Archives par étiquette : Daniel Simon (auteur de la recension)

Sur le pont des simulacres

Paul WILLEMS, La ville à voile / La vita breve, Post­face Car­o­line De Mul­der, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 280 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–571‑1

willems la ville a voile« Le théâtre est le con­ser­va­toire de la langue », écrivait Antoine Vitez et, en ce qui con­cerne la langue de Paul Willems, on pour­rait, sans hésiter, évo­quer les grands fonds, les abysses qui font échos aux affron­te­ments, aux trou­bles et aux vio­lences de la sur­face.

Cette langue est inouïe et il faut prêter l’oreille pour être sûr que c’est bien de cela, de ce drame tra­gi-comique qui est notre matière,  qu’il s’agit car, chez Paul Willems, « la vie est un songe » (Pedro Calderon de la Bar­ca) tra­ver­sé des vio­lences de la résur­gence des sou­venirs et des sur­sauts de vérité. Con­tin­uer la lec­ture

Un avenir à dix euros

KRO, Madame Irma. 1. Per­les fines, Lamiroy, 2022, 88 p, 20 €, ISBN : 978–2‑87595–724‑5   

kro madame irmaMais qui donc est Madame Irma? De quel phénomène est-elle le prénom? Madame Irma n’est pas une incon­nue, elle inonde nos boîtes aux let­tres de petits bil­lets signés marabout Machin-chose ou Madame Truc­muche qui parviendraient à répar­er notre voiture même à dis­tance!

Madame Irma est une sorte de mouche sur le vis­age apparem­ment raisonnable d’une société tou­jours plongée dans les croy­ances et les pré­dic­tions à deux sous. Les réseaux soci­aux, par exem­ple, per­me­t­tent à n’importe quel com­pagnon de bar ou de tav­erne numériques de tir­er des plans sur la comète avec l’arrogance d’un Expert du Vide… Madame Irma n’est pas méchante, c’est pire, elle a trans­for­mé ce Schaden­freude alle­mand (cette réjouis­sances du mal­heur des autres) en un petit com­merce à dix euros la réponse qui lui per­met de sat­is­faire n’importe quelle pau­vre dés­espérée ou un infer­nal réviseur de l’entreprise des­tin… Con­tin­uer la lec­ture

La déception inaugurale

Hubert CHATELION, Sous-Dos­toïevs­ki, pré­face de Frédéric Sae­nen, 2022, 282 p., 16 €, ISBN : 978–2‑931048–49‑8

chatelion sous dostoievskiNous sommes à Brux­elles en 1932 et Hubert Chate­lion vient de ter­min­er son pre­mier roman Sous-Dos­toïevs­ki. Aus­sitôt il veut le pub­li­er… à Paris mais celui-ci ne trou­ve pas pre­neur. C’est à compte d’auteur qu’iI le pub­liera à Brux­elles. Et c’est dans l’anony­mat le plus com­plet que cette œuvre se noiera dans le silence de la presse à l’exception de l’un ou l’autre qui d’emblée ver­ront dans Hubert Chate­lion un écrivain à la belle stature : Robert Poulet et Franz Hel­lens.

Mais qui est donc cet écrivain belge que les Edi­tions Névrosée nous per­me­t­tent de redé­cou­vrir aujourd’hui? Sous-Dos­toïevs­ki résonne forte­ment en cette péri­ode de “Lisez-vous le belge?” car encore et tou­jours, le tro­pisme parisien est la ten­ta­tion la plus forte et sou­vent la plus évi­dente quand il s’agit d’établir une œuvre en Bel­gique fran­coph­o­ne. Recon­nais­sance de la presse, dif­fu­sion et dis­tri­b­u­tion, mémoire col­lec­tive en forme de pas­soire… : les dif­fi­cultés pour des édi­teurs et éditri­ces, des auteurs et autri­ces de con­stru­ire un réseau de lec­torat sont nom­breuses et anci­ennes. De nou­veaux out­ils de pro­mo­tion et de révéla­tion exis­tent et se mul­ti­plient mais le com­merce a sa loi… Con­tin­uer la lec­ture

