), De Fac­to/CED-WB/Emile & Com­pag­nie, 2025, 240 p., 20 €, ISBN : 978–2‑8071–0443‑3

depryck laubin maria et les oiseaux histoires de belgiqueMaria et les oiseaux nous donne à lire un vaste jeu his­torique de l’His­toire de Bel­gique de 1945 à aujour­d’hui au départ de Hau­mières, petit vil­lage fic­tif du Hain­aut occi­den­tal, situé quelque part entre la France, la Flan­dre et l’Escaut. Les auteurs de cette saga, Thomas Depryck et Antoine Laubin, y don­nent nais­sance à une femme, Maria, en 1927. Con­tin­uer la lec­ture →

La vie sur le vif

Éric LAMIROY, À la volée, Lamiroy, 2025, 170 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39081–028‑5             

lamiroy a la voléeÀ la volée et tout est dit car Éric Lamiroy a saisi les instants fur­tifs liés aux hasards des ren­con­tres des déam­bu­la­tions, des prom­e­nades, des ren­dez-vous pour nous faire partager ses textes et pho­togra­phies sai­sis dans l’ar­pen­t­age du temps. Éric Lamiroy, on le sait, ne se pré­tend pas auteur et ce n’est pas une coquet­terie, c’est prob­a­ble­ment une vraie mod­estie chez celui qui sait cro­quer les instants sus­pendus que son regard déplie sur le vif, à l’in­stant, dans l’in­stant. Ces textes, il le rap­pelle, ne sont pas des fic­tions mais des formes d’éblouisse­ments partagés où la poésie, qui ne s’an­nonce pas, affleure sou­vent tant ces formes brèves sont mar­quées d’é­mo­tion, d’ami­tié et quelque­fois d’une forme de mélan­col­ie joyeuse. Con­tin­uer la lec­ture →

Un trio inspiré

Un coup de cœur du Car­net

Alexan­dre MILLON, Bérose et moi, Mur­mure des soirs, 2025, 190 p., 17 €, ISBN‏ : ‎ 978–293123533

millon berose et moi« Qui suis-je ? Aucun auto­por­trait n’épuis­era le sujet. Mais si on par­le de qui je suis dans ce texte, alors dis­ons un trio. Auteur, nar­ra­teur, per­son­nage. Comme dans le jazz, nous impro­vi­sons sur divers­es réal­ités. En joie et en partage. (…) »

L’œil de l’écrivain Alexan­dre Mil­lon use avec sub­til­ité de deux focales. Il voit et regarde large et loin pour décrypter les pres­sions et dépres­sions du monde qui l’en­toure tout en faisant œuvre de minia­tur­iste… Il sculpte des médailles, des gros-plans et, dans ces allers-retours de scènes, de sit­u­a­tions et de rela­tions, il écrit égale­ment une forme de chronique per­ma­nente du temps qui est le sien et qui devient nôtre par la qual­ité son écri­t­ure. C’est que l’auteur pra­tique un style fait de sus­pen­sions du temps qu’il décrypte tant et tant dans des por­traits, des points et con­tre­points où l’on se dévis­age et se con­fronte à l’impertinence de la morale quand la beauté joue des tours dans les « gar­gouilles » qu’il a implan­tées ça et là tout le long de ses vagabondages énig­ma­tiques. Par ailleurs, il prête aus­si atten­tion à l’i­nat­ten­du pour dire le temps qui est le nôtre. Con­tin­uer la lec­ture →

L’infini des invisibles

Flo­ri­an PÂQUE, Dans le silence des paumes, Lans­man, 2025, 72 p., 12 €, ISBN : 978–2‑8071–0442‑6

paque dans le silence des paumesDans le silence des paumes, la dernière pièce en date de Flo­ri­an Pâque (qui a déjà pub­lié plusieurs textes chez le même édi­teur) pro­pose un croise­ment de séquences doc­u­men­taires et de pas­sages pro­pre­ment oniriques, et d’une haute den­sité émo­tion­nelle.

Faire par­ler les invis­i­bles a, depuis longtemps, taraudé les dra­maturges de toutes orig­ines : Tchekhov, Molière avec sa per­ma­nence des valets, Brecht et Mère Courage, et, il n’y a pas si longtemps (années 1970) Jean Lou­vet qui don­na voix la pre­mière fois à la fig­ure de l’ou­vri­er enfoui dans la classe ouvrière, … Con­tin­uer la lec­ture →

Des idiots et des voyants

Cari­no BUCCIARELLI, Une poignée de sec­on­des, Herbe qui trem­ble, coll. « D’autre part », 2025, 102 p., 16 €, ISBN : 978–2‑491462–97‑0

bucciarelli une poignée de secondesJe me vois de dos
je marche dans une direc­tion incon­nue (…) 

