De la chaleur humaine

Marc MEGANCK, La lunette, F dev­ille, coll. « Œuvres au jaune », 2023, 78 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87599–060‑0

meganck la lunetteMarc Meganck pra­tique une lit­téra­ture à dif­férentes vitesses (his­toire, décou­vertes, polici­er, roman, …) et vient de nous offrir un objet étrange et mer­veilleux, triste et joyeux, mélan­col­ique et d’une rare énergie, La lunette, micro-roman. Nous ne vous dévoilerons pas ici de quelle lunette il s’agit…

Dans la lit­téra­ture et l’édition, les gen­res se mêlent facile­ment,  sont plus « flu­ides » que dans le dis­cours social : micro-roman et pourquoi pas nou­velle (comme les Anglo-Sax­ons, l’auraient prob­a­ble­ment nom­mée en short-sto­ry) ? Mais, n’y eut-il pas récem­ment des « romans à nou­velles », des ciné-romans, des ciné ou vidéo-poèmes, des aut­ofic­tions qui ne sont pas des romans auto­bi­ographiques… ? Les gen­res se mêlent, comme dans tous les lieux de notre psy­ché et du réel socié­tal. Con­tin­uer la lec­ture

Prix Charles Plisnier 2022

preaux disparu d un trait d encre

Le prix Charles Plis­nier 2022 a été remis ce jeu­di 16 mars à la Mai­son Losseau. Il récom­pense Annie Préaux pour son roman Dis­paru d’un trait d’en­cre paru chez M.E.O.  Con­tin­uer la lec­ture

Révéler la beauté  de la nuit

Paul G. DULIEUIl voulait pein­dre la nuit, Tra­verse, 2022, 193 p., 18 €, ISBN : 978–2‑93078–342‑0

dulieu il voulait peindre la nuitD’emblée, on s’attache à ce Mar­cel Fau­reuve, fig­ure cen­trale du roman de Paul G. Dulieu Il voulait pein­dre la nuit, qui, licen­cié aux approches de la soix­an­taine de la société dans laque­lle il œuvrait comme pho­tographe, saisit l’occasion de cette retraite anticipée pour se con­sacr­er à sa pas­sion : pein­dre. Avec une prédilec­tion pour le ciel noc­turne, les étoiles, qu’il monte con­tem­pler  depuis la lucarne du toit d’ardoises.

Au grand dam de son épouse, la réal­iste Géral­dine, qui devine que « le dia­ble de la pein­ture » va s’emparer de lui et qui ne partage pas son vibrant amour pour la nuit, pour le noir. À ses yeux, le noir est « tout ce qui reste quand toutes les couleurs ont dis­paru. (…) c’est le trou, le manque, l’opacité, la céc­ité. » Con­tin­uer la lec­ture

Laisse-moi rêver encore un peu

Un coup de cœur du Car­net

Daniel DE BRUYCKER, L’ombre et autres reflets, Herbe qui trem­ble, coll. “D’autre part”, 2023, 142 p., 18 €, ISBN : 978–2‑491462–55‑0

de bruycker l'ombre et autres refletsL’Auteur est mort, se dit-il. Cer­tains ne s’en plain­dront pas, embar­rassés qu’ils étaient par la sur­vivance de cette instance investie d’une « autorité » – tout ce qui est détestable à l’époque, s’exerçât-elle sur un texte… D’autres con­tin­ueront à entretenir le culte de cette fig­ure à tra­vers son incar­na­tion humaine, espérant l’entrevoir, lui adress­er quelques mots, voire le touch­er, et ain­si man­i­fester leur recon­nais­sance infinie, leur adu­la­tion.

