Jean-Michel AUBEVERT, Les entrelus de Jean-Michel Aubevert. De la rose au calame, Coudrier, coll. « À cœur d’écrits », 2020, 156 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–017‑7
Le coudrier est ce bois dont on fait les baguettes de sourcier ! Et ne voilà-t-il pas que cette maison de poésie fait sourdre une idée qui émeut et comble un vide ! Comme par magie.
Joëlle Billy, la directrice du Coudrier, a initié une collection, À cœur d’écrits, autour d’un concept original : chaque ouvrage regroupera des textes d’un auteur « consacrés à des livres d’autres auteurs » tout en présentant ces derniers. Il s’agit donc d’un double hommage : aux Lettres, en général ; à la critique ensuite ou, plus spécifiquement, aux écrivains médiateurs, qui échappent (ou font mine d’échapper) au narcissisme ou à l’égocentrisme du créateur pour s’ouvrir aux talents et réalisations de leurs collègues. Continuer la lecture
Les éditions Sans escale publient cet automne le premier roman de Pascaline David.
Littératures une collection de fictions belges apparue en 2013 au sein des Éditions Academia. Fondée en 1987, cette maison d’édition a tout d’abord développé des collections de sciences humaines universitaires. Avec Littératures notamment, la maison accueille désormais récits, romans, nouvelles d’autrices et auteurs francophones de Belgique. « L’objectif est de donner vie à des textes d’auteurs débutants ou confirmés, des textes variés et de qualité », nous explique Sidonie Maissin, responsable des relations publiques et commerciales pour les éditions Academia.
Dans un ouvrage de format carré pour accueillir l’impression très soignée des œuvres en portraits, paysages, cercles et carrés de Charles Delhaes, Rose-Marie François en enregistre L’écho du regard, sous la forme de poèmes attentifs et sensibles, exposés vison-visu, à savoir un poème par œuvre et double page. Chaque toile du peintre lui a inspiré quelques vers agissant comme le départ et la destination, l’aller et le retour : de multiples va-et-vient, de joyeuses connivences et collaborations nous dit l’introduction du livre et qui font autant de ponts invisibles entre l’image et le texte, entre le texte et l’image, entre les deux auteurs. 
Point de fuite est un récit pour la jeunesse polyphonique qui nous fait découvrir à travers les yeux de plusieurs personnages leur quotidien a priori sans histoire. On découvre d’un côté une Mona gentille et souriante qui prépare le concours d’entrée à l’École Nationale des Beaux-Arts, toujours fourrée avec son meilleur ami Marin, alias Curry, qui projette de suivre un Master en Développement durable et s’engage sans réserve dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Chauffeur de taxi à la vie un peu terne, Franck est sollicité pour une course qui se révélera hors du commun. Au premier abord, Hélène est juste une cliente qui part en week-end. Mais le tempérament fantasque de la vieille dame pique la curiosité du taximan, et la course est assez longue, propice aux confidences. Tandis que la route défile, Hélène égrène ses souvenirs. 
Là où tout est blanc s’ancre au cœur de l’Antarctique, que l’auteure et illustratrice Giulia Vetri a déjà exploré dans un album éponyme pour la jeunesse (Antarctique – expéditions en terre inconnue, La Martinière Jeunesse, 2018) et, antérieurement, dans un projet-livre imagé muet (90° Sud, non publié) dont s’inspire le présent album réalisé à la fin de son cursus académique artistique à Urbino sous la supervision de l’artiste américain Steven Guarnaccia. 
Y aurait-il au fond une syntaxe du silence ? Un ensemble de règles qui permettraient de comprendre pourquoi, chez le poète, le silence n’est pas synonyme d’absence mais bien plutôt de dialogue, de présence au monde. C’est en quelque sorte l’interrogation que le poète Serge Núñez Tolin décline depuis la publication de plusieurs de ses recueils tels que L’interminable évidence de se taire (2006) ou L’ardent silence (2010). Avec L’exercice du silence, il poursuit donc cette recherche, cette remise en question de la « nécessité de parler », de ce silence qui « noue la respiration à l’air qui le traverse ». 
Comme son titre l’indique, cet enthousiasmant roman de Pierre Coran est un livre d’aventures. Il y raconte celles du petit Simon, fraîchement admis dans la bande des grands de son village, surnommés les Pièces-à-Trou, dont il va désormais partager les jeux, défis et exploits. Il y a quelque chose de l’ambiance de La guerre des boutons dans ce récit d’un groupe de gamins s’organisant dans la bataille, si ce n’est qu’ici, le conflit est bien plus sérieux et leur est imposé. Leur enfance dans la campagne montoise va en effet bien vite être bouleversée par l’arrivée de troupes allemandes : nous sommes en pleine période d’Occupation et le quotidien des jeunes garçons et de leur famille va en être radicalement changé. Tous vont apprendre à vivre en côtoyant le danger, la peur et les drames, tout en résistant comme ils le peuvent.