Archives par étiquette : Magritte

Les Catalogues Samuel au Musée Magritte

Deux pièces majeures vien­nent de faire leur entrée dans les col­lec­tions du Musée Magritte : les Cat­a­logues Samuel de 1926–1927 et de 1928. La réal­i­sa­tion graphique est l’oeu­vre de René Magritte ; les textes sont de Camille Goe­mans pour le pre­mier et de Paul Nougé pour le sec­ond. Con­tin­uer la lec­ture

Engagement communiste et art

Un coup de cœur du Car­net

Aron Morelli Les artistes belges et le communisme

Les artistes belges et le communisme : Magritte, Masereel et les autres…

Direc­tion de la pub­li­ca­tion : Paul Aron et Anne Morel­li

Mai­son d’édition : Édi­tions de l’Université de Brux­elles

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 168

Prix : 18 €

Livre numérique : /

EAN : 9782800419428

La ques­tion « quel sens y a‑t-il à par­ler d’artistes com­mu­nistes ? » déployée dans ce remar­quable ouvrage col­lec­tif s’intègre dans une réflex­ion plus vaste por­tant sur la per­ti­nence et les lim­ites des clas­si­fi­ca­tions des arts en ter­mes d’école, de mou­ve­ment, de style. Con­sacré aux artistes belges ayant adhéré au com­mu­nisme ou proches du mou­ve­ment, ce vol­ume dirigé par Paul Aron et Anne Morel­li comble une lacune dans le champ des recherch­es : l’absence d’étude de fond sur les liens com­plex­es entre une nébuleuse hétérogène d’artistes belges et le com­mu­nisme. Inter­ro­geant la doc­trine du réal­isme social­iste impul­sée par Jdanov, la préférence énon­cée par le par­ti pour un art fig­u­ratif ser­vant la cause com­mu­niste, Paul Aron analyse l’influence que le com­mu­nisme, sa lutte antifas­ciste en Bel­gique, en Europe occi­den­tale, a exer­cé sur les artistes et con­clut par la néga­tive, l’inexistence d’un art com­mu­niste. « Il n’y a pas d’art com­mu­niste parce que, à regarder le court XXème siè­cle dans sa total­ité, le com­mu­nisme n’a jamais été un mou­ve­ment organ­isé sur le plan nation­al ou inter­na­tion­al capa­ble d’imposer un mod­èle que les artistes auraient pu ou voulu suiv­re. » Con­tin­uer la lec­ture

Dernier round

Nadine MONFILS, Les folles enquêtes de Magritte et Geor­gette : Pataquès à Cadaquès, Robert Laf­font, coll. « La Bête Noire », 2025, 216 p., 14,90 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 9782221275764

monfils pataques a cadaquesDepuis plus de 25 ans, Nadine Mon­fils réjouit les ama­teurs de polars atyp­iques avec ses séries à grand suc­cès met­tant en scène des enquê­teurs loufo­ques dans des péripéties dro­la­tiques et totale­ment décalées qui lui assurent une place unique dans le vaste paysage de la lit­téra­ture poli­cière. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2024 de Frédéric Saenen

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2024 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de Frédéric Sae­nen. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2024 d’Alain Delaunois

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2024 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion d’Alain Delain­ois.

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Magritte, à travers tout, le reste

Magritte com­men­té par ses amis, Textes choi­sis et présen­tés par Paul Aron, post­face de Sémir Badir, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 234 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–602‑2