Il reste une poignée de sec­on­des
et deux cail­loux (…) 

On se sur­prend, dans la prose et la poésie que nous offre Cari­no Buc­cia­rel­li, à retrou­ver les traces d’un cousi­nage ancien avec le Wozzeck de l’étoile filante Büch­n­er, une force bru­tale qui passe par les inter­stices de la stu­pid­ité humaine mais qui témoigne aus­si de sa sur­prenante « inno­cence » … Comme dans les plus anciens rites, les hommes peu­vent, sans cesse, frap­per le sol du pied, il en remon­tera surtout les échos assour­dis des ver­tig­ineuses obstruc­tions à la con­science qui font le sens com­mun de notre tribu. Con­tin­uer la lec­ture →

Au bord du monde

ADRIEN D’HOSE, Col­let, Lans­man, 2025, 68 p., 11 €, ISBN ‏: ‎ 978–2807104389

d'hose colletAprès le très remar­qué Square Edi­son, Adrien d’Hose pub­lie, chez le même édi­teur, un sec­ond texte, Col­let, lau­réat des Journées de Lyon des autri­ces et auteurs de théâtre 2025.

Nous voilà donc, avec Col­let, dans un nou­veau réc­it théâ­tral qui nous mène encore une fois dans cette zone proche de l’en­fance, des non-dits et de cette étrange loufo­querie de la vie. Con­tin­uer la lec­ture →

La saga documentaire du pays des Mille Collines

Romain BAERTSOEN, Danse de la grue couron­née, Genèse édi­tion, 2025, 336 p., 24,50 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 978–2‑3820104–33

baertsoen danse de la grue couronnéeAvec la pub­li­ca­tion de son livre Danse de la grue couron­née, Romain Baert­soen nous emmène dans une saga (annonce l’éditeur) qui développe un for­mi­da­ble réc­it sur trois généra­tions de femmes, depuis le début du 21e siè­cle, 2002, où une femme retourne au Rwan­da pour témoign­er des atroc­ités du géno­cide com­mis par des Hutus extrémistes con­tre les Tut­sis en 1994. Con­tin­uer la lec­ture →

De qui et d’où ?

Xavier HUBERLAND, Je sais très bien qui vous êtes, Lamiroy, 2025, 254 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–973‑7 

huberland je sais très bien qui vous êtes« Se muy bien quien eres… »
Cette phrase, enten­due au fin fond de la Patag­o­nie, envoya Alba, archi­tecte de renom­mée mon­di­ale, en prison. 

L’auteur et l’éditeur met­tent lecteurs et lec­tri­ces en ver­sion « hitch­cock­i­enne », dès la qua­trième de cou­ver­ture !
Et c’est alors que Max, avo­cat, entre en scène, il tire le fil nar­ratif qui se brise sou­vent pour se recon­stituer très vite dans d’autres témoignages, prin­ci­pale­ment famil­i­aux… Il nous racon­te le tra­jet sin­guli­er de sa cliente Alba, tout au long d’une odyssée entre Paris, Lon­dres et Buenos Aires. Et le nœud du mys­tère reste la ques­tion de la fil­i­a­tion, une ques­tion sans fin, dés­espérée autant que dynamique, mais aus­si une ques­tion mor­tifère… Con­tin­uer la lec­ture →

Une promenade d’admiration

Yves-William DELZENNE, Venise n’expose qu’elle-même, Sam­sa, 2025, 134 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87593–580‑9

delzenne venise n'expose qu'elle-mêmeVenise encore n’ex­po­sait qu’elle-même, ces siè­cles écoulés, la clep­sy­dre de ses jours que grif­fait la pluie après le long soleil d’août qui avait si bien séché les enduits ros­es où des glycines s’a­grip­pent mal.               

Yves-William Delzenne nous offre, avec Venise n’ex­pose qu’elle-même, un nou­veau roman sous forme de prom­e­nade dans des lieux de mémoire et de mytholo­gie lit­téraire, artis­tique, ciné­matographique, pic­turale… dans cette Venise, telle­ment sur­ex­posée qu’elle appa­rait sou­vent comme une sub­lime anamor­phose… Car Venise, si elle existe depuis des siè­cles depuis sa magis­trale fon­da­tion, s’est démul­ti­pliée dans le temps des œuvres et des admi­ra­tions et on ne sait plus si Venise existe vrai­ment ou si c’est plutôt ce que nous voulons voir de Venise. Comme si elle était une prodigieuse dif­frac­tion du regard humain. Con­tin­uer la lec­ture →