Et les per­son­nages, ont-ils seule­ment leur mot à dire quant à cette réé­val­u­a­tion con­tem­po­raine de l’Auteur ? Par­tent-ils encore en quête de leur démi­urge, comme dans telle pièce bien con­nue de Piran­del­lo ? Ten­tent-ils d’entrer encore en dia­logue avec leur deus ex machi­na, par exem­ple pour lui sug­gér­er une fusion totale (« Madame Bovary, L’assassin de Roger Ack­royd, c’est toi et c’est moi ») ? Con­tin­uer la lec­ture

Le Printemps Simenon : un festival qui ouvre des fenêtres

georges Simenon

Georges Simenon

Du 8 au 11 mars, la Cité Ardente a célébré les 120 ans de la nais­sance de Georges Simenon en lui con­sacrant un fes­ti­val, Le Print­emps Simenon, dont l’objectif était de faire décou­vrir ou redé­cou­vrir l’œuvre de l’auteur lié­geois, mais aus­si et surtout de mon­tr­er son actu­al­ité.

Expo­si­tions, col­lo­ques, ren­con­tres lit­téraires, rétro­spec­tives ciné­matographiques, prom­e­nades thé­ma­tiques et con­férences ont ain­si ani­mé la ville natale de l’écrivain pen­dant qua­tre jours. Un pro­gramme riche et var­ié, fruit d’une col­lab­o­ra­tion entre la ville de Liège, John Simenon et l’ULG (Benoit Denis, directeur du Fes­ti­val, est pro­fesseur de lit­téra­ture à l’ULG et directeur du Cen­tre d’études Georges Simenon), dont on épin­glera ici quelques moments forts. Con­tin­uer la lec­ture

Rencontre entre intimité et Justice

Un coup de cœur du Car­net

Thier­ry WERTS, Le monde rêvé d’Alva Teimosa, La Trace, 2023, 130 p., 16 €, ISBN : 979–10-97515–79‑9

werts le monde reve d'alva teimosaDans un for­mat poche et avec une cou­ver­ture au graphisme élé­gant, Le monde rêvé d’Alva Teimosa, troisième livre de Thier­ry Werts après For Intérieur (éd. PIPPA) et Demain n’existe pas encore (déjà aux édi­tions La Trace) accroche d’emblée le regard. La lec­ture vient con­firmer le charme de la cou­ver­ture.

On sent que chaque mot a été soigneuse­ment choisi ain­si que sa dis­po­si­tion sur la page. On décou­vre l’héroïne, Mar­tine Robi­co, en pleine ascen­sion du som­met de la Pierre Avoi, dans le Valais, près de Mar­tigny. Ce prélude l’amène devant une stèle à la mémoire d’Alva Teimosa, décédée à 40 ans. On devine que les deux femmes sont liées par un secret intime, mais aus­si que la vie de Mar­tine Robi­co se vit à la lisière du monde, dans une soli­tude assumée, comme nous invi­tent à le penser ces quelques lignes épurées : Con­tin­uer la lec­ture

Prix des cinq continents 2023 : appel à candidatures

prix des cinq continents logo

Le prix des cinq con­ti­nents récom­pense chaque année un roman fran­coph­o­ne, quel que soit son lieu de pub­li­ca­tion. L’ap­pel à can­di­da­tures pour l’édi­tion 2023 est lancé.  Con­tin­uer la lec­ture

Le temps du feu

Un coup de cœur du Car­net

Adlynn FISCHER, L’été du ver­tige, La ville brûle, 2023, 225 p., 22 €, ISBN : 9782360121410

fischer l ete du vertigeC’est l’été. Pen­dant une semaine, Mar­got et Louise sont lais­sées seules à la mai­son par leur père, qui doit s’absenter. Louise, jeune ado­les­cente, invite copains et copines à inve­stir les lieux, pour une fête appelée à se pro­longer. Une bande d’ados prend racine dans le salon. Sous l’influence d’Aurora, une jeune femme arrivée là un peu mys­térieuse­ment, le groupe va se retrou­ver pris dans un jeu dan­gereux où il s’agit de tout oser. Le désir d’expérimenter prend le pas sur la pru­dence et chaque mem­bre de groupe va relever les défis et pos­er des actions tan­tôt absur­des, tan­tôt chargées d’un sens poli­tique cer­tain. C’est qu’en ter­res ado­les­centes, il est impératif de ne jamais mon­tr­er qu’on a peur : celui ou celle qui en appelle aux règles ou qui préfère renon­cer a for­cé­ment per­du. Con­tin­uer la lec­ture

