Archives par étiquette : Théâtre

Retrou­vez ici tous nos arti­cles et recen­sions con­sacrés au théâtre

« Tu crois que les gens sont morts mais en fait ils ne meurent pas »

Un coup de coeur du Carnet

Stéphanie BLANCHOUD, Jack­son Bay, Lans­man, 2017, 64 p., 12€, ISBN : 978–2‑8071–0131‑9

blanchoud jackson bayJack­son Bay, Nou­velle-Zélande. Le bout du monde. Les touristes y vont pour sa nature sauvage, ses plages escarpées, sa faune locale… et surtout sa soli­tude de baie isolée du reste du monde. Le beau temps n’est pas tou­jours de la par­tie. Nor­man, Jeanne, Fish et Mendy y sont coincés. Les intem­péries les oblig­ent à rester enfer­més dans la kitch­enette du camp­ing. L’envie de s’évader est très présente, mais cha­cun doit pren­dre son mal en patience. Dans ce huis-clos non désiré, on tue le temps et on apprend peu à peu à se con­naître. Nor­man et Jeanne, la quar­an­taine, voy­a­gent ensem­ble en camp­ing-car. Nor­man a per­du sa femme, Claire, depuis peu. Il réalise son plus grand rêve : voy­ager en Nou­velle-Zélande, à défaut d’avoir pu le faire avec elle, si ce n’est à tra­vers la lec­ture du Lone­ly Plan­et. Jeanne n’est pas très heureuse dans cette rela­tion. Elle comble son mal-être en par­lant beau­coup. Elle aimerait que Nor­man soit plus ten­dre, mais il reste dans sa bulle. Fish et Mendy, la trentaine, voy­a­gent en soli­taire. Eux aus­si ont emporté avec eux leur lot de mal­heurs. Ils sem­blent se plaire et se rap­prochent l’un de l’autre. Con­tin­uer la lec­ture

Exposition : “130 ans de théâtre belge”

affiche arlonDu 22 avril au 14 mai 2017, la Mai­son de la Cul­ture d’Ar­lon en col­lab­o­ra­tion avec les AML accueillera une expo­si­tion con­sacrée à l’his­toire du théâtre belge. Son nom? “130 ans de théâtre belge, de Maeter­linck à Guy Denis”.  Con­tin­uer la lec­ture

Le combat d’une rupture

Un coup de coeur du Carnet

Stéphanie BLANCHOUD, Je suis un poids plume, Lans­man, 2017, 36 p., 10€, ISBN : 978–2‑8071–0136‑4

blanchoud.jpgUn cou­ple se sépare. Qui garde la petite lampe ? Le meu­ble en teck ? Les casseroles ? Ces cou­verts, il n’en a plus besoin. Ces assi­ettes ? Ce sont celles de sa grand-mère à elle. Les DVD là, qui les prend ? Et ain­si de suite, jusqu’à la ser­pil­lière et le tapis d’entrée. Peu à peu, leur loge­ment, qui a vu leur amour se révéler, brûler de mille feux avant de s’éteindre douce­ment, est déserté par ses occu­pants. L’appartement est vidé, net­toyé, la clé est ren­due au pro­prié­taire, les sou­venirs sont exilés. Il n’y a plus qu’à se ressourcer ailleurs, voy­ager, essay­er d’oublier, se famil­iaris­er avec la soli­tude, retrou­ver un toit, acheter de la nou­velle vais­selle, inscrire son nom sur la son­nette une Xème fois… Con­tin­uer la lec­ture

Une armée d’invisibles

Jean-Pierre DOPAGNE, J’ai faim, Lans­man, 2017, 90 p., 12€, ISBN : 978–2‑8071–0134‑0

dopagneDans une ville — qui pour­rait être n’importe quelle ville — une jeune femme — qui pour­rait être n’importe quelle femme — est assise sur le trot­toir. Toute la journée, Elle reste là, entre la banque et le salon de coif­fure, à atten­dre que les pas­sants daig­nent la regarder et lui laiss­er une petite pièce dans son cha­peau rapiécé. Toute la journée défile sous ses yeux un cortège d’humains. Cha­cun y va de sa petite remar­que ou de son petit geste. Il y a ceux qui sont excédés par sa présence. C’est le cas de la jeune coif­feuse envoyée par sa patronne pour la chas­s­er. Il y a ceux qui voient en elle une héroïne : le romanci­er pour son nou­veau livre (au grand dam de sa femme) et le présen­ta­teur du JT pour un block­buster. Il y a ceux qui aimeraient l’aider, comme la com­mis­saire de police et l’assistant social, mais qui ne parvi­en­nent pas à établir un dia­logue. Il y a ceux qui sym­pa­thisent avec elle : l’étudiant qui aime bavarder et lui apporter du miel, la chapelière qui veut lui offrir un beau cha­peau. Puis, il y a tous ceux qui voient ces clochards comme de la ver­mine, des déchets humains à nier et refouler le plus loin pos­si­ble. Le bourgmestre et futur min­istre ne s’apprête-t-il pas d’ailleurs à entre­pren­dre une grande réforme dans sa ville ? Con­tin­uer la lec­ture