Anatomie des âmes

Gérard ADAM, Le maître du Mont Xin, M.E.O., 2022, 624 p., 29 €, ISBN : 978–2‑8070–0350‑7

adam le maitre du mont xinGérard Adam est un ogre en matière lit­téraire, il ne cesse d’éditer dans sa mai­son MEO,  de lire, de reli­er et de mar­quer de sa vigueur atten­tive le paysage lit­téraire en Bel­gique fran­coph­o­ne et au-delà de nos fron­tières.  Encore une fois, avec Le maître du Mont Xin, il nous livre un roman hors normes. Déjà en 2008,  Qôta-Nîh avait mar­qué les lecteurs et la cri­tique tant ce roman por­tait des ques­tions fortes et fines à la fois à pro­pos de la reli­gion, déjà, de l’art de soign­er, de la spir­i­tu­al­ité,…

Le maître du Mont Xin, son dernier opus,  se donne à lire généreuse­ment… L’auteur fait en sorte, dans sa volup­té romanesque, que le monde prenne place dans cette his­toire aux mul­ti­ples bifur­ca­tions. Tout autant roman d’aventure que quête spir­ituelle, l’auteur instille un patient réquisi­toire con­tre les hys­téries religieuses et développe surtout une remar­quable réflex­ion sur les liens qui nouent les cul­tures, les civil­i­sa­tions qui s’opposent, puis se relient, avant de se trans­former… Gérard Adam traque les dif­férences pour en relever, dans le même temps, les étranges con­fig­u­ra­tions des con­traires qui devi­en­nent avec le temps de sur­prenantes, et par­fois, mon­strueuses, simil­i­tudes. Con­tin­uer la lec­ture

Raisons et frissons

Aurélie VAUTHRIN-LEDENT, La ques­tion qui fauche (ou l’autre Oth­el­lo) suivi de Ils le fer­ont à vos filles, Oiseaux de nuit, coll. « Rideaux rouges », 2022, 160 p., 10 €, ISBN : 978–2‑931101–45‑2

vauthrin ledent la question qui faucheLa ques­tion qui fauche (ou l’autre Oth­el­lo) est la pre­mière pièce de ce dip­tyque que nous livre l’autrice dans un grand jeu de caram­bo­lages, de dif­frac­tions, de cita­tions dignes des Marx Broth­ers et d’une puis­sance d’éclatement formel qui laisse le lecteur pan­tois. Il faut s’y repren­dre par­fois à deux fois pour saisir la tra­jec­toire des scènes et c’est alors à un “remix” cul­turel que l’on assiste, le sourire aux lèvres et l’esprit tit­il­lé.

Aurélie Vau­thrin-Ledent, née  à Bor­deaux en 1981, con­naît sur le bout des doigts les ressorts de la scène, ses études (Sor­bonne, Con­ser­va­toires, …) et ses activ­ités artis­tiques (mis­es en scène, lec­tures, jeu, chant, fon­da­tion et direc­tion de la mai­son d’édition théâ­trale Les Oiseaux de nuit) l’ont pré­parée à ce grand malax­age aux dif­frac­tions tan­tôt loufo­ques, tan­tôt intimes et émou­vantes. Con­tin­uer la lec­ture

À bout de souffle

Rémi PONS, Apnée. Une his­toire du suren­det­te­ment, Lans­man, 2022, 56 p., 11 €, ISBN : 9782807103528

pons apnee une histoire du surendettementLors de la journée inter­na­tionale de com­mé­mora­tion des vic­times de l’esclavage (25 mars), un intel­lectuel africain souligna avec une per­ti­nence ter­ri­ble : « Vous pleurez aujourd’hui l’esclavage et deman­dez par­don mais un jour vous deman­derez par­don pour  la Dette… ».

