Les éditions Fleuve créent le prix San Antonio

Pour fêter le cen­te­naire de Frédéric Dard en 2021, les édi­tions Fleuve créent le prix San Anto­nio. II récom­pensera un polar inédit, qui sera ensuite pub­lié en numérique sous le label 12–21. Les textes sont atten­dus jusqu’au 31 août 2020 à minu­it. Con­tin­uer la lec­ture

Pierre-Yves Soucy. Poésie des confins

Pierre-Yves SOUCY, D’un pas déviant, Frag­ments de l’attente, Let­tre volée, 2020, 144 p., 19 €, ISBN : 9782873175443

Les rivages poé­tiques aux­quels Pierre-Yves Soucy accoste dans son dernier recueil se sin­gu­larisent par une géo­gra­phie de l’attente et de la promesse. L’œuvre poé­tique qu’il con­stru­it ne cesse d’approfondir l’espace d’un verbe à venir au sens où Blan­chot par­lait du livre à venir. Le recueil D’un pas déviant. Frag­ments de l’attente met en abyme le pou­voir des mots, leur impou­voir aus­si, dans une langue qui sécrète ses con­di­tions de pos­si­bil­ité. Les ter­ri­toires qu’il arpente sont ceux du verbe et de son avant (la par­tie « Ce qu’il y a tou­jours… avant les mots »), ceux du temps, d’un réel en sus­pens dont Pierre-Yves Soucy capte le dou­ble phénomène d’apparition et de dis­si­pa­tion. La langue est au dia­pa­son de cette phénoménolo­gie du sur­gisse­ment et du retrait, en proie au bat­te­ment entre inscrip­tion et efface­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Les bijoux de la Castafiore !

Rossano ROSI, Le pub d’Enfield Road, Impres­sions Nou­velles, 2020, 182 p., 16 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑87449–763‑6

Durant un voy­age sco­laire à Lon­dres, Ray­mond Ray­mont, la soix­an­taine, un enseignant proche de la retraite, se perçoit en marge de la com­mu­nauté (« le bar­bon bar­bant ») et choisit de se balad­er à son rythme, lâche les autres, les précède au lieu de ren­dez-vous, un pub d’Enfield Road, The Swan and Hope, au nord de la méga­pole. Et…

Aucun fléchage nar­ratif. Il y a des indices, volatils, de sus­pense. Ray­mond croit recon­naître un mys­térieux per­son­nage croisé et recroisé en Bel­gique et en Angleterre depuis…  trente-huit ans, un « vieil homme décrépit à l’écharpe et à la toque par­fumées », aux yeux verts, au nez pointu. Trente-huit ans ? L’époque de son pre­mier voy­age lon­donien, de sa ren­con­tre avec Irène… Con­tin­uer la lec­ture

Omniprésente absence

Bar­bara ABEL, Et les vivants autour, Bel­fond, 2020, 443 p., 19 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑7144–9316‑3

Voilà qua­tre ans que Jeanne n’est plus là, sans vrai­ment être par­tie non plus. Son corps repose sur un lit d’hôpital, un peu comme un appareil élec­trique en stand-by : ali­men­té mais inac­t­if. Son esprit sem­ble en pause, ou absent, ou en tout cas hors d’atteinte. Néan­moins, depuis ses con­trées incon­nues, Jeanne con­tin­ue d’influencer la vie de sa famille. Con­tin­uer la lec­ture

La musique entêtante des souvenirs

Michel LAMBERT, Je me retourn­erai sou­vent, Pierre Guil­laume de Roux, 2020, 208 p., 18 €, ISBN : 978–2‑36371–327‑8

Un mys­térieux cou­ple sans réelle attache se sépare au lende­main de la mort de l’écrivain Sam Shep­ard. Matthieu, qui a décidé ne plus pronon­cer un mot, par­court les quartiers de son enfance en taxi et laisse défil­er les kilo­mètres, le temps et les sou­venirs. À Prague, Samy, un marc­hand d’art, est paralysé par une peur sournoise. À la mort de leur mère, deux frères et une sœur se retrou­vent après de nom­breuses années sans s’être vus. L’évocation du chanteur Arno ramène à l’esprit d’un comé­di­en une cer­taine Shirley, une anci­enne con­quête faite de tristesse et de soli­tude. Bob donne ren­dez-vous à une femme et deux jeunes per­son­nes devant la mai­son de Lord Byron qu’il admire par­ti­c­ulière­ment et les accom­pa­gne en voiture jusqu’à Paris. Thomas, envoyé à La Havane pour cou­vrir le cinquan­tième anniver­saire de la mort d’Ernest Hem­ing­way, tombe, par le plus grand des hasards, sur une anci­enne amie. Paul retourne dans la rue de son enfance, passe devant la mai­son du den­tiste Gontcharov et se sou­vient du mal­heur qui a frap­pé cette famille d’exilés. Con­tin­uer la lec­ture

