Objectif plumes : un portail web pour les littératures de la FWB

De g. à dr. : Anouk Del­court, Max de Radiguès, Nadine Van­welken­huyzen, Béné­dicte Linard, Isabelle Wéry, Camille Wal­ter

Le palais des Académies accueil­lait ce lun­di 17 févri­er la con­férence de presse de présen­ta­tion d’Objec­tif plumes, le por­tail web des lit­téra­tures belges fran­coph­o­nes et en langues régionales. Porté par le Ser­vice général des Let­tres et du Livre, il sera inau­guré lors de l’ou­ver­ture de la foire du livre de Brux­elles, le 4 mars. Le Car­net et les Instants est l’un des parte­naires de ce nou­veau site.  Con­tin­uer la lec­ture

Faire revivre les pierres

Lil­iane SCHRAÛWEN, Nuages et ves­tiges, Bleu d’Encre, 2019, 91 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930725–28‑4

Si écrire, c’est entre autres faire par­ler les pier­res, alors, le dernier recueil de Lil­iane Schraûwen est une gemme déli­cate polie par la gouge des mots. Mais les pier­res ne sont pas tou­jours pré­cieuses. Elles le devi­en­nent après que l’on a redonné vie aux ves­tiges, après avoir fait renaître leur mémoire, après avoir allégé cette « masse lourde de dure pierre » comme pour en extraire la vie.

Alors il est venu / creuser la roche dure / Il t’a trou­vée où tu rêvais / de ton rêve de pierre / Tu as pris vie entre ses doigts / et déployé ta chevelure / comme une flamme dans le vent Con­tin­uer la lec­ture

Faire sauter les digues de la raison pure

Olivi­er & Quentin SMOLDERS, Démons et mer­veilles. Cri­tique de la rai­son pure, CFC, 2019, 192 p., 24 €, ISBN : 978–2‑87572–051‑1

À l’occasion de l’exposition Démons et mer­veilles qui se tient au Cen­tre Wal­lonie-Brux­elles, paraît  l’ouvrage éponyme pub­lié par CFC Edi­tions. Cette plongée dans les créa­tions filmiques, graphiques, textuelles d’Olivier et Quentin Smol­ders dévoile la com­plic­ité qui relie les deux frères. Une com­plic­ité née dans l’enfance, qui se traduit par une fas­ci­na­tion com­mune pour le mar­gin­al, le refoulé, l’insolite, l’inquiétante étrangeté. Con­tin­uer la lec­ture

Une journée littéraire autour des processus de création

L’as­bl Aganip­pé organ­ise le 18 avril 2020 une journée lit­téraire autour des proces­sus de créa­tion, à Water­loo. Qua­tre auteurs belges y partageront leur expéri­ence : Paul Col­ize, Vin­cent Engel, Ari­ane Le Fort et Michel Lam­bert. Con­tin­uer la lec­ture

Des auteurs belges récompensés aux BolognaRagazzi

Max de Radiguès

Max de Radiguès

La foire inter­na­tionale du livre de jeunesse de Bologne décerne chaque année plusieurs prix, les Ragazzi, références dans le domaine de la jeunesse. Les lau­réats de l’édi­tion 2020, qui recevront leur prix pen­dant la foire (du 30 mars au 2 avril), sont déjà con­nus. Une récom­pense qui relève de l’au­then­tique exploit : toutes caté­gories con­fon­dues, ce sont pas moins de 1.888 ouvrages venus de 41 pays dif­férents qui ont con­cou­ru pour cette édi­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Benzine : le livre de sa mère

Rachid BENZINE, Ain­si par­lait ma mère, Seuil, 2020, 91 p., 13 € / ePub : 9.49 €, ISBN : 9782021435092

Ain­si par­lait ma mère, de Rachid Ben­zine : un court roman qui a tout d’un grand livre. Une déc­la­ra­tion d’amour à une mère par son fils cadet. Et un hom­mage à toutes ces femmes exilées, héroïnes du quo­ti­di­en, qui ont porté leur(s) enfant(s) à bout de bras pour qu’il(s) puisse(nt) s’épanouir en ter­res étrangères. Ain­si par­lait ma mère, de Rachid Ben­zine : un court roman qui a tout d’un grand livre. Une déc­la­ra­tion d’amour à une mère par son fils cadet. Et un hom­mage à toutes ces femmes exilées, héroïnes du quo­ti­di­en, qui ont porté leur(s) enfant(s) à bout de bras pour qu’il(s) puisse(nt) s’épanouir en ter­res étrangères. Con­tin­uer la lec­ture