Car évidem­ment la dette et le suren­det­te­ment qui appau­vrit con­cer­nent autant les États que les indi­vidus qui les com­posent. Forme de servi­tude inter­na­tionale, post-colo­nial­isme en fil­igrane ?  Cha­cun en décidera mais dans tous les cas, ce qui advient est un appau­vrisse­ment attelé à une servi­tude morale, une alié­na­tion dou­ble donc… Con­tin­uer la lec­ture

Pannes d’ascenseurs

Flo­ri­an PÂQUE, Sisyphes, Lans­man, 2022, 64 p., 11 €, ISBN: 978–2‑8071–0327‑6

paque sisyphesFlo­ri­an Pâque vient de pub­li­er aux Édi­tions Lans­man une pièce qu’il a créée récem­ment avec la Cie Le Théâtre de l’É­clat et présen­tée en Avi­gnon (La Scala) avec un très beau suc­cès pub­lic et de presse. Pièce poli­tique mais aus­si loufoque et ludique comme si Pan­talon jouait aux dés avec Brecht…

Sur scène, c’est la Cour des Mir­a­cles des déshérités et de leurs “exploitants” (le mot date, notre époque lui préfère le terme de “col­lab­o­ra­teurs /trices »), des pré­carisés de toutes extrac­tions et frap­pés de cette dou­ble peine sociale qui est de ne pas être né dans les lieux d’un pou­voir mais dans ceux de la péni­bil­ité vio­lente et de se voir régulière­ment ren­voyés en bout de queue au Bureau des Bonnes chances! Con­tin­uer la lec­ture

Ceejay, le Poète-Monde

Un coup de cœur du Car­net

CEEJAY, Matière noire. Poèmes d’au-delà de la fin, Arbre à paroles, 2022, 314 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87406–719‑8

ceejay matiere noire poemes d au dela de la finMatière noire est un livre posthume, un livre mag­nifique que nous a lais­sé Jean-Claude Crom­me­lynck alias Cee­jay et que les édi­tions L’arbre à paroles ont pub­lié presque deux ans après le décès (1946–2020) du poète et de l’artiste. Pein­tre, sculp­teur, graveur, styl­iste, …ses activ­ités ont été innom­brables sur plusieurs con­ti­nents…

Sa gouaille était à l’égal de sa faconde mais aus­si de sa déli­catesse. Il savait que tout devait être intense en regard de la brièveté de nos péré­gri­na­tions sur terre. Con­tin­uer la lec­ture

Enfer, deuxième porte à droite

Éric NEIRYNCK, Hyper­textuel, Lamiroy, 2022, 124 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87595–692‑7

neirynck hypertextuelÉric Neirynck pub­lie coup sur coup des recueils de nou­velles, des réc­its,  des courts romans dont l’épi­cen­tre cor­re­spond à un irréversible proces­sus d’ensablement, d’étouffement et de perte de soi, ou de ce qu’il en reste. Et pour­tant ces textes ne par­lent pas d’un monde mal­heureux mais médiocre, raté, en décon­struc­tion per­ma­nente, dont le chantier est à ciel ouvert et où les êtres tombent sans un cri.

De texte en texte l’auteur fore de plus en plus pro­fond cette sorte de sidéra­tion que ses per­son­nages ont pour les vies gâchées, le mépris de soi et des autres, surtout des femmes qu’ils pré­ten­dent aimer alors qu’ils forniquent sans joie. Ces sit­u­a­tions revi­en­nent sans cesse dans Hyper­textuel : c’est la chas­se aux per­for­mances inachevées,  la dérélic­tion per­ma­nente , la vod­ka, les cig­a­rettes, les aubes épuisées et froides et une soli­tude que l’auteur parvient à nous laiss­er enten­dre comme étant finale­ment une des formes de l’enfer domes­tique (ce « cauchemar cli­ma­tisé » dont par­lait Hen­ri Miller) qui tord une par­tie de la pop­u­la­tion mon­di­ale inca­pable d’échapper aux injonc­tions de la moelle épinière pour attein­dre un lobe plus ou moins con­stru­it du cerveau.  Ce sont, non des désirs, mais des besoins de jouis­sance immé­di­ate qui manip­u­lent ces êtres de l’instant. Con­tin­uer la lec­ture

Camille et Arthur, des bornes stellaires

Isabelle BIELECKILes rescapés de l’aube : Valse nue / Le bateau de sable, Coudri­er, 2022, 131 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–033‑7

bielecki les rescapés de l'aubeÀ tra­vers ce livre à deux temps, Les rescapés de l’aube (Valse nue et Le bateau de sable), Isabelle Bielec­ki s’empare de deux des­tins aus­si trag­iques l’un que l’autre : celui de Camille Claudel et d’Arthur Rim­baud.