magritte commenté par ses amisÉmile Zola écrivant sur Manet et sa pein­ture (1867), Camille Lemon­nier s’attachant à l’art de Courbet (1878) ou de Féli­cien Rops (1908), Émile Ver­haeren pub­liant la même année une mono­gra­phie con­sacrée à James Ensor, Apol­li­naire défen­dant Picas­so et Les pein­tres cubistes en 1913, Aragon célébrant Hen­ri Matisse, roman… Depuis la fin du 19e siè­cle et jusqu’à aujourd’hui, les écrivains et poètes n’ont pas man­qué d’accompagner des artistes qu’ils admi­raient, dont ils partageaient cer­taines con­vic­tions esthé­tiques ou approches idéologiques, et qui par­fois, furent égale­ment leurs amis. Régulière­ment, ce qui peut reli­er l’écrivain à l’artiste, c’est l’intime con­vic­tion chez le pre­mier que le sec­ond ouvre des voies nou­velles à une pra­tique pic­turale ou artis­tique, l’incline vers des ori­en­ta­tions inédites, et qu’il y a là quelque néces­sité à expliciter, sinon à faire décou­vrir par un plus large pub­lic, la réal­ité – et les qual­ités – de ces artistes, très sou­vent moqués, ridi­culisés ou injuriés à leurs débuts. Dans ce cadre, ce qui com­mence par un com­men­taire quelque peu artis­tique et sym­pa­thisant à des­ti­na­tion d’un jour­nal, voire d’une revue plus ou moins con­fi­den­tielle, peut se muer bien­tôt, la con­fi­ance mutuelle aidant, en un essai plus appro­fon­di. Con­tin­uer la lec­ture

« … Rayez le mot surréalisme »

Xavier CANONNE (sous la dir. de), His­toire de ne pas rire. Le sur­réal­isme en Bel­gique, Fonds Mer­ca­tor et Bozar Books, 2024, 288 p., 49 €, ISBN : 978–94-6230–371‑3

canonne histoire de ne pas rire le surrealisme en belgiqueÀ l’origine, His­toire de ne pas rire est le titre don­né en 1956, par Mar­cel Mar­iën, qui en est l’éditeur à l’enseigne des Lèvres nues, aux écrits théoriques de Paul Nougé (1895–1967). Au dos de l’ouvrage fig­ure un encart en let­tres cap­i­tales : « Exégètes, pour y voir clair, rayez le mot sur­réal­isme ». Ce n’était pas la pre­mière fois que Nougé pre­nait ses « dis­tances » avec le mot sur­réal­isme, qu’il avait déjà indiqué plus tôt utilis­er sim­ple­ment « pour les com­mod­ités de la con­ver­sa­tion ». Il n’en reste pas moins que Nougé, dès l’automne 1924 – et indépen­dam­ment de la pub­li­ca­tion par André Bre­ton du pre­mier Man­i­feste du Sur­réal­isme – con­stitue avec Camille Goe­mans et Mar­cel Lecomte le trio fon­da­teur des activ­ités sur­réal­istes en Bel­gique, par l’édition d’une série de tracts ironiques sous le nom de « Cor­re­spon­dance », visant les milieux lit­téraires et artis­tiques, essen­tielle­ment français, de l’époque. Si l’on s’en tient à la chronolo­gie, il est donc naturel (comme il en va de même pour le Man­i­feste de Bre­ton), que l’on com­mé­more en 2024 le cen­te­naire du mou­ve­ment sur­réal­iste, qui ray­on­na durant plusieurs décen­nies non seule­ment en France et tout par­ti­c­ulière­ment en Bel­gique, mais égale­ment en Europe et sur d’autres con­ti­nents. Con­tin­uer la lec­ture

L’infini chez soi

Bernard VISSCHER, Ceci n’est pas, Mur­mure des soirs, 2023, 160 p., 20 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 978–2‑93123–509‑6

visscher ceci n'est pasBernard Viss­ch­er, dans une autre vie, a tra­vail­lé dans l’audiovisuel (courts-métrages, longs-métrages, dessins ani­més), décli­nant dif­férents reg­istres (pro­duc­teur, réal­isa­teur, scé­nar­iste). Un sacré bagage pour un (faux) débu­tant en lit­téra­ture, et son pre­mier roman, Ren­dez-vous incer­tain, n’a pas décroché le prix Saga Café 2022 par hasard. 