« L’amour physique est sans issue… »

Lil­iane SCHRAÛWEN, Exquis­es petites morts, M.E.O., 2020, 148 p., 15 €, ISBN : 978–2‑8070–0239‑5

Fris­sons nerveux, étour­disse­ments, syn­cope. Tels étaient les man­i­fes­ta­tions du mal appelé « petite mort » à l’époque d’Ambroise Paré. Celle-ci don­nait en quelque sorte un aperçu de l’absence totale dans laque­lle plonge la « grande », elle défini­tive (du moins, offi­cielle­ment). Cette dis­jonc­tion neu­ronale a par la suite été pénétrée par le lan­gage éro­tique pour n’envelopper que la rup­ture de con­science, le hia­tus de con­trôle, l’électricité dis­rup­tive qu’est l’orgasme. Con­tin­uer la lec­ture

Jacques De Decker (1945–2020)

…Ou com­ment une per­son­nal­ité éclec­tique et puis­sante, fig­ure tutélaire des Let­tres belges fran­coph­o­nes, a voilé un grand auteur, human­iste et engagé, mod­erne et inven­tif, fidèle en ses tré­fonds et au-delà des apparences à son Thyl Ulen­spiegel fon­da­teur. 

Jacques de Deck­er

Jacques De Decker, JDD

Durant des décen­nies, il a épaté par son écri­t­ure ou son élo­cu­tion, sa cul­ture et ses analy­ses, comme cri­tique, mod­éra­teur, pré­faci­er, con­férenci­er… À l’apercevoir de loin, Secré­taire per­pétuel de l’Académie royale (de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique) ou frère d’un poli­tique émi­nent, on pou­vait lui attribuer un smok­ing de stat­ue du Com­man­deur. Il suff­i­sait d’amenuiser la dis­tance, d’oser se rap­procher pour ren­vers­er la per­cep­tion, ren­con­tr­er un homme pas­sion­nant et attachant, espiè­gle et généreux. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top des années 2010 de Frédéric Saenen

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Percée dans l’enfance contuse

Véron­i­ca LENNE, À l’ombre du ven­tre, Tétras Lyre, 2020, 66 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930685–51‑9

En plaçant en exer­gue Boris Cyrul­nik qui nous affirme “la famille, ce havre de sécu­rité, et en même temps le lieu de la vio­lence extrême”, Véron­i­ca Lenne, psy­choprati­ci­enne et poétesse brux­el­loise nous prévient : À l’ombre du ven­tre nous emmène, avant de nous plonger dans le vif du pro­pos, au sein d’une fig­ure mater­nelle dure, voire vio­lente. Con­tin­uer la lec­ture

Les cyclotrons langagiers de Vincent Tholomé

Un coup de cœur du Car­net

Vin­cent THOLOMÉ, Mon épopée, Lan­sK­ine, coll. « Poé­film », 2020, 132 p., 15 €, ISBN : 978–2359630282

Bâtir une épopée à base d’uranium et de dub­ni­um, une chevauchée sauvage dans les steppes de la langue, voilà ce à quoi Vin­cent Tholomé s’est attelé dans Mon épopée. Une épopée qui n’est pas la sienne mais celle de Kon­stan­tin Peterzhak, une épopée qui est la sienne mais insérée dans un dis­posi­tif plus large, le texte ryth­mé par des pho­togra­phies, le texte con­nec­té à des images, des per­for­mances, des sons élec­tron­iques (à décou­vrir sur le site uranium.be). Le livre nous plonge dans l’ère sovié­tique, au début des années 1970, dans la tête de Kon­stan­tin Peterzhak qui, des années durant, tint des pro­pos sur tout, sur rien, à Geor­gy Fliorov dans une cafétéria du cen­tre atom­ique de Dub­na.  Struc­turé en vingt-deux chants, Mon épopée. Pro­pos de Kon­stan­tin Peterzhak traduits ou trans­posés de l’arménien par son col­lègue et ami Geor­gy Fly­orov vol­ume 13, roule la langue dans ses zones inter­dites, libère les visions de Peterzhak. Con­tin­uer la lec­ture