Dans Valse nue, en sept tableaux et trois per­son­nages prin­ci­paux, l’autrice met en scène une Camille Claudel qui a déjà quit­té son maître et amant Rodin et s’est éloignée de sa famille. Con­tin­uer la lec­ture

Le Réseau de la béatitude

Un coup de cœur du Car­net

Pierre HOFFELINCK, K‑Gool®,  Mur­mure des soirs, 2022, 255 p., 20 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑930657–87‑5

hoffelinck k goolQue de « cagoules » dans l’Histoire : celle du bour­reau, celle de l’Extrême-droite française des années 30 (« La Cagoule »), celle du ter­ror­iste ou du cam­bri­oleur, mais jamais encore nous n’avions ren­con­tré K‑Gool®…Ce petit ® sig­ni­fierait-il que l’auteur, qui a réservé le droit de ce nom, a fait un pari sur l’avenir de l’anticipation, de la per­ti­nence et de la fonc­tion de cet étrange objet dans un autre réc­it ?

K‑Gool®… est cet acces­soire de « bon­heur » que les ter­riens de son roman por­tent avec oblig­a­tion et jouis­sance. Mais revenons au début : une colonie de ter­riens sur Mars n’a plus de nou­velles depuis de nom­breux mois de la terre, la terre ne répond plus, c’est le temps du Grand Silence. Con­tin­uer la lec­ture

L’art de la promenade

Michel JOIRET, Le long cha­grin de mes jardins de ville, illus­tra­tion de cou­ver­ture de Rupert Joiret, Coudri­er, 2022, 99 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–031‑3

joiret le long chagrin de mes jardins de villeMichel Joiret est un marin au long cours de la lit­téra­ture belge et, à l’occasion de ses qua­tre-vingts print­emps, pub­lie coup sur coup un roman aux Édi­tions MEO (Stel­la Maris) et un recueil de poèmes aux Édi­tions Le Coudri­er. Quelle énergie et quelle longévité lit­téraire !

Salu­ons encore ici son atten­tion per­ma­nente aux col­lègues, amies et amis de ce petit milieu lit­téraire qui ne cesse de s’agrandir.

Le long cha­grin de mes jardins de ville est un livre au titre qui sonne comme une com­plainte et où les poèmes sont cepen­dant en échos sub­tils à cette joie dis­crète de voir le temps pass­er… Cet opus mar­qué autant par l’émerveillement que par la mélan­col­ie délie ses visions enchan­tées et mélan­col­iques dans le même temps, comme on feuil­lette un livre dont le texte nous rap­pelle le Grand Réc­it de l’homme qui est de trou­ver sa place en ce monde. Con­tin­uer la lec­ture

Le Chemin du crime

André LINARD, Des cail­loux dans les chaus­sures, F dev­ille, 2022, 410 p., 24 €, ISBN : 978‑2875-99053–2

linard des cailloux dans les chaussuresCom­postelle, le Camino francés… Depuis le début du 9ème siè­cle chré­tien, ce pèleri­nage a déplacé une  mul­ti­tude de croy­ants, pèlerins pour indul­gences puis pèlerins d’aventure, de ren­con­tres, de foi et de corde… Com­postelle, au-delà des Pyrénées… On mar­chait pour faire quelque chose d’intime et de col­lec­tif à la fois pour s’en remet­tre à Dieu…