Ceci n’est pas, et Magritte sur la cou­ver­ture. Ce deux­ième roman est-il un hom­mage au sur­réal­isme ? Qu’on asso­cie à l’identité belge quand j’y vois, comme d’autres, le déploiement max­i­mal­isé d’une facette du réal­isme mag­ique, qui ancre plus large­ment la bel­gité depuis Bosch et Breughel. Mais restons sur les rails du livre et de l’auteur. Ceci n’est pas, après Ren­dez-vous incer­tain ! On intu­itionne une prédilec­tion de Bernard Viss­ch­er pour la mise en ques­tion du réel. Con­tin­uer la lec­ture

« Ceci n’est pas un Maigret »

Nadine MONFILS, Les folles enquêtes de Magritte et Geor­gette. Nom d’une pipe !, Robert Laf­font, coll. « La bête noire », 2021, 296 p., 14,90 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑221–25020‑4

monfils les folles enquetes de magritte et georgetteAh ! comme il doit se réjouir René Magritte là-bas au milieu de ses ouates de nuages qui nav­iguent allè­gre­ment dans un ciel bleu, d’être devenu, le détec­tive chargé (par lui-même) d’élucider une série de meurtres que Nadine Mon­fils nous racon­te dans ce pre­mier roman polici­er de la série « Les Folles enquêtes de Magritte et Geor­gette ». On annonce déjà – pour juin – une deux­ième enquête qui se déroulera à Knokke, Nom d’une pipe ! se déroulant pour l’essentiel à Brux­elles. Il y a fort à pari­er que notre Belge de Mont­martre ne s’arrêtera pas en si bon chemin et que, Geor­gette et René, avec leur chien  Loulou revien­dront dans de nou­velles aven­tures ! Con­tin­uer la lec­ture

René Magritte, la photographie et le cinématographe

Xavier CANONNE, René Magritte, The Reveal­ing Image (L’Image révélée), Ludion, 168 p. illus­trées, 39,90 €, ISBN : 978–94-9181–973‑5

canonne magritte l image reveleeS’il a approché, voire pra­tiqué en ama­teur, pho­togra­phie et ciné­ma – il préférait par­ler de « ciné­matographe » –, ces deux dis­ci­plines n’ont jamais con­sti­tué pour René Magritte une créa­tion intel­lectuelle et artis­tique qui atteindrait la force de frappe de sa pein­ture. En 1960, Luc de Heusch présen­tait un film sur le pein­tre et son œuvre, Magritte ou La Leçon de choses. Au cours d’un entre­tien avec Jacques de Deck­er, qui évoque alors les films de Buñuel et Dali, Magritte lui répond : « Même si je con­nais­sais les rudi­ments de l’art ciné­matographique, je ne pour­rais expli­quer mes idées que par la pein­ture (…) Je ne par­ticipe au ciné­ma qu’en tant que spec­ta­teur. Mes films préférés sont Babette s’en-va-t-en guerre (de Chris­t­ian-Jacque, 1959, NDLR) ou Madame et son auto (de Robert Ver­nay, 1958, NDLR). Je ne sup­porte pas les films qui veu­lent me faire appren­dre quelque chose ou m’exposer une thèse : ce ciné­ma-là m’ennuie »[1]. Con­tin­uer la lec­ture

La mythologie moderne de Giorgio de Chirico

COLLECTIF, Gior­gio de Chiri­co. Aux orig­ines du sur­réal­isme belge : Magritte-Del­vaux-Graverol, BAM – Marda­ga, 2019, 144 p., 29,90 €, ISBN : 9782804707262

Gior­gio de Chiri­co (1898–1978) fut l’un – peut-être même le pre­mier – des ini­ti­a­teurs du sur­réal­isme en pein­ture. En Bel­gique, la révéla­tion de son œuvre con­sti­tua un choc majeur pour René Magritte, qui se plai­sait à dire que, grâce à lui, « [s]es yeux ont vu la pen­sée pour la pre­mière fois ». Jusqu’au 2 juin 2019, une expo­si­tion excep­tion­nelle se tient au BAM de Mons, qui met en scène le dia­logue entretenu par Magritte mais aus­si Paul Del­vaux et Jean Graverol avec la pro­duc­tion du mage ital­ien. Con­tin­uer la lec­ture