L’abdication : William Cliff au Poème 2

cliff

William Cliff a au cours de sa car­rière lit­téraire var­ié ses beaux travaux d’écriture. Out­re sa poésie, il a mis son rap­port aux mots au ser­vice de la tra­duc­tion. Du théâtre aus­si. Dans ce genre que pou­vait-il écrire d’autre que des tragédies en vers ? Et qui dit tragédie pense aux his­toires de grandeur et de majesté. De pou­voir aus­si. Dans L’abdication, il donne sa ver­sion poé­tique et rêvée de la Ques­tion royale. Une ver­sion où comme il dit dans le pro­logue : Con­tin­uer la lec­ture

Prix Pierre Nothomb 2017/ théâtre : appel à candidatures

Attribué par la Fon­da­tion Nothomb en hom­mage à Pierre Nothomb, poète et romanci­er, le Prix Pierre Nothomb lance son appel à can­di­da­tures pour l’édi­tion 2017, réservée aux auteurs de théâtre.  Con­tin­uer la lec­ture

C’est quoi l’amour ?

Un coup de coeur du Carnet

Thomas DEPRYCK, Étreintes dans le noir, Lans­man, 2016, 60 p., 11 €   ISBN : 978–2‑8071–0127‑2

depryckQu’est-ce qu’une his­toire d’amour ? Quelque chose que nous vivons tous, ou presque. Deux soli­tudes qui se rassem­blent et qui se lan­cent, plon­gent et saut­ent ensem­ble. Un proces­sus chim­i­co-social qui reste, dans la plu­part des cas, très éphémère. L’amour fait place, le plus sou­vent, à la rou­tine, mais peut aus­si faire place à la douleur, à la rancœur, voire à la haine. Une his­toire d’amour n’est jamais toute blanche ou toute noire. Elle est joyeuse et triste à la fois. Des sen­ti­ments les plus opposés s’y man­i­fes­tent. Con­tin­uer la lec­ture

14 ans, pour toujours

Un coup de coeur du Carnet

Alex LORETTE, Mou­ton noir, Lans­man, 2016, 81 p., 12 €   ISBN : 978–2‑8071–0117‑3

loretteDans cette nou­velle pièce, Alex Lorette nous livre une his­toire sur le thème du har­cèle­ment sco­laire : à presque 15 ans, Camille est vic­time des vex­a­tions de jeunes de son école. À tra­vers des dia­logues très con­crets, on peut décou­vrir une bonne décli­nai­son de sit­u­a­tions de har­cèle­ment, depuis les pro­pos indif­férents typ­ique­ment ado­les­cents jusqu’à la cru­auté sans lim­ite, elle aus­si typ­ique­ment ado­les­cente. Quand on croit avoir bien com­pris de quoi il s’agit, un autre tableau nous livre un nou­veau rebondisse­ment, parce que le har­cèle­ment ne s’arrête jamais, il s’est invité dans la mai­son de Camille, se fau­file dans des cour­riels insul­tants, se matéri­alise en une page Face­book anti-Camille. Bref, il est partout, lanci­nant. Con­tin­uer la lec­ture

L’Eldorado européen

Franck LIVIN, Ter­rain vague, Édi­tions du Cerisi­er, 2016, 72 p., 9 €  ISBN :  978–2‑87267–201‑1

livinIften est retrou­vé mort dans un ter­rain vague. Ce jeune médecin algérien résidait clan­des­tine­ment en Bel­gique. Sa terre natale sem­blait l’avoir oublié, comme nom­bre des siens. Le tra­vail man­quait. Seule la belle Europe le fai­sait encore rêver. Un ami l’y attendait, Abdel, et la sœur de celui-ci, Leila. On lui promet­tait un tra­vail, l’amour et un avenir plus clé­ment. Alors, après avoir tra­ver­sé la Méditer­ranée sur un rafiot de mis­ère, après avoir atten­du un temps infi­ni en cen­tre fer­mé à Lampe­dusa, après avoir avalé les kilo­mètres en Ital­ie et en France, Iften a touché le sol du Roy­aume de Bel­gique. Mais le rêve a sem­blé vite avorté. Grâce à Abdel, il avait trou­vé un boulot de maçon. Saïd, son patron, qui se dis­ait l’un de siens, n’a eu aucun scrupule à l’exploiter sur ses chantiers, comme tant d’autres. À la clé, un salaire dérisoire, une pro­tec­tion sociale inex­is­tante, des con­di­tions de tra­vail inhu­maines, une promesse de papiers jamais tenue et tou­jours la peur au ven­tre de se faire arrêter et ren­voy­er au pays. Pourquoi Iften a‑t-il trou­vé la mort ? Est-ce dû à un acci­dent de tra­vail ? Peut-être était-il devenu gênant, son esprit con­tes­tataire peu à peu se réveil­lant ?
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Non-assistance à personne en danger