Le défi poétique de Roberto Juarroz

Jacques ANCET et Yves NAMUR, La pluie, Mérid­i­anes, coll. « Duo », 2019, 20 p., 12 €, ISBN : 978–2‑917452–78‑3

Dirigée par Pierre Emmanuel, la jeune col­lec­tion « Duo » repose sur le principe du “dia­logue” cher aux livres d’artiste, mais en asso­ciant deux poètes. Sol­lic­ité dans ce cadre, Jacques Ancet a aus­sitôt pro­posé à son vieil ami Yves Namur de col­la­bor­er, avec pour base com­mune ce vers de Rober­to Juar­roz – dont il avait traduit des entre­tiens et des poèmes en 2001–2002 – : La pluie tombe sur la pen­sée, extrait de Poésie ver­ti­cale, vol. 4.  Ayant reçu le feu vert – l’in­térêt de Namur pour Juar­roz n’est pas un secret depuis Frag­ments de l’i­nachevée –, Ancet écrit alors treize textes de sept vers cha­cun et les envoie à son cor­re­spon­dant. Celui-ci prend le relai, en adop­tant un mimétisme qua­si par­fait quant au style et à la ver­si­fi­ca­tion : absence de titre, vers libre non rimé, exclu­sion du “je”, emploi sys­té­ma­tique du “on” et des tour­nures imper­son­nelles, récur­rences lex­i­cales (“main”, “oiseau”, “arbre”, “yeux”, “toit”…), insis­tance sur l’in­cer­tain et l’ap­prox­i­matif de la pen­sée. Le lecteur douterait-il, la dual­ité typographique romain/italique per­met de dis­tinguer à coup sûr les deux auteurs. Mal­gré la présen­ta­tion générale­ment alternée des poèmes, il ne s’ag­it toute­fois pas de répliques au sens strict, mais plutôt d’un jeu sub­til de relances et d’é­chos où les sep­tains de Namur tan­tôt enchainent sur ceux d’Ancet, tan­tôt les anticipent, les auteurs ayant réglé avec soin leur ordon­nance­ment. Aus­si le livret dégage-t-il une grande impres­sion d’u­nité – l’in­flu­ence du poème-arché­type de Juar­roz n’y étant certes pas étrangère. Con­tin­uer la lec­ture

La Foire aux humilités

Claude FROIDMONT, Per­ver­sus ou L’histoire d’un imprimeur lié­geois au temps des Lumières, Weyrich, 2019, 354 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87489–560‑9

Je suis entré deux fois dans Per­ver­sus, ce qui sig­ni­fie que j’en suis sor­ti. La pre­mière fut aisée : « C’était un soir d’octobre, dans une plaine du nord, où bruis­saient des rumeurs de guerre. » Dès les pre­mières lignes, je mesure où je pose le pied. Un roman his­torique mais épuré, sans descrip­tions échevelées, digres­sions alam­biquées. Un roman romanesque, avec un zeste de sus­pense, du mou­ve­ment, des per­son­nages en trois dimen­sions. Un roman bien écrit, nar­ré dans la flu­id­ité. Con­tin­uer la lec­ture

Remise du prix littéraire du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Jean-Michel Chau­mont

Chaque année, le par­lement de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles remet son prix lit­téraire, récom­pen­sant suc­ces­sive­ment une pièce de théâtre, une oeu­vre en prose, un recueil poé­tique et un essai. Pour cette édi­tion, l’es­sai et la biogra­phie de qual­ité lit­téraire étaient à l’honneur. Le prix revient à Jean-Michel Chau­mont. Con­tin­uer la lec­ture

Entre ici, Marie Denis…

Un coup de cœur du Car­net

Marie DENIS, L’odeur du père, Névrosée, coll. « Femmes de let­tres oubliées », 2019, 110 p., 14 € / ePub : 8.99 €, ISBN : 978–2‑931048–20‑7

Il est des textes qui, une fois lus, se déposent en vous, et mènent dans les tré­fonds de votre sen­si­bil­ité un lent tra­vail d’irrigation phréa­tique, dont l’impact réel peut pren­dre des mois, des années à se mesur­er. Ain­si, imman­quable­ment, L’odeur du père de Marie Denis, pub­lié pour la pre­mière fois en 1972 chez le très con­fi­den­tiel Robert Morel – qui pro­po­sait des petits ouvrages d’un for­mat atyp­ique, tout car­ton­nés de blanc, et où le texte com­mençait à même la pre­mière de cou­ver­ture… Con­tin­uer la lec­ture

Les deux chemins

Evrahim BARAN, Le syn­di­cal­iste, le soufi et moi, Mael­strÖm, 2020, 364 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87505–345‑9