Marcel Lecomte : l’envergure du spectre

Mar­cel Lecomte, entre présence et absence, dossier dirigé par Paul ARON et Philippe DEWOLF, Textyles n° 52, Sam­sa, 2018, 184 p., 15 € / PDF : gra­tu­it, ISBN : 978–2‑87593–155‑9

aron_textylesPar­mi la con­stel­la­tion sur­réal­iste, Mar­cel Lecomte (1900–1966) serait à ranger du côté des nébuleuses, tant son œuvre, son apport et sa per­son­nal­ité demeurent mécon­nus. En atten­dant que paraisse la biogra­phie annon­cée que lui a con­sacrée Philippe Dewolf, la cinquante-deux­ième livrai­son de la revue Textyles vient combler quelques vides, avec un ensem­ble de con­tri­bu­tions aus­si éclec­tiques que sub­stantielles. Con­tin­uer la lec­ture

Marcel Lecomte, surréaliste appliqué dans la discrétion

lecomte alcoves.jpgMar­cel Lecomte. Les alcôves du sur­réal­isme, Textes de Paul ARON et Philippe DEWOLF, let­tres de René MAGRITTE, pré­face de Michel DRAGUET, Cahi­er n°22 des Musées roy­aux des Beaux-Arts de Bel­gique, Brux­elles, 144 p., 20 €
Expo­si­tion jusqu’au 18 févri­er aux M.R.B.A.B., rue de la Régence, 3, 1000 Brux­elles.

Une expo­si­tion et une pub­li­ca­tion rap­pel­lent le sou­venir de Mar­cel Lecomte, acteur dis­cret du sur­réal­isme en Bel­gique, écrivain, poète et cri­tique d’art qui pub­lia en 1964 Le Car­net et les Instants – un titre qui accom­pa­gne depuis sa nais­sance la revue de la Pro­mo­tion des let­tres belges. Con­tin­uer la lec­ture

Vestiges des jours…

Un coup de cœur du Carnet

Alain DARTEVELLE, Dans les griffes du Doudou, Ker, coll. « Bel­giques », 2017, 132 p., 12 €/ePub : 5.99 €, ISBN : 978–2‑8758–6218‑1

dartevelle dans les griffes du doudou.jpgDébar­qué du futur où il aime aven­tur­er son écri­t­ure à la fois imagée, directe et stylée, Alain Dartev­elle promène sa plume dans un  nou­veau recueil de nou­velles et dans un passé proche. Le sien, lié for­cé­ment à celui de la Bel­gique, ce pays mul­ti­ple qui prête son nom à la col­lec­tion mise en œuvre  par les édi­tions Ker. Prom­e­nade donc, dans une mémoire per­son­nelle, folâtre, amère par­fois, tein­tée de nos­tal­gie, large­ment ouverte à l’amitié, volon­tiers voluptueuse, mais aus­si désen­chan­tée et imprégnée de cet « humour gris » dont l’auteur revendique le label. Pour l’introduire : des évo­ca­tions sub­jec­tives de ces deux têtes de gon­do­le de notre vit­rine cul­turelle que sont Hergé et Magritte. Auto­por­trait dés­abusé pour le pre­mier : celui de l’artiste en fin de vie, rav­agé à la fois par  la leucémie et par les inter­ro­ga­tions sur son œuvre et sur sa créa­ture cen­trale : « Tintin m’a vam­pirisé, me souti­rant titre après titre, planche  après planche, case après case, mes forces vives. Cette belle énergie qui m’a man­qué ensuite pour vir­er de bord et met­tre le cap sur mon for intérieur ».  Dans Signé Magritte, on suit avec une coupable jubi­la­tion l’odyssée d’un quidam (serait-il un de ces dou­bles de l’auteur qui se mul­ti­plient à tra­vers le recueil ?) pour qui l’ombre du pein­tre flotte entre un statut révolu d’idole de sa jeunesse et une stature de petit-bour­geois ron­douil­lard, de « sale type », métic­uleux faiseur de  chro­mos aléa­toires, et par ailleurs épris de can­u­lars scat­ologiques. Sus donc à l’imposteur ! Et l’on assiste ain­si, impuis­sants, mais admi­rat­ifs face à tant de déter­mi­na­tion,  à l’attentat au purin per­pétré con­tre qua­tre toiles lors de l’exposition brux­el­loise. Atten­tat suivi toute­fois de regrets : il avait eu pour cibles les toiles les plus caus­tiques de l’artiste. « De quoi méditer à loisir sur les risques que com­porte la fâcheuse ten­ta­tion de met­tre à jour des secrets d’enfance… »   Con­tin­uer la lec­ture