Elsa POISOT, Kinky Birds, Lans­man, 2016, 62 p., 10€   ISBN : 978–2‑8071–0124‑1

poisotAujourd’hui : plusieurs per­son­nes sont enten­dues par la police suite à une som­bre his­toire de viol dans le métro au cours duquel per­son­ne n’est inter­venu. Tous essaient de se jus­ti­fi­er comme ils peu­vent, mais la cul­pa­bil­ité les ronge.

Quelques jours avant aujourd’hui : à la nuit tombée, Lud­mil­la marche dans la rue, sa valise à la main. Elle appelle tout son réper­toire et sem­ble per­due. Plus d’une fois, elle a l’impression qu’on la suit. Con­tin­uer la lec­ture

On n’a pas tous la chance d’être cool

Axel CORNIL, Jean Jean, Lans­man Édi­teur, 2016, 44 p., 10€   ISBN : 978–2‑8071–0119‑7

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Prénom : Jean. Nom : Jean… (non, ce n’est pas une blague). Âge : ado­les­cent. Pro­fes­sion : élève du sec­ondaire. Statut : céli­bataire. Traits par­ti­c­uliers : n’attire que l’indifférence. Con­tin­uer la lec­ture

La terre qui est en nous, la terre qui est derrière nous, la terre qui est devant nous

Axel CORNIL, Du béton dans les plumes, Lans­man, 2016, 42 p., 10€   ISBN : 978–2‑8071–0110‑4

cornilLes ter­rils, bal­afres d’une époque révolue, domi­nent le paysage borin. Ces immenses cathé­drales de terre et de suie ont tou­jours trôné au fond du jardin de Pétrone. Le jeune homme a gran­di dans cette région aujourd’hui appau­vrie. De sa vie, il n’a jamais su quoi faire. Dès sa nais­sance, il s’est mon­tré fébrile et inutile. Que faire d’un enfant aux poumons noirs ? Son père, Icare, souf­fre de ne pas avoir pris son envol. Sa mère, Europe, porte le deuil des nom­breux morts qui peu­plent sa famille. Elle som­bre dans l’alcool, chaque bouteille qu’elle vide étant un cha­grin de moins sur ses épaules. Il faut pré­cis­er que c’est une tra­di­tion famil­iale de pass­er de vie à tré­pas. Le buf­fet de la salle à manger débor­de de pho­tos des aïeuls dis­parus. Pétrone, dont le nom résonne comme de la pierre, hérite de la mai­son famil­iale, celle que les mains mal­ha­biles de son archi­tecte de père ont con­stru­ite. Cette mai­son chance­lante n’est plus qu’une ruine. L’entrepreneur que Pétrone a con­tac­té est formel : il faut ven­dre le ter­rain et ras­er la demeure. La rénover ne provo­querait que de plus grands tra­cas. Que faire face à ces briques où se promè­nent allè­gre­ment les sou­venirs et les fan­tômes ? Que faire face à cet héritage quand on a seule­ment vingt-cinq ans ? Con­tin­uer la lec­ture

Pour que la culture embrasse les cultures

Jean HURSTEL, Cul­tures des lisières. Éloge des passeurs, con­tre­bandiers et autres explo­rateurs, Édi­tions du Cerisi­er, coll. « Place publique », 2016, 144 p., 12 €   ISBN : 978–2872671960

hurstel.jpgCul­tures des lisières. Un beau titre, plein de promess­es, au sous-titre exci­tant Éloge des passeurs, con­tre­bandiers et autres explo­rateurs, pour le livre dans lequel Jean Hurs­tel, acteur pas­sion­né, engagé de la vie cul­turelle, par­ti­c­ulière­ment dans le domaine théâ­tral, retra­verse son par­cours avec autant de rigueur que de fran­chise et de sen­si­bil­ité.

De Stras­bourg où il s’inscrit à seize ans à l’École supérieure d’Art dra­ma­tique, qui vise à for­mer des acteurs pour aller au-devant des publics pop­u­laires, puis, étu­di­ant en philoso­phie à l’Université, y créait le Théâtre uni­ver­si­taire, à Brux­elles où il pré­side depuis dix ans les Halles de Schaer­beek, c’est un itinéraire aux mul­ti­ples étapes qu’il revit avec nous. Porté par l’ardente con­vic­tion que toute poli­tique cul­turelle doit se fonder sur l’histoire de l’art, la créa­tion artis­tique, mais aus­si sur la ren­con­tre avec les pop­u­la­tions trop sou­vent oubliées de la cul­ture offi­cielle, celles des zones indus­trielles désaf­fec­tées, des périphéries urbaines, des cam­pagnes aban­don­nées. Con­tin­uer la lec­ture

Tiens bon la barre, matelot !