Orig­i­naire d’Iran où il vécut jusqu’à ses vingt-cinq ans, le poète et romanci­er belge Ibrahim Baran évoque dans ce qua­trième roman le drame social des Forges de Clabecq, dans les années 1990 alors que l’entreprise est sur le point de fer­mer bou­tique. Au cen­tre du réc­it, il y a Eddi, le leader syn­di­cal­iste pur et dur (qui, bien que fic­tif, n’est pas sans rap­pel­er un des mémorables acteurs du com­bat des tra­vailleurs con­tre l’autorité) et Afshine, un étranger devenu concierge d’école après avoir quit­té les forges et renon­cé à toute forme d’action et de lutte, en phase avec les principes quiétistes du soufisme. Tous deux sont de vrais amis mal­gré leurs diver­gences d’opinions et sont en quelque sorte arbi­trés par Gaëlle, la fille cabocharde et idéal­iste d’Eddi, pleine d’amour pour son père et, mal­gré la dif­férence d’âge, très éprise d’Ashline qui pour l’heure s’en tient digne­ment à son rôle d’ami pré­cieux et bien­veil­lant. Con­tin­uer la lec­ture

« De quoi vit l’homme ? »

Un coup de cœur du Car­net

Christophe POOT, Hareng Cou­vre-chef et autres chan­sons de marins, Cinquième couche, 2019, 68 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39008–034‑3

Entier je suis entré, tête et men­ton devant, fier-bras tout gon­flé de mon dur tra­vail de dock­er, m’asseoir auprès d’hommes rugueux qui soulèvent comme moi bien plus que ce qu’on demande au corps d’un homme nor­mal. Voilà de quoi sont faites mes som­bres soirées. 

Dans un tro­quet, dont l’ambiance est sug­gérée par l’illustration de quelques per­son­nages à la pre­mière page, débute l’aventure de Hareng Cou­vre-Chef. Celui-ci, après son tra­vail haras­sant aux docks, part vider « quelques bières épaiss­es et lour­des au gosier » qui, for­cé­ment, mènent à une envie irré­press­ible de pouss­er la chan­son­nette. Une his­toire de séduc­tion s’y mêle, un peu casse-gueule, et nous savons à quel point, l’alcool aidant, une telle sit­u­a­tion peut rapi­de­ment tourn­er au vinai­gre. Voilà pour la trame nar­ra­tive de Hareng Cou­vre-chef et autres chan­sons de marins, bril­lam­ment écrit et dess­iné par Christophe Poot, qui a une petite dizaine d’ouvrages à son act­if. Mais il y a beau­coup plus à dire à pro­pos de ce livre. Con­tin­uer la lec­ture

Les finalistes du prix du livre audio France Culture — Lire dans le noir

Depuis 2009, le prix du livre audio France Cul­ture — Lire dans le noir récom­pense chaque année des “livres à écouter” dans trois caté­gories. Les final­istes de l’édi­tion 2020, trois par caté­gorie, sont con­nus. Con­tin­uer la lec­ture

Un salon consacré à la nouvelle à Louvain-la-Neuve

Pour fêter en beauté leur quinz­ième anniver­saire, les édi­tions Quad­ra­ture organ­isent les 21 et 22 mars prochains à Lou­vain-la-Neuve Lou­vain-la-Nou­velle, un salon inter­na­tion­al de la nou­velle et du texte court. Un événe­ment qui s’in­scrit dans le pro­gramme des Nuits d’en­cre, le fes­ti­val lit­téraire du Bra­bant wal­lon. Con­tin­uer la lec­ture

Le portail “Prix du livre”, un outil pour tous

Le monde du livre en Bel­gique fran­coph­o­ne a vécu une étape cru­ciale de son his­toire avec l’adop­tion par le par­lement de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles du décret sur la “pro­tec­tion cul­turelle du livre”. Un tour­nant qu’ac­com­pa­gne la créa­tion d’un out­il en ligne : le por­tail prixdulivre.be. Con­tin­uer la lec­ture

Au meilleur de toi

Mar­i­anne SLUSZNY, Le banc, Acad­e­mia, 2019, 182 p., 17.50 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑8061–0489‑2

Il est sou­vent bien périlleux de faire œuvre lit­téraire de son vécu le plus sen­si­ble, le plus douloureux. Pareil défi d’écriture exige une ascèse que le pré­texte de la fic­tion n’impose pas. En choi­sis­sant de par­ler de la vie, de la mal­adie et du décès de son com­pagnon, Mar­i­anne Sluszny a pour­tant été bien inspirée car elle nous livre bien plus que des con­fi­dences intimes. Con­tin­uer la lec­ture