Pour un bouquet de violettes

Un coup de cœur du Car­net

Pas­cale FONTENEAU, Com­ment (et pourquoi) j’ai mangé mon amant, Onlit, 2023, 18 €, ISBN : 9782875601643

fonteneau comment et pourquoi j ai mange mon amantHélène a tout pour être heureuse. Un mari, des enfants, un boulot sta­ble et peu de soucis matériels. Elle mène une vie sans his­toires avec un petit goût de trop peu, un rien d’amertume sans doute lié au manque de ten­dresse que lui témoignent ses proches. Un mari cadre dans une banque, qui aime tout anticiper et prévoir, fort de ses cer­ti­tudes, une fille juriste qui s’inscrit dans le sil­lage du père, un fils bril­lant qui s’apprête à par­tir au Japon.

Dans la com­pag­nie d’assurances où elle assure la direc­tion des con­tentieux com­mer­ci­aux, elle reçoit les con­fi­dences d’Isabelle, dont le fils sem­ble fil­er un mau­vais coton. Une petite voix en elle lui mur­mure la petitesse de ce monde où tout est prévis­i­ble, mal­gré les risques qui, même assurés, peu­vent tout faire bas­culer sans crier gare. À son médecin, elle con­fie, faute d’écoute de son mari : « (…) ce qui m’inquiétait le plus, surtout depuis mon dernier anniver­saire, c’était de voir ma vie se dérouler désor­mais sans change­ment, sans un pli jusqu’à la fin. Une vie comme un tapis roulant qui, inex­orable­ment, me con­duirait là où finit l’existence. » En guise de remède, il lui pre­scrit quelques change­ments, un brin de fan­taisie et des vit­a­mines. Con­tin­uer la lec­ture

Les prix littéraires de l’Académie

le palais des académies

Le palais des Académies © Arllfb

L’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique (Arllfb) a décerné ses prix lit­téraires 2022. Huit prix ont été décernés, cou­vrant dif­férents gen­res lit­téraires.

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La nouvelle Odyssée

David JAUZION-GRAVEROLLES, Bien accueil­lir son pris­on­nier, M.E.O., 2023, 374 p., 25 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782807003743

jauzion graverolles bien accuellir son prisonnierÀ la demande d’un mem­bre de sa famille, le nar­ra­teur du réc­it décide de rédi­ger la biogra­phie de la sœur aînée de sa grand-mère, Marie Mon­tin, une nonagé­naire anal­phabète, afin de don­ner forme aux his­toires qu’elle racon­te. Il passe alors de nom­breuses heures à écouter son témoignage, d’autant plus impor­tant que son mari Jean, un ancien sol­dat pris­on­nier pen­dant la Deux­ième guerre, est décédé 20 ans plus tôt.

Habitué à la recherche pointilleuse d’informations grâce à sa thèse de doc­tor­at, l’apprenti biographe nous donne à lire un car­net de bord où l’on retrou­ve les extraits du solil­oque de Marie et de sa biogra­phie, mais aus­si ses réflex­ions sur les dif­fi­cultés qu’il tra­verse dans ce tra­vail de recon­sti­tu­tion. Nous apprenons ain­si que la guerre a éclaté quelque peu après le mariage de Marie et Jean et nous décou­vrons leur quo­ti­di­en par­al­lèle, l’une dans l’attente des nou­velles et du retour de son époux, l’autre dans la vie de sol­dat et de cap­tif avec la faim et la las­si­tude qui l’accompagnent notam­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Prix du Cercle royal gaulois

droesbeke adolphe quetelet

Le Cer­cle roy­al gaulois, artis­tique et lit­téraire, a attribué son prix lit­téraire bien­nal. Il couronne Jean-Jacques Droes­beke, pour Adolphe Quetelet, passeur d’idées, paru aux édi­tions de l’A­cadémie royale.  Con­tin­uer la lec­ture

La Foire du livre revient à Tour & Taxis

foire du livre

Après deux années mar­quées par la pandémie, la Foire du livre de Brux­elles revient en grand à Tour & Taxis du 30 mars au 02 avril. La thé­ma­tique de l’année ? « Osons l’imaginaire ».

