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Rentrée d’hiver 2026 : en route vers la Foire du livre

RL hiver 2026 visu

« Ren­trée lit­téraire » désigne tra­di­tion­nelle­ment la péri­ode d’effervescence édi­to­ri­ale qui s’étend de fin aout à début novem­bre. C’est à ce moment que parais­sent les livres en lesquels les maisons d’édition (parisi­ennes) voient de pos­si­bles can­di­dats aux Goncourt, Renau­dot et autre Fem­i­na. Depuis plusieurs années, toute­fois, le cal­en­dri­er édi­to­r­i­al con­nait un autre temps fort, en jan­vi­er-févri­er. Les sor­ties sont nom­breuses et les livres qui parais­sent à ce moment-là sont aus­si de ceux sur lesquels les édi­teurs mis­ent par­ti­c­ulière­ment. On par­le donc désor­mais aus­si d’une ren­trée lit­téraire d’hiver. Con­tin­uer la lec­ture

Ce qui résiste

Thier­ry WERTS, Là où trébuche la lumière, La Trace, 2026, 172 p., 16 €, ISBN : 9782487261457

werts la ou trebuche la lumiereDans ce car­net de voy­age, la forme poé­tique, les médi­ta­tions se char­gent de porter au dici­ble et au vis­i­ble la mémoire de l’extermination des Juifs. Com­ment ren­dre compte des noms rayés de la carte, des lieux effacés, des années de cen­dres ? Com­ment s’approcher des zones géo­graphiques, his­toriques et psy­chiques qui ont som­bré dans les ténèbres ? Mag­is­trat, poète (For intérieur), romanci­er (Demain n’existe pas encore, Le monde rêvé d’Alva Teimosa), Thier­ry Werts pose ses pas dans une car­togra­phie de la mort indus­trielle, tra­verse durant huit jours des villes, des vil­lages, des cam­pagnes frap­pés par l’Aktion Rein­hard. L’appel qui le saisit lui intime d’aller « là-bas », là où la lumière a vac­il­lé, là où le passé brûle encore, sou­vent sous une forme invis­i­ble. Il ne s’agit ni d’un devoir de mémoire, ni d’un besoin de com­pren­dre, ni d’un pèleri­nage, d’une his­toire famil­iale, ni d’une recherche de répa­ra­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Rencontre entre intimité et Justice

Un coup de cœur du Car­net

Thier­ry WERTS, Le monde rêvé d’Alva Teimosa, La Trace, 2023, 130 p., 16 €, ISBN : 979–10-97515–79‑9

werts le monde reve d'alva teimosaDans un for­mat poche et avec une cou­ver­ture au graphisme élé­gant, Le monde rêvé d’Alva Teimosa, troisième livre de Thier­ry Werts après For Intérieur (éd. PIPPA) et Demain n’existe pas encore (déjà aux édi­tions La Trace) accroche d’emblée le regard. La lec­ture vient con­firmer le charme de la cou­ver­ture.

On sent que chaque mot a été soigneuse­ment choisi ain­si que sa dis­po­si­tion sur la page. On décou­vre l’héroïne, Mar­tine Robi­co, en pleine ascen­sion du som­met de la Pierre Avoi, dans le Valais, près de Mar­tigny. Ce prélude l’amène devant une stèle à la mémoire d’Alva Teimosa, décédée à 40 ans. On devine que les deux femmes sont liées par un secret intime, mais aus­si que la vie de Mar­tine Robi­co se vit à la lisière du monde, dans une soli­tude assumée, comme nous invi­tent à le penser ces quelques lignes épurées : Con­tin­uer la lec­ture

Des vies sous un toit de tôle

Thier­ry WERTS, For intérieur : Haïbuns, pré­face de Wern­er LAMBERSY , illus­tra­tions d’Alex­ia CALVET, Paris, Pip­pa, 2016, 15€

Couverture de : For intérieur -  Ouverture dans une nouvelle fenêtre Le recueil de Thier­ry Werts qui paraît aux édi­tions Pip­pa se lit comme un car­net d’impressions de voy­ages. Ou plutôt, comme les éclats d’une mémoire vagabonde en prise directe avec un monde qui tourne certes mais qui ne va pas pour autant très bien. Et ce monde, l’auteur le con­naît assuré­ment, dans ses tra­vers et ses failles puisqu’il pour­suit, depuis plus de vingt ans, une car­rière de pro­cureur en Bel­gique dans des matières aus­si dif­fi­ciles que les homi­cides ou la pro­tec­tion de la jeunesse. Comme l’écrit Wern­er Lam­ber­sy dans sa pré­face, l’auteur va à l’essentiel et touche juste. Le porte-parole du Par­quet fédéral laisse ici sa robe de mag­is­trat pour enfil­er la pelisse du poète-pho­tographe, témoin des détress­es et des souf­frances de ceux aux­quels il a pu être con­fron­té. On sait l’importance du choix de la forme dans la con­struc­tion d’un recueil. Celui qu’opère Thier­ry Werts n’aurait pu être plus judi­cieux. Con­tin­uer la lec­ture