Écoute le chant de l’oiseau

Car­o­line BOUCHOMS, Cheveux Rouges, Coudri­er, 2020, 143 p., 20€, ISBN : 978–2–39052–005‑4

Cheveux rouges est un recueil de frag­ments d’une jeune nar­ra­trice qui vit dans une roulotte où elle s’est amé­nagé un ate­lier, pro­tégée par son phénix. Elle nous racon­te son quo­ti­di­en avec sa grand-mère préférée, Nina, avec qui elle aime par­ler d’amour autour d’un gâteau. Le lien ten­dre et fort qui les unit ne fait aucun doute.

J’ai écrit, c’est ma grand-mère préférée. Elle est trois fois plus vieille que moi, je suis deux fois plus grande qu’elle… Un grand poussin dans les bras d’une petite chou­ette ! J’ai pas écrit ça, j’ai écrit, c’est vrai qu’elle est très petite, un mètre quar­ante-huit, mais quand elle déploie ses ailes, elle devient comme un immense oiseau qui vous pro­tège. Con­tin­uer la lec­ture

Les prix Babelio 2020 : les sélections

Babe­lio a lancé la deux­ième édi­tion de ses prix lit­téraires avec la pub­li­ca­tion de ses sélec­tions cou­vrant dix caté­gories dif­férentes. Deux auteurs belges fig­urent par­mi les 100 titres sélec­tion­nés. Con­tin­uer la lec­ture

Le prix littéraire de l’Union européenne pour Nathalie Skowronek

Nathalie Skowronek

Le prix lit­téraire de l’U­nion européenne a livré son ver­dict. C’est Nathalie Skowronek qui le rem­porte pour la Bel­gique. Con­tin­uer la lec­ture

Le poème est un sursis

Christophe KAUFFMAN, 68–18, Tétras Lyre, 2020, 76 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930685–50‑2

68–18 de Christophe Kauff­man,
c’est 57 son­nets sur cinquante années,
vers cette fatal­ité, heur­tant de sa canne :
Désor­mais j’ai vécu plus que je ne vivrai.
Ce qui nous con­duit à cette dou­ble détresse :
la vie sera plus lente et passera plus vite. Con­tin­uer la lec­ture

Prise de rites

Un coup de cœur du Car­net

Jean Claude BOLOGNE, Rit­u­aire, Tail­lis Pré, 2020, 15 €, ISBN : 978–2‑87450–159‑3

« […] car toi et moi, qui ne nous ren­con­trons que dans le geste de don­ner, que sommes-nous, quand le geste s’achève ? Rêve, et rêve de rêve. » ( « Kapala »)

Rit­u­aire (paru aux édi­tions Le Tail­lis Pré) ne peut être que l’œuvre d’un amoureux des dic­tio­n­naires et des ouvrages his­toriques, d’un pas­sion­né des livres et du sacré, de leur mys­tère et de leur poésie. Ne témoignant ni d’une éru­di­tion écras­ante ni d’une curiosité super­fi­cielle, ce recueil de Jean Claude Bologne s’inscrit en justesse dans la vaste bib­li­ogra­phie de l’auteur. Sans plus ter­gi­vers­er, dis­ons-le tout net : Rit­u­aire est un régal. Con­tin­uer la lec­ture

Cactus Inébranlable s’expose à Marche-en-Famenne

Les musées rou­vrent cette semaine! Par­mi eux : le Famenne & Art Muse­um (FAM). Moyen­nant le respect des nou­velles normes d’hy­giène, il sera pos­si­ble de voir une expo­si­tion, ini­tiale­ment pro­gram­mée en mars, et con­sacrée aux édi­tions Cac­tus inébran­lable, sous le thème “Quand lit­téra­ture et art se ren­con­trent”.  Elle per­met de décou­vrir les oeu­vres d’art qui rehaussent les cou­ver­tures de la mai­son d’édi­tion. Con­tin­uer la lec­ture