Pour cette année du renou­veau, l’équipe de la Foire du livre accueille un « nou­veau » Com­mis­saire général, Gré­go­ry Lau­rent – qui avait en réal­ité déjà occupé la fonc­tion jusque 2020. L’édition 2023 renoue avec quelques grands principes de la péri­ode pré-covid : la gra­tu­ité pour tous les vis­i­teurs et un immense espace dédié aux livres. L’événement inve­sti­ra en effet les Sheds 1 et 2, la Gare mar­itime et l’hôtel de la poste pour qua­tre jours d’expositions, de ren­con­tres, de col­lo­ques, de dédi­caces, tan­dis que les 542 maisons d’édition présentes ou représen­tées trans­formeront les lieux en une gigan­tesque librairie. Con­tin­uer la lec­ture

Chamboule-tout de convictions

Vin­ciane MOESCHLER, Accordez-moi la parole, Mer­cure de France, 2023, 202 p., 19,80 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑7152–6117‑4

moeschler accordez moi la paroleSalomé. Raphaëlle. L’écrivaine. La détenue. Deux femmes. Deux mères. L’une cherche encore ses mar­ques dans ce rôle. L’autre a irrémé­di­a­ble­ment fait valser tous les repères. Trans­gressé l’interdit. Com­mis l’irréparable. L’insoutenable. L’indicible. Pour­tant, elle voudrait le racon­ter. Le faire racon­ter. Con­fi­er son his­toire aux mots d’une autre.

Elle sem­blait insin­uer qu’un écrivain arriverait à dépos­er les mots.
Ces mots trem­blants qui n’étaient pas à sa portée.
Ces mots justes et indi­ci­bles allaient non pas jus­ti­fi­er, mais soutenir son his­toire.
Sa vérité serait prise en charge. 
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La présence qui soigne

Alia CARDYN, Le monde que l’on porte, Robert Laf­font, 2023, 251 p., 19 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782221262832

cardyn le monde que l'on porteLe nou­veau roman d’Alia Car­dyn nous fait décou­vrir le des­tin de deux héroïnes issues d’une lignée de sages-femmes. Dans cette famille, toutes les filles por­tent le même prénom, Rosa, et se voient attribuer la même mis­sion dès leur nais­sance. Ce réseau de femmes fortes forme un tout indis­so­cia­ble où un peu de cha­cune se retrou­ve dans les autres, une tribu qui devient presque un être vivant à part entière.

Parce que j’ai dix-huit ans, je pré­side notre tablée fémi­nine, com­posée de la famille élargie. Ma mère, mes cousines, ma sœur, mes tantes, ma grand-mère, mes grands-tantes. Chaque étape de la vie nous réu­nit. Les anniver­saires, les mariages comme les divorces, les nais­sances aus­si. Nous les célébrons avec les hommes, puis, pour une rai­son obscure, nous renou­velons la fête entre nous. Loin d’eux, l’atmosphère est dif­férente. Les femmes fran­chissent le seuil, dotées d’une lib­erté nou­velle. Elles se déten­dent, révè­lent des traits de per­son­nal­ité qu’elles dis­simu­lent en la présence de leurs com­pagnons. Ça par­le plus fort, ça rit, ça pleure par­fois. Con­tin­uer la lec­ture

Un nouveau prix en littérature jeunesse

La Fon­da­tion Bat­tieuw-Schmidt lance un prix lit­téraire pour la lit­téra­ture jeunesse. Les sélec­tions sont dévoilées aujour­d’hui ; le prix sera décerné lors de la Foire du livre. Con­tin­uer la lec­ture