Le verbe, l’image et le réel

René MAGRITTE, Les mots et les images, Choix d’écrits et post­face d’Éric Clé­mens, Pré­face de Jacques Lennep, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2017, 267 p., 9 €, ISBN : 9782930646053

On ne s’en sou­vient pas tou­jours : par­al­lèle­ment à sa pro­duc­tion pic­turale, René Magritte a beau­coup écrit. Aux arti­cles, tracts, man­i­festes, apho­rismes, scé­nar­ios et dia­logues, aux let­tres, textes col­lec­tifs, tran­scrip­tions d’in­ter­views et de con­ver­sa­tions s’a­joutent les titres inat­ten­dus qu’il don­nait à ses tableaux pour décourager toute inter­pré­ta­tion lénifi­ante. En 1979, Flam­mar­i­on rassem­ble tous ces doc­u­ments en un épais vol­ume, remar­quable­ment établi et annoté par André Blavier : Écrits com­plets. Quinze ans plus tard, le comité d’E­space Nord demande à Éric Clé­mens d’en réalis­er une antholo­gie assor­tie d’une étude, la pré­face étant con­fiée à Jacques Lennep. Con­fron­té à cette tâche déli­cate, le philosophe s’im­pose plusieurs principes. D’abord, priv­ilégi­er les réflex­ions de Magritte rel­a­tives à la pein­ture ; ensuite, met­tre en évi­dence la diver­sité de ses modes d’in­ter­ven­tion ; enfin, repro­duire inté­grale­ment cha­cun des textes sélec­tion­nés. Par con­tre, il ne jus­ti­fie pas l’or­dre dans lequel il présente ceux-ci, et qui à l’év­i­dence n’est pas l’or­dre chronologique de leur paru­tion ini­tiale…  Il n’empêche, le vol­ume est d’une très haute tenue, et sa réédi­tion aujour­d’hui – qua­si à l’i­den­tique, si l’on excepte la maque­tte – vient combler un manque chez tous ceux qu’in­téressent l’im­agerie magri­ti­enne et la pein­ture du XXe siè­cle en général. Con­tin­uer la lec­ture

Roger Van de Wouwer, ni Dieu ni maître

Un coup de cœur du Carnet

Jean WALLENBORN, Roger Van de Wouw­er, l’incorruptible, Ver­beke Foun­da­tion, 2016, 224 p., 20 €   ISBN 978–90-825‑2080‑4

wallenbornÀ l’heure où Paris célèbre une nou­velle fois et en grande pompe les œuvres de René Magritte, une pre­mière mono­gra­phie révèle la vie et l’œuvre de Roger Van de Wouw­er (1933–2005), pein­tre, dessi­na­teur et écrivain sur­réal­iste peu con­nu, orig­i­naire d’Anvers, proche de Mar­cel Mar­iën, Tom Gutt et Louis Scute­naire.

En mai 1963, la librairie-galerie « La Proue », à Brux­elles, expo­sait un jeune artiste né à Hobo­ken trente ans plus tôt. Roger Van de Wouw­er n’était alors guère con­nu que d’un petit noy­au d’activistes sur­réal­istes – que Louis Scute­naire avait surnom­mé « le gang de Brux­elles » – regroupés autour du poète, écrivain et polémiste Tom Gutt (1941–2002). Envoyée par la poste, l’invitation au vernissage était accom­pa­g­née d’un petit cat­a­logue où fig­u­rait entre autres l’une des œuvres exposées : Galathée, soit un tableau représen­tant un torse féminin à l’antique, gar­ni cepen­dant… d’une servi­ette hygiénique rehaussée de couleur rouge. Con­tin­uer la lec­ture