Un coup de coeur du Carnet

Veroni­ka MABARDI, Adèle, Lans­man, 2016, 42 p., 10 €   ISBN : 978–2‑8071–0112‑8

mabardiAdèle revient dans le vil­lage de pêcheurs de sa grand-mère Maria, là où elle a passé toutes ses vacances sco­laires. Ce vil­lage a vu naître tous ses jeux d’enfant, ain­si que cette infail­li­ble rela­tion entre une vieille femme et sa petite-fille. Ce vil­lage est aujourd’hui déserté de ses pêcheurs et de ses âmes, la ville les ayant tous appelés. Adèle ne sait plus très bien où elle en est. Un homme, Nico­las, traîne dans sa tête. Le fruit de leur amour grandit dans son ven­tre. Doit-elle garder ce petit être alors qu’elle ne rêve que de par­tir en mer ? De men­er une vie d’aventurière à tra­vers vents et marées comme son héroïne d’enfance, la pirate Anne Bon­ny ? Après tout, les femmes n’ont peut-être pas leur place par­mi les matelots. Et que faire de Nico­las ? L’attendrait-il tout en dessi­nant le fil des jours comme Péné­lope cou­sait en atten­dant Ulysse ? Lui-même n’est-il pas tout aus­si per­du depuis qu’il a ren­con­tré sur les routes des naufragés de la vie ? Adèle cherche des répons­es auprès de sa « Maria de la mer », aujourd’hui dis­parue, ain­si qu’auprès de La Vagabonde, l’épave de son grand-père René. Les fan­tômes de la vieille femme et du vail­lant navire sont omniprésents. Con­tin­uer la lec­ture

Lucy Ferney, avec deux Y

Daniela GINEVRO, Respire, Carnières, Lans­man, 2016, 44 p., 10 €

ginevroLucy a neuf ans et aujourd’hui est le jour où sa maman l’a oubliée. Ce matin, maman était en retard, comme tous les jours. Puis la voiture a refusé de démar­rer. Mau­vais début de journée pour maman. Des tra­cas, alors qu’elle en a déjà plein le dos de ce foutu boulot et de ce foutu apparte­ment. Mau­vais début de journée pour l’inspecteur aus­si, lui qui comme tous les jours a ten­té de par­ler à son père sans y par­venir. Et puis vient le soir et maman n’est pas là. A‑t-elle oublié son télé­phone ? Aura-t-elle dû faire des heures sup­plé­men­taires ? Où peut-elle donc bien être ? Lucy a l’impression de se fon­dre dans sa chaise. C’est que la garderie doit fer­mer et mon­sieur le sur­veil­lant com­mence à s’impatienter : il voulait aller faire les cours­es, acheter du poulet rôti, des hari­cots et de la purée, bref, pré­par­er un bon petit repas à ses enfants… Tant pis, pour une fois ce sera des piz­zas !  Mais l’heure tourne et la maman de Lucy n’arrive tou­jours pas. Ne serait-ce pas le moment d’appeler l’inspecteur ?  Con­tin­uer la lec­ture

Le jardin extraordinaire

Leonor PALMEIRA, Camille PIER, La Nature con­tre-nature (tout con­tre), L’arbre de Diane Edi­tions, coll. « La tortue de Zénon », 2016, 80 p., 12 €

palmeiraIl s’en passe des choses dans la nature. Des choses que l’on n’imagine pas, que l’on ne veut pas voir, ou que l’on nous cache parce qu’elles rendraient chèvre l’ordre établi. Celui, par exem­ple, de la dif­férence entre les hommes et les femmes, cette fameuse dif­féren­ci­a­tion sex­uelle qui serait le dernier rem­part con­tre la con­fu­sion iden­ti­taire, l’ultime argu­ment pour défendre la famille tra­di­tion­nelle. Que n’a‑t-il pas fal­lu enten­dre, en France, au moment des débats pour le mariage pour tous – et toutes ! Quelles couleu­vres n’a‑t-il pas fal­lu avaler ! Même si, au fond, on peut être d’accord avec Juli­ette Gré­co quand elle chante « La nature com­plique jamais inutile­ment / Y’a que les hommes pour s’épouser ». Mais la nature est plus égal­i­taire que la société humaine ; dans le règne ani­mal c’est : le non-mariage pour toutes et tous. Con­tin­uer la lec­ture