Une logique d’idiots

Edwin ZACCAI et François OST, L’arche et la tour, Sam­sa, 2025, 70 p., 14 €, ISBN : 978–287593-492–5

zaccai ost l'arche et la tourLa pièce de théâtre, L’arche et la tour se donne à lire comme une forme d’écho à de mul­ti­ples mythes, bibliques et autres, que les deux auteurs Edwin Zac­cai (sci­en­tifique) et François Ost (philosophe et juriste) vien­nent de pub­li­er et de faire jouer… L’arche et la tour se décline comme une fable écologique ou comme un con­te philosophique, pré­cisent les auteurs. Con­tin­uer la lec­ture →

Le temps des spectres

Béa­trice RENARD, Sauf quand elle danse, Mur­mure des soirs, 2025, 280 p., 22 €, ISBN : 9782931235287

renard sauf quand elle danseAprès son roman Cav­ales paru en 2021 aux mêmes édi­tions, Béa­trice Renard, his­to­ri­enne de for­ma­tion, dans son roman Sauf quand elle danse, n’hésite pas à nous faire descen­dre, avec un tal­ent romanesque con­som­mé, dans la ter­ri­ble his­toire d’un pianiste cen­te­naire, aban­don­né à sa nais­sance par sa mère Suzanne.  Celle-ci, détru­ite par le mas­sacre de sa famille lors de l’oc­cu­pa­tion enne­mie à Liège pen­dant la Pre­mière Guerre mon­di­ale, est désar­tic­ulée, lit­térale­ment jetée hors d’elle par ces temps obscurs. Pour sur­vivre, elle a choisi la danse comme façon de tenir debout, une manière de résilience pul­sion­nelle. Cet art pre­mier, cet art sacré, cet art qui engage tout entier le corps et l’e­sprit de la danseuse. Con­tin­uer la lec­ture →

Une époque en pièces

Jean LOUVET, Théâtre 6, textes réu­nis et présen­tés par Vin­cent Rader­meck­er, AML, coll. « Archives du futur », 2025, 310 p., 28 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782871681038

louvet theatre 6Ce six­ième, et dernier vol­ume, des « Archives du futur » con­sacré au dra­maturge Jean Lou­vet forme lit­térale­ment le chapiteau d’une archi­tec­ture lumineuse grâce au tra­vail remar­quable de Vin­cent Rader­meck­er et aux col­lab­o­ra­tions divers­es qui ont par­ticipé à chaque pub­li­ca­tion en dix ans. Con­tin­uer la lec­ture →

Une reine libre

Un coup de cœur du Car­net

Valéri­ane DE MAERTELEIRE, La reine rouge, Lans­man, 2025, 63 p., 11 €, ISBN : 2807104312

de maerteleire la reine rougeLe min­istre: Au fond, tout ce qui vous intéresse, c’est le scan­dale! C’est que l’on par­le de vous.
La reine: Et qu’est-ce qui vous intéresse vous, “Mon­sieur le secré­taire général de l’OTAN”? Vous ne voulez pas vous enten­dre avec les Russ­es! Oh non, non, non! Vous préférez con­tin­uer à ven­dre des armes, des armes, encore plus d’armes. La guerre froide vous arrange bien. Ce sont les béné­fices de la FN Her­stal qui vous impor­tent !
Le min­istre: Mais la FN est une entre­prise de VOTRE pays bon sang! 
La reine: Et bien qu’elle se con­tente de fab­ri­quer des motos! Vous ne voyez que le prof­it. “Le cap­i­tal­isme provo­quera des crises de plus en plus impor­tantes puis fini­ra par implos­er.” Ce n’est pas de moi, c’est de Marx. Con­tin­uer la lec­ture →

L’arpenteur ébloui

Christophe VAN STAEN, L’at­tri­bu­tion des marchés publics, Aux Palais Out­re-Ponts, 2024, 103 p., 15 €, ISBN : 978–9‑0903–9288‑2

van staen l'attribution des marchés publics(…) Un jour m’é­tait venue l’idée d’une prom­e­nade dans la val­lée. Par­ti seul, sans prévenir qui que ce soit, comme un mem­bre des brigades par­ti­sanes gag­nant le maquis pour met­tre à exé­cu­tion son plan d’at­ten­tat – j’é­tais sûr de mon fait, sûr de revenir avant l’heure du déje­uner – je m’en­fonçais par le sen­tier dans les pro­fondeurs végé­tales. Je ne sais pourquoi, il me fal­lait une errance, un égare­ment, un aban­don – mais heureux cette fois, souhaité –, une déser­tion? J’a­vançais par­mi les bran­chages de plus en plus touf­fus, qui finirent par me dépass­er en taille. Du haut du sen­tier que je suiv­ais du regard, j’en vis une autre en con­tre­bas, à une dizaine de mètres. J’av­i­sai la paroi, qui était parsemée de ren­forts et de racines pro­liférantes qui me sem­blèrent dignes de con­fi­ance. (…) Con­tin­uer la lec­ture →