En 2008, l’auteur, le jour­nal­iste, l’homme du droit jour­nal­is­tique et du voy­age André Linard avait, avec Suzanne Dubois, fait d’une traite le tra­jet vers Saint-Jacques, trois mois de marche… Ce chem­ine­ment leur avait per­mis de ren­con­tr­er autant la mag­nif­i­cence du sub­lime que maintes inter­ro­ga­tions à pro­pos des dérives de ce fab­uleux par­cours. Leur livre, Com­postelle, La mort d’un mythe [Couleur livres, 2010] avait dévelop­pé nom­bre de cri­tiques et d’interrogations à pro­pos de ce pèleri­nage devenu en par­tie une forme de loi d’ex­ploit de tourisme de masse. L’écrivain-voyageur anglais Bruce Chatwin, dans Anatomie de l’er­rance, a révélé à quel point la chré­tien­té avait dévelop­pé une piété antag­o­niste dans l’élé­va­tion des cathé­drales ver­sus les pèleri­nages. La pierre, le temps et la fugac­ité. Le Chemin de Com­postelle aujour­d’hui est aus­si encom­bré que l’Himalaya aux heures de pointe, on y fait la file et le busi­ness, l’idéologie New Age, le développe­ment per­son­nel, l’hygiénisme, la nature comme nou­velle reli­gion etc… ont fait de cette tribu­la­tion un étrange com­pro­mis. Con­tin­uer la lec­ture

Anamorphoses et mémoires confuses

Françoise PIRART, Tout est sous con­trôle !, MEO, 2022, 164 p., 16 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑8070–0329‑3

pirart tout est sous contrôleD’emblée le titre – Tout est sous con­trôle ! – du dernier recueil de nou­velles de Françoise Pirart nous donne le ton de l’ironie et de la duplic­ité qu’elle décor­tique déli­cate­ment dans vingt his­toires où tru­cu­lence, mys­tère et intimes dévoile­ments se resser­rent dans un style où  jubi­la­tion et mélan­col­ie vont ambedui.

François Pirart a déjà pub­lié nom­bre de romans et de nou­velles et s’oc­cupe par ailleurs de suiv­is auto­bi­ographiques qui lui don­nent cer­taine­ment de nom­breuses matières dans le domaine de l’in­time, de la famille et des épisodes de la vie de nos con­tem­po­rains. Son tal­ent fait de ce recueil une rhap­sodie drôle et généreuse… Con­tin­uer la lec­ture

L’archipel des fragments

Jean-Philippe CONVERT, Tout reste à voir, Cac­tus inébran­lable, 2022, 92 p., 15 €, ISBN: 978–2‑39049–059‑3

convert tout reste à voirPub­lié au Cac­tus inébran­lable, Tout reste à voir de Jean-Philippe Con­vert suit, dix ans après, Le livre des employés (Élé­ments de lan­gage).  Dans la même veine, en plus affiné encore…

Par ailleurs, l’au­teur mul­ti­plie les inter­ven­tions plas­tiques, les instal­la­tions et per­for­mances. Il vit à Brux­elles. Son tra­vail et sa recherche sont prin­ci­pale­ment ori­en­tés autour des ques­tions liées au rap­port entre texte et image, autour d’une sémi­olo­gie active du réc­it et des inter­faces de la nar­ra­tion au temps “sacré” des algo­rithmes. Il a aus­si col­laboré à de nom­breuses revues et à un  livre col­lec­tif et bilingue  pro­posant une lec­ture mul­ti­ple et aiguë de l’œu­vre de la poétesse et artiste belge Sophie Podol­s­ki (1953–1974). Con­tin­uer la lec­ture

La fin des évidences

Axel CORNIL, Là où le soleil se couche, Lans­man­/CED-WB, 2022, 72 p., 11 €, ISBN: 978–2‑8071–0343‑6

cornil la ou le soleil se couchePrix des Met­teurs en scène en 2021, la pièce d’Axel Cornil, Là où le soleil se couche, ne manque ni d’ambition ni de corps.

Le théâtre con­tem­po­rain oscille entre des pièces d’une extrême intim­ité et un théâtre poli­tique qui s’interroge de plus en plus sur la péren­nité des grands réc­its de nos civil­i­sa­tions. De plus en plus sou­vent, revient comme une anti­enne le réc­it de la fin de notre monde, de la bio­di­ver­sité et de l’existence même de l’homme.

Cette per­plex­ité anx­iogène donne matière à plusieurs pièces d’Axel Cornil, jeune auteur, comé­di­en, né dans la région de Mons il y a une trentaine d’années et qui a déjà un beau réper­toire à son act­if. Une dizaine de pièces jouées et qua­tre pub­liées chez l’éditeur Lans­man font de lui un des auteurs avec qui compter de la nou­velle généra­tion. Con­tin­uer la lec­ture