Françoise PIRART, Niznayou, M.E.O., 2024, 211 p., 20 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑8070–0458‑0
Dans une ville en Ardenne, Lena travaille dans une association pour migrants où elle est assistante sociale. Elle s’enfonce dans un couple mal assorti avec Tony, un homme jaloux adepte du fitness et du tir, mais aussi des idées de l’extrême droite. Un jour, un garçon de 10 ans au regard pénétrant vient attendre Lena devant son bureau. Ébranlée par son comportement énigmatique, elle tente de communiquer avec lui, mais la barrière de la langue l’empêche d’en savoir plus. Elle le revoit quelques fois et décide de chercher des informations sur lui pour savoir qui il est. Continuer la lecture


Françoise Pirart plonge directement son lecteur dans le feu de l’action en situant le début du récit à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem où 2 frères, Érik (15 ans) et Sylvain (12 ans), sont en cavale suite à un drame. De ce drame, nous aurons des détails au compte-goutte et nous serons surtout amenés à lire la relation particulière entre les deux frères.
Albien Bienfait. Bien bien. À prononcer son nom tout haut, la répétition laisserait penser que ce personnage est né sous les meilleurs auspices. Et pourtant, le jeune homme tient plutôt de l’anti-héros que d’un séducteur ou d’un leader charismatique. Pudiquement, on parlera d’une personnalité atypique, là où d’aucuns oseront avancer les termes « inadapté social ». Mais Albien n’en a cure. Il s’amuse de cette différence et n’envisage pas de rentrer dans le rang. Après tout, pourquoi voudrait-il s’intégrer à une société qui selon lui fait fausse route ? Il préfère se concentrer sur le monde des invisibles, des insectes, des vers, de la faune souterraine ; toute cette vie à laquelle les gens ne prêtent pas attention, à l’instar de sa propre existence.
Disparaître sans laisser de traces est sans doute un art aussi subtil que celui du crime parfait. Les deux réclament une méticulosité à toute épreuve et surtout une discrétion absolue.
Si vous ne croyez pas/plus à l’amour, si vous n’avez pas/plus foi dans le genre romanesque, ne lisez pas ce roman d’amour. Mais si vous avez toujours, au fond de vous et à la surface de la peau, la flamme pour les brûlures du cœur et de la fiction, Vertigineuse est pour vous. Vous y trouverez les ingrédients qui embrasent Margot et lui font verser des larmes : une rencontre entre deux êtres que tout sépare mais que la loi universelle de l’attraction aimante, des retrouvailles sur un quai de gare (plutôt deux fois qu’une), des ébats en forêt, en camionnette et en chambre, des pas avec et pas sans toi, des non-dits, des trahisons… D’autres choses encore, qui dépassent le genre et font la singularité du livre : une forme d’engagement artistique et politique sur l’univers carcéral, des débats (parfois convenus) sur la peine de mort mais qui trouvent leur force dans la confrontation avec la vie.